Négationnisme et pierre tombale

Il y a abondance de tout ce que l’on veut, de toutes les ressources naturelles.

Il n’y a pas de limite aux ressources naturelles, je le répète.

La voiture n’a pas du tout de conséquence sur l’effet de serre.

L’activité solaire est quasiment exclusivement la cause du réchauffement actuel.

Quelques phrases extraites de l’interview* de Stan de Larminat sur RCF Alpha… en 2020.

Officier de l’ordre du mérite agricole, bio-éthicien, son approche scientifique lui fait s’autoriser à s’opposer aux scientifiques du GIEC, moutons de Panurge de la doxa en vigueur selon lui.

Même Claude Allègre, autre grand climato sceptique, ne trouve pas grâce à ses yeux car ce dernier prône quand même de limiter les émissions de CO², de méthane, de surveiller la forêt, la ressource en eau et l’acidification des océans, …En un mot, Allègre fustige le GIEC mais prône des actions qui sont en ligne avec les actions que ce rapport induit.

Non, c’est tout le GIEC qu’il faut vouer aux gémonies, même le pape s’est fait manipuler lors de la rédaction de son encyclique**.

Et s’il avait raison ?  Et s’il avait tort ?  Qui croire ? Sur qui caler son comportement ?

Il y a une dose de pari, là dedans. Pour m’ôter des derniers doutes, je me transporte un demi siècle plus tard. Et j’imagine ce que diront de moi mes arrière petits enfants , devant ma tombe.

J’ai fait mon choix, et vous ?

* Non, je ne vous donnerai pas le lien . Cherchez …Ca ne devrait pas être trop difficile, selon le travail cité dans le Monde ici les climato detracteurs ont 15 fois plus de couverture médiatique que les autres scientifiques.

** Et même plusieurs fois : Laudato Si, Fratelli Tutti, Querida Amazonia, Un temps pour changer…

Le prix du GreMiel

Ceux qui voudraient connaître GreMiel peuvent démarrer ici.

Comment fixer mon prix ? Sûrement pas en fonction de mon coût de revient, même sans compter mes heures ce hobby est une danseuse. Ce n’est pas pour rien que l’on ne peut se dégager de salaire avec moins de 300 ruches..

Je retrouve finalement le dilemme du bénévole. Avec la même conclusion : priorité aux actifs.

Donc, dans la boutique le GreMiel est le plus cher du lot. Pas de beaucoup, juste ce qu’il faut pour ne pas casser les prix de ceux qui vivent de leur activité.

Et pour les amis, s’il n’est pas cadeau, il n’est pas donné : un peu au-dessus du miel que l’on trouve au marché, là où on ne supporte pas le coût ni le stock d’une boutique.

Comme cela, j’ai l’esprit tranquille : mon loisir ne porte préjudice à personne.

Éthique et entreprise..

Titre d’un livre de Cécile Renouard que j’ai extirpé de la pile pour le remettre au dessus. Le relire une fois de plus. 

De la responsabilité de l’individu face au “système”. Certains Allemands se sont posé la question dans les années trente et quarante. Beaucoup sans doute.. Mais n’ont pas osé…

Et moi, maintenant ?? Je ne peux pas changer le système, dont je suis bénéficiaire par ailleurs, tout seul. Alors, la tentation d’en profiter avec bonne conscience est grande. N’ayant pas eu le courage de refuser le week-end de charme en résidence secondaire avec mes amis, aurais je la force de m’emm..der à jongler avec les horaires de TER, de perdre mon temps à insister à voyager en train avec mon vélo, d’importuner mes amis en amenant mon seul juste nécessaire égoïste, pour les rejoindre ? Alors que je pourrais largement “me payer” le voyage si fluide en voiture.

Difficile d’aller contre une doxa. Et je ne peux pas me permettre non plus de me couper de tous mes amis et de me retrancher dans ma tanière pourtant de luxe.

Difficile de ne pas se resservir une troisième fois de ce succulent rôti dont les restes, si je ne les mange pas, iront droit à la poubelle.

J’ai choisi. Je ne serai pas un écolo accusateur ni triste. Juste un écolo qui éveille les consciences, et qui met son poing dans sa poche. C’est vrai qu’il est facile d’être un militant convaincu quand on en est entouré.

