La fin du crédit gratuit ? Cadeau de Noël en conséquence.

2 août. Notre gouvernement est implacablement en marche. Il faut cesser cette maladie du déficit budgétaire, et toutes les économies sont bonnes à prendre. A imposer. Il va nous prouver que ce déficit n’est pas une fatalité, que si l’on veut bien (et même si l’on ne veut pas) , quelques changements parfois douloureux de notre mode de vie vont nous permettre de revenir dans le droit chemin de l’orthodoxie budgétaire.

Hasard du calendrier, durant cette même semaine on nous informe que la terre, elle aussi, vit dorénavant à crédit. Qu’il faudrait donc diviser par deux notre consommation de ressources pour résorber le déficit.

  • Deux fois moins de nourriture
  • Deux fois moins de transport
  • Deux fois moins de chauffage
  • Deux fois moins …. de tout, sauf d’amour et d’eau fraîche.

Ça fiche un peu le vertige. Mais je crois que c’est plus important que ce foutu déficit budgétaire qui, s’il n’est pas résolu, pourra toujours ruiner les créanciers.

En termes de planète, les créanciers seront nos descendants.. ou leur absence.

Ne rêvons pas, n’attendons pas .. en route pour le vélo (électrique au besoin, mais vraiment au besoin*), le covoiturage et les transports en commun (gratuits**), le recyclage, le potager d’agrément, les feux d’artifice deux fois plus courts***, les piscines deux fois moins larges, deux fois moins de clim, les œufs à repriser les chaussettes et la viande uniquement pour les fêtes. Des tomates locales **** , moins de voiture pour se dérouiller les jambes, et une balade dans le quartier qui permettra en plus de rencontrer les voisins*****.

Pas de défaitisme, il y a de l’espoir******

Pour finir, comme la saison s’approche, soyez in avec vos cadeaux de Noël : une tenue de cycliste imperméable, qui peut loger toute l’année dans le sac du PC 😉 . Plus d’excuse pour le risque de pluie.

 

* Les limites du vélo électrique

** Ça coûte si cher que cela ?

*** Ça changerait beaucoup les choses.

**** Des tomates et des cadres locaux

***** Du bénéfice de la fête des voisins

****** Bien sûr, qu’il y a de l’espoir

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Allez, jeunesse, un peu d’espoir…

Allez, jeunesse, un peu d’espoir…

Découragée. C’était l’autre soir l’état d’esprit de cette jeune femme, plongée au quotidien dans le monde du développement durable.
« Malgré tous les efforts, avec l’accroissement de la population sur terre, impossible d’arriver à ne pas bousiller cette planète. »
Impossible ? Allons bon, je n’en suis pas si certain. Quelques faits…

1 – Jamais on n’avait assisté à eu un tel battage médiatique. Pics de pollution aux particules fines,  circulation alternée dans de nombreuses métropoles. Et c’est super !! Car ça y est, on agit. On sensibilise la population. En profondeur.

Qui avait conscience de la situation en décembre 2013? Ou en mars 2014 ? Pas moi, en tous cas. Pourtant, elle était bien pire qu’en ce mois de décembre 2016, les cartes de Prev’air* sont éloquentes.

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2 – En 10 ans, la consommation d’énergie primaire par habitant a baissé de 15% en France. De 25% en Angleterre, ou elle est revenue au niveau des années 70. Les technologies sont là, la conscience aussi.

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3 – Depuis le pic de 2002,  la consommation de bœuf par habitant en France à baissé de 13%**.50-ands-de-conso-de-viande-en-france

 

Oh, la partie n’est pas gagnée. Mais en 15 ans, les résultats concrets sont là. Et pas seulement sur les polluants***. L’urgence est là. 15 ans, c’est long mais c’est rapide face à l’inertie**** de l’humanité. Et la conscience est là . Il n’y a qu’à voir le nombre de chantiers d’isolation d’immeubles en ville.

On continue, on pousse pour la gratuité permanente des transports en commun*****, on change ses habitudes alimentaires… A ton âge, ma grande, on n’a pas le droit d’être découragée.

 

* http://www2.prevair.org/     Et , bien sûr, pas de manip de données comme certains médias adorent faire  : j’ai pris pour décembre 2016 les jours ou les cartes sont les plus « rouges ».

**http://www.gelalpes.com/actualites/50-ans-de-consommation-de-viande-en-france       et si vous voulez reconstituer les chiffres  http://agreste.agriculture.gouv.fr/conjoncture/consommation/        https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_de_la_France

*** sur la pollution de l’air

**** sur l’inertie à laquelle on contribue tous.

***** Ah, la fraternité du bus libre !

Comme pénitence, vous me ferez un carême de bœuf.

