Back to the future. Un client qui tombe du ciel.

Il y a 35 ans, j’ai conclu une phase de ma vie professionnelle en publiant un condensé de certains de mes travaux*. Sur une offre et une technologie un peu à la marge du business de l’époque, des choses que je trouvais un peu banales mais bon..

backtothe-futureTrois jours après la publication de mon changement de statut sur Linkedin, par laquelle j’informais la terre ébahie de la création de ma petite entreprise**, voilà qu’un étudiant Turc me contacte au sujet de cette vieille publication.

Je traîne un peu la patte, pensant à un canular ou à un étudiant un peu égaré. Mais il insiste, se présente comme mandaté par une entreprise Turque qui a de fortes ambitions dans ce domaine et recherche un coaching cumulant la technique (mais, mon grand, j’ai arrêté il y a 35 ans !!!) et le marketing (là, je suis un peu moins décalé).

Les échanges mails s’intensifient, s’accélèrent, et entre temps j’abuse de google…pour découvrir que ma publication reste encore populaire, reprise sur nombre de sites de téléchargement, voire même est unique en son genre sur le sujet. Comme s’il était un sujet sur lequel toute publication s’est arrêtée depuis 35 ans. J’obtiens confirmation de mon ex employeur que je pouvais bien faire ce que je voulais sur cette offre, sur laquelle, de sa part, tout investissement technique, commercial, et industriel est à zéro depuis des décennies.

En moins de 24 heures, la demande formelle arrive, la proposition repart, est acceptée, et le virement bancaire d’acompte est déclenché.

Trois jours  plus tard me voici au bord de la méditerranée… sur la côte Égéenne.

Et nous passons deux jours a faire l’exégèse commentée de ma prose, illustrée de leurs réalisations et échecs, et enrichie de quelques réflexions plus stratégiques sur leurs développements potentiels.

Comme quoi, il ne faut jamais sous estimer sa connaissance ni sa valeur. Et sa valeur n’est pas toujours là ou l’on pense. Qu’il est difficile de se juger !!

On peut tous être pape de quelque chose à notre insu…

 

* pour les curieux égarés…

** pour les curieux tout aussi égarés...

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Même Causette en parle. Alors …

Même Causette en parle. Alors …

Je m’étais voté de plonger il y a presque deux ans déjà* . C’est fait ..mes collègues m’ont bien aidé. Depuis plus de trois mois, me voici “proud owner of a Fairphone” (cadeau de départ à la retraite), pour utiliser l’expression consacrée.

Bon, la raison rigole . Plus gros, plus lourd, plus épais… pour des performances pas terribles.. Les tekos avisés des forums ont prédit un retentissant échec commercial à cette bouse**.
Le “spécialiste” dont j’ai compris qu’il travaillait quelque part chez Samsung,  rencontré lors d’un mariage (mais, ouf, il était amené par la “partie adverse”) m’a regardé avec quelque condescendance, comme un bon gogo qui s’est fait embobiner par un green bashing outrageux.

Fairphone ??? Un téléphone qui se veut recyclable, démontable, respectueux des filières d’approvisionnement en matières premières et d’assemblage***.telephone-causette
Bon, avec 174 grammes contre 158 pour mon ex Samsung S4, son millimètre de plus en épaisseur, il fait un peu téléphone de campagne, truc pour militaires, quoi. Robuste.

Amusant de voir comment écolos et geeks se retrouvent. Tobit****, comme Gee*****, lui reprochent de ne pas se laisser tripatouiller le système d’exploitation encore assez facilement, car pour être un bon écolo il faut aussi honnir google . Je ne suis pas un bon écolo…

En tous cas, échec commercial ou pas, nous sommes plus de 100 000 à avoir accepté de voter avec notre portefeuille. Oh, ça ne fait pas beaucoup dans la marée de smartphones que l’on change tous les deux ans. Mais c’est dix fois plus qu’il y a trois ans, et, je l’espère, dix fois moins que dans trois ans.

Même Causette, qui, certains vont le croire, devient peu à peu mon magazine favori ******, en parle. Ça se souligne…

C’est avec notre portefeuille qu’on fait avancer les choses .

* Un smartphone moins criminel, ça vous dit ?

