Les 4000 parapluies de Fatima

Éparpillés sur le parvis, nuée de papillons colorés, chacun abrite un couple. Pourtant le ciel est clément.

Cela fait bientôt une semaine que cette foule bigarrée et polyglotte hante les lieux. Se recueille dans la basilique toute neuve. Se retrouve bruyamment, de drapeau en maillot. S’abreuve de méditations , s’émeut de témoignages. Forts.

80 pays. 9000 personnes. Quel brouhaha puissant quand tous récitent le « notre père », chacun dans sa langue.La langue qui force chacun a aller vite a l’essentiel. Quelle profondeur dans ces réflexions en petits groupes, ou d’aucuns traduisent le brésilien, d’autres le polonais, l’espagnol et le français dans un anglais devenu lingua franca.

Admiration de cette équipe Syrienne, éparpillée suite a la guerre de par le monde, qui se retrouve derrière ce drapeau qu’ils chérissent.

Sous chaque parapluie, donc, un couple de chercheurs de Dieu. Qui se disent merci, pardon, s’il te plait. Ces fondamentaux du management dont j’avais dit à certains qu’ils étaient valables pour le couple*. Ils renforcent leur couple, leur famille, leur projet. Plus tard ils se rediront leur promesse de mariage.

Qu’il fait du bien ce ressourcement.

Qu’elles sont fortes les amitiés créées. Qu’elle était belle, cette fête ou les prêtres Portoricain et Polonais dansent sur la clarinette Brésilienne . Tous repartent avec la certitude que cette séparation n’est qu’un au revoir. Sur cette terre, peut être. Dans l’éternité, certainement.

Difficile de résumer en quelques mots les apports de cette semaine. Au delà de la relation humaine, qui vaut plus que tout, quelques fioretti:

  • « Nous n’avons pas dans nos mains la solution aux problèmes du monde. Face aux problèmes du monde, nous avons nos mains, et Dieu regardera nos mains.« 
  • « Le plus grand danger de notre humanité est aujourd’hui l’absence de cœur.« 
  • « La joie n’est pas une émotion mais un devoir du quotidien. Quand une famille, un couple, une société oublient la fête, ils tombent malade.« 
  • Pour terminer sur ce mot du cardinal de Mossoul, qui pardonne a Daech : « parce que nous sommes disciples du Christ, que ne pas pardonner ne résout rien. Et je ne pourrais pas vivre le reste de ma vie avec cette souffrance de ne pas avoir pardonné.« 

 

* fondamentaux du management ?
** L ‘ensemble des interventions de la semaine, avec une reco spéciale pour la conférence de l’archevêque de Mossoul (jeudi 19) , le témoignage de cette famille argentine, et le mot du cardinal Tuckson sur l’écologie humaine (mercredi 18).
*** Et si ce mouvement de spiritualité conjugale vous interpelle, le site Francais des Équipes Notre Dame

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Soixante dixième miracle à Lourdes

Il est reconnu . Par l’église, bien sûr. Qui d’autre ? De cette guérison totale, soudaine, inexplicable, que dire ? Les croyants parlent de miracle. Les autres y trouveront une bonne source d’optimisme : la nature humaine n’est pas encore bien connue, il y a des potentialités énormes de guérison à découvrir. Et que continue la recherche! Les “miraculés” ne s’y opposent pas, au contraire . « A Lourdes, la science et la foi ne s’opposent pas. Elles travaillent dans un mutuel respect à la recherche de la vérité » dit le bureau médical.

Dommage que ça ne soit pas plus souvent le cas . Qu’un certain dogme, ostracisme, empêche tous de bénéficier du “meilleur des mondes”.

Combien de fois nos propositions de parcours couples*, ou de discernement sur l’engagement**, qui font tant de bien, ont été repoussées car “catho”. Pourtant, elles contribuent juste à faire grandir l’amour.

Pour tous. Les participants athées en attestent. Mais que de freins dans les a priori, induits par une caricature si imbue d’elle même qu’elle prétend être la vérité.

Nous travaillons pour faire grandir l’amour. Partout. C’est tout.

Ça gène vraiment que je le fasse en croyant que Dieu est amour ?

 

* les briques de société

**vie en couple, engagement, et autres..

L’amour ne vieillit pas

Viens te mettre à côté de moi sur le banc devant la maison, femme.
C’est bien ton droit; il va y avoir quarante ans qu’on est ensemble.
Ce soir, et puisqu’il fait beau, et c’est aussi le soir de notre vie:
tu as bien mérité, vois-tu un petit moment de repos.
Voilà, les enfants à cette heure sont casés, ils s’en sont allés par le vaste monde et, de nouveau, on n’est rien que tous les deux comme on a commencé.

