Un stylo fait la diffférence

Elle est toute belle, toute mignonne . Huit ans peut être. Dans sa belle robe , avec son petit collier doré.  Elle tient dans la main une poignée de beaux ballons de baudruche tous décorés. Elle va sans doute rejoindre le défilé de mariage bruyant que nous venons de voir passer. Il est dix heures passées,  je suis a Delhi dans le taxi qui m’emmène vers mon vol de nuit.

Elle se faufile entre les voitures et frappe à la vitre. Erreur, elle ne rejoint pas le défilé,  elle vend ses ballons. Je lui fais un grand sourire impuissant. Je ne vais pas au mariage, ma belle, mais en sens opposé. Elle se fait implorante, mime la faim. Je n’ai rien, la magie de la carte visa ne m’a pas fait toucher une seule roupie de mon séjour et ma petite valise est au fond du coffre avec juste mes deux chemises et mon pyjama. Je finis par détourner le regard et fixe droit devant moi. Elle reste là.  De quel droit  l’ignorer, elle est à l’image de Dieu autant que moi, non?

Alors je me tourne a nouveau vers elle et la regarde. Je me sens mal, démuni.  Les secondes sont interminables, avant que le trafic ne nous sépare.

A quelques années près c’était ma petite fille. Mais je n avais RIEN sur moi, RIEN a lui donner que mon regard et mon sourire niais. Moi qui croule sous les biens. Je me sens nul.

India, Rajasthan, Jaisalmer, portrait of young village girl

Je baisse les yeux. Mon stylo ! Soigneusement embarqué de l’hôtel , il côtoie mon passeport dans ma poche de chemise en prévision des innombrables écritures que les zélés fonctionnaires indiens ne manqueront de m’imposer.     

Il me rappelle le sourire de ce jeune birman auquel j’avais fait ce cadeau il y a quelques années.

Bon, c’est bien trop tard, elle est loin maintenant. Et elle me l’aurait peut être fiché entre les yeux si j avais baissé la garde protectrice de la vitre… mais je m’en veux de ne pas y avoir pensé.

Promis. La prochaine fois que je retourne en Inde je me balade avec la poitrine bardée de stylos tel un capitaine de l’aéronavale.

 

 

NB : merci à Jim Nilsen  d’avoir laissé cette superbe photo sur le web . On dirait que c’est elle…

Tous gagnants , belle fraternité.

Journée de brouillard et de neige, personne n’a le courage de sortir.
Alors on sort les jeux.
Quand j’ai tué ma belle fille, j’ai vu dans son regard un instant d’incompréhension et de tristesse… elle n’avait pas compris que, suite à la distribution des rôles, je n’étais pas dans son équipe. Que je devais la cibler. Que je n’y pouvais rien, c’était le jeu… regard de tristesse quand même…
Quand on y pense, même pour jouer, on ne peut s’empêcher de se diviser, de chercher à vaincre l’autre, l’éliminer, l’écraser. Quelle détente !!!  N’en a t-on donc pas assez de ces divisions ? De ces oppositions permanentes ?
pandemie
Alors on change de jeu. La bonne nouvelle, outre l’Evangile, c’est qu’il existe maintenant des jeux ou on gagne ou perd tous ensemble. Ou soit on sauve l’humanité, soit on disparaît tous terrassés par le mal.
Essayez Pandémie. Vous verrez, l’ambiance en fin de jeu est bien différente. Ce jeu transforme le monde a sa façon, en forçant tous à collaborer. Comme quoi, même par jeu on peut faire progresser l’esprit de fraternité*.
Encore un bel outil pour réaliser la tâche qui nous attend ici bas.

* ah la fraternité. Thème déjà abordé ici et là. Entre autres…

De la comm en boîte

De la comm en boîte

C’est bien connu, la communication est le sang du couple. En fait elle irrigue toute relation. Y compris dans l’entreprise, d’ailleurs dotée pour cela de professionnels : pourtant que d’erreurs, lourdes de conséquences !

Même la politique croit dans les bienfaits de la communication. Elle se trompe juste un tout petit peu complétement, en oubliant un des deux sens de la comm, la transformant en propagande unilatérale…. même (et surtout ?) quand elle s’affuble du titre de « participative ».