** La voix de la raison

*** Fairphone à la loupe

**** Vous vous souvenez de son « au revoir » ?

***** pour découvrir la “supérette bio d’android”  alias paradis du libriste.

****** L’autre contribution de Causette à ce blog, pour ceux qui auraient zappé

Et, last but not least, la causerie de Causette, une BD sympa.

 

50 pesos mexicains

Or de maximilienJ’ai reçu un peso d’or…

Quelle a été son histoire ? On peut l’imaginer rocambolesque, en provenance du Mexique, bien sûr, cousu dans le manteau d’un immigrant, qui le revendit au mont de piété …

Quels dangers a t il traversé ? Quels passages a t il payés ?

Ou, plus prosaïquement, cette pièce ferait elle partie des 4 millions de pièces, datées de 1947, frappées depuis pour fournir directement la demande en or refuge , passant alors directement de l’émetteur au coffre de la banque dans lequel elle a dormi ?  Beaucoup moins romantique ..

Qu’en faire ?  La coudre dans la poche de ma polaire en prévision d’un exil qui menace ?

Nous avons depuis 1944 vécu près de 70 ans de paix ininterrompue, durée jamais atteinte précédemment sous nos latitudes . Pourtant, l’orage menace selon certains.

Voir le message alarmant de l’ AFD : “les 50 pays d’intervention de l’AFD ont un PIB qui se contracte de 20% en 2016…. ce n’est que les prémices …”*   

Alors, valeur refuge ? A conserver avec nostalgie** en mémoire des donateurs ?

Ou valeur reçue à laquelle il faut faire perdre le statut de thésaurisation stérile, et qu’il faut mettre à profit pour agir sur l’instabilité qui menace ?  Par exemple en lui faisant subir le même sort qu’à mon livret A***.

Entre les 2 mon coeur balance …

 

*  Témoignage impressionnant ..  https://www.youtube.com/watch?v=49BMrVaV-oI

** « Les pièces de 50 pesos or du Mexique doivent leur succès, qui ne se dément pas encore aujourd’hui, à leur beauté. »

*** Mais qu’a donc subi mon livret A ?

Un stylo fait la diffférence

Elle est toute belle, toute mignonne . Huit ans peut être. Dans sa belle robe , avec son petit collier doré.  Elle tient dans la main une poignée de beaux ballons de baudruche tous décorés. Elle va sans doute rejoindre le défilé de mariage bruyant que nous venons de voir passer. Il est dix heures passées,  je suis a Delhi dans le taxi qui m’emmène vers mon vol de nuit.

Elle se faufile entre les voitures et frappe à la vitre. Erreur, elle ne rejoint pas le défilé,  elle vend ses ballons. Je lui fais un grand sourire impuissant. Je ne vais pas au mariage, ma belle, mais en sens opposé. Elle se fait implorante, mime la faim. Je n’ai rien, la magie de la carte visa ne m’a pas fait toucher une seule roupie de mon séjour et ma petite valise est au fond du coffre avec juste mes deux chemises et mon pyjama. Je finis par détourner le regard et fixe droit devant moi. Elle reste là.  De quel droit  l’ignorer, elle est à l’image de Dieu autant que moi, non?

Alors je me tourne a nouveau vers elle et la regarde. Je me sens mal, démuni.  Les secondes sont interminables, avant que le trafic ne nous sépare.

A quelques années près c’était ma petite fille. Mais je n avais RIEN sur moi, RIEN a lui donner que mon regard et mon sourire niais. Moi qui croule sous les biens. Je me sens nul.

India, Rajasthan, Jaisalmer, portrait of young village girl

Je baisse les yeux. Mon stylo ! Soigneusement embarqué de l’hôtel , il côtoie mon passeport dans ma poche de chemise en prévision des innombrables écritures que les zélés fonctionnaires indiens ne manqueront de m’imposer.     

Il me rappelle le sourire de ce jeune birman auquel j’avais fait ce cadeau il y a quelques années.

Bon, c’est bien trop tard, elle est loin maintenant. Et elle me l’aurait peut être fiché entre les yeux si j avais baissé la garde protectrice de la vitre… mais je m’en veux de ne pas y avoir pensé.

Promis. La prochaine fois que je retourne en Inde je me balade avec la poitrine bardée de stylos tel un capitaine de l’aéronavale.

