Fin de vie

Quelques mois ont passé. La vigueur de l’émotion qui a inondé cette quinzaine est réduite. Que tirer de ses deux dernières semaines de vie, accompagnées ou suivies heure par heure ?

Une chute. Inexpliquée. Un hématome sanguinolent à l’arcade. L’EHPAD l’envoie immédiatement aux urgences de la Croix Rousse. Qui le prennent en charge. Le recousent. Soignent cet hématome qui déborde maintenant des deux côtés du front. Le renvoient.

La nuit suivante, la douleur ne désarme pas. Le personnel de garde le renvoie aux urgences . A Edouard Herriot, cette fois. Grève des hôpitaux oblige, tous les services sont un tantinet désorganisés. Le diagnostic s’aggrave : hématome cérébral , interne. Associé à un défaut de coagulation. La raison invite à le garder à l’hôpital sous observation rapprochée, mais les places manquent, les couloirs sont pleins, le personnel absent … Retour à l’EHPAD avec des consignes précises.

Les heures passent. Depuis bien des années il ne parle presque plus. Il se crispe. Hurle lors de chaque manipulation. Une nuit plus tard, la douleur a empiré. Le médecin coordinateur va l’examiner. Encore des heures d’attente, avec juste une présence mais si peu de communication. Mais pourquoi ses jambes sont elles si bizarrement placées ? Pas de réponse.

Enfin. Tel un roi, le médecin entre avec sa cour. Docteur, il souffre. Vous vous trompez, madame, avec le traitement qu’il a il ne peut pas souffrir. Ses spasmes ? Des mouvements réflexes. Ses jambes ? Juste le bleu de la chute qui lui irrite la hanche.

Docteur, je ne suis pas médecin, mais il souffre .

Je vous dis que non, et je ne peux pas faire plus, il faut attendre que tout se résorbe.

Pourtant, tel un message divin, c’est par téléphone que le patch de morphine se voit prescrit. Le lendemain seulement.

Fée morphine agit le week end, que nombreux mettent à profit pour revoir leur père, leur grand père…Ça ne va pas…

Une troisième hospitalisation prescrite par le médecin traitant. Pour une radio des hanches. Surprise, on découvre un col du fémur fracturé . C’est donc si rare dans les cas de chute d’octogénaires pour que personne ne l’ait soupçonnée, malgré les hurlements du patient et les alertes de la famille ?  Consternation, mais espoir.

On se dirige vers une opération. Risquée. Mais sans alternative sérieuse. Les réticences des anesthésistes sont longues à lever.Le dossier n’a pas suivi, les examens s’enchaînent. Se répètent. Malgré les rappels, la morphine est renouvelée avec retard. La dose monte, au maximum.

Vendredi. 10h . L’opération aura lieu. Une chance sur deux, un peu moins. La souffrance augmente, malgré la morphine, au fur et à mesure du compte à rebours des heures qui nous séparent de cette libération promise, quelle que soit l’issue.

Vendredi . 1h . Le téléphone interrompt un sommeil agité.

Madame, il est en détresse respiratoire grave. Il faudrait l’intuber. Les chances de succès de l’opération s’amenuisent considérablement. Le médecin, au téléphone, prend le temps. Beaucoup de temps. Pour proposer, présenter, l’alternative de protocole de soins palliatifs, qui , se focalisant sur le traitement de la douleur annihile les chances de survie au delà de quelques heures, jours, semaines au plus. Plus d’opération alors.

Inutile de prendre tant de précautions, docteur. C’est oui. Inutile de se concerter avec ses autres enfants, nous en avons déjà parlé. Et lui même avait écrit dans ce sens.

Une heure plus tard nous le voyons glisser dans la sérénité – enfin – du coma artificiel.

Les vivants s’organisent. Par deux, nous le veillerons jusqu’au bout. Quelques heures passent. La respiration devient plus difficile.

Vendredi. 15h. Il vient d’entendre l’au revoir d’une de ses filles au téléphone. Deux autres vont arriver. Mais va t-il partir avant ?

Une dizaine de chapelet. Évocation par M de tous les membres de la famille. De la tribu. Positivement. L’œuvre de sa vie. Belle.

L’aînée arrive. Le caresse. Vous avez été un super papa, vous pouvez maintenant rejoindre votre femme. Et il prend une dernière inspiration pour entreprendre le voyage. A l’heure du Christ.

