Merci Jean Marc, témoin vivant.

Capture potdevinApres avoir assisté à ta conférence, je me suis rué sur ton livre et suis resté scotché. C’est bien vrai. Cela peut donc arriver. Cela peut donc m’arriver à moi, ici et maintenant…

Jusqu’ici, je considérais les « apparitions en songe », les « profondes torpeurs », les « apparut dans une nuée », comme autant d’effets littéraires utilisés dans des textes dont la véracité historique était à mettre au second plan devant la symbolique du message.  Les récits de conversion, comme celle de Paul sur le chemin de Damas, ou de Péguy à Notre Dame, les apparitions aux bergers dans la montagne, avec un certain détachement, voire de la suspicion. En tous cas, comme des choses du passé.

Jean Marc… Toi, un ingénieur, Grenoblois, informaticien, à la pratique religieuse tiède. Toi, businessman, qui parcours le monde dans tous les sens pour développer tes start up high tech. Toi, tu ne fais pas partie de ce monde éthéré et mystique du passé. Tu es le symbole de la science, de l’économie, de la raison du début de nos années 2000.

lesmotsnepeuventdireEt Il t’est apparu. Soudainement. En plein. Et tu trouves les mots pour nous raconter cet indicible. Dans la seconde moitié de ton livre, après nous avoir décrit ta rencontre, tu fouilles les écrits du passé, et mets en évidence des témoignages qui ressemblent tellement au tien. Tu nous aides a déchiffrer ces textes avec tes yeux de scientifique. A les crédibiliser. Non, cette cohorte de témoins  n’est pas une ancienne légende éthérée. Elle se prolonge. Ton témoignage, à seulement une poignée de  kilomètres et d’années de distance, ré-affirme et renforce la réalité de tous ces autres témoignages.

Je suis jaloux.

Il est parti cette semaine

Après une longue vie bien remplie, C s’est éteint dans les bras de sa fille, cette semaine.

A nos pauvres et maladroits mots de condoléances, elle nous répond :

« Merci les chéris. Pas vidée ce matin mais vitalisée par tt le chemin de mon père. Une belle trace dans la neige que le souffle de l Esprit va essaimer ds le cœur de ses enfants et petits enfants pour longtemps. Il n’ y a pas d’ âge pour sourire et aimer! Je vous embrasse fort« .

Merci de ces mots .

Step outside of your tiny little world

J’ai choisi de ne pas m’exprimer au moment de l’enthousiasme populaire, probablement parce que ce n’était pas socialement acceptable. D’ailleurs les amis et voisins auxquels j’ai sobrement dit ne pas être sorti de chez moi ce 11 janvier ont manifesté un petit regard réprobateur et étonné.

dostoievsky evildoerD’aucuns ont bien pesé le pour, le contre, comme Koz par exemple ..

Mais je ne suis pas sûr que, submergés par la vague bisounours savamment orchestrée par notre pensée unique, centrée sur elle même, tous aient bien vu l’image que ces manifestations monstre ont projetée en pays musulman.Crusade 4 images

Je ne résiste pas à vous envoyer une fois de plus regarder cet excellent Sam Richards. Oui, vu de terre d’islam, tout cela n’est finalement qu’une reprise des croisades… Non seulement des millions de citoyens descendent dans la rue, mais en plus le gouvernement finance par ses dons la reprise et l’amplification des agressions caricaturales contre ce qu’il y a de plus sacré pour eux.

Regardez bien cette video …. et vous serez beaucoup moins étonnés des réactions de violences anti- chrétiens tout autour du globe. Et j’ai peur que ce ne soit pas fini.

 

Alors, maintenant, on fait quoi? C’est la question du jour.

  • Avec la notoriété mondiale qui lui a été donnée, Charlie ne peut plus continuer ses provocations littéralement criminelles. S’il n’a pas compris cela, c’est vraiment un criminel.
  • J’éviterais de planifier à court terme des vacances dans un pays musulman, du pourtour méditerranéen ou d’Asie du Sud Est. Parce que ça va craindre. Et si j’y vais quand même, j’éviterai le bronze fesses qui est une provocation de plus …
  • En règle générale, je réfléchirai à cette leçon avant de prendre des positions tranchées dans le domaine du sacré…même … et surtout… si pour moi le domaine concerné n’a rien de sacré.
  • Et, comme dit Sam dans une de ses dernières phrases : “step outside of your tiny little world” et essayer de se mettre dans les bottes des autres ne fut ce qu’un instant pour les comprendre avant toute action – ou réaction.

