Du beau et du bio

Du beau et du bio

La contemplation de mon achat du jour me plonge dans une profonde perplexité écologique.

Une terrine de campagne bio. Ah, c’est bio donc c’est bon !!

Gaël, le producteur, l’annonce sur l’emballage: il fait partie des porcs bio de France. Leurs porcs doivent donc être heureux, et moi je suis content de faire marcher l’agriculture française.

Bon, du bio sous plastique ça n’est pas top pour les océans . Mais il y a pire .. Cet emballage, c’est écrit dessus, grâce à U, contient 25% de matière recyclée. Ça fait quand même 75% de plus que le bon vieux papier du rayon charcuterie à la découpe. Quoique..*

Donc quasi tout est bio. Même l’armagnac (pas détecté dès la première bouchée, mais bon ..). Le lait est bio, mais pas garanti d’origine France. Dommage pour moi **

L’étiquette est orange. Sans moi, cette terrine allait renforcer le pourcentage si élevé de nourriture gaspillée. Quelle fierté !

Mais du coup j’encourage à la produire, puisqu’il y a des idiots pour se contenter des restes et optimiser le yield.

Finalement désorienté, je prends mon téléphone favori et appelle Yuka à la rescousse.

Et là, coup de grâce. Mon achat est gravement mauvais .

Du bio, du Français, du plastique recyclé … tout ça pour çà ?

Du coup, tout en dégustant ma terrine, je me lance dans les cookies maison au Gremiel***. A base de farine bio, en emballage papier, et surtout sans code barre, Yuka ne pourra pas venir me casser la baraque ce coup là.

Moralité de ce billet ? Sur fond de digestion de cookie, je persisterai :

  • moins de chimie (donc du bio)
  • moins de plastique ( je recherche encore sans succès les emballages en PLA****)
  • plus de local pour moins de CO².

Et tant pis si on n’a pas toujours tout bon, l’important c’est d’avancer dans le bon sens.

 

 

* Et non, il ne se recycle pas  😦

** eh oui, je suis aussi un peu producteur

*** Gremiel ? (pour info, il est livré en vélo, donc côté CO² …).

**** du plastique bio ?

Le colibri mue-t-il autant ?

Le colibri mue-t-il autant ?

10 chacun. Chaque année.

Vu qu’il se produit plus de 90 milliards d’habits par an*, cela en fait 10 par humain. Et je soupçonne  le paysan indien ou malgache de faire baisser la moyenne..

11 kg par Français**. C’est le poids de textile acheté chaque année.

Soit une trentaine de fringues, vu le tableau ci contre.

Alors, chiche ? On dort à poil fait une pause dans cette folie, on fait durer jean et chemises et en un an on réinjecte chacun 50 mètres cubes*** dans la mer d’Aral**** ? Think about it …

 

* a défaut de tout regarder, allez voir a 1 min 50 de cette émision d’arte qui interpelle ..

**ventes-de-vetements-et-textiles-d-habillement-en-france

***  Sur une base de 5000 litres d’eau pour 1 kg de coton, bas de la fourchette 

**** et si vous avez l’impression de louper une marche, je ne peux que recommander la lecture de ce livre qui vous expliquera le lien

Quand Leffe a du mou dans le genou.

Quand Leffe a du mou dans le genou.

Rigolo. J’avais hésité un peu à publier mon coup de gueule estival quand j’ai découvert que Leffe mettait en sourdine son origine religieuse*

Je m’étais amusé quand, enfonçant délibérément le clou, l’abbaye était complètement évacuée de la communication**. Dont acte.

Noël arrive, et sans surprise Leffe remplace sa bière de Noel par sa bière d’hiver . Au moins, ils sont constants, le message est compris. Phylloscopus prend clairement une position : on s’en fout, au contraire*** même. Il n’a pas vraiment tort..

Il y a quand même dû y avoir un certain bruissement dans les réseaux, pour en arriver à ce contorsionniste journalistique que l’on peut lire dans les journaux Belges **** . Pathétique, diraient les Anglo Saxons.

Mais là où je me marre vraiment, c’est en ouvrant le courrier International du jour : et hop, Leffe invente le verre marqué “Leffe de Noël” . Pour y boire la Leffe d’hiver ? Pour corriger la bourde marketing précédente ? Là, les amis, vous vous prenez les pieds dans le tapis.

Surtout quand la concurrence, dans le même journal, enfonce le clou : sa bière de Noël est une “triple d’abbaye”.

Même si ce n’est pas toujours facile, dans la vie il faut savoir choisir ses valeurs fondamentales. Et s’y tenir. Sans mou dans le genou.

 

* Quand Leffe  cache ses origines

** Persiste et signe : radicalisation

*** La voix de la sagesse

**** Contorsionnisme marketing

Mais au fait, pourquoi tant d’acharnement sur la bière ? Pour ceux qui l’ont oublié ..

Une autre source d’optimisme

Toogoodtogo* . C’est quoi ce truc ?

Encore une appli qui change le monde**, à son échelle… microscopique.

Non content de recycler les petits bouts de ferraille ou de plastique, cette appli me sert, d’un coup de pédale, les “trop cuisiné” des plus grands restaurants (et des plus petits), directement sur ma table… plutôt que de les jeter.

Eviter le gaspillage alimentaire ? Mais voilà encore une drôle d’idée …

* Faites y un tour

** Il n’y a donc pas que TUNA que l’on puisse mettre au service

 

Si même la bière les cache …

Méditation estivale autour d’une Leffe.

