Quel brave homme que ce Zachée !

Et on nous ressert ce Zachée, homme riche (et donc louche), percepteur (et donc forcément malhonnête), qui se démène pour apercevoir Jésus.

Et patatras, la conversion : «Voilà, Seigneur: je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.»

Çà ne pouvait pas être un mauvais bougre, pour qu’il dise cela.. Percepteur, il devait savoir calculer. Alignons trois chiffres .

Je fais don de la moitié de mes biens ….  reste une autre moitié.

Et si j’ai fait du tort, je vais rendre quatre fois plus . Il n’a donc pu acquérir frauduleusement plus de 12,5% de ses biens, sinon il n’aurait pas assez de sa seconde moitié pour honorer sa promesse. Comme il a surement visé de garder un petit quelque chose, disons 10% pour simplifier les calculs*, cela veut dire qu’il n’a arnaqué que pour constituer 10% de sa fortune. Max.

Pour un homme dans sa position et à son époque, chapeau comme intégrité !

Même aujourd’hui, la propagande nationale trouve que 14% de fraude c’est ridicule *. Et on fait même des funérailles nationales à un exilé fiscal. Alors !!!

Je ne sais pas s’il est canonisé, mais à défaut d’être leur saint patron, je propose que Zachée soit la mascotte des percepteurs et de tous ceux qui approchent de près l’argent public. Non seulement il est resté honnête, mais encore il a su trouver le chemin de la joie***.

Comme quoi il faut parfois aller au delà des premières émotions ….

 

*Pour ceux qui ont du mal à suivre, s’il donne 50% plus 4 fois 10%, il ne lui reste plus qu’un dixième.

** de l’intégrité officielle de nos jours

*** trouvé la joie ?

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L’amour ne vieillit pas

Viens te mettre à côté de moi sur le banc devant la maison, femme.
C’est bien ton droit; il va y avoir quarante ans qu’on est ensemble.
Ce soir, et puisqu’il fait beau, et c’est aussi le soir de notre vie:
tu as bien mérité, vois-tu un petit moment de repos.
Voilà, les enfants à cette heure sont casés, ils s’en sont allés par le vaste monde et, de nouveau, on n’est rien que tous les deux comme on a commencé.

Femme, tu te souviens? On n’avait rien pour commencer, tout était à faire.
Et on s’y est mis, mais c’est dur. Il faut du courage, de la persévérance.
Il faut de l’amour et l’amour n’est pas ce qu’on croit quand on commence.
Ce n’est pas seulement ces baisers qu’on échange, ces petits mots qu’on se glisse à l’oreille, ou bien se tenir serrés l’un contre l’autre ;
Le temps de la vie est long, le jour des noces n’est qu’un jour.
C’est ensuite, tu te rappelles, c’est seulement ensuite qu’a commencé la vie .
Il faut faire, c’est défait; il faut refaire, et c’est encore défait.

Les enfants viennent, il faut les nourrir, les habiller, les élever: ça n’en finit plus; il arrive aussi qu’ils soient malades; tu étais debout toute la nuit; moi, je travaillais du matin au soir.
Il y a des fois qu’on désespère; et les années se suivent . Et on n’avance pas. Il semble qu’on revient en arrière.

Tu te souviens, femme, ou quoi ?
Tous ces soucis, tous ces tracas: seulement tu as été là. On est restés fidèles l’un à l’autre. Et ainsi j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi tu t’appuyais sur moi.
On a eu de la chance d’être ensemble, on s’est mis tous les deux à la tâche, on a duré, on a tenu le coup.

Le vrai amour n’est pas ce qu’on croit. Le vrai amour n’est pas d’un jour mais de toujours. C’est de s’aider, de se comprendre.
Et, peu à peu, on voit que tout s’arrange. Les enfants sont devenus grands.
Ils ont bien tourné. On leur avait donné l’exemple. On a consolidé les assises de la maison. Que toutes les maisons du pays soient solides, et le pays sera solide, lui aussi.

C’est pourquoi, mets-toi à côté de moi et puis regarde. Car c’est le temps de la récolte et le temps des engrangements.
Quand il fait rose comme ce soir. Et une poussière rose monte partout entre les arbres.
Mets-toi tout contre moi on ne parlera pas. On a plus besoin de rien se dire. On n’a besoin que d’être ensemble encore une fois, et de laisser venir la nuit dans le contentement de la tâche accomplie.

Charles-Ferdinand Ramuz

 

Un texte qu’on avait « en stock » depuis quelques années, et qu’on n’a pas eu l’occasion de sortir dans l’une ou l’autre de nos célébrations récentes. Alors, pour tourner cette page des quarantaines, le voilà. Il décrit si bien l’amour d’un couple. C’est vrai qu’il est un brin nostalgique, heureusement que le chat est là … merci Geluck!

 

Une autre source d’optimisme

Toogoodtogo* . C’est quoi ce truc ?

Encore une appli qui change le monde**, à son échelle… microscopique.

Non content de recycler les petits bouts de ferraille ou de plastique, cette appli me sert, d’un coup de pédale, les “trop cuisiné” des plus grands restaurants (et des plus petits), directement sur ma table… plutôt que de les jeter.

Eviter le gaspillage alimentaire ? Mais voilà encore une drôle d’idée …

* Faites y un tour

** Il n’y a donc pas que TUNA que l’on puisse mettre au service

 

Si même la bière les cache …

Méditation estivale autour d’une Leffe.

D’abord distrait, mon regard se focalise sur la bouteille. Son étiquette. Le texte. Les tailles de police… Surprenant. Mes yeux vieillissants peinent à voir qu’il s’agit d’une production d’abbaye. Les nuances de vanille et de clou de girofle, dont j’ignorais l’existence, sont présentées avec deux fois plus d’emphase, des textes deux fois plus gros.

