Maison commune

La mort dans l’âme, je conduis la tondeuse autoportée dans la jungle. La partie de pelouse que j’avais décrétée réserve naturelle a été déclarée “laide”, “moche”, et devant la vox populi condamnée. Deux passages sur mon tracteur, et ce sera un beau désert vert. En attendant, c’est la panique. Grillons, sauterelles, libellules, papillons, abeilles de toutes sortes s’enfuient à tire d’aile, leur vrombissement couvert par le mien. Jamais je n’avais vu en ce lieu tant de libellules rouges, vertes, brunes ou bleues. Tant de sauterelles et de mantes. De papillons et de bourdons. Même un petit mulot qui fuit son terrier englouti. Leur maison est détruite, car laide et moche. Est-ce bien partager la maison commune que de détruire la leur pour le régal éphémère de nos yeux humains ?  

La larme à l’œil, je garde espoir. Si pas l’an prochain, la suivante ils auront progressé dans leur prise de conscience. Et la tonte se résumera à tracer des labyrinthes pour la grande joie des petits humains et des grands insectes.

Le salaire du bénévole

Cela faisait près de cinq ans que je n’avais pas fait d’entretien annuel en bonne et due forme : atteinte des objectifs, points forts et faibles de l’année écoulée, objectifs pour l’année à venir, besoins de formation… Avec un chef plus jeune que mes enfants. Pourtant tous deux savons que, de toutes façons, je ferai strictement ce que je voudrai, je suis bénévole. Amusé, je joue le jeu.

En guise de conclusion, je me lance : puisque le poste que je tiens se traite comme celui d’un salarié, alors j’arrête. Ou plutôt, une fois  ce poste, que je viens de créer, sera bien en place, j’arrêterai. OK pour aider à créer un poste de travail, pas OK pour occuper celui d’un potentiel salarié.

Finalement, sans cet entretien annuel, je n’aurais peut être pas réfléchi autant aux limites à mettre à mes engagements bénévoles dans des structures ayant aussi des salariés.

Il y en a pourtant des structures qui ne fonctionneraient pas sans bénévoles. Beaucoup. Alors ??

Les salariés, quand ils existent, sont l’ossature. Ils encadrent, forment, guident, animent  les bénévoles. Mais les postes des uns et des autres ne doivent pas pouvoir être interchangeables, sauf coup de Trafalgar.

Bon, ça, c’est le principe. Maintenant, on va adapter 😉