Deux raisons ont motivé le choix de la Cornouaille britannique comme destination de nos vacances sans voiture malgré nos craintes sur la fiabilité des trains britanniques.
Le plaisir de revoir nos amis à Londres et à Bristol a été au delà de nos attentes.
Les craintes sur la fiabilité des trains britanniques se sont révélées infondées, les diverses compagnies se partageant le territoire se montrant d’une rigidité* et d’une ponctualité étonnantes.
Quand à notre seconde attente, le plaisir de découvrir les eurovélo routes qui s’annoncaient splendides, disons qu’elle a été surprise. Les pistes cyclables annoncées sur opencyclemaps se sont révélées un recyclage des chemins creux, conçus avant la découverte des lignes de niveau**, et juste assez larges pour laisser passer une voiture. Bordés d’épaisses et hautes haies d’épineux qui font le bonheur de la biodiversité et le malheur du cycliste qui se retrouve face à face avec une voiture, un tracteur, voire un semi remorque qui parachèvent leurs rayures de ses deux flancs simultanément. Mais, il faut l’avouer, la courtoisie des chauffeurs british vis à vis des cyclistes a été sans égale,qui leur fait enclencher la marche arrière quand ils ne nous ont pas vu arriver avant de pouvoir se garer sur une zone de croisement.
Le marquage des itinéraires, lui, laisse à désirer. De signe eurovélo, que nenni. La fameuse Eurovélo1 , que nous imaginions parcourue de hordes de cyclotouristes européens, a semble t il bien souffert du Brexit. Par endroits, une piste dédiée a bien été créée, sans doute sous financement européen. Comme on le voit sur cette photo, elle n’est plus fréquentable que par ceux qui ne craignent pas les crevaisons, recouvertes de ronces sauf une bande d’une vingtaine de centimètres pour poser ses pneumatiques.
Brexitées donc les eurovelos, au moins dans cette partie sud ouest de l’île. Nous devions d’ailleurs être les seuls à ignorer cela, n’ ayant rencontré en tout et pour tout que cinq cyclotouristes en une douzaine de jours sur 750 kilomètres de ces voies qui sont bondées partout ailleurs en Europe. Bon, ce billet informera peut-être quelques autres cyclo ahuris mal documentés parcourus d’idées biscornues…

* hors de question de prendre l’équivalent TER, pourtant vide, de la même compagnie, qui part une demi heure avant celui pour lequel nous avions réservé.
** deux hypothèses s’affrontent sur les causes du tracé tout en creux et bosses bien pentus :
- que la loi salique a préservé les propriétés du morcellement au fil des successions, et donc du remembrement qui a permis en d’autres lieux de tracer des chemins moins raides plus propices à la circulation motorisée.
- que le tracé est sponsorisé par des industriels cyniques, tant nous avons eu l’impression d’utiliser l’énergie stockée dans nos batteries dans le seul but de vaporiser nos plaquettes de frein dans les secondes qui suivaient la fin de la montée.