Oh les filles .!.

causette numero-46

Qu’on le veuille ou non, la nature existe toujours. Eh oui …

Je suis tombé (ça se fait de dire “chez le coiffeur” , mais ça n’est même pas vrai) , sur un numéro du magazine Causette, qui vise de manière évidente une autre CSP que celle à laquelle j’appartiens . Et bien j’ai été conforté.

Sur un sujet que j’aborde toujours avec énormément de précautions avec les jeunes que nous sommes amenés à rencontrer dans nos diverses activités autour du couple.

Je laisse la parole à l’éditorialiste .

J’aurais aimé vous dire le contraire.

Que pour concevoir un premier enfant, nous avons le temps. Parce que être pour l’amélioration de la condition féminine, ça a toujours été – et à raison – cesser de réduire les femmes à leur rôle de mère. Infographie causette 2nMais là, ça craint : les résultats du sondage que j’ai commandé sont ahurissants. La croyance des femmes quant aux chances qu’elles ont de devenir maman pour la première fois après 35 ans est, disons-le, complètement à côté de la plaque (page 36). Et voilà, mes amies, encore une fois, je suis l’oiseau de mauvais augure. Vous allez encore me dire que j’ai le chic pour dézinguer l’ambiance. Parce qu’on ne parle pas aux femmes de leur fertilité, ça ne se fait pas. C’est un tabou. Bien plus intime que la sexualité. Et moi, avec mes grands pieds, je débarque et viens mettre mes chaussettes et mes tongs dans votre plat. J’entends d’ici les hurlements que ces révélations ne vont pas manquer d’alimenter : « Ça y est, Causette veut nous faire abandonner nos carrières pour qu’on se reproduise ! Causette nous prend pour des quiches pondeuses ! » Eh ben non, je vous dis la vérité, même si elle n’est pas agréable à entendre. Les médias, presses people et féminine en tête, nous rabâchent qu’à 40 ans on est encore de jeunes femmes, la matrice en pleine forme, grossesses (tardives) de stars à l’appui ? Foutaises ! Notre corps, indépendant comme une femme libre, se fiche comme de ses premières serviettes de la signature de notre premier CDI et de l’état de notre avancement professionnel. Il est Infographie CAusette 1comme ça et c’est comme ça : l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, mais la date de péremption, elle, n’a pas bougé depuis que nos aïeules cuisinaient le mammouth. Définitivement, vous saurez qu’on n’a pas vraiment le choix dans la date. Et moi, j’en ai marre de voir mes copines galérer parce qu’elles s’y sont mises trop tard et de les entendre tristement fredonner, en boucle : « Depuis l’temps que j’te rêve / Depuis l’temps que j’t’invente / De pas te voir j’en crève / Mais j’te sens dans mon ventre / Le jour où tu t’ramènes / J’arrête de boire, promis / Au moins toute un’ semaine / Ce sera dur mais tant pis*. » Alors aidez-moi à faire passer le message, parce que l’info que vous allez découvrir vous donnera le choix, qu’elle risque de déclencher quelques parties de jambes en l’air, et peut-être même de bouleverser quelques plannings de vie… Mais c’est pour le mieux !

Causette

 

Bon, vous pouvez vraiment vous demander, furieuses, « Mais de quoi il se mèle, ce vieux c..? » . Vous aurez sans doute raison .   Mais si je peux éviter à l’une d’entre vous un grand malheur, alors je suis content.

 

PS : et si vous voulez un pdf de l’article, c’est ici.

Causette juin 2014 p 36 41

PS 2 : les mecs, ca vous concerne peut être un peu aussi…

 

Des vœux comme on s’en promet de plus en plus ?

J’ai reçu de mon cher ami Olivier C la lettre ci dessous, certes drôle mais d’un humour un peu grinçant, tant l’évolution de notre société la rend de moins en moins caricaturale.

Alors, ma résolution de cette année est de tout faire* pour que cela reste une caricature purement humoristique… L’actualité récente confirme qu’il y a du boulot.

