La forêt appartient à tout le monde

Balade en Vercors accompagné de JC, expert forestier. Les forêts du Vercors ? Des lots communaux, des lots privés. Appartenant à des investisseurs, ou à des héritiers qui conservent ce bien de père en fils ou de mère en fils, de mère en fille, de père en fille #oufj’aiéchappéaupiège . Cela fait longtemps que le législateur a mis la pédale douce sur la taxation de la forêt. Pour éviter d’obliger de raser la futaie afin de payer les taxes, comme ce fut le cas il y a bien longtemps. Même l’IFI a épargné les souches.

Mais les hommes sont décidément une menace permanente. Très difficile d’interdire l’accès aux VTT ou autres motocross, qui, au nom de la liberté, sortent trop souvent des chemins en saccageant la biodiversité. Quand aux promeneurs, ils sont bienvenus tant qu’ils n’intentent pas un procès au propriétaire qui a laissé négligemment le vent faire chuter une branche sur leur personne.

C’est volontiers que la forêt serait ouverte à tous. Mais les barbelés sont hélas moins coûteux que les polices d’assurances . Une fois de plus*, l’irresponsabilité de quelques uns pèse sur tous.

Alors, en généralisant, un peu de discernement : tous nos “droits” ne sont pas bons à faire valoir en toute occasion.

 

* une autre occasion d’irresponsabilité ...

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Le grand retour de Goldman ??

Il a bercé , et berce toujours, mes journées. Alors un titre aussi aguicheur ne peut que m’inciter à en lire plus.

Pas besoin de lire beaucoup de mots pour le savoir exilé à Londres. Je le croyais à Marseille, il a du préférer l’accent cockney. .

On a perdu Johnny l’américain, et notre nouveau numéro un est toujours exilé. Mais ce doit être un hasard. Ou est donc le numéro 2 ? Ah ! Aux US, de même que Dany Boon, me dit Wikipedia. Et Gad Elmaleh se tâterait pour les rejoindre. Florent Pagny, lui, a rejoint mimi Mathy au Portugal. Bref, sans y passer des heures, Wikipedia me dit que la moitié du top ten est exilé fiscal. Du top ten des personnalités préférées des français.

Ballot, non ? Qui aime bien exile bien ?

Quand fera-t-on ce qu’il faut pour qu’ils reviennent? La changement ISF -IFI suffira-t-il ? Car, à n’en pas douter, toutes ces célébrités, comme les grands dirigeants, emportent dans leurs bagages tout un aréopage. Ça serait un vrai grand retour.

Ubu et l’économie circulaire

Avec cette vieille canalisation d’au moins 10 kg de plomb en main, je me vois riche. Le LME  m’indique qu’il y en a bien pour 25 euros au prix de gros. Les cours sont bas en ce moment.

Je découvre avec joie qu’il y a un ferrailleur a moins d’un kilomètre. Un coup de fil pour éviter la mauvaise surprise me permet de profiter d’un immense éclat de rire. Gentiment, mon interlocuteur me dessille les yeux : oui, il est intéressé par du plomb. Il le récupère à la tonne, donc même si je lui apporte mon tuyau, il ne prendra pas la peine de me l’acheter. Il en donne 500 euros la tonne, cours confirmé par google quelques minutes plus tard. Un cinquième du prix mondial. Un rapide examen m’indique que pour d’autres métaux, cuivre, acier, la situation est très proche.

Toute filière de recyclage devra donc se débrouiller pour collecter, trier, raffiner, et atteindre la tonne fatidique en dépensant seulement un cinquième du cours du métal pur.

Donc non, la filière d’approvisionnement en matières premières n’est pas en tension.. Pourtant tous prédisent des pénuries à court terme. C’est vrai que la terre ne demande rien pour les ressources qu’on lui extirpe. Quand on paie de la matière, on paye juste le travail qu’il a fallu fournir pour la récupérer. Pas un centime pour l’énergie et les siècles que mère nature a dépensés pour la produire.

