Des lois et des feuilles mortes

Bruxelles n’a pas encore réussi à trancher. Contre l’espérance de certains. A croire que la communication sur la nocivité du glyphosate, et pas seulement pour les abeilles*, ne leur est pas arrivée . Ou que le matraquage est plus violent en France qu’ailleurs, n’oublions jamais la totale partialité de nos media** .

Qu’importe. Il y a quelques années, un sage un peu désabusé de la politique me soutenait que l’on n’avait au final que les lois qu’on méritait. Que l’arsenal juridique ne faisait que entériner les souhaits de l’opinion publique. Pour une bonne raison, toujours la même***, c’est qu’ils tenaient à leur réélection. Et qu’en conséquence nos lois partageaient avec les feuilles mortes la caractéristique de suivre le courant qui les entraîne. Pas si faux.

En ce qui concerne le glyphosate, j’ai du mal à croire nos agriculteurs totalement inconscients. S’ils défendent ce dernier, c’est sans doute qu’ils ont à choisir entre disparaitre tout de suite (sous pression concurrentielle) et mourir plus tard (ce qui est notre lot à tous, non ?).

A nous de créer le courant.

En refusant d’utiliser du roundup dans notre jardin (même si c’est si pratique !).

En achetant du bio dans notre quotidien (oui, c’est plus cher mais de toutes façons l’agriculture sans glyphosate sera plus chère).

Le jour ou il n’y aura plus de demande de produits glyphosatés, il n’y aura plus besoin de loi.

 

*en direct, l’impact du traitement du voisin sur mes chéries

** les exemples de manipulation ne manquent pas dans ce blog

*** Leur unique pensée

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Vous avez dit glyphosate et vous trouvez ça drôle ?

Inquiet, je poste sur youtube une vidéo de la planche d’envol de mes chéries .

Le verdict tombe assez vite : tu as un voisin qui vient de faire un traitement au roundup …

Alors, si vous voulez voir l’impact en direct, ça dure moins de 30 secondes … Ça peut faire rire certains, de voir ces bestioles tomber sur le dos et se débattre pour se retourner. Mais pas tout le monde. Et sur ce coup là, je m’en suis sorti en quelques jours, vive la ville…

Et si vous n’avez pas vu l’appel au secours d’un apiculteur bien plus concerné que moi …

Suite au 20h de ce soir, je me joins aux plaintes… et forcerai encore plus sur le bio lors de mes prochaines courses.

Une autre source d’optimisme

Toogoodtogo* . C’est quoi ce truc ?

Encore une appli qui change le monde**, à son échelle… microscopique.

Non content de recycler les petits bouts de ferraille ou de plastique, cette appli me sert, d’un coup de pédale, les “trop cuisiné” des plus grands restaurants (et des plus petits), directement sur ma table… plutôt que de les jeter.

Eviter le gaspillage alimentaire ? Mais voilà encore une drôle d’idée …

* Faites y un tour

** Il n’y a donc pas que TUNA que l’on puisse mettre au service

 

Taxer l’hôpital des pinces à linge

Caramba, j’ai encore chu.

Remplacé, après une opération à cœur ouvert, les deux roulements de la pompe de piscine pour une prolongation de vie hypothétique au lieu de changer toute la pompe, pour une tranquillité d’esprit sans prix.

Trépané les jambes du dragon, pour lui assurer de nouveau une marche vaillante.

Redonné vie à cette malheureuse pince à linge avec deux malheureux bouts de fil de fer qui auraient pourtant bien mérité le repos éternel dans une déchetterie.

Certains ont, paraît il, de l’or dans le mains. Recyclent ad nauseum tout ce qui s’entasse dans leur cave car, dit on, “ca pourrait toujours servir”.

Cette hérésie anti croissance ne saurait durer. Sévissons.

Immanquablement, à si peu consommer la fortune les guette. Pour autant qu’en plus ils chérissent les placements éthiques qui sont bien souvent très rémunérateurs.

L’ISF est là pour les ramener à l’ordre. En voilà un bel impôt (qui est aussi) anti-environnemental.

Bête et méchant

C’est vrai que la méconnaissance développe la peur. Et la peur la méchanceté. Parfois gratuite.