 

Chers amis,

Je souhaitais vous adresser mes voeux 2015 en toute simplicité, mais après avoir consulté la CAVE (Commission de Validation des Voeux Externes) j’ai été amené à retravailler ma communication et la reformulation de cet envoi.
Voici donc la version officielle en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution.

De ma part (« le souhaiteur ») et à votre destination (« le souhaité »),je vous prie d’accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite de la part du souhaité, mes meilleurs vœux à l’occasion pour des, socialement responsable , politiquement correct, non addictif, et non stressant, solstice d’hiver et premier jour de l’année, en adéquation festive avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles du choix du souhaité, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles, ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.

Ces vœux concernent plus particulièrement :

– la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni d’une quelconque volonté de m’immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une assurance vie ou une convention obsèques,
– la prospérité, étant entendu que j’ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d’imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujetti, ainsi que de leurs évolutions futures ;
– le bonheur, sachant que l’appréciation de cette valeur est laissée au libre arbitre du souhaité et qu’il n’est pas dans l’ intention du souhaiteur de vous recommander tel ou tel type de bonheur, même si l’indicateur de bonheur brut du Bhoutan peut en être une numérisation approchante.

Le concept d’année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont adressés. Son emploi n’implique aucun désir de prosélytisme. La légitimité des autres chronologies utilisées par d’autres cultures n’est absolument pas mise en cause.
Notamment :
– le fait de ne pas dater ces vœux du yawm as-sabt 1 Safar de l’an 1434 de l’Hégire (fuite du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d’islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israëlo-palestinien ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du 2 Teveth 5773, ne constitue ni un refus du droit d’Israël à vivre , ni le délit de contestation de crime contre l’humanité ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du 3ème jour (du Chien de Métal) du 11ème mois (Daxue, Grande Neige) de l’année du Dragon d’Eau, 78ème cycle, n’implique aucune prise de position dans l’affaire dite « des frégates de Taïwan » ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du Quintidi de la 3ème décade de Frimaire de l’an 221 de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.

Enfin, l’emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur.
Son choix tient au fait qu’elle est la seule couramment pratiquée par le souhaiteur.
Tout autre langue ou idiome a droit au respect tout comme l’ensemble de ses locuteurs.

Clause de non responsabilité légale :

En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure, et vous acceptez explicitement le fait que :
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Leur reproduction est autorisée.
Ils n’ont fait l’objet d’aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d’une année, à la condition d’être employés selon les règles habituelles et à l’usage personnel du souhaité.
A l’issue de cette période, leur renouvellement explicite ou par tacite reconduction n’a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision du souhaiteur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d’âge, de genre, d’aptitude physique ou mentale, de race, d’ethnie, d’origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d’appartenance syndicale,susceptibles de caractériser les destinataires.
Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l’absence, totale comme partielle, de réalisation n’ouvre pas droit à compensation.
Le souhaiteur garantit par contre la sincérité de ses voeux dans la limite du remplacement à l’identique de ceux -ci ou par l’envoi ultérieur , à la seule discrétion du souhaiteur, de voeux complémentaires

En cas de difficultés liées à l’interprétation des présents voeux, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile du souhaiteur.

fait à grenoble, le 5 janvier 2015 en un seul exemplaire

 

* Tout faire, pour moi c’est travailler à la fraternité et à la confiance . Autres suggestions concrètes ?

L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse*

Une trentaine de joyeux convives pour ce réveillon. Pour animer l’heure qui nous sépare de l’an neuf, notre hôte nous propose,à tour de rôle, de citer la pépite, petite ou grosse, qui marquera 2014.

Ma voisine, voulant éviter l’inévitable sphère personnelle des retrouvailles, naissances, et autres mariages, me sollicite : “mais que s’est il passé de beau dans le monde en 2014 ?”. Nous cherchons tous deux, et seuls des événements bien sombres nous viennent à l’ esprit . Quoi, nous ne nous souviendrions que d’événements négatifs survenus en 2014 ? Massacres, guerres, invasions, actes terroristes … Au mieux, les mobilisations qui nous réjouissent n’ont existé qu’en réaction à des violences. Mais de grand et beau, rien . Rien que des petites choses toutes personnelles .

