Une autre source d’optimisme

Toogoodtogo* . C’est quoi ce truc ?

Encore une appli qui change le monde**, à son échelle… microscopique.

Non content de recycler les petits bouts de ferraille ou de plastique, cette appli me sert, d’un coup de pédale, les “trop cuisiné” des plus grands restaurants (et des plus petits), directement sur ma table… plutôt que de les jeter.

Eviter le gaspillage alimentaire ? Mais voilà encore une drôle d’idée …

* Faites y un tour

** Il n’y a donc pas que TUNA que l’on puisse mettre au service

 

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Si même la bière les cache …

Méditation estivale autour d’une Leffe.

D’abord distrait, mon regard se focalise sur la bouteille. Son étiquette. Le texte. Les tailles de police… Surprenant. Mes yeux vieillissants peinent à voir qu’il s’agit d’une production d’abbaye. Les nuances de vanille et de clou de girofle, dont j’ignorais l’existence, sont présentées avec deux fois plus d’emphase, des textes deux fois plus gros.

Exit donc la bière d’abbaye . Progressivement.

Il est loin le temps des origines, ou l’abbaye avait autant d’importance que le lieu. Cachons cette origine religieuse qui, sait on jamais, pourrait nuire au commerce.

Heureusement, il est des cafés qui ne sont pas rancuniers.

Du coup, à l’instar de ma boulangère et de Zabou, je me demande si le temps n’est pas venu de basculer,  et de porter moi aussi un croix.

Back to the future. Un client qui tombe du ciel.

Il y a 35 ans, j’ai conclu une phase de ma vie professionnelle en publiant un condensé de certains de mes travaux*. Sur une offre et une technologie un peu à la marge du business de l’époque, des choses que je trouvais un peu banales mais bon..

backtothe-futureTrois jours après la publication de mon changement de statut sur Linkedin, par laquelle j’informais la terre ébahie de la création de ma petite entreprise**, voilà qu’un étudiant Turc me contacte au sujet de cette vieille publication.

Je traîne un peu la patte, pensant à un canular ou à un étudiant un peu égaré. Mais il insiste, se présente comme mandaté par une entreprise Turque qui a de fortes ambitions dans ce domaine et recherche un coaching cumulant la technique (mais, mon grand, j’ai arrêté il y a 35 ans !!!) et le marketing (là, je suis un peu moins décalé).

Les échanges mails s’intensifient, s’accélèrent, et entre temps j’abuse de google…pour découvrir que ma publication reste encore populaire, reprise sur nombre de sites de téléchargement, voire même est unique en son genre sur le sujet. Comme s’il était un sujet sur lequel toute publication s’est arrêtée depuis 35 ans. J’obtiens confirmation de mon ex employeur que je pouvais bien faire ce que je voulais sur cette offre, sur laquelle, de sa part, tout investissement technique, commercial, et industriel est à zéro depuis des décennies.

En moins de 24 heures, la demande formelle arrive, la proposition repart, est acceptée, et le virement bancaire d’acompte est déclenché.

Trois jours  plus tard me voici au bord de la méditerranée… sur la côte Égéenne.

Et nous passons deux jours a faire l’exégèse commentée de ma prose, illustrée de leurs réalisations et échecs, et enrichie de quelques réflexions plus stratégiques sur leurs développements potentiels.

Comme quoi, il ne faut jamais sous estimer sa connaissance ni sa valeur. Et sa valeur n’est pas toujours là ou l’on pense. Qu’il est difficile de se juger !!

On peut tous être pape de quelque chose à notre insu…

 

* pour les curieux égarés…

** pour les curieux tout aussi égarés...

Même Causette en parle. Alors …

Même Causette en parle. Alors …

Je m’étais voté de plonger il y a presque deux ans déjà* . C’est fait ..mes collègues m’ont bien aidé. Depuis plus de trois mois, me voici “proud owner of a fairphone” (cadeau de départ à la retraite), pour utiliser l’expression consacrée.

Bon, la raison rigole . Plus gros, plus lourd, plus épais… pour des performances pas terribles.. Les tekos avisés des forums ont prédit un retentissant échec commercial à cette bouse**.
Le “spécialiste” dont j’ai compris qu’il travaillait quelque part chez Samsung,  rencontré lors d’un mariage (mais, ouf, il était amené par la “partie adverse”) m’a regardé avec quelque condescendance, comme un bon gogo qui s’est fait embobiner par un green bashing outrageux.