Ça encourage pas à l’économie circulaire, cette affaire. Alors ?

Je ressors ma vieille idée de WAT*, qui serait à la matière première ce que la taxe carbone est à l’énergie.

Et en attendant que la filière de reconditionnement des matières progresse et n’aie plus besoin de 80% du gâteau, il ne reste donc plus qu’à se focaliser sur la réparabilité.

 

* taxer le poids extrait et non le travail, en quelque sorte.

Quel brave homme que ce Zachée !

Et on nous ressert ce Zachée, homme riche (et donc louche), percepteur (et donc forcément malhonnête), qui se démène pour apercevoir Jésus.

Et patatras, la conversion : «Voilà, Seigneur: je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.»

Çà ne pouvait pas être un mauvais bougre, pour qu’il dise cela.. Percepteur, il devait savoir calculer. Alignons trois chiffres .

Je fais don de la moitié de mes biens ….  reste une autre moitié.

Et si j’ai fait du tort, je vais rendre quatre fois plus . Il n’a donc pu acquérir frauduleusement plus de 12,5% de ses biens, sinon il n’aurait pas assez de sa seconde moitié pour honorer sa promesse. Comme il a surement visé de garder un petit quelque chose, disons 10% pour simplifier les calculs*, cela veut dire qu’il n’a arnaqué que pour constituer 10% de sa fortune. Max.

Pour un homme dans sa position et à son époque, chapeau comme intégrité !

Même aujourd’hui, la propagande nationale trouve que 14% de fraude c’est ridicule *. Et on fait même des funérailles nationales à un exilé fiscal. Alors !!!

Je ne sais pas s’il est canonisé, mais à défaut d’être leur saint patron, je propose que Zachée soit la mascotte des percepteurs et de tous ceux qui approchent de près l’argent public. Non seulement il est resté honnête, mais encore il a su trouver le chemin de la joie***.

Comme quoi il faut parfois aller au delà des premières émotions ….

 

*Pour ceux qui ont du mal à suivre, s’il donne 50% plus 4 fois 10%, il ne lui reste plus qu’un dixième.

** de l’intégrité officielle de nos jours

*** trouvé la joie ?

Taxer l’hôpital des pinces à linge

Caramba, j’ai encore chu.

Remplacé, après une opération à cœur ouvert, les deux roulements de la pompe de piscine pour une prolongation de vie hypothétique au lieu de changer toute la pompe, pour une tranquillité d’esprit sans prix.

Trépané les jambes du dragon, pour lui assurer de nouveau une marche vaillante.

Redonné vie à cette malheureuse pince à linge avec deux malheureux bouts de fil de fer qui auraient pourtant bien mérité le repos éternel dans une déchetterie.

Certains ont, paraît il, de l’or dans le mains. Recyclent ad nauseum tout ce qui s’entasse dans leur cave car, dit on, “ca pourrait toujours servir”.

Cette hérésie anti croissance ne saurait durer. Sévissons.

Immanquablement, à si peu consommer la fortune les guette. Pour autant qu’en plus ils chérissent les placements éthiques qui sont bien souvent très rémunérateurs.

L’ISF est là pour les ramener à l’ordre. En voilà un bel impôt (qui est aussi) anti-environnemental.

Fraternité du web, hors la loi fiscale ?

J’ai beaucoup aimé un papier sur Uber*, qui permet aux jeunes des quartiers d’entreprendre, et de tailler la bavette avec des PDG en les véhiculant.

Covoiturage , je l’ai déjà mentionné**, m’a aussi fait rencontrer des gens que tout dans la vie sépare de moi.

Air BnB , tout récemment, m’a permis de m’inviter chez une Barcelonaise modeste, vivant de petits boulots, et de la location de sa chambre. Encore une avec laquelle je n’aurais jamais eu normalement l’occasion de discuter .