 

Qu’en dire ? Que les média ne nous rapportent que le côté noir de la force ? Sans doute, c’est plus vendeur . Mais ça ne fait pas tout .

D’abord, il y a des média qui font le contraire . Allez donc voir Frédérique Bedos et le projet imagine

A la réflexion, on se souvient sans doute plus du négatif, car les œuvres du mal se font en grand, en visible, en impressionnant.

Au contraire, les belles actions, celles qui luttent contre celles du malin, sont le fait d’individus, de petits. Une fois de plus, imagine le révèle bien.

 

 

Alors, en cette période de résolutions, n’ayons pas peur de nos belles petites résolutions. Mises toutes ensemble, elles feront progresser le monde dans le bon sens et triompher du Méchant. Comme dans cette video.

travelingroup

 

 

C’est pour cela que j’affirme volontiers ambitionner de faire reculer le divorce en France. En mettant ensemble toutes les actions qui contribuent à renforcer l’amour dans le couple et la famille, on y arrivera. Et si on n’y arrive pas encore, c’est juste que nous ne sommes pas assez nombreux . Vous voulez nous rejoindre ?

 

 

* Vous avez bien sûr reconnu cette citation de Gandhi !!!

Quelques mots avant de partir…

Tobit, courageux, me fait penser aux aventuriers qui, il y a deux siècles, partaient conquérir le nouveau monde en laissant tout, et en brûlant leurs vaisseaux à l’arrivée . Il nous envoie un beau message…

columbus-et-santa-maria

Chers tous,

J’ai créé mon compte en septembre 2007. Cela fait donc plus de 7 ans que je suis sur Facebook. A l’époque personne ne savait ce que c’était en France (cette idée m’a été suggérée par des amis américains). J’y allais peu alors, et mon profil était réduit à sa plus simple expression. Ca n’avait pas l’air mal, ça m’apparaissait comme une autre forme d’MSN (vous vous souvenez ?), même si le tchat n’existait pas encore et qu’il me semblait terriblement étrange d’écrire sur le « wall » de quelqu’un un message que tous ses contacts pourraient lire. Et puis en 2009, la version française de la plateforme est arrivée, et ce fut la déferlante. L’ensemble de ma classe s’y est inscrite en l’espace d’un petit mois ! La dynamique était lancée. J’ai alors remis en forme ma page toujours en friche, j’ai considérablement accru mon nombre d' »amis », et mes visites sont devenues plus fréquentes. Une fois ou deux, j’ai retrouvé des connaissances du primaire que je n’avais pas revus depuis… Ca fait tout drôle sur le moment, et puis on le classe rapidement sans suite. On se plaisait à poster des statuts, puisant dans notre quotidien des anecdotes dignes d’admiration ou simplement drôles… Et puis Facebook est devenu pour moi une formidable plateforme de relais, d’échanges et de discussion. J’ai pu inonder de messages militants mes proches, parlant d’écologie, de politique ou de philosophie (vous en savez sans doute quelque chose, vous qui me lisez !). Mes posts se sont allongés, structurés, et ces débats m’ont fait passer encore de longues heures connecté. Mes réflexions ont pu s’affiner sur un certain nombre de sujets, et mon esprit s’ouvrir, je crois. Cela restera une expérience très positive pour moi.

Mais dans le même temps, Facebook, a grossi, de manière colossale et inquiétante. Il a capitalisé les données d’utilisateurs (et de non-utilisateurs !) du monde entier et de tous les âges comme aucun organisme ne l’a jamais fait. Il a littéralement métamorphosé Internet. Son « like » est devenu une norme, son logo est sur tous les sites, du simple blog au plus gros site marchand. Nos éclats d’humeur passent par lui, tout comme nos messages personnels. L’organisation d’événements se fait ici, et nombre d’entreprises ne créent même plus de site internet car une page Facebook leur suffit ! Internet, à l’origine un réseau connectant une multitude de serveurs épars, est devenu un organisme centralisé. Et des affaires ou scandales sont apparus régulièrement, révélant le peu de cas fait de la protection des données personnelles, leur stockage méticuleux et sournois (même les messages non postés sont enregistrés !), leur revente à des organismes tiers, au mieux pour de la publicité ciblée, au pire pour de macabres calculs étatiques.