Clé, donc la communication . Car c’est par l’échange qu’on se connaît . Et par la connaissance qu’on a plaisir à interagir. A interagir avec plaisir, car, et ils en ont fait leur slogan , Mieux on se connaît, mieux on s’aime.

boite de comm

Leur slogan ? Celui de qui ? Celui des créateurs de ces jeux, qu’ils ont appelé les boîtes de comm**.

Ces jeux qui ont mis la larme à l’oeil chez des vieux couples qui pensaient s’être déjà tout dit. Et chez des jeunes adultes qui ont encore mieux découvert leur famille (très) proche.

Allez, votez vous un bain de douceur .

  • A deux, la boîte de comm du couple, une sorte de DSA* gentiment guidé.
  • En famille, multigénérationelle, la boite de comm de la famille, qui renforcera tous les liens… du sang.

boite de comm couple1

boite de comm famille2

 

 

 

 

 

 

A quand la boîte de comm en boîte, pour doper nos entreprises ? Pour introduire, magie, d’un seul coup d’un seul la qualité de la relation et l’efficacité de l’équipe. Car l’un ne va pas sans l’autre. Parfois il me semble que même ce basique est oublié. Et en voilà encore une idée pour doper la santé des entreprises et la création d’emplois…

 

* Pour tout savoir sur le DSA

** Plus sur ces boîtes

 

J’ai vaincu des millions de concurrents.

Petit topo intéressant sur l’estime de soi. Sujet clef ,au moment ou nous nous apprêtons à lancer un parcours d’aide à la parentalité pour parents d’ados*. Alors, rapide debrief pour les nuls (dont je suis, bien entendu).

L’estime de soi ne se décrète pas . C’est une émotion, et comme toute émotion, on la vit .

Toute relation est une relation entre deux estimes de soi. Et la relation sera heureuse quand les deux estimes de soi sont au bon niveau, pas celui qui pousse l’un à dominer l’autre, mais celui qui amène à une négociation, un échange.

Pour travailler son estime de soi, deux petits trucs :

Faire le point, avec un petit outil rapide, le test de Rosenberg, en ligne ou a télécharger** pour ceux qui craignent que la NSA n’exploite vos résultats .

Et pour s’améliorer, quelques trucs de base … commencer par soi, avant que cela ne rejaillisse sur les autres .

  • Eviter le perfectionnisme.
  • Dire du bien, dire merci, dire bravo*** . Si on le fait pour d’autres, ils le feront pour nous.
  • (se) complimenter pour ce qu’on est, pour ce qu’on a fait, pour ce qu’on a laissé faire.
  • Et savoir se valoriser a la suite de petits succèscourse a pied

Tous nous avons eu au moins un superbe succès , dans une lutte à la vie à la mort, dont nous sommes sortis victorieux sur des millions de concurrents. Si ce jour là c’est un autre spermato qui avait gagné la course, c’est un autre qui aurait existé, pas moi.

Alors, autant s’en féliciter.

Et si vraiment on se retrouve au fond du trou de l’estime personnelle, il y a toujours cette béatitude :

Bienheureux les fêlés  , ils laissent passer la lumière.

 

* Alpha parents d’ado, sortie ce printemps.

**  Test d’estime de soi de Rosenberg, en ligne ou à télécharger .

*** Eh oui, les bonnes vieilles paroles valorisantes . Un des fameux langages de l’amour qui dope bien des hommes. Bon, j’ai collé là un lien parmi 10.000 …..

Les moyens de notre sécurité : développer la fête des voisins

En cette période d’attentats, j’ai rouvert mon livre de chevet, celui du milieu de la troisième pile, j’ai nommé « Le prix du bonheur* » , recouvert, et ce n’est pas un hasard, par une carte touristique de Port Vila**.

chevetresized

Je tombe sur le chapitre 11: “Avons nous encore les moyens de notre sécurité ?” ..  Non, il ne se focalise pas sur l’économie publique, mais sur les racines profondes : revenu, travail, santé, communauté . Et là , une petite phrase*** m’interpelle:

Il existe d’ailleurs un bon indicateur, quoique original, du taux de petite criminalité : le nombre d’amis que l’on peut rencontrer en marchant autour de chez soi pendant quinze minutes****.

