L’empreinte de ma carte.

L’évidence est tombée au détour de discussions lors de la fresque du numérique*. Indiscutable. 

Plutôt que de sortir quelques pièces de ma poche et de leur faire parcourir le mètre qui les sépare de la caisse du commerçant, je dégaine facilement ma carte et fais faire, sans aucun contact,  le tour de la terre à mon paiement, le fais transiter par des serveurs on ne sait où, qui en gardent une trace redondante pendant des années, sinon des décennies.

C’est aussi cela la boulimie numérique. Celle dont on dit qu’elle atteindra bientôt 5 à 10 pourcent de la consommation énergétique mondiale. Tout cela pour ne pas alourdir mes fonds de poche. Tout cela pour , en prime, éditer des petits bouts de papier traités à je ne sais quel poison, crachés par le terminal, que je garde précieusement pour aller sur mon compte vérifier la concordance.

Ni une ni deux, je consulte ledit compte, et quelques requêtes plus loin découvre que, sur les deux dernières années, 23% de mes transactions par carte font moins de 10 euros. 38% moins de 20.

Allez, réduire d’un quart de l’empreinte numérique de ma carte, d’un quart ces bouts de papier, d’un quart le temps inutile passé à vérifier mon précieux relevé, cela semble à portée de main, non ? N’est ce pas tout boni pour la planète et pour ma sérénité?

Alors je glisse quelques billets dans ma poche et c’est reparti pour le bon vieux paiement de ma baguette quotidienne en liquide. Qui véhicule aussi des virus, me diront les esprits chagrins. Mais n’en circule t-il pas également sur la toile ?

* Car il n’y a pas que la fresque du climat, dont je vous ai sûrement parlé et qui occupe bien mes journées, il y en a plein d’autres. Dont celle du numérique.

Négationnisme et pierre tombale

Il y a abondance de tout ce que l’on veut, de toutes les ressources naturelles.

Il n’y a pas de limite aux ressources naturelles, je le répète.

La voiture n’a pas du tout de conséquence sur l’effet de serre.

L’activité solaire est quasiment exclusivement la cause du réchauffement actuel.

Quelques phrases extraites de l’interview* de Stan de Larminat sur RCF Alpha… en 2020.

Officier de l’ordre du mérite agricole, bio-éthicien, son approche scientifique lui fait s’autoriser à s’opposer aux scientifiques du GIEC, moutons de Panurge de la doxa en vigueur selon lui.

Même Claude Allègre, autre grand climato sceptique, ne trouve pas grâce à ses yeux car ce dernier prône quand même de limiter les émissions de CO², de méthane, de surveiller la forêt, la ressource en eau et l’acidification des océans, …En un mot, Allègre fustige le GIEC mais prône des actions qui sont en ligne avec les actions que ce rapport induit.

Non, c’est tout le GIEC qu’il faut vouer aux gémonies, même le pape s’est fait manipuler lors de la rédaction de son encyclique**.

Et s’il avait raison ?  Et s’il avait tort ?  Qui croire ? Sur qui caler son comportement ?

Il y a une dose de pari, là dedans. Pour m’ôter des derniers doutes, je me transporte un demi siècle plus tard. Et j’imagine ce que diront de moi mes arrière petits enfants , devant ma tombe.

J’ai fait mon choix, et vous ?

* Non, je ne vous donnerai pas le lien . Cherchez …Ca ne devrait pas être trop difficile, selon le travail cité dans le Monde ici les climato detracteurs ont 15 fois plus de couverture médiatique que les autres scientifiques.

** Et même plusieurs fois : Laudato Si, Fratelli Tutti, Querida Amazonia, Un temps pour changer…