Fairphone ??? Un téléphone qui se veut recyclable, démontable, respectueux des filières d’approvisionnement en matières premières et d’assemblage***.telephone-causette
Bon, avec 174 grammes contre 158 pour mon ex Samsung S4, son millimètre de plus en épaisseur, il fait un peu téléphone de campagne, truc pour militaires, quoi. Robuste.

Amusant de voir comment écolos et geeks se retrouvent. Tobit****, comme Gee*****, lui reprochent de ne pas se laisser tripatouiller le système d’exploitation encore assez facilement, car pour être un bon écolo il faut aussi honnir google . Je ne suis pas un bon écolo…

En tous cas, échec commercial ou pas, nous sommes plus de 100 000 à avoir accepté de voter avec notre portefeuille. Oh, ça ne fait pas beaucoup dans la marée de smartphones que l’on change tous les deux ans. Mais c’est dix fois plus qu’il y a trois ans, et, je l’espère, dix fois moins que dans trois ans.

Même Causette, qui, certains vont le croire, devient peu à peu mon magazine favori ******, en parle. Ça se souligne…

C’est avec notre portefeuille qu’on fait avancer les choses .

* Un smartphone moins criminel, ça vous dit ?

** La voix de la raison

*** Fairphone à la loupe

**** Vous vous souvenez de son « au revoir » ?

***** pour découvrir la “supérette bio d’android”  alias paradis du libriste.

****** L’autre contribution de Causette à ce blog, pour ceux qui auraient zappé

Et, last but not least, la causerie de Causette, une BD sympa.

 

A Dios – Une page de 40 ans se tourne…

C’était hier ….

je me souviens encore du lever à 3 h du mat pour partir sur mon vélo … eh oui déjà… prendre mon poste de l’équipe du matin à l’usine , dans l’atelier de perçage. Huit jours …. a percer des trous , a conduire des presses à découper …. suffisamment pour comprendre qu’on ne conçoit pas une pièce n’importe comment, que derrière il y a des gens qui mettent de la vraie sueur a produire, que ça vaut le coup de se creuser un peu les méninges pour leur rendre le travail plus facile… c’est mieux pour eux et c’est mieux pour l’entreprise. Ça m’a suivi toute ma carrière…

Depuis, j’ai cheminé dans a peu près toutes les disciplines de l’entreprise, et en ai gardé des bribes. :

Conception mécanique …. si tu mets une goupille, t’as perdu m’a appris mon maître.

Coupure Moyenne Tension … et le plaisir de faire partie de ces minuscules communautés mondiales d’experts .. Eh oui, la normalisation, déjà …

Commerce, à Saumur… a une époque ou le TC , comme on l’appelait, se sentait responsable de ramener de la charge à l’usine. Ça m’a permis de développer et vendre des systèmes de supervision a mes clients . Déjà du digital , il y a plus de 30 ans, Je leur vendais aussi le container en béton développé par mon copain  pour abriter le tout . Et j’ai découvert les freins internes de l’organisation , prix de transfert, rémunération de l’effort commercial…

Maintenant, c’est complètement différent . Ça a changé . Ça s’appelle cross selling, cross costing, et c’est un problème tout neuf  …;-)

Afrique du Sud . A cette époque des sanctions, j’ai tout fait : de la conception, industrialisation, vente, après vente, tôlerie, soudure, peinture, moulage, usinage, gestion de production, assemblage, bobinage de transfos, achats. J’ai tout fait.

Mal.

Ça m’a appris le respect pour la compétence . Il y avait, et il y a encore , un énorme réservoir de compétences en France, et il faut s’être cogné les problèmes en vrai pour mesurer cela. C’est peut être une expérience qui manque aux high pots qui montent trop vite ou aux big guns qui sont parachutés tout en haut.

Ça m’a appris a gérer la diversité, par exemple qu’on ne met pas un chef d’équipe Xosa là ou il y a des Zoulous. C’est littéralement mortel.

Ça m’a aussi appris à négocier avec la CGT locale a coup de citations bibliques… je n’ai pas vraiment retrouvé cela en France.

De retour en France, j’ai découvert la joie de la création des organisations matricielles. Coopté par mes copains au poste de patron d’activité … et chargé d’aller expliquer a mes amis anglais, suédois, allemands, espagnols, américains… qu’ils n’étaient plus seuls maîtres à bord mais qu’il y avait un corporate qui manageait les plans produits globalement… et qu’il fallait tous suivre les mêmes process de développement…  qu’on mettait une logistique globale qui couvrait le monde. On est en 1994….et les forces centrifuges dautonomie des entités, la puissance du not invented here, my country is different, my customer is different, n’étaient pas plus faibles que maintenant. Ça a commencé à me convaincre que cette attitude futile était une des sources majeures de complexification artificielle et inutile. 