La criminalité est moindre quand les gens se font confiance , et les gens font davantage confiance quand les déménagements sont rares et la collectivité homogène. »

Si on ne peut pas grand chose à titre individuel contre les déménagements et l’homogénéité de notre collectivité urbaine, au moins il y a une chose qu’on peut tous faire : participer plus activement à la fête des voisins . C’est vrai que je n’ai pas été très fan jusqu’ici de ce genre de manifestation, qui développe pourtant bien la fraternité*****

 

*  voir les posts sur ce “must read”

** C’est pardonnable de ne pas savoir instinctivement que Port Vila est la capitale du Vanuatu, pays du bonheur…

***  « Le prix du bonheur » p 196

****sampson et groves  1989 : “ Community Structure and crime : testing social-disorganization theory” American Journal of Sociology N°94 p 784 et suivantes

https://dash.harvard.edu/bitstream/handle/1/3226955/Sampson_CommunityStructureCrime.pdf?sequence=2   

***** Sur la fraternité, par là….   ici…

Il peut parfois renvoyer l’ascenseur à toute vitesse

Paris, gare de Lyon, 19h.

Il y a foule au monop pour payer les sandwiches soigneusement choisis dans les rayons. Une queue un peu désordonnée.

Mon tour arrive presque quand une petite dame, essouflée, grille toute la queue sans s’en rendre compte, juste devant moi. Elle est visiblement pressée, moi pas . Ma raison réussit à dominer ma nature, et je ne dis rien. Derrière moi, une autre s’énerve. Je lui murmure :

Vous êtes pressée, madame ?

Non, mais ce n’est pas une raison. 

Bah, ce n’est pas grave non plus.

Ma resquilleuse part . J’approche de la caisse, trébuche sur une valise laissée à mes pieds. Je hèle la resquilleuse, résolument décidé à ne pas lui en vouloir.

Content de moi, d’avoir su dominer mon caractère impatient, et d’avoir mis quelque part une petite image d’altruisme dans tout de brouhaha , je règle tranquillement mon achat et pars à pas lents. Je me sens bien.

effet boomerang

10 secondes . C’est le temps qu’Il a mis pour me renvoyer l’ascenseur. Ma rouspéteuse m’appelle  pour me tendre la carte de crédit que j’avais laissée sur le comptoir, avec un grand sourire à son tour.

Même si ce n’est pas toujours aussi rapide, l’effet boomerang du bien est réel. Merci du rappel.

Fier de payer des charges

7h, dans le froid du petit matin de la brocante de Claire. Les professionnels sont là les premiers, a l’affût de la bonne affaire . Très vite, ils repartent . Pas tous . Un homme reste à examiner chacune des vieilleries ou autres bricoles exposés. Avec attention. Il prend son temps. Entame la discussion. Cherche , sur son vieux smartphone, des informations sur chaque objet.

brocorama2Il m’intrigue .

Petit à petit, il se raconte .

Il vivait de petits boulots . Et de sa passion, la brocante, sur internet . Achat, revente, au noir bien entendu.

Et l’an dernier il a fait le pas . S’est consacré à sa passion. A créé son entreprise .

Oh, j’ai juste un vieux Kangoo, et pas de local fixe. Je fais les brocantes, et j’aide les gens gratuitement à évaluer leurs biens, et à les revendre sur Internet .

Gratuitement ? Mais, il faut bien que vous viviez, vous .

De temps en temps les gens me confient des trucs à vendre. Vous savez, si je les renseigne bien et si je les aide, ils savent se montrer reconnaissants.

Il a tout compris du marketing Gaga, lui !!

Vous savez, avant, je gagnais un smic au noir. Maintenant, je gagne en gros la même chose, mais je suis en règle. J’ai créé mon entreprise. Et je paie mes charges, moi.

Fier comme Artaban, il me donne sa précieuse carte de visite.