Un tour en tandem ?

Fin de la saison des mariages . Comme chaque été, les prêtres se sont livrés au difficile exercice du sermon, faisant mine de s’adresser aux mariés qu’il a déjà vus des heures et des heures, pour leur faire un récap final en sept minutes chrono. En réalité, ils ont un discours à cibles multiples, les pauvres : quelques rappels de base aux chrétiens de l’assistance, et un vernis pas trop hermétique à tous ceux qui, immense majorité dans la plupart des cas,  sont juste venus ici pour le copain ou la nièce qui se marie, mais ne mettent autrement jamais les pieds dans ce genre d’édifice.

Exercice difficile … qui tourne souvent autour de la maison des trois petits cochons bâtie sur le roc, de la mine de sel de la terre quiar men n’est rien s’il lui manque l’amour, et du phare d’Ar Men auquel on coupe le jus… Ca m’a donné envie d’apporter mon écot , en couchant sur le papier l’histoire du tandem racontée déjà tant de fois.

Le mariage, c’est un peu comme une balade en tandem. Le départ est toujours au sommet d’une côte. Ça démarre fort et facile, on n’a besoin de personne. Ni de Dieu, ni des autres. Ca descend tout seul. Mais, arrivés en bas , au bout de deux ou trois ans * , il faut se mettre à pédaler . Ça se corse . On a intérêt à avoir appris à se connaître . A savoir pédaler en phase et à être d’accord sur la direction. Et ça monte. C’est même dur . Bon nombre mettent le pied à terre , certains s’arrêtent complètement de pédaler. Et restent là en rade, sans trop réfléchir . Finalement, au bout de quelques années ils redescendent chacun de son côté. Pour repartir avec un ou une autre…

Et c’est en général dans ces côtes difficiles que, comme par hasard, l’Esprit arrive et nous envoie une grande bourrasque dans le dos, juste pour nous, ça aide à monter, et un petit restau en haut de la côte** . Et, ensuite, au fil des montées et des descentes, avec le temps qui passe, la montée devient quelquefois parfois préférée, ça va bien, on peine ensemble avec une certaine joie. A condition bien sûr de s’être habitué à l’odeur de l’autre. On contrôle finalement mieux que la descente, qui va parfois un peu trop vite. On se paie même le luxe de donner une petite poussette aux copains qui titubent et sont prêts de la chute. Ca nous donne des ailes. Et quelle joie quand on les voit repartir !***.

Oh, la forme, ca s’entretient . Une petite goutte d’huile de temps en temps ne fait pas de mal, sans cela la chaîne grince parfois, et le tandem zig zague****

C’est tout cela, le mariage. Sur ce chemin montant sablonneux malaisé***** qu’est la Vie, garder la Foi en l’amour de Dieu, aider l’autre qui trébuche, rendre grâce pour tout ce que l’on reçoit, vouloir durer , décider de durer, avec Lui, sur une route qui devient de plus en plus gratifiante, parce que l’on en a décidé ainsi. Parce qu’on ne se marie pas parce qu’on s’aime, mais parce qu’on a décidé de s’aimer…

hugskisses3Bon, on arrête là l’allégorie, il y a quand même des jours bien moins marrants que d’autres.

Au fait, have you hugged your wife today ?

 

* On l’a déjà dit mille fois, c’est chimique . Rien à y faire !!

** Certains diront qu’ils ont eu de la chance, d’autres verront le Clin Dieu

*** on est bien quand on fait du bien

**** comme au Mali avant la saison des pluies

*****mais il y a toujours espérance

 

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