D’abord distrait, mon regard se focalise sur la bouteille. Son étiquette. Le texte. Les tailles de police… Surprenant. Mes yeux vieillissants peinent à voir qu’il s’agit d’une production d’abbaye. Les nuances de vanille et de clou de girofle, dont j’ignorais l’existence, sont présentées avec deux fois plus d’emphase, des textes deux fois plus gros.

Exit donc la bière d’abbaye . Progressivement.

Il est loin le temps des origines, ou l’abbaye avait autant d’importance que le lieu. Cachons cette origine religieuse qui, sait on jamais, pourrait nuire au commerce.

Heureusement, il est des cafés qui ne sont pas rancuniers.

Du coup, à l’instar de ma boulangère et de Zabou, je me demande si le temps n’est pas venu de basculer,  et de porter moi aussi un croix.

Back to the future. Un client qui tombe du ciel.

Il y a 35 ans, j’ai conclu une phase de ma vie professionnelle en publiant un condensé de certains de mes travaux*. Sur une offre et une technologie un peu à la marge du business de l’époque, des choses que je trouvais un peu banales mais bon..

backtothe-futureTrois jours après la publication de mon changement de statut sur Linkedin, par laquelle j’informais la terre ébahie de la création de ma petite entreprise**, voilà qu’un étudiant Turc me contacte au sujet de cette vieille publication.

Je traîne un peu la patte, pensant à un canular ou à un étudiant un peu égaré. Mais il insiste, se présente comme mandaté par une entreprise Turque qui a de fortes ambitions dans ce domaine et recherche un coaching cumulant la technique (mais, mon grand, j’ai arrêté il y a 35 ans !!!) et le marketing (là, je suis un peu moins décalé).

Les échanges mails s’intensifient, s’accélèrent, et entre temps j’abuse de google…pour découvrir que ma publication reste encore populaire, reprise sur nombre de sites de téléchargement, voire même est unique en son genre sur le sujet. Comme s’il était un sujet sur lequel toute publication s’est arrêtée depuis 35 ans. J’obtiens confirmation de mon ex employeur que je pouvais bien faire ce que je voulais sur cette offre, sur laquelle, de sa part, tout investissement technique, commercial, et industriel est à zéro depuis des décennies.

En moins de 24 heures, la demande formelle arrive, la proposition repart, est acceptée, et le virement bancaire d’acompte est déclenché.

Trois jours  plus tard me voici au bord de la méditerranée… sur la côte Égéenne.

Et nous passons deux jours a faire l’exégèse commentée de ma prose, illustrée de leurs réalisations et échecs, et enrichie de quelques réflexions plus stratégiques sur leurs développements potentiels.

Comme quoi, il ne faut jamais sous estimer sa connaissance ni sa valeur. Et sa valeur n’est pas toujours là ou l’on pense. Qu’il est difficile de se juger !!

On peut tous être pape de quelque chose à notre insu…

 

* pour les curieux égarés…

** pour les curieux tout aussi égarés...

Même Causette en parle. Alors …

Même Causette en parle. Alors …

Je m’étais voté de plonger il y a presque deux ans déjà* . C’est fait ..mes collègues m’ont bien aidé. Depuis plus de trois mois, me voici “proud owner of a Fairphone” (cadeau de départ à la retraite), pour utiliser l’expression consacrée.

Bon, la raison rigole . Plus gros, plus lourd, plus épais… pour des performances pas terribles.. Les tekos avisés des forums ont prédit un retentissant échec commercial à cette bouse**.
Le “spécialiste” dont j’ai compris qu’il travaillait quelque part chez Samsung,  rencontré lors d’un mariage (mais, ouf, il était amené par la “partie adverse”) m’a regardé avec quelque condescendance, comme un bon gogo qui s’est fait embobiner par un green bashing outrageux.

Fairphone ??? Un téléphone qui se veut recyclable, démontable, respectueux des filières d’approvisionnement en matières premières et d’assemblage***.telephone-causette
Bon, avec 174 grammes contre 158 pour mon ex Samsung S4, son millimètre de plus en épaisseur, il fait un peu téléphone de campagne, truc pour militaires, quoi. Robuste.

Amusant de voir comment écolos et geeks se retrouvent. Tobit****, comme Gee*****, lui reprochent de ne pas se laisser tripatouiller le système d’exploitation encore assez facilement, car pour être un bon écolo il faut aussi honnir google . Je ne suis pas un bon écolo…

En tous cas, échec commercial ou pas, nous sommes plus de 100 000 à avoir accepté de voter avec notre portefeuille. Oh, ça ne fait pas beaucoup dans la marée de smartphones que l’on change tous les deux ans. Mais c’est dix fois plus qu’il y a trois ans, et, je l’espère, dix fois moins que dans trois ans.

Même Causette, qui, certains vont le croire, devient peu à peu mon magazine favori ******, en parle. Ça se souligne…

C’est avec notre portefeuille qu’on fait avancer les choses .

* Un smartphone moins criminel, ça vous dit ?

** La voix de la raison

*** Fairphone à la loupe

**** Vous vous souvenez de son « au revoir » ?

***** pour découvrir la “supérette bio d’android”  alias paradis du libriste.

****** L’autre contribution de Causette à ce blog, pour ceux qui auraient zappé

Et, last but not least, la causerie de Causette, une BD sympa.