Quand les start uppers sont des anciens.

C’est décidé, je pars avec Elle. Le conseil a décidé, il y a deux semaines bientôt, qu’il fallait une dirigeante plus jeune, plus vigoureuse, pour assurer la pérennité de la Cité.

Alors c’est l’heure pour la fondatrice de partir. Sous peine d’être éliminée.

Comme une petite moitié d’entre nous, je vais l’accompagner. L’aider à fonder une nouvelle entreprise. Eh oui, chez nous les start uppers sont des anciens. Expérimentés. Qui en général réussissent pas trop mal. Peut être car  elles entraînent les senior avec elles ?

Une nuit dehors. Au frais. Les exploratrices n’ont pas encore trouvé l’incubateur idéal. Nous arrivons au bout de nos réserves, de notre trésorerie. La moitié d’entre nous sont déjà reparties vers la sécurité. Au risque de se faire repousser. Il va falloir vite se décider. Demain à l’aube, au plus tard.

Une secousse violente, nous tombons en masse dans la besace du business angel. Qui nous transfère dans une structure parfaite. Réoriente notre stratégie, nous délocalise brutalement. Reconstitue un peu de nos réserves. Et nous laisse reposer. A nous de jouer maintenant.

 

Vous l’aurez compris, j’ai récupéré un essaim chez une copine, ce qui m’a fait divaguer un peu..

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Des zinzins socialement responsables

Ah, la belle poussée d’espoir. Quand je lis dans un de mes paper-li préférés* que les investisseurs institutionnels poussent les promoteurs à bâtir des logements à énergie positive. Contrairement aux particuliers, qui sont toujours endettés jusqu’au dernier centime possible et rogneraient volontiers sur ce qui peut être encore pour beaucoup considéré comme de second ordre.

Les zinzins, comme on les appelle, visent, quand ils sont dans l’immobilier, la revente. Du coup les voilà forcés à raisonner à long terme. Et à pousser à la roue des bâtiments à énergie positive. La finance serait elle compatible avec l’éthique? Ou forcée à en avoir ? Eh oui, les media peuvent avoir un impact positif .

Ça me renvoie face à mon ambivalence, celle qui me voit laver plus blanc que blanc pour fustiger le CAC 40, ou les gros en général, sur leur attitude vis à vis de l’environnement, mais me trouve beaucoup plus laxiste pour mon feu de cheminée ou mes vacances aux Caraïbes . Qui me voit en même temps prendre ma voiture** pour mes vacances en Italie mais me désoler de la tragédie écologique de la vallée de Chamonix avec tous ces poids lourds.

Jolie leçon de cohérence que cet article … A méditer.

* celui sur l’immobilier

** diesel, je vous le rappelle

Diesel et nucléaire pour les écolos.

Ce Grenoble magazine* est à lui seul un temple de manipulation.

Fini le diesel et le CO² . Allez, diesel, CO², on fait une fournée, plus on tape sur le clou, plus il s’enfonce..

Que le diesel, par sa consommation plus faible, produise moins de CO² que l’essence, cela ne se dit plus. Politiquement inacceptable.

Amalgamer particules fines, qui impactent la santé de l’homme urbain, et CO², qui impacterait ( je mets un conditionnel pour ne pas entamer la guerre avec les climatosceptiques, ce n’est pas mon propos) le changement climatique avec ses impacts énormes et à long terme, cela ne gêne personne** .

Bannir une technologie (le diesel) au lieu d’imposer une performance à atteindre (l’émission de particules) bloque tout progrès technique car restreint le champs des possibles. Cela ne gêne pas la presse . Pourtant une telle démarche est  proscrite dans l’élaboration de normes internationales.

Pour ma part, en bon écolo, j’ai acheté récemment une voiture diesel. Qui épuise moins les ressources naturelles. Qui émet moins de CO². Qui est potentiellement plus durable.

Et, bien sûr, je ne l’utilise pas en ville, territoire du vélo.

La voiture électrique ? Peut être, mais pas à l’Allemande. Si l’électricité vient du charbon, la voiture électrique émet plus de microparticules ET plus de CO² que n’importe quelle autre technologie.

Alimentée au solaire ? Peut être, un jour. Mais aujourd’hui c’est une utopie de fournir assez d’énergie solaire pour toute la circulation automobile****. Et la France s’y prend bien mal *****

Reste le nucléaire. Sans CO² . Sans particules fines. Certes avec des déchets à stocker. L’homme a su développer les techniques pour dénicher des combustibles stockés sans fuites par la nature dans le sous sol sous haute pression pendant des millions d’années. Il devrait bien être capable de se débrouiller pour en remettre un peu à la place.

 

Tout est lié, comme le rappelle François. Dans nos choix, je refuse l’amalgame. Eau, CO², ressources naturelles, particules fines : que nos solutions prennent en compte ces quatre éléments. Sans a priori technologique.

 

*  Gre-mag N°19  mars/avril 2018 p 18

** Pour les passionnés du sujet, je ne peux que recommander le livre de Jancovici ci dessus.

*** Pour ceux qui préfèrent, sa conférence qui raconte la même chose..

**** sur l’empreinte du gaz de schiste, du photovoltaïque et du nucléaire

***** sur le dogmatisme photovoltaïque en France

Justice sociale : libérer les femmes de la charge des vélo cargos dans l’hypercentre.

Ce Gre-mag* me fait bien rire. Mais pourquoi ? A croire que cet article sur la question des femmes dans la ville a voulu se torpiller lui même .