Comme pénitence, vous me ferez un carême de bœuf.

Quand j’ai avoué mon péché*, j’ai été surpris par les réactions, publiques ou privées, parfois ayatollesques surtout chez les areligieux qui se reconnaîtront  😉  …


easyboeufNul n’a le droit d’être imparfait, encore moins de l’avouer. Haro sur le baudet…

Donc j’ai péché. Surtout contre l’environnement. En prenant l’avion au lieu du TGV pour aller à Lille. Et, l’avion, c’est bien connu, c’est mal. Et le TGV, c’est bien. Simple, non ? Rassurant, même.

Comme première pénitence, je me suis voté d’évaluer l’ampleur de mon offense.

Et de me perdre dans la toile à en avoir la nausée…La valorisation du bien et du mal prend bien souvent des habits scientifiques pour soutenir des allégations bien diverses sur le même sujet… Bon, allez, je me fie à l’ Ademe**, qui calcule jusqu’à l’impact carbone de l’acier utilisé pour fabriquer les voitures (mais prend bizarrement  pour argent comptant les déclarations de la SNCF!).

Et, pardonnez les approximations, le résultat est sur le graphe ci dessous: selon le nombre de voyageurs , le poids de CO² renvoyé dans la stratosphère selon que nous prenions le TGV, avec voiture à l’arrivée, la voiture tout du long, ou l’itinéraire honni via Suisse et Belgique.

empreinte CO2

Ayant voyagé à 5, l’offense individuelle est à la hauteur de 30kg de CO², soit 60 kg aller et retour, ou encore en gros 40 litres de précieux pétrole. Un plein. Haro sur le baudet.

Je n’aurais pas l’outrecuidance de m’infliger en guise de réparation un mois de trajet travail-domicile à faire vélo, c’est déjà mon quotidien. Hourra,  l’Ademe, prévoyante, me propose des menus type:

  • un repas type de végétarien “pèse” 120g de CO²
  • un repas volaille-légumes 300g
  • et un repas avec steak frites 1200g.

Privé de steak pendant un carême****, la voilà ma pénitence.

 

En prime, l’Ademe permet de convertir toute  alimentation en équivalent carbone de kilomètre motorisé (avion ou voiture, à ce stade de précision c’est pareil…)

  • 1 steak = 7 km
  • 1 côtelette = 1,5 km
  • 1 oeuf = 400 m
  • 1kg de légumes locaux = 200 m
  • 1 marshmallow*** = 10 m

Easyjet me convaincrait presque qu’il est écolo en supprimant les plateaux repas !

 

* L’origine du scandale

** Et si vous voulez vous taper les 190 pages de la bible Ademe du CO²  (lien vers la version condensée, il y a des reprises partielles plus récentes).

*** évaluation assez personnelle basée sur l’équivalent du sucre… qui peut être utile pour ceux qui envisagent de faire le test de manière trop répétitive.

**** il ne vous aura pas échappé qu’un carême fait 40 jours, n’est ce pas ?

Empathie secrète

“Tiens, H , tu bois maintenant ?”

Depuis plus de dix ans que je le connaissais,  je n’avais jamais vu H un verre d’alcool à la main. J’admirais cette tempérance.

Maintenant qu’il n’est plus de ce monde, je suis libéré.

Et H de me raconter l’histoire de cet ouvrier, alcoolique*, qui luttait contre son addiction. De me dire comment, une fois, il lui avait promis, pour le soutenir , de l’accompagner, et d’arrêter l’alcool lui aussi . Par empathie.

empatia2La vie avait suivi son cours. L’un, puis l’autre, avait pris sa retraite. Chacun était parti sur son chemin de vie.

Pourtant , sans jamais avoir revu son collégue, H ne buvait plus depuis 15 ans … avec comme seule exception une coupe au mariage de ses enfants. Par pure empathie. En pensant toujours à lui. Pour lui éviter de rechuter.

Etonnant, non ?  Vu la durée de mon histoire, ça a du marcher .…  Quelle exemple de fraternité !!

 

* Bon, ce n’est pas le seule solution pour lutter contre l’alcool, je le concéde.

L’énergie du réfugié

Mon interlocuteur de l’UNHCR a un rêve. Que soit inscrit un droit a l’énergie dans la charte des droits de l’homme. Réaliste, il propose de quantifier ce droit a 12 Watts par personne.