Un jour, un grand RH a décidé qu’il fallait maintenant que je fasse une expérience de management industriel lourd.

Alors, va pour du lourd . Vous mettez dans un panier en vrac et dans le désordre l’usine L, Y et Z, T à Rennes, S et R pour alléger le pack, sans oublier les ateliers régionaux  et la tôlerie . Bien des sites aujourd’hui disparus…

Ça a du faire un peu trop . Car au bout de quatre ans, on a fini par me demander de trouver autre chose, parce que..  sic : « J’avais la chance d’avoir d’excellents résultats grâce à une équipe de collaborateurs  très motivés malgré mon mauvais management ».  Dont acte . Je ne pense pas être un manager normal. Et je n’en ai jamais eu envie. C’est à cette occasion que j’ai découvert que dans ce groupe, on recherche a tout prix la diversité, mais à condition que les comportements ne soient pas trop divers quand même… Vous savez, le coup des bananes en Chine et des pommes aux US : jaunes de peau, blanc dedans . Rouge de peau, blanc dedans.

Donc sans transition aucune je me suis retrouvé à faire la stratégie résidentielle et le marketing  du pays France. Ça m’a appris à savoir écouter les petits. Je me souviendrai toujours d’un focus group d’installateurs ou un artisan, tenant dans les mains un superbe interrupteur, le retourne et dit d’un seul coup:  » Ben avec ces sorties là on n’a pas fini de s’emmerder avec deux sucres au fond de la boite de 38« .  La messe était dite . Il était le seul dans le groupe a être tout petit, on avait par ailleurs des patrons ,des bureaux d’étude, des décideurs quoi…

Ça m’a valu le tir croisé des deux patrons de la France et de l’Espagne, et j’ai fait dépenser 10M€ pour redévelopper une offre. Mais, comme des experts l’ont dit plus tard : ça a évité de faire une connerie…  Ecouter les petits , les faiseux, … ça a été une belle leçon.

Et je suis retombé dans le corporate : à l’époque ou on a eu l’intelligence de mettre des offres diverses dans la même orga, parce que ça se vendait souvent aux mêmes clients avec le même business model…   Avec Alain B, mon modèle de patron . C’est bizarre, de lui aussi j’ai entendu dire qu’il était un patron “old style”, dépassé . Pourtant, je crois qu’on aimerait que tous les patrons obtiennent les résultats qu’il a obtenus… et je vous souhaite à tous d’un jour croiser un patron comme lui.

Et quand Eric R m’a appelé pour être à la tour de contrôle des projets de sa division, j’ai découvert que sans m’en être rendu compte j’étais devenu un marketeur.

Depuis maintenant 7 ans, j’essaie de faire tourner cette machine marketing … et je découvre en écrivant ce topo que je ne fais qu’appliquer tout ce que j’ai appris :

  • s’organiser et segmenter par les clients et le business model, pas par la techno.
  • respecter la compétence, écouter les petits,
  • se creuser un peu les méninges pour rendre le travail plus facile
  • avoir des collaborateurs compétents et motivés, différents de moi et tant pis s’ils n’obéissent pas trop.

J’en viens au texte de mon invitation, qui a fait rigoler Elizabeth … et peut être d’autres.  Pour moi, un bon manager est quelqu’un qui doit savoir dire les 3 mots magiques du pape François , dans l’ordre :

Merci, Pardon, S’il te plait.   Après avoir dit merci et pardon, il peut obtenir tout ce qu’il veut, juste en le demandant gentiment .

Pour info, c’est aussi valable dans votre couple …..

Dernière question : Mais que vais je faire après ???

D’abord, c’est vrai, j’ai peur de l’arrêt brutal . Alors j’ai créé ma petite entreprise de consulting pour m’occuper a mi temps , pas plus, pour aider. Surtout pas pour prendre la place d’un jeune…

Ensuite, ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai déjà un certain nombre d’activités, au service des amoureux, des couples, des parents, au sein du diocèse… Au service de l’amour.  Ça va être difficile de ne pas me faire manger tout cru par ce monde là.

J’ai aussi depuis très longtemps un peu d’activité sur les réseaux sociaux , pas assez à mon goût .. Au passage, si ma page facebook est totalement visible de tous, ce n’est pas une fausse manip de « geek des sixties » , comme me surnomment gentiment certains jeunes, c’est parfaitement volontaire … J’ai un petit côté évangélisateur, pour ceux qui ne l’ont pas remarqué.  D’ailleurs, la politique que j’avais taquinée un temps est en train de revenir me chercher elle aussi.