En cette période de révision des lois bioéthiques (on a ajouté l’euthanasie dans le paquet bioéthique, ne me demandez pas pourquoi), je relis cette quinzaine en vis à vis des textes de loi.

Ces derniers n’ont pas gêné, pas retardé le processus. L’encadrement de la décision, prise par deux médecins et la personne de référence, est bonne.

Une euthanasie plus brutale l’aurait privé de ses douze dernières heures. Pendant lesquelles il n’a plus souffert, et qui sait où était son esprit ? Nous avons tous en tête ces témoignages de mort immanente. Je pense que ces douze heures valaient la peine d‘être vécues. Pas seulement pour le confort de notre prise de décision.

Ce cas n’appelle donc aucune révision législative.

Par contre ….

Les erreurs successives de diagnostic, la défaillance manifeste dans l’évaluation de la douleur… ne sont pas acceptables.Nous sortons là du cadre des lois sur l’euthanasie . Je ne peux que renforcer les besoin tant exprimés de :

  • formation sur l’appréciation de la douleur ressentie par les patients.
  • respect par les grands pontes des accompagnants, du petit personnel soignant qui sont en permanence au contact du malade.
  • redéploiement des ressources au sein des hôpitaux, avec transfert de dépenses administratives (qui seraient en inflation galopante) vers plus de ressources pour les “productifs”, soit les soignants. C’est ce que je n’ai cessé de faire pendant 40 ans d’industrie. Il serait temps que le monde de la santé s’y mette sérieusement.

 

 

crédit image : CanStock photos

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Plus c’est gros, mieux ça passe

Grenoble en route vers l’autonomie alimentaire . Le maire pastèque* plastronne. Deux tonnes, vous avez bien lu, deux tonnes de nourriture sorties des serres municipales. C’est énorme !! Énorme ? Au point de viser l’autonomie alimentaire ?

Trois chiffres : 200 000 habitants. 2 tonnes . 10 grammes par personne. Par an.

Ou encore, si un homme mange 500 g d’aliment par jour, les serres municipales ont nourri 10 habitants. Il n’y en a plus que 199 990 à nourrir. En route vers l’autonomie alimentaire. Bonne et longue route ….

Ça ne gêne personne de mettre cette phrase en exergue. Stupidité, ou mépris de l’intelligence des lecteurs ?

Au fait, c’est la mission de la ville de nourrir ses habitants ? Çà ne me ravit pas de voir mes impôts locaux engloutis là dedans. Et vous ? Un maire de commune rurale se serait fait lyncher pour moins que cela.

 

PS : cocorico. Avec mes 11 kg de miel**, j’ai produit 1000 fois plus que la ville, pour ce qui me concerne  😉

 

* vert de peau, rouge dedans.

** 11kg ..comment ?

Soixante dixième miracle à Lourdes

Il est reconnu . Par l’église, bien sûr. Qui d’autre ? De cette guérison totale, soudaine, inexplicable, que dire ? Les croyants parlent de miracle. Les autres y trouveront une bonne source d’optimisme : la nature humaine n’est pas encore bien connue, il y a des potentialités énormes de guérison à découvrir. Et que continue la recherche! Les “miraculés” ne s’y opposent pas, au contraire . « A Lourdes, la science et la foi ne s’opposent pas. Elles travaillent dans un mutuel respect à la recherche de la vérité » dit le bureau médical.

Dommage que ça ne soit pas plus souvent le cas . Qu’un certain dogme, ostracisme, empêche tous de bénéficier du “meilleur des mondes”.

Combien de fois nos propositions de parcours couples*, ou de discernement sur l’engagement**, qui font tant de bien, ont été repoussées car “catho”. Pourtant, elles contribuent juste à faire grandir l’amour.

Pour tous. Les participants athées en attestent. Mais que de freins dans les a priori, induits par une caricature si imbue d’elle même qu’elle prétend être la vérité.

Nous travaillons pour faire grandir l’amour. Partout. C’est tout.

Ça gène vraiment que je le fasse en croyant que Dieu est amour ?

 

* les briques de société

**vie en couple, engagement, et autres..

Le pourcent riche

Une discussion quasi ubuesque m’a fait chercher de la data. J’ai trouvé ce site* qui vous positionne, en revenu comme en fortune, sur une échelle mondiale.

