Diesel et nucléaire pour les écolos.

Ce Grenoble magazine* est à lui seul un temple de manipulation.

Fini le diesel et le CO² . Allez, diesel, CO², on fait une fournée, plus on tape sur le clou, plus il s’enfonce..

Que le diesel, par sa consommation plus faible, produise moins de CO² que l’essence, cela ne se dit plus. Politiquement inacceptable.

Amalgamer particules fines, qui impactent la santé de l’homme urbain, et CO², qui impacterait ( je mets un conditionnel pour ne pas entamer la guerre avec les climatosceptiques, ce n’est pas mon propos) le changement climatique avec ses impacts énormes et à long terme, cela ne gêne personne** .

Bannir une technologie (le diesel) au lieu d’imposer une performance à atteindre (l’émission de particules) bloque tout progrès technique car restreint le champs des possibles. Cela ne gêne pas la presse . Pourtant une telle démarche est  proscrite dans l’élaboration de normes internationales.

Pour ma part, en bon écolo, j’ai acheté récemment une voiture diesel. Qui épuise moins les ressources naturelles. Qui émet moins de CO². Qui est potentiellement plus durable.

Et, bien sûr, je ne l’utilise pas en ville, territoire du vélo.

La voiture électrique ? Peut être, mais pas à l’Allemande. Si l’électricité vient du charbon, la voiture électrique émet plus de microparticules ET plus de CO² que n’importe quelle autre technologie.

Alimentée au solaire ? Peut être, un jour. Mais aujourd’hui c’est une utopie de fournir assez d’énergie solaire pour toute la circulation automobile****. Et la France s’y prend bien mal *****

Reste le nucléaire. Sans CO² . Sans particules fines. Certes avec des déchets à stocker. L’homme a su développer les techniques pour dénicher des combustibles stockés sans fuites par la nature dans le sous sol sous haute pression pendant des millions d’années. Il devrait bien être capable de se débrouiller pour en remettre un peu à la place.

 

Tout est lié, comme le rappelle François. Dans nos choix, je refuse l’amalgame. Eau, CO², ressources naturelles, particules fines : que nos solutions prennent en compte ces quatre éléments. Sans a priori technologique.

 

*  Gre-mag N°19  mars/avril 2018 p 18

** Pour les passionnés du sujet, je ne peux que recommander le livre de Jancovici ci dessus.

*** Pour ceux qui préfèrent, sa conférence qui raconte la même chose..

**** sur l’empreinte du gaz de schiste, du photovoltaïque et du nucléaire

***** sur le dogmatisme photovoltaïque en France

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La fin du crédit gratuit ? Cadeau de Noël en conséquence.

2 août. Notre gouvernement est implacablement en marche. Il faut cesser cette maladie du déficit budgétaire, et toutes les économies sont bonnes à prendre. A imposer. Il va nous prouver que ce déficit n’est pas une fatalité, que si l’on veut bien (et même si l’on ne veut pas) , quelques changements parfois douloureux de notre mode de vie vont nous permettre de revenir dans le droit chemin de l’orthodoxie budgétaire.

Hasard du calendrier, durant cette même semaine on nous informe que la terre, elle aussi, vit dorénavant à crédit. Qu’il faudrait donc diviser par deux notre consommation de ressources pour résorber le déficit.

  • Deux fois moins de nourriture
  • Deux fois moins de transport
  • Deux fois moins de chauffage
  • Deux fois moins …. de tout, sauf d’amour et d’eau fraîche.

Ça fiche un peu le vertige. Mais je crois que c’est plus important que ce foutu déficit budgétaire qui, s’il n’est pas résolu, pourra toujours ruiner les créanciers.

En termes de planète, les créanciers seront nos descendants.. ou leur absence.

Ne rêvons pas, n’attendons pas .. en route pour le vélo (électrique au besoin, mais vraiment au besoin*), le covoiturage et les transports en commun (gratuits**), le recyclage, le potager d’agrément, les feux d’artifice deux fois plus courts***, les piscines deux fois moins larges, deux fois moins de clim, les œufs à repriser les chaussettes et la viande uniquement pour les fêtes. Des tomates locales **** , moins de voiture pour se dérouiller les jambes, et une balade dans le quartier qui permettra en plus de rencontrer les voisins*****.