Sel de la terre, d’accord. Mais le sel, ça fait mal aux plaies juste refermées.

Nul n’est prophète en son pays.

Pourtant, on va vraiment droit dans le mur.

Début de la fin ou opportunité du siècle ?

Tout fout le camp . L’électricité, le gaz et les métaux  flambent, les chantiers sont arrêtés par manque de bois. Il y a urgence (mais il faut raison garder, on abordera ce sujet page 19 😦 )

Et le brave gouvernement qui tente de limiter l’impact du choc par des chèques énergie …Rien compris.

Et si c’était juste le vrai départ? Le vrai départ d’une transition vers un pétrole et un gaz vraiment rares, et dont le prix ne fait que commencer à grimper. Déjà deux ans que je m’y attends.*.

Le vrai départ d’un retour à la filière bois, qui exporte ses grumes de France pour les faire scier à l’autre bout du monde et revenir en containers pour nos chantiers. Délocaliser la scierie, oui, on le fait . ( Ch..er dans de l’eau potable aussi, c’est tout dire)..

Le vrai départ d’une économie de matériau de tout poil, qui va peut être nous pousser à regarder nos déchèteries** d’un autre œil.

Enfin, on parle en prime time de la c..nerie d’avoir fermé Fessenheim***. A quand le débat sur celle des khmers egolo**** anti diesel ***?

SI cette crise pouvait se généraliser et durer un peu, elle pourrait élargir au plus grand nombre la prise de conscience de la nécessité absolue de se convertir. De se détourner de la religion de l’énergie et des matériaux abondants et quasi gratuits. De remplacer VAT par WAT *****? Déjà 7 ans depuis ce post …

Et si vous ne comprenez rien à mon charabia, contactez moi pour une petite fresque que je vous animerai avec plaisir.

* Eh oui, ça va vite..

** sur l’agencement des déchèteries

*** sur l’écologie du diesel et du nucléaire

**** Pas de faute de frappe, je parle bien d’egologie

**** What is WAT?

EHPAD royale

Petit à petit mon entreprise prospère*.

Les chéries** bossent de mieux en mieux, et leur compagnie me coûte de moins en moins.

Alors je continue. Dans la compréhension du fonctionnement de ces sociétés étranges. Dans la tentative de les maîtriser. Au printemps, j’ai appris les techniques d’élevage de reines. Pour aller plus loin qu’un simple renouvellement de cheptel par division de ruches, qui soumet la génétique de mes chéries aux aléas de la nature.

Dans ce level là, la génétique est contrôlée. Les abeilles sont toujours bien douces, peu essaimeuses, et surtout productives. Finis les affres de la recherche de la reine, de son entretien, la terreur de la tuer par mégarde. On en produit des nouvelles, toutes belles, et la logique pousse même à éliminer entre deux doigts celles qui sont un peu vieilles, qui risquent de moins produire la saison prochaine.

Ah, productivisme , quand tu nous tiens..

Non contents de favoriser honteusement une espèce d’abeilles, l’apis mellifera, parmi les quelques 2000 espèces d’abeilles sauvages existantes, en leur assurant gratis gîte , soins et couvert en cas de maladie ou de disette, à l’intérieur même de cette espèce on ne permet la survie que des meilleurs. Par un doux mélange d’eugénisme et d’euthanasie. Le livre noir de l’apiculture ***est désormais à ma portée. Est-ce bien ce que je veux faire ? La pente du business m’y entraîne pourtant.

Je coupe la poire en deux :

Des reines d’élevage, jeunes, sélectionnées, douces et productives, produiront le GreMiel**** sans faire courir de risques au voisinage urbain.

Et au milieu des champs, à la campagne ou j’ai la chance d’avoir un terrain d’accueil, je construirai une EHPAD ou elles iront passer leurs vieux jours, essaimeront si le cœur leur en dit, diversifieront leurs gênes –ou pas- par une reproduction naturelle, produiront –ou pas- du  miel ordinaire qui fera mon quotidien, libérant leur éventuelle agressivité sur les bovidés qui seront leurs plus proches voisins.

