Generation Y et éthique business

Un covoiturage de plus entre Grenoble et Lyon . Kevin, 20 ans, nous explique comment il gagne sa vie depuis trois ans maintenant en faisant du business sur le WEB . Il “travaille” avec un réseau d’amis, rencontrés sur des forums spécialisés, qui sont tous très sympa et échangent leurs meilleurs tuyaux .

Source de revenu numéro 1 : trader sur les devises . Des petites sommes, de quelques centaines d’euros seulement. Il n’a aucune formation, suit juste son intuition et les conseils de ses “amis” , achète et vend des devises…. et gagne quelques centaines d’euro par mois régulièrement. De temps en temps une petite perte, mais il “fait attention” .

Et il sursaute quand le lui demande “mais si tu gagnes, qui perd ?”. Question qui ne fait pas partie de son univers . Dans l’univers des traders, tout le monde gagne, c’est bien connu des initiés . Et de temps en temps une grande banque perd des milliards, mais c’est le jeu .

Source numéro 2 :  faire tourner 24h sur 24 des banderoles publicitaires sur son écran de PC . Des dizaines de banderoles.  Qui envahissent tout son écran. Les publicitaires paient les sites pour faire apparaître ces banderoles . Alors il crée un site, qui héberge une cinquantaine de banderoles . Les publicitaires paient en fonction du trafic, bien sûr . Alors , lui, il laisse son site ouvert en permanence, il y a toujours au moins un visiteur: lui . Et, toutes les trois heures, il se réveille, se déconnecte et se reconnecte pour montrer que son site est bien vivant, éviter ainsi les logiciels de surveillance qui suppriment le paiement s’il n’y a pas au moins deux visiteurs en trois heures. Et il gagne près de mille euros par mois…

Second sursaut quand je lui demande: qui paie? . C’est Google, bien sûr . Mais qui paie Google? Les annonceurs, bien sûr. Et tu penses que les annonceurs recherchent vraiment que leur pub apparaissent sur ton site? Mais, ça, c’est du business . Et, dans le business, il n’y a pas de sentiments …

Dans les deux cas, aucune mauvaise conscience. Aucun problème d’éthique. Au contraire : fierté de savoir “faire du business” comme “les grands”. C’est vrai que c’est conforme a l’image du business qu’on leur donne: prendre tout ce qui vient, en ne regardant que son intérêt, sans considération pour l’autre.

Mais ou va t on comme cela ? Est-ce bien de cette société dont on veut ? Que faire pour forcer l’éthique dans le business ?  Cela a sans doute à voir avec la manière dont nous dépensons notre argent et nous comportons, nous aussi, sur le WEB …

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