Femme, tu te souviens? On n’avait rien pour commencer, tout était à faire.
Et on s’y est mis, mais c’est dur. Il faut du courage, de la persévérance.
Il faut de l’amour et l’amour n’est pas ce qu’on croit quand on commence.
Ce n’est pas seulement ces baisers qu’on échange, ces petits mots qu’on se glisse à l’oreille, ou bien se tenir serrés l’un contre l’autre ;
Le temps de la vie est long, le jour des noces n’est qu’un jour.
C’est ensuite, tu te rappelles, c’est seulement ensuite qu’a commencé la vie .
Il faut faire, c’est défait; il faut refaire, et c’est encore défait.

Les enfants viennent, il faut les nourrir, les habiller, les élever: ça n’en finit plus; il arrive aussi qu’ils soient malades; tu étais debout toute la nuit; moi, je travaillais du matin au soir.
Il y a des fois qu’on désespère; et les années se suivent . Et on n’avance pas. Il semble qu’on revient en arrière.

Tu te souviens, femme, ou quoi ?
Tous ces soucis, tous ces tracas: seulement tu as été là. On est restés fidèles l’un à l’autre. Et ainsi j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi tu t’appuyais sur moi.
On a eu de la chance d’être ensemble, on s’est mis tous les deux à la tâche, on a duré, on a tenu le coup.

Le vrai amour n’est pas ce qu’on croit. Le vrai amour n’est pas d’un jour mais de toujours. C’est de s’aider, de se comprendre.
Et, peu à peu, on voit que tout s’arrange. Les enfants sont devenus grands.
Ils ont bien tourné. On leur avait donné l’exemple. On a consolidé les assises de la maison. Que toutes les maisons du pays soient solides, et le pays sera solide, lui aussi.

C’est pourquoi, mets-toi à côté de moi et puis regarde. Car c’est le temps de la récolte et le temps des engrangements.
Quand il fait rose comme ce soir. Et une poussière rose monte partout entre les arbres.
Mets-toi tout contre moi on ne parlera pas. On a plus besoin de rien se dire. On n’a besoin que d’être ensemble encore une fois, et de laisser venir la nuit dans le contentement de la tâche accomplie.

Charles-Ferdinand Ramuz

 

Un texte qu’on avait « en stock » depuis quelques années, et qu’on n’a pas eu l’occasion de sortir dans l’une ou l’autre de nos célébrations récentes. Alors, pour tourner cette page des quarantaines, le voilà. Il décrit si bien l’amour d’un couple. C’est vrai qu’il est un brin nostalgique, heureusement que le chat est là … merci Geluck!

 

Esprit rusé et pensée confuse.

Esprit rusé et pensée confuse.

Fourbus, nous rentrons chacun dans notre voiture chargée à bloc du matériel d’organisation de ce week end festif *… et des restes.

On décharge les voitures, se prépare à un repas rapide à base de restes de cocktail.

Et l’idée saugrenue survient : c’est lundi soir,et si nous allions partager tout cela au 153** ?

Il nous reste une petite heure. De duel intérieur acharné entre une envie de se coucher dans l’instant et un sens du devoir. Quelle idée dérangeante et saugrenue !

19h50 . Se sentant seule, Claire invoque l’Esprit de lui apporter de la matière pour la seconde partie de la soirée qui démarre dans 15 minutes. Rien ni personne ne s’est présenté pour ce soir, elle est à court.

19h55 . Nous nous décidons enfin, envoyons un SMS à Claire. La séquence qui suit est rapide. Là, il a bossé, l’Esprit. Une telle synchro sans concertation en troublerait certains. Nous, pas.

 

20h10 : c’est parti. Un œuf avalé, un sac plein de restes divers, nous sommes en route.

21h : après une heure d’adoration en chansons, au milieu de l’assemblée bigarrée  (il y a deux chiens qui adorent avec nous ce soir. Eh oui, une assemblée intégrant les SDF…), une pause clope, nous voilà lancés dans le vif du sujet.

 

En commençant par recevoir un cadeau. Spontané. De la part d’une femme qui n’a vraiment pas grand chose. Sa production du jour. Émouvant de générosité.