Qui sait, auront-elles à cœur de me prouver que le bonheur est dans le pré ? Qu’un jour une de leurs descendantes « naturelles » fera mieux que ses consœurs à génétique contrôlée dans des îles ou les éleveurs empêchent le croisement intempestif ? On n’est jamais à l’abri d’un miracle de la nature.

* Eh oui, la demande excède l’offre

** Mais comment en suis je arrivé là ?

*** Ou plutôt de l’agriculture

**** GreMiel ?

Les escargots n’ont plus qu’à bien se tenir

Rentrant à vélo la nuit tombée, à peine le portillon poussé deux vers luisants nous attendent, à un mètre l’un de l’autre, nous encadrant, tentant sans doute de s’illuminer la vie d’un amour naissant.

Cela fait plusieurs décennies que je n’avais plus vu ces animaux, souvenirs d’enfance, symboles de nuit d’été en vacances.

Vélo posé, je vais les admirer de plus près. Non, ce ne sont pas des led de téléphone jeté par dessus le mur, chose qui serait moins inhabituelle. Ils brillotent, rayés, de leur feux. Hymne à la vie qui reprend au milieu de ce monde de béton?

J’attribue leur retour à la tonte inhabituelle de mon gazon qui vaut des sourires de la part des visiteurs. Ou au bannissement d’engrais . Ce ne sont sans doute pas les seules raisons, mais, oui, globalement je veux y voir le fait que l’on évolue dans le bon sens.

Et vous saurez tout sur le lampyre, et sur le titre de ce billet, en deux minutes ici

Une tonte trois fois plus rapide

Comme un urbaniste, j’avais préparé mon coup.
Repéré les traces de passage du printemps, puis planifié le plan des routes :

de la miellerie aux ruches

de la cuisine au compost

le triangle maison piscine portique

le petit chemin de maraude des framboisiers

et la place centrale , celle du barbecue.

Et en avant pour la tonte sélective, avec ma bonne vieille tondeuse nucléaire* achetée d’occasion il y a 35 ans qui a encore eu droit à un rivet au printemps. On dégage des rues bien nettes, et laisse le reste en herbes folles et fleurs sauvages.

Et l’herbe coupée va bien sûr tout droit pailler les plants de patate.

Les oiseaux en piaillent de joie.

C’était le geste écolo du jour . Une tonte trois fois plus rapide, trois fois moins d’énergie . On va y arriver, aux deux tonnes**.

*Eh oui, toujours aussi résolument pour le maudit nucléaire..

** 2 tonnes ?

*** Et juste après je découvre que j’ai suivi, sans les connaître, les recos données par le roi de la permaculture sur RCF ..

Khmers verts new wave

Mon quotidien m’estomaque. Le jour même ou l’on saque le (seul) patron humain du CAC 40, on saque sacre les nouveaux khmers verts: les défenseurs du voyage aérien. En créant un passeport vert, qui permet aux plus polluants méritants de reprendre l’avion pour sauver les vacances. Pas leurs vacances, mais les vacances, celles de l’humanité …

En effet, comment imaginer des vacances dignes de ce nom sans un “retour à l’anormalité la normalité, celle qui fait qu’on ne peut s’amuser qu’en parcourant le monde en tous sens, cherchant les plaisirs et émerveillements qu’il est impossible d’obtenir en restant sur ce qu’on qualifie par ailleurs de “plus beau pays du monde” , ou de pays ou l’on peut se retrouver “heureux comme dieu” ?

Quand donc comprendront-ils que l’anormalité la normalité est la cause de tous nos malheurs ? Climatiques, covidiques, sarsiques, mersiques, sans oublier les vachefollesques ?

Bon, soyons positifs . Le passeport vert, je suis pour. 

Résolument pour.

Que chacun calcule son empreinte carbone. Et s’il arrive aux deux tonnes annuelles nécessaires pour arriver à l’objectif de l’accord de Paris, on lui offre un aller retour transatlantique (qui lui boufferont ses deux tonnes annuelles d’un seul coup, mais il faut bien économiser pour avoir des vacances dignes de ce nom..  😉

Pour vous faciliter la vie et vous dire comment faire :
MY CO²
Calculateur de l’Ademe
Avenir climatique
Henkel

Et si les résultats ne sont pas pile poil identiques, dites vous bien qu’on n’est pas, hélas, à une tonne près.

