Allez zou, on bazarde

Les jeunes sont de sortie. Pas pour prendre l’air, pour en réclamer. Du propre. Oui, ils manifestent pour le climat. En masse.

Et s’ils font l’effort d’aller autant marcher, il y a fort à parier qu’ils tanneront leurs parents, leurs oncles, leurs retraités de grand parents, pour exiger qu’ils se bougent. Ou plus exactement qu’ils arrêtent de bouger en vain.

Bien sûr, eux mêmes vont évoluer. Refuser de prendre l’avion pour un oui, pour un non, pour un loisir qu’ils pourraient avoir à portée de main. Inutile d’aller à Atlanta pour voir Disney, ni au Kenya quand on a Peaugres, n’est ce pas ?

Et comme ils vont déclarer la guerre autour d’eux à tous ceux qui prennent l’avion pour leurs loisirs, cela va faire mal. Mon wikipedia favori me porte donc à penser que le trafic aérien va baisser de 52%

27 % des passagers prennent l’avion pour visiter famille ou amis, contre 52 % pour les loisirs et 14 % pour le travail

Alors, résolument, vendons ADP tant que cela vaut encore quelque chose..

 

Bon, doux rêveur ? sans doute un peu, mais la conscience vient, l’égocentrisme forcené des pollueurs va s’infléchir, j’y crois…

Ca peut aller très vite

Qu’est ce que quinze ans ? Dans une vie ?

Et dans la vie de la terre ?

Cela pourtant a suffi au Mexique .

Pour passer d’un pays exportateur qui produisait deux fois sa consommation à un pays importateur .

A qui le tour ? la vie se promet très très difficile pour ceux qui n’ont pas de ressource. Ou pour ceux qui ne se préoccupent pas trop de l’économiser.

Allez, un peu plus d’effort vers la famille zéro déchet..  Ce bouquin, en voilà un cadeau utile …

Des taxes et de la valorisation doublée

Mon livre  de chevet* m’a abondamment parlé de la valorisation doublée. Oui, ce facteur là ! Celui qui nous fait inconsciemment valoriser deux fois plus ce qu’on perd que ce qu’on gagne. Ce conservatisme qui nous fait doublement résister chaque fois que l’on nous enlève quelque chose. Car nous sommes viscéralement attachés à nos biens. Dans mon cas, c’est sûr !

Alors quand une nouvelle taxe arrive, qui puise dans notre compte en banque, nous hurlons. En gros deux fois plus fort que raisonnable. Et il faudra donner deux fois plus pour compenser le sentiment de spoliation.

La preuve.

Ce meneur des gilets jaunes qui, spontanément, au 20h, qualifie d’”aumône” (sic) les quelques 20 euros mensuels que la réforme de la CSG a ajouté sur sa fiche de paie.

Mais qui ne souffre pas les 10 centimes d’augmentation de taxes sur le diesel, qui l’étrangle.

Je ne peux m’empêcher de faire, une fois de plus, un calcul.

20 euros donnés d’une main.

Mettons qu’ils soient intégralement repris de l’autre dans le même mois . A coup de 10 centimes** par litre, cela fait 200 litres. Mensuels.

A 5 litres au 100 , ces 200 litres le transportent sur 4000 km. Mensuels.

Il faudrait donc que ce pauvre manifestant étranglé par les taxes habite à plus de 100 km de son lieu de travail pour que ces deux mesures commencent à lui faire perdre du sacro saint pouvoir d’achat. 2 fois 100 km par jour, ça fait beaucoup…

Allez, c’est un gros rouleur . Mettons qu’il fasse 2*50km *** par jour pour travailler. Il est encore globalement gagnant. Encore une victime du facteur 2, qui le pousse à passer son week end à faire barrage.

Ce jeu de transfert de taxes peut passer pour du bonneteau. Mais j’avoue que s’il permet :

1 – de faire baisser le coût du travail (et je confirme que le coût total de mon employé à domicile a baissé de l’ordre de 1% sur les 12 derniers mois… à salaire net augmenté).

2 – de faire grimper le prix des ressources non renouvelables.

3 – et de donner un petit coup de pouce au pouvoir d’achat de la plupart des gens.

cela devient un très joli coup..

 

Moralité : que je me méfie encore plus de ce fichu facteur 2, qui m’inciterait si facilement à des réactions pas forcément adaptées…

 

* Bien sûr, mon “prix du bonheur” ..

**  Dans le marécage des chiffres balancés ici et là, 10 centimes permettent des calculs ronds. Selon vos références, 5, 10 ou 15 ne changent pas le raisonnement …

*** sachant que la médiane française est à 7,9km , selon l’INSEE . Tous les détails  là

 

Le colibri mue-t-il autant ?

Le colibri mue-t-il autant ?

10 chacun. Chaque année.

Vu qu’il se produit plus de 90 milliards d’habits par an*, cela en fait 10 par humain. Et je soupçonne  le paysan indien ou malgache de faire baisser la moyenne..

11 kg par Français**. C’est le poids de textile acheté chaque année.

Soit une trentaine de fringues, vu le tableau ci contre.

Alors, chiche ? On dort à poil fait une pause dans cette folie, on fait durer jean et chemises et en un an on réinjecte chacun 50 mètres cubes*** dans la mer d’Aral**** ? Think about it …

 

* a défaut de tout regarder, allez voir a 1 min 50 de cette émision d’arte qui interpelle ..

**ventes-de-vetements-et-textiles-d-habillement-en-france

***  Sur une base de 5000 litres d’eau pour 1 kg de coton, bas de la fourchette 

**** et si vous avez l’impression de louper une marche, je ne peux que recommander la lecture de ce livre qui vous expliquera le lien

A défaut de crever de chaud, va t-on mourir de froid ?