 

 

NB : merci à Jim Nilsen  d’avoir laissé cette superbe photo sur le web . On dirait que c’est elle…

Fier de payer des charges

7h, dans le froid du petit matin de la brocante de Claire. Les professionnels sont là les premiers, a l’affût de la bonne affaire . Très vite, ils repartent . Pas tous . Un homme reste à examiner chacune des vieilleries ou autres bricoles exposés. Avec attention. Il prend son temps. Entame la discussion. Cherche , sur son vieux smartphone, des informations sur chaque objet.

brocorama2Il m’intrigue .

Petit à petit, il se raconte .

Il vivait de petits boulots . Et de sa passion, la brocante, sur internet . Achat, revente, au noir bien entendu.

Et l’an dernier il a fait le pas . S’est consacré à sa passion. A créé son entreprise .

Oh, j’ai juste un vieux Kangoo, et pas de local fixe. Je fais les brocantes, et j’aide les gens gratuitement à évaluer leurs biens, et à les revendre sur Internet .

Gratuitement ? Mais, il faut bien que vous viviez, vous .

De temps en temps les gens me confient des trucs à vendre. Vous savez, si je les renseigne bien et si je les aide, ils savent se montrer reconnaissants.

Il a tout compris du marketing Gaga, lui !!

Vous savez, avant, je gagnais un smic au noir. Maintenant, je gagne en gros la même chose, mais je suis en règle. J’ai créé mon entreprise. Et je paie mes charges, moi.

Fier comme Artaban, il me donne sa précieuse carte de visite.

La fraternité du bus …

Sans y avoir beaucoup réfléchi, j’étais plutôt réservé sur le sujet de la gratuité ou non des transports en commun. Encore une mesure démagogique ?bus

Je suis tombé (merci carfree) sur le blog de Patrice Vergriete, et je dois avouer que certains témoignages m’ont ébranlé .

Comme les transports sont gratuits, on les prend plus, ce qui permet de réanimer le territoire, en invitant les habitants à se mélanger plus souvent.

80% des usagers considèrent que la gratuité a rendu l’utilisation des bus plus conviviale.

La population vieillit et a une certaine tendance à s’isoler. Il faut donc leur rendre la possibilité de se déplacer à leur convenance.

Très bien, mais combien cela coûte tout cela ?

Les habitants croulent-ils pour autant sous le poids des impôts locaux ? Même pas.

Sur le plan de la productivité : le coût pour la collectivité était de 4 euros, on l’a réduit à 2 euros en augmentant le nombre de voyageurs, on a donc divisé le coût par voyageur.

 

Quand même, fi de l’euphorie . Je cherche a comprendre combien cela coûterait en vrai . A moi, Grenoblois. Et là, wikipedia, qui est mon autre bible, me fait tomber de l’arbre . 96% du budget de la SMTC serait couvert par diverses sources publiques ou para-fiscales, la vente de billets ne couvrant que 4% des coûts ? Mais je rêve !!!

financement SMTC

versement transport

Allez, même si tout cela n’est pas très exact ou actuel, le prochain candidat qui proposera la gratuité des transports en commun aura plus de points de karma dans mon évaluation des programmes. Ca a vraiment l’air d’aller dans le sens de la fraternité

 

Je paie la dette de mes enfants en partant en vacances

Lancer de dés :  ou partir cette année pour notre tradition elle semaine en amoureux ?

C’est la première fois que je me pose cette question en la mesurant à l’aune politique . Ou nationaliste .

C’est vrai, la (grosse) poignée d’euros que je vais dépenser va :chat ou j habite

En gros, tout bien confondu, le budget vacances part in fine à 75% dans les caisses de l’état.. Ca mérite réflexion….

Allez, cette année pas de soleil d’Italie, ni de levadas à Madère, pas de frites à  Bruxelles ni de funiculaire en Suisse. Direction Ganges. Pas en Inde,  dans les Cévennes.

 

*Bon, pas d’extrémisme quand même , on a acheté le guide vert, mais je n’ai pas réussi  à  éviter  la commission versée à Booking et à airbnb…

** Merci Geluck pour l’illustration … Ah!!! encore un non Francais . Ouf , il ne m’a pas (encore) demandé de royalties.

 

PS :  le 1/9 /2015 . Lu dans le courrier international . Je ne pensais pas que ce blog aurait autant de pouvoir d’influence . Comme quoi, chaque goutte d’eau compte dans une rivière …

vacances en france