La défense des mauvais biftecks

Une fois n’est pas coutume, mais ce billet est si pertinent !!!

La vie oubliée, le blog

Tenons-nous en d’abord aux faits. La mairie écologiste de Lyon a reconduit une mesure prise par la majorité LREM précédente consistant à mettre en place dans les cantines scolaires un menu unique, sans viande mais avec œufs ou poisson, pendant le temps de la pandémie. Pourquoiun menu unique? Pour fluidifier la file et limiter la transmission du virus dans la queue du self. Pourquoi sans viande? Parce que cela permet de proposer un menu unique qui ne pose aucun problème rédhibitoire à quiconque.

En matière de végétarisme, le programme de la mairie n’est pas le menu unique vegan. C’est en toutes lettres dans le programme et le site de la ville: une alternative sans viande à chaque repas à l’horizon 2022.

Le tout avec une démarche de choix de produits locaux, 50% minimum des produits.

Qu’importe, on a vu Gérard Collomb, celui-là même qui avait pris la fameuse décision du…

Voir l’article original 938 mots de plus

L’empreinte carbone de la quiche

L’empreinte carbone de la quiche

Je suis convaincu. Tout ce que je vois autour de moi finit par me convaincre.Sans diviser par 6 mes émissions de gaz à effet de serre, jamais nous n’arriverons à atteindre les objectifs de la COP21 de Paris, limitant le réchauffement à 2 degrés. 

Ça commence par moi, donc mon alimentation. Dont une base, la seule chose que je sache cuisiner : la quiche aux lardons.

Alors je la questionne :

  • C’est bien connu, c’est la viande qui est coupable de la majorité de notre CO² “alimentaire” . Exit les lardons. On gagne les lardons, le lisier de porc qui pollue les nappes phréatiques bretonnes et finit par favoriser les algues vertes qui tuent la biodiversité marine, et en prime les 10 grammes de plastique à usage unique. Tout bénef.
  • Dehors l’horreur de crème fraîche en petite bouteille plastique : je cours les rayons de ma superette pour en trouver en briquette exclusivement carton. Sans même de petit bouchon plastique.
  • Je fais bien sûr ma pâte, pour gagner le carton d’emballage et tout le processus industriel qui est derrière le rouleau de pâte prête à cuire.
  • Ah, la cuisson : j’amortis l’énergie du four et fais toujours les quiches par paires.
  • Et réutilise le papier cuisson, il peut bien servir deux fois.

Avec tout ça, c’est sûr, j’ai fait ma révolution écologique. 

Sûr ?

Double check. Je m’arme de ma balance, de la bible de l’Ademe*, et excel fait le reste.

Déception. Avec tout cela, ma quiche ne passe en gros que de trois à deux kilos de CO².

Loin de la division par 6 … 

Eh oui, ce cas bien précis montre que la conversion écologique va plus loin que des ajustements à la marge. Et qu’il faut bien mesurer.

Le graphe est clair, ce sont les produits d’origine animale qui pèsent : lardons, beurre, crème, lait et œufs. Mais à quoi va ressembler ma quiche sans tout cela ???

Pas de panique . Pour diviser par 6, il faut passer d’un repas moyen pesant 2500g de CO² ** à 425g . Soit 850 g pour une quiche à deux.

Faites votre choix. Perso, je retire un œuf, mets de la matière grasse végétale, et je peux même conserver des lardons. Vous passez goûter ? 

* La bible de l’ademe ?

** Repas moyen ??

Une bagouze à vingt tonnes.

Le dernier volume de ma BD favorite* est sorti..

Lui aussi ** se met à l’ Amazonie.

Avec une superbe double page sur le projet “montagne d’or” abandonné récemment en Guyane.

Tout y est . En agrandissant la photo (cliquez dessus) vous saurez lire les chiffres , et j’espère que Dargaud ne m’en voudra pas.

Personnellement, je retiens juste :

une bague en or nécessite la production d’environ 20 tonnes de déchets toxiques dans la forêt.