Les calculs de nombreux climatologues nous prédisent un réchauffement climatique. Ce n’est pas un scoop.

D’autres s’évertuent à calculer le « peak oil », qui préfigure le son du glas de nos véhicules motorisés au pétrole.

Je tombe sur un point de vue un peu décalé*, qui, basé sur des études apparemment sérieuses, nous annonce la limitation du réchauffement climatique par manque de combattants source de CO², pétrole, c’est sous entendu, mais aussi gaz et charbon. Des données intéressantes.

Si je pousse au bout, on ne va donc plus avoir de quoi se chauffer avant que le réchauffement climatique ne nous en ôte le besoin ?

Il y a là de quoi perdre son latin… Une seule chose est sûre, c’est qu’en isolant nos logements on agit sur les deux tableaux : le « peak carbone » , et le réchauffement climatique . In medio stat virtus.

Dans la série, le nucléaire n’est pas mal non plus , je l’ai déjà dit**, mais cela attire les foudres des « vrais » écolos, comme encore la semaine dernière ou j’ai failli être carbonisé par un regard de braise …

 

* La faible disponibilité du charbon limitera le réchauffement climatique    (Philippe Gauthier – Energie et environnement)

** Ecolo, nucléaire et diesel

La croissance pour nous rendre plus malheureux ?

La croissance pour nous rendre plus malheureux ?

Si le PNB représente bien la richesse nationale, donc celle de la population, je comprends que :

  • la population en France croissant de 0,4% par an*, une croissance du PNB de 0,4% nous permettra de conserver notre richesse par habitant. Jusque là, OK.
  • au delà de 0,4%, la croissance permettrait à chacun de faire croître son pouvoir d’achat. Mais pourquoi ?

Mon livre de chevet favori (bon, c’est vrai il n’est pas seul, la pile à mon chevet menace parfois sérieusement mon sommeil) , j’ai nommé “le prix du bonheur”** , m’indique bien que depuis quarante ans le pouvoir d’achat a eu beau doubler, le bonheur des riches comme celui des pauvres n’a pas augmenté d’un poil ( voir fig et son commentaire ci dessous).

Alors vu qu’on ne sait pas croître sans détériorer notre environnement (voir le bouquin de Janco*** qui lie de manière imparable PNB et émission de CO²), vu que sans aucun doute détériorer notre environnement ne va pas nous rendre plus heureux, du moins à long terme (un feu d’artifice nous rendrait moins heureux si nous savions vraiment la quantité de métaux lourds qu’il volatilise à portée de nos narines****), arrêtons cette course à la croissance, qui ne peut que nous rendre plus malheureux, nous sommes de plus en plus nombreux à en être convaincus.

Pour régler le problème de la dette il faudra trouver un autre moyen que bousiller l’environnement et nous rendre malheureux.

 

* voir les stats de la worldbank  qui en prime permettent de pousser mon raisonnement a l’échelle planétaire.

** Ah, le prix du bonheur  !!

*** Janco what ? Il pourrait bien ressortir dans d’autres posts, celui là ..

**** Pour sentir les feux d’artifice à leur juste odeur ..

Diesel et nucléaire pour les écolos.

Ce Grenoble magazine* est à lui seul un temple de manipulation.

Fini le diesel et le CO² . Allez, diesel, CO², on fait une fournée, plus on tape sur le clou, plus il s’enfonce..

Que le diesel, par sa consommation plus faible, produise moins de CO² que l’essence, cela ne se dit plus. Politiquement inacceptable.

Amalgamer particules fines, qui impactent la santé de l’homme urbain, et CO², qui impacterait ( je mets un conditionnel pour ne pas entamer la guerre avec les climatosceptiques, ce n’est pas mon propos) le changement climatique avec ses impacts énormes et à long terme, cela ne gêne personne** .

Bannir une technologie (le diesel) au lieu d’imposer une performance à atteindre (l’émission de particules) bloque tout progrès technique car restreint le champs des possibles. Cela ne gêne pas la presse . Pourtant une telle démarche est  proscrite dans l’élaboration de normes internationales.

Pour ma part, en bon écolo, j’ai acheté récemment une voiture diesel. Qui épuise moins les ressources naturelles. Qui émet moins de CO². Qui est potentiellement plus durable.

Et, bien sûr, je ne l’utilise pas en ville, territoire du vélo.

La voiture électrique ? Peut être, mais pas à l’Allemande. Si l’électricité vient du charbon, la voiture électrique émet plus de microparticules ET plus de CO² que n’importe quelle autre technologie.

Alimentée au solaire ? Peut être, un jour. Mais aujourd’hui c’est une utopie de fournir assez d’énergie solaire pour toute la circulation automobile****. Et la France s’y prend bien mal *****

Reste le nucléaire. Sans CO² . Sans particules fines. Certes avec des déchets à stocker. L’homme a su développer les techniques pour dénicher des combustibles stockés sans fuites par la nature dans le sous sol sous haute pression pendant des millions d’années. Il devrait bien être capable de se débrouiller pour en remettre un peu à la place.

 

Tout est lié, comme le rappelle François. Dans nos choix, je refuse l’amalgame. Eau, CO², ressources naturelles, particules fines : que nos solutions prennent en compte ces quatre éléments. Sans a priori technologique.

 

*  Gre-mag N°19  mars/avril 2018 p 18

** Pour les passionnés du sujet, je ne peux que recommander le livre de Jancovici ci dessus.

*** Pour ceux qui préfèrent, sa conférence qui raconte la même chose..

**** sur l’empreinte du gaz de schiste, du photovoltaïque et du nucléaire

***** sur le dogmatisme photovoltaïque en France