Exit donc la bière d’abbaye . Progressivement.

Il est loin le temps des origines, ou l’abbaye avait autant d’importance que le lieu. Cachons cette origine religieuse qui, sait on jamais, pourrait nuire au commerce.

Heureusement, il est des cafés qui ne sont pas rancuniers.

Du coup, à l’instar de ma boulangère et de Zabou, je me demande si le temps n’est pas venu de basculer,  et de porter moi aussi un croix.

Antartica et état providence

La rando de ce matin me rappelle cette balade faite il y a vingt ans pile. Une sortie de classe, montée de nuit à la pleine lune vers un refuge, là haut derrière la crête. J’accompagnais mon ado, il était prévu que nous rattrapions le groupe en route. La pluie tombait en bas, devenant neige en altitude. Le groupe avait fait une longue pause avant de sortir de la forêt, c’est là que nous les avons retrouvés. Quand la file s’est ébranlée, le vent a forci, poussant la neige à l’horizontale. Antartica. Nocturne.

Très vite la file s’est allongée. Je reste derrière, et mon fils part vers l’avant. Les prévenir. Allez y avec les gosses, je me charge des deux. Et tous les enfants repartent …. me laissant dans la nuit aux prises avec les accompagnatrices….

Deux profs. Qui s’étaient portées volontaires pour encadrer. Et se retrouvent être des poids morts. Elles perdent vite tout self control. A se laisser tomber dans la neige . Jeter au loin gants mouillés et bâtons… Nous ne sommes plus que trois. Le vent efface les traces. La visibilité tombe à quelques mètres. Je les relève, une fois , deux fois. Plus de trace. Perdu ? Presque. Le vent forcit. Encore une crise de nerfs. ohe capitaineUne paire de gifles part. Ça calme. Elle, comme moi. Je leur donne mon bonnet, mes gants, ceux de rechange .. et elles suivent . La pente se redresse, la nuit est noire. Il faut pousser à gauche pour arriver au col. Je bute presque sur le poteau indicateur. Ca y est, la route est sous nos pieds, 1 m en dessous. il suffit ”juste” de ne pas la perdre. Passé le col, le vent se calme, la visibilité revient, l’atmosphère se détend. Un quart d’heure et la lumière du refuge apparaît.

Quelle joie, le lendemain, quand elle retrouve ses gants que j’avais ramassés puis mis à sécher près du poêle. J’y tiens tellement, ils ont accompagné mon trek au Népal. Trek au Népal ? Encore une bravacherie, je suppose. Inguérissable, et, pire, inconsciente de son état…

J’y repense encore . Se proposer pour encadrer des jeunes, et avoir si peu de contrôle de soi face à la difficulté. A en mettre tout le groupe en péril. Quels ont été les profs irresponsables ? Ceux qui ont pris l’initiative de cette balade ? Ou ces deux greluches visiblement dopées à l’état providence? Il est clair que l’attitude des dernières pousse à interdire l’activité des premiers. Aujourd’hui, plus question de telles sorties. Principe de précaution ou nivellement par le bas ? la faute à qui?

Oui, un comportement individuel irresponsable peut contribuer à faire émerger des lois castratrices et déresponsabilisantes pour tous . On inverse cette tendance ?

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Vous avez compris que ce post est le plus facile de toute la série : juste un copier coller de ce qui est arrivé dans ma boîte aux lettres. Et qu’il ne tient qu’à vous de recevoir le même … une idée de résolution de rentrée ?

Et ceux qui suivent auront compris qu’Entourage est une réalisation de Jean-Marc (avec d’autres, bien sûr). Et pour revoir son TEDx.

Ça ressemble bien à du Pyrrhus

Plutarque* nous rapporte : « Les armées se séparèrent ; et on raconte que Pyrrhus répondit à quelqu’un qui célébrait sa victoire que « encore une victoire comme celle-là et il serait complètement défait ». Il avait perdu une grande partie des forces qu’il avait amenées, et presque tous ses amis et principaux commandants ; il n’avait aucun moyen d’avoir de nouvelles recrues (…). Tandis que, comme une fontaine s’écoulant continuellement de la ville, le camp romain se remplissait rapidement et abondamment d’hommes frais, pas du tout abattus par la défaite, mais gagnant dans leur colère une nouvelle force et résolution pour continuer la guerre.»

L’épopée de notre président marketing commence hélas de la même manière. Sur les 8 657 326 électeurs fervents du premier tour des présidentielles**, il ne lui en reste que 7 323 496 au premier tour des législatives** (en incluant celles de son allié modem), soit une perte de 1,3 millions de militants en moins de deux mois. Mais cela lui assure quand même une” victoire éclatante” selon la pensée unique.

Pire, pour porter au pouvoir un gouvernement qui prétend l’incarner, seulement un gros tiers de la jeunesse est allée aux urnes (36%)***. La jeunesse n’est elle pas aujourd’hui le « camp romain » qui a été fatal à Pyrrhus?

Espérons que ce camp romain puisse sortir du maquis.

Et que le génie de notre Pyrrhus en herbe lui permette de gérer cette situation.

Au risque que ce pouvoir très légal  n’aie pour régner aucune légitimité.

 

* via wikipedia qui vous entraînera sur des sources d’époque..

**  rien de tel que le ministère de l’intérieur pour produire des chiffres que même le pouvoir acceptera..

*** une analyse IPSOS (donc elle aussi contrôlée par la pensée unique), qui montre bien que , qu’on le veuille ou non, en guise de changement  les vieux bobos ont pris/conservé le pouvoir . Combien de temps les autres accepteront cela?