  • 12W pendant 24h, ca fait 288Wh …
  • en gros 8 litres d’eau chauffés de 30 degrés
  • soit ce qu’on dépense en une douche rapide, ou en se se lavant les mains à l’eau chaude trois fois par jour .

arme eau2Rien qu’en se lavant les mains à l’eau chaude, on consomme autant d’énergie qu’un réfugié … qui lui même est bien souvent refugié car il fuit une guerre dont la cause profonde est le pétrole…. nécessaire à chauffer notre eau.  Cherchez l’erreur…

Pour lutter contre la guerre de l’or noir … je me lave les mains à l’eau froide…

Ecolo du week end

Grand beau temps aujourd’hui ! Tout Grenoble est sorti en montagne . Les skieurs s’inquiètent, il fait un peu trop chaud et la neige ne va pas tenir . Les randonneurs prennent leur bol d’air pur . Equipés de pied en cap , ils ont bien chaud même à haute altitude .

Mais demain, comme chaque lundi d’hiver, la plupart ne prendra pas son vélo, car, quand même, l’hiver il fait vraiment froid en vélo . Ah bon, la doudoune ne marche plus quand on pédale ? Et si la jolie neige fond, nos gaz d’échappement n’y sont vraiment pour rien ? On se rit de la glace sous nos carres, mais craint l’hypothétique plaque sous nos roues ? Je ne comprends pas la cohérence …..

Quelle place sur terre pour le gaz de schiste ?

Centrale-nucleaire-Bugey

Une photo qui frappe, celle des champs de gaz de schiste du Texas, vue d’avion. Oui, chacun de ces petits points est un  puits d’extraction

Diapositive2

Et quand la magie de google maps nous fait survoler le terrain a basse altitude, on les voit mieux, ces puits : environ 3 au kilomètre carré, chacun fait la taille d’un terrain de football (soit 7266m²). Bref, un terrain inhabitable ou chaque voisin est un puits, sans compter les routes, canalisations, …. Diapositive4Global Chance vous décrit tout cela … avec un esprit un tantinet partisan!!

Mais a quoi comparer cela ? Et si l’on couvrait ces terrains de foot de panneaux photovoltaiques, cela donnerait quoi ?

Global Chance me dit qu’un puits donne en moyenne 56 milions de m² de gaz sur 10 ans. Ma facture GEG me permet de traduire cela en KWh , soit 60 millions de KWh par an. Un puits est donc équivalent à une centrale de 6,8 MW qui tourne 24h sur 24.
Si je couvre mon terrain de foot de panneaux solaires , qui ne produisent que, disons, 10 heures par jour, cela donne l’équivalent d’une centrale de 375 KW , soit environ 20 fois moins . Pas glop !!

Alors, terrain inhabitable pour terrain inhabitable, je couvre tout de panneaux PV, pas seulement les terrains de foot, mais tout le terrain, les routes, les arbres, tout !!  Je récupère 20MW par “équivalent puits”, et le paysage du Texas change radicalement : a la place de mon terrain mité, a énergie fournie égale, je n’ai besoin que de couvrir un gros tiers couvert du noir des panneaux, et le reste a retrouvé la saveur d’ Eden. Imaginez ci dessous les panneaux en noir, le reste idyllique au bords du lac, sans odeurs, camions de sable ni odeur de gaz, mais avec plages et pédalos (sans capitaine, quand même).Diapositive3

Inévitablement le nucléaire va s’inviter dans ce post. Alors, welcome ! En bon Dauphinois, je choisis la centrale de Bugey. Pour ses 3724 MW (merci Wikipedia) elle mobilise 2 km² du jardin d’Eden. Mon excel favori me confirme que pour obtenir une  puissance égale, il faudrait alors couvrir 60km² de panneaux ou miter 180 km² de puits de gaz de schiste (à supposer qu’on en trouve sous le réacteur).
Le choix posé aux habitants de la région peut donc se résumer dans l’image suivante …où A est la centrale existante. Diapositive9

Bienvenue aux passionnés, il y a des erreurs de virgule dans mes calculs, on pourra toujours recouvrir les puits de gaz de panneaux photovoltaiques (ou d’une centrale nucléaire) au bout de 10 ans quand ils seront épuisés, le rendement des panneaux va grimper ,et je n’ai pas regardé la carte des vents du Bugey pour y implanter des éoliennes. Mais, bon, j’avais besoin de cette mise en perspective …