Aujourd’hui, Facebook recense 1,3 Milliards de comptes actifs dans le monde, et dispose sans aucun doute, comme les autres Géants du web, de plus de pouvoir que les Etats. Mais personne ne les a élu, ni même véritablement choisis. Aucune autre ambition que celle de gagner de l’argent et d’engranger des données n’est affichée. Chaque mise à jour de la politique de confidentialité est pire que la précédente. Cette hégémonie n’augure rien de bon.

Concernant mon usage personnel, outre bien entendu les multiples avantages que j’y trouve, un certain nombre d’ombres au tableau se dessinent là aussi. D’abord le temps. Ce temps ci précieux, après lequel on court tous. Ce temps au travail, qu’on pourrait mettre à profit pour faire avancer les choses. Ce temps chez soi, qui pourrait être dévolu à tant d’activités. Ce temps le soir, qui pourrait permettre de rattraper notre manque de sommeil chronique. L' »actualité » qui se déroule sous nos yeux à travers les posts de nos (plus ou moins) proches nous fascine et nous capte de longues heures. On y apprend parfois des choses intéressantes, certes. Mais à quel point ? Et une recherche ciblée sur un site d’information digne de ce nom ne nous en dirait-elle pas davantage ?

Mais là, on n’est pas seul, on « partage ». Avec nos amis, on aura vu/lu les mêmes choses, et on pourra en parler. Du moins si on a retenu, car vu le flot d’informations ce n’est pas toujours gagné. Et puis, pour échanger, il n’est pas toujours nécessaire de partir des mêmes bases, justement. Partager notre vie ou nos centres d’intérêt sur Facebook me semble parfois affadir nos relations.

– Je suis parti en vacances au Maroc.

– Oui oui, je sais, j’ai vu les photos… !

– Avec mon copain ça ne va pas bien.

– Bah inutile d’en parler, je l’avais bien compris au vu des changements sur ton profil, tu sais…

– Ah tiens, je m’intéresse à la peinture, maintenant.

– Ouais, j’ai cru comprendre… les oeuvres de la Renaissance, n’est-ce pas ?

– Bon. Ben on ne s’est pas vu depuis des mois, mais ce qui me tient à coeur de parler, tu le sais déjà…

Alors je m’en vais, sans regrets. Les informations, je les aurais ailleurs. Moins nombreuses, peut-être, mais alors retrouverais-je peut-être le courage de cliquer et de lire l’article, courage qui me manque ces derniers temps. De toutes façons les pages que j’ai « likées » et que j’aime suivre, peuvent généralement être suivies par flux RSS sans avoir nécessairement un compte. Ce que j’ai vraiment à coeur de partager, je le mettrai sur une autre plateforme (Diaspora*) qui me permet d’en garder le contrôle. Mes amis ? J’ai toute confiance dans notre capacité à retrouver un moyen de se joindre autre que celui-ci. Peut-être pas avec tout le monde, et sans doute pas quotidiennement… mais tant pis. La vie est faite de rencontres, d’opportunités, et de choix… on aurait tort de l’oublier. (Au passage sachez que des utilitaires logiciels permettent de télécharger en un clic toutes les informations des profils de tous vos amis… Vos données sont donc stockées au chaud dans un coin de mon disque dur. Rassurez-vous, moi, je ne les vendrai pas.) Nous aurons d’autant plus de joie à s’écrire, s’appeler ou se voir que nous aurons plein de choses à nous apprendre.

En 2007 en France, sans le vouloir j’étais en avance. Aujourd’hui, à l’heure où le déclin (relatif) de Facebook est déjà un sujet, je quitte Facebook. Gageons que je ne sois pas le seul.

A très bientôt dans le monde réel,

18 décembre 2014, 21:33

Merci Tobit pour ces mots. La ou tu les a mis, tu sais bien qu’il n’y a pas de copyright, donc je te les ai pompés sans vergogne …  😉

Et à vous qui avez lu jusqu’ici, j’espère que vous avez bien lu les tout petits caractères des nouvelles conditions de Facebook . Et, surtout, ne croyez pas que vous allez perdre mes posts en quittant FB, je spamme aussi Diaspora …. 😉