Eloquent. Si vous gagnez le SMIC en France, vous gagnez en un an ce qu’un agriculteur du Ghana mettrait 119 ans à obtenir. Si, comme la moitié des cadres (selon les chiffres de l’APEC 2012**), vous gagnez au moins 47.600 euros par an, vous faites partie des 0,24% des personnes les plus riches au monde. Et votre revenu mensuel permettrait de rémunérer 237 médecins pakistanais pendant un mois. Et, puisque la notion de richesse relève décidément d’une perception bien relative, il apparaît que les « riches » aux yeux d’une majorité de Français, soit ceux qui gagnent plus de 6.500 euros par mois***, appartiennent aux « 0,09% » les plus riches de la planète. L’élite économique, donc, des « 1% » ciblés par « Occupy » (Wall Street, Francfort etc).

Alors les riches, c’est juste ceux qui le sont plus que nous ? Assumons, lecteurs. Ceux d’entre nous qui gagnons plus de 2300 euros mensuels sont dans LE pourcent riche. On arrête de pleurer ?

*http://www.globalrichlist.com/

** https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120911trib000718927/les-cadres-percoivent-53.800-euros-annuels-en-moyenne.html

***https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130207trib000747429/pour-etre-riche-il-faut-gagner-au-moins-5.000-euros-par-mois.html

Mais que fais tu avec ton Annette ?

Post différent des autres. Aucun message dans cette histoire.

Certains ont déjà visionné la présentation de ma nouvelle chérie*, qui vise à vous permettre de contribuer à la levée de la génération des makers**.

Sur demande populaire, j’ai ajouté une autre vidéo*** sur ma chaîne pour dire ce que j’ai fait avec jusqu’ici. Les idées fusent pour la suite. Mais une chose à la fois…

Photo pieces

 

* Tour de l’Anet A8 en moins de 5 minutes

** Une génération de makers ?

*** Mais que fais-tu avec une imprimante 3D ?

La forêt appartient à tout le monde

Balade en Vercors accompagné de JC, expert forestier. Les forêts du Vercors ? Des lots communaux, des lots privés. Appartenant à des investisseurs, ou à des héritiers qui conservent ce bien de père en fils ou de mère en fils, de mère en fille, de père en fille #oufj’aiéchappéaupiège . Cela fait longtemps que le législateur a mis la pédale douce sur la taxation de la forêt. Pour éviter d’obliger de raser la futaie afin de payer les taxes, comme ce fut le cas il y a bien longtemps. Même l’IFI a épargné les souches.

Mais les hommes sont décidément une menace permanente. Très difficile d’interdire l’accès aux VTT ou autres motocross, qui, au nom de la liberté, sortent trop souvent des chemins en saccageant la biodiversité. Quand aux promeneurs, ils sont bienvenus tant qu’ils n’intentent pas un procès au propriétaire qui a laissé négligemment le vent faire chuter une branche sur leur personne.

C’est volontiers que la forêt serait ouverte à tous. Mais les barbelés sont hélas moins coûteux que les polices d’assurances . Une fois de plus*, l’irresponsabilité de quelques uns pèse sur tous.

Alors, en généralisant, un peu de discernement : tous nos “droits” ne sont pas bons à faire valoir en toute occasion.

 

* une autre occasion d’irresponsabilité ...

Le grand retour de Goldman ??

Il a bercé , et berce toujours, mes journées. Alors un titre aussi aguicheur ne peut que m’inciter à en lire plus.

Pas besoin de lire beaucoup de mots pour le savoir exilé à Londres. Je le croyais à Marseille, il a du préférer l’accent cockney. .

On a perdu Johnny l’américain, et notre nouveau numéro un est toujours exilé. Mais ce doit être un hasard. Ou est donc le numéro 2 ? Ah ! Aux US, de même que Dany Boon, me dit Wikipedia. Et Gad Elmaleh se tâterait pour les rejoindre. Florent Pagny, lui, a rejoint mimi Mathy au Portugal. Bref, sans y passer des heures, Wikipedia me dit que la moitié du top ten est exilé fiscal. Du top ten des personnalités préférées des français.

Ballot, non ? Qui aime bien exile bien ?

Quand fera-t-on ce qu’il faut pour qu’ils reviennent? La changement ISF -IFI suffira-t-il ? Car, à n’en pas douter, toutes ces célébrités, comme les grands dirigeants, emportent dans leurs bagages tout un aréopage. Ça serait un vrai grand retour.