Certes, une BD n’est pas une étude scientifique, mais je ne serais pas surpris que les ordres de grandeur des chiffres mentionnés soient corrects.

Je ne regarde plus mon alliance de la même manière .

Et je pense qu’il va se passer du temps avant que je ne me décide à offrir un bijou en or à ma chère et tendre, voire à mes belles filles….

 

* Les vieux fourneaux  

** Colonialisme ??

XXIème siècle, colonisation toujours et encore

La colonisation. Une époque ou les grandes puissances lointaines se répartissaient les terres “vierges” du monde, pour pouvoir exterminer les indigènes et exploiter leurs ressources en toute impunité.

Je pensais cette époque révolue, les excuses apportées aux indigènes survivants quand il y en avait encore. Erreur !!

Dès les premières pages de Querida Amazonia l’évidence me saute aux yeux.

Les peuples indigènes de l’Amazonie ne savent pas encore tous qu’ils ont été attribués au Brésil. Que ce qu’ils croient être leurs terres ancestrales ne leur appartiennent plus. Qu’ils n’ont pas le droit de passer les frontières , peu matérialisées, entre les 8 pays qui se répartissent leur lieu de vie.

Ils ont hélas pour la plupart bien compris que les envahisseurs sont les plus forts, qu’ils les pourchassent et les parquent dans des banlieues misérables, et que leur belle nature est pillée, spoliée, incendiée….pour le plus grand profit des seuls “occidentaux”.

Je pensais avoir un peu compris cela avec ma consommation de viande*. 

Il va falloir rajouter celle de bois exotique.

Je pensais que le seul responsable était le dirigeant Brésilien fou. Eh non, c’est aussi moi.

Fini le teck au bord de ma piscine. Je ne m’en sens plus le droit.

NB : je ne prétends pas résumer Querida Amazonia à cette (re)découverte, tout cet opuscule vaut le coup..

*sur le gramme de viande et les 50m² d’Amazonie

Quand la France reconnaît déforester l’Amazonie.

Un aveu pourtant fait au 20h, mais qui est soigneusement noyé dans un flot de paroles.. Il me fait pourtant bondir de joie.

Je reprends juste les premiers et les derniers mots du reportage*…:

Notre bétail est en effet nourri avec des protéines produites au Brésil………..ce soja que nous importons souvent du Brésil provient de cultures intensives. Elles sont souvent la cause de la déforestation en Amazonie.”

Bon, la solution proposée n’est pas forcément celle que j’aurais retenue : débloquer 100 millions pour aider la filière agricole française à produire le soja qui nourrira notre bétail.

Bref, dépenser de l’argent public pour continuer à émettre du méthane, polluer nos sols et nos rivières à grands coups de lisier, et entraîner nos agriculteurs dans une filière pour le moins incertaine.

Quadruple enjeu, donc , de ma réduction quotidienne d’un gramme de viande :

  • gagner 50m² en Amazonie**.
  • gagner 22 kg de CO² par an
  • éviter 20kg de lisier par an
  • et économiser ma part des 100 millions d’euros de dépense publique, qui est certes négligeable devant le désespoir vers lequel certains agriculteurs seront poussés.

*https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-mardi-5-janvier-2021_4223165.html

** sur l’impact de ma consommation de viande..

Santon, un job d’intermittent

C’est quand même assez ballot d’offrir une crèche comme cadeau de Noël.  Elle ne servira qu’un an plus tard.

Remarque, depuis le temps ça ne se démode pas trop et les habits des santons craignent assez peu les mites au fond du placard.

Dans un élan de frugalité consumériste je me suis décidé cette année à ne pas étendre le cheptel de santons, et de faire avec ce que j’avais* . Ça donne une crèche assez bigarrée, dans laquelle les objets du quotidien endossent un rôle qu’ils pourront continuer à tenir tout au long de l’année. Ça sera aussi une manière de faire perdurer le message de Noël en le rappelant chaque jour .

Et pour élaborer cette crèche avec les petits enfants en ces temps de confinement, je l’ai construite un peu chaque jour, en immortalisant sa création par une vidéo quotidienne d’une minute.