Pas de défaitisme, il y a de l’espoir******

Pour finir, comme la saison s’approche, soyez in avec vos cadeaux de Noël : une tenue de cycliste imperméable, qui peut loger toute l’année dans le sac du PC 😉 . Plus d’excuse pour le risque de pluie.

 

* Les limites du vélo électrique

** Ça coûte si cher que cela ?

*** Ça changerait beaucoup les choses.

**** Des tomates et des cadres locaux

***** Du bénéfice de la fête des voisins

****** Bien sûr, qu’il y a de l’espoir

Allez, jeunesse, un peu d’espoir…

Allez, jeunesse, un peu d’espoir…

Découragée. C’était l’autre soir l’état d’esprit de cette jeune femme, plongée au quotidien dans le monde du développement durable.
« Malgré tous les efforts, avec l’accroissement de la population sur terre, impossible d’arriver à ne pas bousiller cette planète. »
Impossible ? Allons bon, je n’en suis pas si certain. Quelques faits…

1 – Jamais on n’avait assisté à eu un tel battage médiatique. Pics de pollution aux particules fines,  circulation alternée dans de nombreuses métropoles. Et c’est super !! Car ça y est, on agit. On sensibilise la population. En profondeur.

Qui avait conscience de la situation en décembre 2013? Ou en mars 2014 ? Pas moi, en tous cas. Pourtant, elle était bien pire qu’en ce mois de décembre 2016, les cartes de Prev’air* sont éloquentes.

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2 – En 10 ans, la consommation d’énergie primaire par habitant a baissé de 15% en France. De 25% en Angleterre, ou elle est revenue au niveau des années 70. Les technologies sont là, la conscience aussi.

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3 – Depuis le pic de 2002,  la consommation de bœuf par habitant en France à baissé de 13%**.50-ands-de-conso-de-viande-en-france

 

Oh, la partie n’est pas gagnée. Mais en 15 ans, les résultats concrets sont là. Et pas seulement sur les polluants***. L’urgence est là. 15 ans, c’est long mais c’est rapide face à l’inertie**** de l’humanité. Et la conscience est là . Il n’y a qu’à voir le nombre de chantiers d’isolation d’immeubles en ville.

On continue, on pousse pour la gratuité permanente des transports en commun*****, on change ses habitudes alimentaires… A ton âge, ma grande, on n’a pas le droit d’être découragée.

 

* http://www2.prevair.org/     Et , bien sûr, pas de manip de données comme certains médias adorent faire  : j’ai pris pour décembre 2016 les jours ou les cartes sont les plus « rouges ».

**http://www.gelalpes.com/actualites/50-ans-de-consommation-de-viande-en-france       et si vous voulez reconstituer les chiffres  http://agreste.agriculture.gouv.fr/conjoncture/consommation/        https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_de_la_France

*** sur la pollution de l’air

**** sur l’inertie à laquelle on contribue tous.

***** Ah, la fraternité du bus libre !

Comme pénitence, vous me ferez un carême de bœuf.

Comme pénitence, vous me ferez un carême de bœuf.

Quand j’ai avoué mon péché*, j’ai été surpris par les réactions, publiques ou privées, parfois ayatollesques surtout chez les areligieux qui se reconnaîtront  😉  …


easyboeufNul n’a le droit d’être imparfait, encore moins de l’avouer. Haro sur le baudet…

Donc j’ai péché. Surtout contre l’environnement. En prenant l’avion au lieu du TGV pour aller à Lille. Et, l’avion, c’est bien connu, c’est mal. Et le TGV, c’est bien. Simple, non ? Rassurant, même.

Comme première pénitence, je me suis voté d’évaluer l’ampleur de mon offense.

Et de me perdre dans la toile à en avoir la nausée…La valorisation du bien et du mal prend bien souvent des habits scientifiques pour soutenir des allégations bien diverses sur le même sujet… Bon, allez, je me fie à l’ Ademe**, qui calcule jusqu’à l’impact carbone de l’acier utilisé pour fabriquer les voitures (mais prend bizarrement  pour argent comptant les déclarations de la SNCF!).

Et, pardonnez les approximations, le résultat est sur le graphe ci dessous: selon le nombre de voyageurs , le poids de CO² renvoyé dans la stratosphère selon que nous prenions le TGV, avec voiture à l’arrivée, la voiture tout du long, ou l’itinéraire honni via Suisse et Belgique.

empreinte CO2

Ayant voyagé à 5, l’offense individuelle est à la hauteur de 30kg de CO², soit 60 kg aller et retour, ou encore en gros 40 litres de précieux pétrole. Un plein. Haro sur le baudet.