Quand je les ai vues tourbillonner pour la première fois dans ce coin du jardin, avec leur air noir, j’en étais certain : voilà de bien mauvais frelons. Probablement asiatiques. En tous cas des espèces que je ne veux pas voir autour des petits enfants. Énormes, sombres, leur seule qualité étant de ne pas être trop nombreuses. Alors, rassemblant mon courage et bravant ma peur, je suis allé les attraper au filet et les éliminer. Et j’ai dispersé le tas de bois mort d’où elles semblaient sortir.

La victoire semblait assurée, jusqu’en juillet suivant, où, alors que je faisais visiter ma ruche aux petits enfants, je les revois dans le paysage. Branle bas de combat. On recommence. Avant de les déclarer aux autorités, je capture un individu, pour confirmer sa classification en espèce nuisible. Et le bon internet, au bout de quelques tâtonnements, m’indique que non, ces monstres ne sont pas des frelons, m’envoie sur le livret d’identification des abeilles sauvages*, qui lui même pointe sans hésitation possible sur l’abeille résinière géante, alias megachiliadae, que Phylloscopus** me confirme assez inoffensive. Alors je relâche généreusement le spécimen capturé… et je reconstitue l’hôtel à insectes dans lequel elles nichent.

Moralité : l’habit ne fait pas le moine. Et j’aurais pu réfléchir un peu plus avant d’agir brutalement.

PS : et pour les amoureux des abeilles prêts à signer des pétitions, allez donc voir le coup de gueule de gOAdee sur le varroa***, fruit de l’action des hommes, qui doit donc être traité par ces derniers..

 

* www.arthropologia.org/IMG/pdf/livret_identification_abeilles.pdf

** https://phylloscopus.wordpress.com/

*** gOAdee et le varroa : une video un peu longue mais édifiante.

Schizophrènes de la pétition ?

Encore une pétition qui circule pour faire interdire les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Mais pourquoi en faut il tant ? Notre gouvernement est il donc si sourd ? Nos agriculteurs sont ils si stupides et si mal informés qu’ils détruisent leur outil et leur environnement de travail, la nature ?

Et si les choses étaient un peu plus compliquées ?

Et si les signataires de pétitions étaient eux même une bonne partie du problème?

Au risque de radoter, non, l’état ne doit pas toujours nous materner*. Dans notre société de consommation, le pouvoir est au consommateur . A nous. Et si nous avons le pouvoir de notre porte monnaie, nous portons la responsabilité de la conséquence de nos achats, de nos investissements.

Au delà des abeilles (pour lesquelles je ne peux que vous encourager à installer une ruche sur votre balcon** et à arrêter les désherbants chimiques dans votre jardin), quelles pressions et quels encouragements mes achats apportent-ils aux agriculteurs?

Hier, je n’ai pas signé cette pétition. L’appel à Nicolas*** de la semaine dernière suffit. Mais j’ai acheté de la farine bio au supermarché. Modeste contribution à ce que se prolonge la croissance des surfaces agricoles cultivées en bio**** : 5% en 2016, en croissance de 17%.

 

* l’état doit il vraiment toujours faire quelque chose ?

** ah, installer une ruche

*** appel à Nicolas ?

**** La bio en France

Au secours, Nicolas …

Bon, si vous avez tout suivi je suis parti dans une nouvelle aventure* avec mes cinquante mille copines cachées dans un coin du jardin.

Je passe sur la lutte contre la « peste noire »** , qui occupe mes journées (bon, quand même pas totalement), pour venir cette fois sur les misères de mon prof.

gOAdee, apiculteur professionnel, a eu l’excellente idée de nous faire partager sa saison par une série de courtes vidéos. Un MOOC de l’apiculteur, à l’apparence un peu déstructuré et parfois un peu barge, auquel je suis devenu addict.

Loin de moi l’ambition de vous faire visionner les quelque 20 épisodes, j’ai juste envie de vous partager son message à notre cher ministre de l’environnement. Et de vous donner l’occasion de partager un peu de ma préoccupation du jour : faire survivre ma ruche dans ce monde hostile.

Have a look…

* nouvelle aventure ?

** mon combat du moment. (Ca change des luttes intestines de nature politique dans un groupe international !)

*** Phylloscopus, ca te plairait.

et si vous voulez commencer à l’épisode 1car démarrer au 15, ca jargonne un peu ..