Cette assemblée est majoritairement en galère. Le divorce, ils connaissent. Les difficultés de la vie en couple aussi. La soif d’amour immense, aussi. Inutile de venir avec des concepts intellectuels ou des poncifs sur le sujet. Les questions fusent. Concrètes. Directes. Sans échappatoire foireux possible. Et petit à petit ils nous aident. Complètent nos réponses de leurs témoignages personnels. Personne ne repart avec LA formule magique, mais des pistes. Des basiques remis au clair.

22h30 : retour à la maison épuisés mais heureux. D’avoir appris à adapter notre bagage d’intellos au monde de la rue. Non, il n’y a pas de pensée complexe, juste de la pensée confuse. Ils nous ont forcés à la clarifier, merci l’Esprit.

 

* Intro du week end qui en donne le contexte.

** 153 c’est quoi ?

*** Un témoignage recueilli au 153

Deo gratias pour cet octolustre.

« Chers amis, chère famille, chers frères et sœurs en Christ.

Nous sommes réunis ici ce soir pour commémorer et rendre grâce de ces quarante années qui se sont écoulées depuis que nous nous sommes donné le sacrement de mariage, ici dans cette petite église de Certines. Nous savons que, pendant toutes ces années, avec chaque bonheur, durant chaque épreuve, le Seigneur est toujours resté fidèle à nos côtés. Et nous souhaitons Lui rendre grâces pour sa présence permanente, dont nous savons qu’elle est indéfectible et qui nous a donné les forces nécessaires quand nos vies étaient bouleversées.

Merci pour nos parents, qui nous ont montré la voie du couple uni dans les épreuves dont la longue maladie.

Merci Seigneur, pour nos trois enfants. Merci pour nos belles filles. Merci pour nos petits enfants. Merci pour tous les mouvements qui nous ont nourris et portés pendant ces années, le scoutisme, les Équipes Notre Dame, les parcours Alpha*, la préparation au mariage, la prière des mères.

Merci pour nos métiers**, les employeurs et les collègues que tu as mis sur notre route.

Et vous qui êtes ici présents, nous vous invitons maintenant à faire mémoire, à vous remémorer vos engagements et ce que Christ vous a apporté. Si vous êtes en couple, remémorez-vous vos années communes. Si vous n’êtes pas en couple, relisez Sa présence dans vos vies***. Tous, rendons grâces ce soir. »
                                     Certines, le 7 octobre 2017

Décidément, c’est l’année des quarantaines..

* Alpha quoi au juste?

** La synthèse de la quarantaine professionnelle

*** Ça vous rendra optimistes … et ça rallongera votre espérance de vie

 

Push pull

Le montage cœur de l’ampli hi-fi de mes jeunes années d’électronicien. Deux transistors musclés en étage de sortie, qui entraînent alternativement vers le haut et vers le bas la tension appliquée au haut parleur. Et quand l’un tire, l’autre pousse, un peu comme les ressorts d’un trampoline qui contribuent en chœur à la beauté de la figure.

Ils m’ont aussi remémoré les bidouilles peu orthodoxes, a base de self et de condensateurs, visant à propulser plus haut et plus fort le trampoline.main_couple_book

Même âgés, la self avec quelques spires jointives, et le condensateur un peu fuyard, leur couple m’a remémoré le push pull. Un qui pousse et l’autre qui tire. En chœur. Et on alterne.

II a été le roi de la carte perforée et m’a tout appris du fortran. Maintenant son doigt n’a plus la précision exigée par l’écran tactile.

Elle a consacré sa vie aux enfants, à la maison, à la prière. Maintenant elle prend le relais techno. Non, l’écran du kindle ne se pince pas comme celui d’un ipad. Oui, en allant sur la maison, puis la bibliothèque, tu peux choisir puis ouvrir son livre sur la liseuse, assez légère pour tenir longtemps dans ses mains.

Soixante cinq ans de vie de couple, et le push pull fonctionne encore, l’un qui pousse et l’autre qui tire . En alternance.

Merci de ce modèle, mes parents.

Back to basics

etoilecroixcoeurLa musique aléatoire rythme ma promenade. Et vient l’étoile des neiges.

Une promesse de retour, tenue, une croix en gage, une fidélité sans faille dans l’attente. Et si c’était simplement cela le bonheur que l’on cherche désespérément ?

Mais c’est dans un coin perdu de montagne . Impossible dans nos villes? Allez, pour la Saint Valentin, on y croit …

Et puis si on a besoin d’aide, il n’y a qu’à faire comme au Mali