……. ce sont le plus souvent les femmes qui exécutent les tâches domestiques et de transport. Notamment dans les quartiers mal desservis par les transports en commun. Jusque là, je comprends. Dans les hyper centres (ah, bon, les hyper centres sont mal desservis par les transports en commun ?) , la charge des vélos cargos revient à 75% à le femme. C’est vrai, le vélo cargo est l’outil principal de transport des charges lourdes dans Grenoble, c’est connu…

Ce serait drôle si cela ne venait d’un chercheur au sein d’un laboratoire Grenoblois de sciences sociales. Si j’étais financeur ( CNRS, université de Grenoble) , je vérifierais bien qu’il y a au moins quatre vélo cargos dans l’hypercentre, que le chiffre de 75% soit crédible. Et accessoirement je vérifierai que les sujets d’étude soient consistants. Un article comme celui là, ça compte peut être comme publication scientifique ? Quel discrédit !!!

 

* Grenoble Magazine mars/Avril 2018

**labo PACTE ?

La forêt appartient à tout le monde

Balade en Vercors accompagné de JC, expert forestier. Les forêts du Vercors ? Des lots communaux, des lots privés. Appartenant à des investisseurs, ou à des héritiers qui conservent ce bien de père en fils ou de mère en fils, de mère en fille, de père en fille #oufj’aiéchappéaupiège . Cela fait longtemps que le législateur a mis la pédale douce sur la taxation de la forêt. Pour éviter d’obliger de raser la futaie afin de payer les taxes, comme ce fut le cas il y a bien longtemps. Même l’IFI a épargné les souches.

Mais les hommes sont décidément une menace permanente. Très difficile d’interdire l’accès aux VTT ou autres motocross, qui, au nom de la liberté, sortent trop souvent des chemins en saccageant la biodiversité. Quand aux promeneurs, ils sont bienvenus tant qu’ils n’intentent pas un procès au propriétaire qui a laissé négligemment le vent faire chuter une branche sur leur personne.

C’est volontiers que la forêt serait ouverte à tous. Mais les barbelés sont hélas moins coûteux que les polices d’assurances . Une fois de plus*, l’irresponsabilité de quelques uns pèse sur tous.

Alors, en généralisant, un peu de discernement : tous nos “droits” ne sont pas bons à faire valoir en toute occasion.

 

* une autre occasion d’irresponsabilité ...

Pour une génération de makers.

Pauvre essoreuse à salade . Frappée d’obsolescence (programmée ?), la poubelle la guette pour une simple poignée brisée. Fi des sourires, je ne peux accepter. Je sais que son remplacement ne coûterait qu’une petite poignée d’euros. Qu’un dépannage un temps non nul. Mais quelle belle occasion de mettre en œuvre mon cadeau de Noël . De img_20180125_160644.jpgmettre à profit les heures passées sur le MOOC de cet hiver*. Une heure de conception, trois heures d’impression. Cinq grammes de PLA**, à base d’amidon de maïs, vont sauver de la décharge 500 grammes de plastique issu de précieux pétrole. Quel belle rentabilité, du point de vue WAT***

Ils savent jouer au lego, ils apprendront vite à dessiner en 3D, foi de grand père. Avec des logiciels comme Tinkercad**** c’est devenu un jeu d’enfant. Donc de petits enfants.

Et si cette génération apprenait à l’école à maîtriser l’impression 3D ? A piloter ces machines qui, aujourd’hui, coûtent bien moins qu’une console de jeu. Pour 100 euros mon Anet est arrivée en pièces détachées directement dans la boite aux lettres.

Alors, pour le futur de la planète, on milite pour ce complément du programme scolaire?

 

*Massive Online Open Course. Le prochain de FUN (France Université Numérique)  sur l’impression 3D démarre le 3 avril…

** PLA ?

*** VAT ou WAT ?

**** Tinkercad ? Un logiciel online pour la conception mécanique ou électronique.

Maker ?   Kesako ?

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Ubu et l’économie circulaire

Avec cette vieille canalisation d’au moins 10 kg de plomb en main, je me vois riche. Le LME  m’indique qu’il y en a bien pour 25 euros au prix de gros. Les cours sont bas en ce moment.

Je découvre avec joie qu’il y a un ferrailleur a moins d’un kilomètre. Un coup de fil pour éviter la mauvaise surprise me permet de profiter d’un immense éclat de rire. Gentiment, mon interlocuteur me dessille les yeux : oui, il est intéressé par du plomb. Il le récupère à la tonne, donc même si je lui apporte mon tuyau, il ne prendra pas la peine de me l’acheter. Il en donne 500 euros la tonne, cours confirmé par google quelques minutes plus tard. Un cinquième du prix mondial. Un rapide examen m’indique que pour d’autres métaux, cuivre, acier, la situation est très proche.

Toute filière de recyclage devra donc se débrouiller pour collecter, trier, raffiner, et atteindre la tonne fatidique en dépensant seulement un cinquième du cours du métal pur.

Donc non, la filière d’approvisionnement en matières premières n’est pas en tension.. Pourtant tous prédisent des pénuries à court terme. C’est vrai que la terre ne demande rien pour les ressources qu’on lui extirpe. Quand on paie de la matière, on paye juste le travail qu’il a fallu fournir pour la récupérer. Pas un centime pour l’énergie et les siècles que mère nature a dépensés pour la produire.

Ça encourage pas à l’économie circulaire, cette affaire. Alors ?

Je ressors ma vieille idée de WAT*, qui serait à la matière première ce que la taxe carbone est à l’énergie.

Et en attendant que la filière de reconditionnement des matières progresse et n’aie plus besoin de 80% du gâteau, il ne reste donc plus qu’à se focaliser sur la réparabilité.

 

* taxer le poids extrait et non le travail, en quelque sorte.