Je n’aurais pas l’outrecuidance de m’infliger en guise de réparation un mois de trajet travail-domicile à faire vélo, c’est déjà mon quotidien. Hourra,  l’Ademe, prévoyante, me propose des menus type:

  • un repas type de végétarien “pèse” 120g de CO²
  • un repas volaille-légumes 300g
  • et un repas avec steak frites 1200g.

Privé de steak pendant un carême****, la voilà ma pénitence.

 

En prime, l’Ademe permet de convertir toute  alimentation en équivalent carbone de kilomètre motorisé (avion ou voiture, à ce stade de précision c’est pareil…)

  • 1 steak = 7 km
  • 1 côtelette = 1,5 km
  • 1 oeuf = 400 m
  • 1kg de légumes locaux = 200 m
  • 1 marshmallow*** = 10 m

Easyjet me convaincrait presque qu’il est écolo en supprimant les plateaux repas !

 

* L’origine du scandale

** Et si vous voulez vous taper les 190 pages de la bible Ademe du CO²  (lien vers la version condensée, il y a des reprises partielles plus récentes).

*** évaluation assez personnelle basée sur l’équivalent du sucre… qui peut être utile pour ceux qui envisagent de faire le test de manière trop répétitive.

**** il ne vous aura pas échappé qu’un carême fait 40 jours, n’est ce pas ?

Empathie secrète

“Tiens, H , tu bois maintenant ?”

Depuis plus de dix ans que je le connaissais,  je n’avais jamais vu H un verre d’alcool à la main. J’admirais cette tempérance.

Maintenant qu’il n’est plus de ce monde, je suis libéré.

Et H de me raconter l’histoire de cet ouvrier, alcoolique*, qui luttait contre son addiction. De me dire comment, une fois, il lui avait promis, pour le soutenir , de l’accompagner, et d’arrêter l’alcool lui aussi . Par empathie.

empatia2La vie avait suivi son cours. L’un, puis l’autre, avait pris sa retraite. Chacun était parti sur son chemin de vie.

Pourtant , sans jamais avoir revu son collégue, H ne buvait plus depuis 15 ans … avec comme seule exception une coupe au mariage de ses enfants. Par pure empathie. En pensant toujours à lui. Pour lui éviter de rechuter.

Etonnant, non ?  Vu la durée de mon histoire, ça a du marcher .…  Quelle exemple de fraternité !!

 

* Bon, ce n’est pas le seule solution pour lutter contre l’alcool, je le concéde.

L’énergie du réfugié

Mon interlocuteur de l’UNHCR a un rêve. Que soit inscrit un droit a l’énergie dans la charte des droits de l’homme. Réaliste, il propose de quantifier ce droit a 12 Watts par personne.

  • 12W pendant 24h, ca fait 288Wh …
  • en gros 8 litres d’eau chauffés de 30 degrés
  • soit ce qu’on dépense en une douche rapide, ou en se se lavant les mains à l’eau chaude trois fois par jour .

arme eau2Rien qu’en se lavant les mains à l’eau chaude, on consomme autant d’énergie qu’un réfugié … qui lui même est bien souvent refugié car il fuit une guerre dont la cause profonde est le pétrole…. nécessaire à chauffer notre eau.  Cherchez l’erreur…

Pour lutter contre la guerre de l’or noir … je me lave les mains à l’eau froide…

Ecolo du week end

Grand beau temps aujourd’hui ! Tout Grenoble est sorti en montagne . Les skieurs s’inquiètent, il fait un peu trop chaud et la neige ne va pas tenir . Les randonneurs prennent leur bol d’air pur . Equipés de pied en cap , ils ont bien chaud même à haute altitude .

Mais demain, comme chaque lundi d’hiver, la plupart ne prendra pas son vélo, car, quand même, l’hiver il fait vraiment froid en vélo . Ah bon, la doudoune ne marche plus quand on pédale ? Et si la jolie neige fond, nos gaz d’échappement n’y sont vraiment pour rien ? On se rit de la glace sous nos carres, mais craint l’hypothétique plaque sous nos roues ? Je ne comprends pas la cohérence …..