Enfin, j’ai déjà 3 petits enfants, du potentiel pour plus … et je compte bien ne plus laisser les cerises pourrir sur l’arbre sans avoir eu le temps de les cueillir…

Encore merci de votre présence, Merci à Elizabeth pour l’organisation de ce pot, à O et à ceux qui ont eu la gentillesse de préparer et d’animer la surprise que nous venons de voir .. merci à tous pour toutes ces années….. et que Dieu vous bénisse.

40-happy-face

 

 

Les habitués du blog auront compris que je retranscris là un topo de départ dans lequel ils reconnaîtront des thèmes déjà abordés au fil des mois d’existence de ce blog.. le nuage de thèmes en haut à droite pourra aider à les retrouver…

 

Matin optimiste

Matin optimiste

Ce matin, sur mon vélo, je suis optimiste.

Non pas à cause du Brexit, dont je ne suis pas encore informé vu le manque d’autoradio sur mon véhicule, mais parce qu’il fait beau, que je suis forcé de m’arrêter dans ce qui ressemble à un embouteillage de vélos, et parce que (du coup?) la rocade que je surplombe est étonnamment fluide.

Non pas à cause des tarifs Easyjet, bas à en pleurer du CO² liquide, d’un aller retour Barcelone à 22 euros, Easyjet lyon barcelona 1mais parce qu’il y a quand même une justice avec un billet qui triple avec les taxes et autres frais.Easyjet lyon barcelona 2

Parce que mon cher Lilo m’apprend que Ocean cleanup est passé au next level.

Parce que Le Parisien m’apprend que le photovoltaïque peut désormais alimenter toutes les clims de France . C’est quand même un heureux hasard qu’il fasse chaud quand il y a du soleil  que le photovoltaïque produise le plus au moment des pointes de climatisation. Elle n’est pas bien faite, la vie ?

L’oreillette bannie me dispense ma chanson fétiche, et je tends la main à mes congénères, qui me répondent fraternellement, une fois de plus, avec un grand sourire.

velo-embouteillage1

La soirée de hier a été joviale, quoique triste. Mais ce matin, cela redémarre à nouveau . Optimiste impénitent . Ah, espérance

 

Lilo ?

Ocean Cleanup ?

Photovoltaïque cet été ?

Chanson fétiche ?

Fraternité ?

Espérance ?

 

Destruction créatrice

La théorie de Schumpeter fait bien débat sur les réseaux en ces périodes de marasme économique.

3hatsLes chapeliers d’ Esperaza (quel joli nom pourtant si proche de l’espérance !) , plus de 3000 en 1929, une grosse poignée maintenant, n’ont pas su, pu, ou vu venir la rupture qui a déplacé leurs emplois, et a transformé la seconde capitale mondiale du chapeau en une ville fossile*.

Et pour cause ….. la rupture s’est appelée crise de 29 puis mode, et on a juste remplacé les chapeaux par … rien. Le vrai bad luck …

 

Les 50 000 canuts, qui faisaient vivre la moitié de Lyon au XIXème siècle et fournissaient à la France les ⅔ de ses exportations, ont, eux, vu la rupture technologique. Mécanique.

Et ils ont su rebondir, dans la mécanique automobile et dans le textile qui, devenu synthétique, a laissé la part belle aux chimistes qui ont donné à leur tour naissance aux géants pharmaceutiques.

Pour Lyon, sur le long terme, Schumpeter a bien marché. Oh, non sans secousses sociales violentes, certes.
Et la dynamique ne s’arrête pas là.
J’ai récemment pu apprécier le plan marketing de la ville. Oui, vous avez bien lu, une ville qui sait se vendre possède ses marketeurs**. Et des bons. Only Lyon , il fallait le trouver, le décliner… La madone à laquelle les Lyonnais ont confié leur ville y est elle pour quelque chose*** ?

Bravo pour cette leçon d’espérance et de dynamisme.

Pour Espéraza j’ai acheté un chapeau, mais ça ne suffira pas à relancer la mode.. Et même si j’en empile trois…

Une seule chose est sure : tout  se réalise par des mains et des cerveaux d’hommes. Il y a toujours source d’espérance****. Et n’oublions pas qu’Il nous a confié la création pour la terminer. Bon, pour le moment on a plutôt abîmé la maison commune. Disons que la phase destruction a eu lieu, à nous de nous atteler maintenant à la phase créatrice…

 

* En plus, c’est vrai, on y a trouvé le plus gros fossile du monde et il y a là un musée des fossiles, superbe dit on.

** Pour voir leur démarche marketing

*** et  la madone dominer au fond de leur page d’accueil ..

**** Espérance qui mène le monde ?