Ils sont beaux, ces sites . En plus de provoquer la rencontre, et bien sûr pour provoquer la rencontre, ils éliminent ce qui fait que cette dernière ne se produit pas sans eux : la peur, le risque. De tomber sur n’importe qui. De se faire arnaquer . De voir son logement détérioré .

Avec la notation peer to peer, avec les assurances qui accompagnent la prestation, ils ont fait tomber peu à peu toutes ces barrières .

Bravo, et merci .

eco-collaborativeAh , problème . Le fisc se retrouve complètement court-circuité par le business peer to peer …  Alors il résiste, c’est normal. Le sénat fait des propositions, les candidats également … Par pitié, simple, simple… ne tuons pas ces beaux mouvements.

Encore un argument pour la taxation flat rate, prélevée à la source… et basta .

 

 

*Oh, tout n’est pas rose avec Uber, air BnB et autres . Il y a bien des critiques. Mais le role social n’est pas contesté. Et, pour une fois, l’europe ne pousse pas a la roue de la complexification

** rencontres de covoiturage

 

 

Economie circulaire, from VAT to WAT * ?

L’article de Bastamag , qui prône les vertus du recyclage et de la récupération, est un très bel exemple de mise en pratique de l’économie circulaire.

sharma-obesity-weight-watchersQuand il annonce que des machines produites soi même en une semaine coûtent trois fois moins cher que les machines similaires produites industriellement, que fait il exactement ?

Il valorise a plein taux le coût des matières, le bénéfice de la récupération, et beaucoup moins celui de la main d’oeuvre, qu’il compte pour zéro.

Ça fait sens . Les matières premières ne sont elles pas par nature en quantité finie, voire parfois proche de la rareté, tandis que la main d’oeuvre humaine est une ressource on ne peut plus renouvelable?

Pourtant, quand on y réfléchit, tout notre système de taxes repose sur le travail humain . De la taxe sur salaires, on en parle beaucoup, à la taxe sur la valeur ajoutée. La valeur ajoutée par une entreprise de transformation ou de services n’est elle pas majoritairement constituée de salaires? Le PIB de la France serait constitué à 70%+ de salaires …

  • Et si on taxait les ressources limitées , toute la matière première extirpée de notre planète , ce qui comprend bien entendu le pétrole et le charbon ?
  • Et si on s’interdisait de taxer tout ce qui est renouvelable, comme le travail humain ou les produits agricoles ?

Zut, on fait le contraire…sauf pour l’énergie renouvelable, qu’on subventionne . Tout n’est donc pas perdu .

Bon, une suggestion pragmatique que l’on peut mettre en oeuvre sans attendre un quelconque gouvernement : et si à l’intérieur de nos groupes les frais de siège facturés aux entités du groupe étaient assises sur le poids de matériau qu’elles consomment plutôt que sur leur chiffre d’affaires ? G, ca te dit ?

 circular-economy

Quelqu’un veut il bien mettre un peu d’énergie et de neurones à vérifier le calcul rapide qui m’indique qu’un euro  de taxe par kilo de matière permet, à taxes égales, de diviser par deux la taxation du travail ? Ca ferait un beau sujet de thèse, non ? Et je vois d’ici les études de prospective sur l’impact potentiel sur les comportements des industries…

 

*VAT : Value Added Tax

WAT : Weight Added Tax . Une mise en oeuvre qui peut être simple : on pèse tout ce qui entre dans une usine, et on taxe au poids. Elle récupère la taxe sur le poids de ses produits vendus. Tant pis pour l’entreprise si elle gaspille beaucoup dans ses poubelles. In fine, chacun ne supporte que la taxe de la matière qu’il n’a pas revendue…qui n’a donc pas circulé. La pure réparation, par exemple, ne supporte aucune taxe, contrairement a l’achat de produit neuf .

Et comme le travail humain, et le capital ne pèsent rien, pas de risque de double taxation 😉 …