Je vous livre cette chaîne éphémère , si ça peut vous éviter à vous aussi d’acheter encore des intermittents.

https://www.youtube.com/channel/UCjMIGJEKxo1cgGCDcr172jw

* Faire avec ce que j’ai ? Ça me rappelle quelque chose.

Small was beautiful

Je découvre PANG* dans un article de mon quotidien favori. Plus grand, plus massif, plus puissant. 75 000 tonnes de ferraille, deux réacteurs de 220 mégawatts , c’est une demi tranche de centrale nucléaire qui se promènera sur les flots pour la plus grande gloire de la France. 

Bon, si PANG est 50% plus lourd que le Charles de Gaulle, c’est parce que les SCAF** qu’il emportera seront aussi 50% plus lourds que les Rafale.  Logique..

Les SUV sont bien trois fois plus lourds que ma 4L . Cohérent, tout cela. C’est le progrès, paraît il.

On s’éloigne encore tous les jours du “small is beautiful”. En ces périodes ou l’on prône la frugalité heureuse, est on bien certain que l’on va dans la bonne direction ? Notre débauche d’énergie et de consommation de ressources va tomber un jour sur un os . Et il suffira sans doute d’une toute petite ligne de code, si petite qu’indétectable, pour neutraliser ces mastodontes. A moins qu’un covid bis , encore plus petit, ne fasse l’affaire plus proprement.

J’aurais cru que la course à la croissance tous azimuts, dans tous les domaines, était terminée. Apparemment pas pour tous, dommage. 

Le futur n’est il donc pas dans le low tech, frugal et résilient ? J’ai tendance à penser que c’est le seul choix raisonnable qui s’offre à nous, sous peine de voir notre élan brisé net sur un hard rock.

Let’s make Small beautiful again.

*Porte Avions Nouvelle Génération

** Système de Combat Aérien du Futur.

25 grammes par jour.

Une bonne manière de se libérer du pathos des films à tendance polémique ou complotiste est de les regarder en vitesse accélérée. Par exemple à 130%. Les voix aiguës restent compréhensibles, les silences lourds sont allégés, et l’émotion n’encombre plus le cerveau qui se fixe sur le contenu.

C’est ce que j’ai fait lors du second visionnage de cowspiracy* , film un peu à charge contre la nourriture carnée, maelstrom de chiffres de tous ordres, sur divers sujets, parfois mondiaux, parfois centrés sur les USA, qui pourraient facilement nous embrouiller dans une spirale culpabilisatrice.

J’ai noté chaque chiffre, et les ai comparés à d’autres sources de données, celles du GIEC et de la fresque du climat, celles de divers livres et articles glanés ces derniers mois, et bien sûr avec le mythique wikipedia.

Parmi les multiples angles d’approche du film ( effet de serre, déforestation, faim dans le monde, biodiversité… tout est bien lié!!), je ne retiens délibérément dans ce post que les surfaces de terres arables.

Il faut 700 m²** de terre pour fournir à un vegan ses 1,4 kg*** quotidiens de nourriture équilibrée.

Il en faut 100 fois plus, soit 70 000 m², pour donner le même 1,4 kg de protéines animales (viande, laitage) à un carnivore intégral.

Certes, l’Américain moyen , avec ses 250g de viande quotidienne, n’est carnivore qu’à 18%, les 82% restant étant végétaux. Il faut bien des frites, de la salade et du ketchup avec le steak.

C’est pourquoi il ne requiert “que” 13 000 m²*** de terre arable pour le nourrir.  18 fois plus qu’un Indien vegan.

Le globe nous offrant 1,4 milliard***** d’hectares de terre arable, il peut donc nourrir 20 milliards d’Indiens vegan, ou juste 1,1 milliards d’américains, ou 2 milliards de francais qui sont (un peu) moins carnivores. 

C’est le modèle alimentaire que nous proposons qui est donc la cause de la déforestation de l’Amazonie ( à 91% déforestée pour l’élevage bovin)… et plus simplement de la faim dans le monde.

Si les 7 milliards d’humains convergeaient vers un modèle unique de source de protéines, ils auraient “droit” à chacun 2000 m² de terre, de quoi leur fournir quelque 25g par jour de nourriture d’origine animale en plus des indispensables végétaux. 

Au delà, on déforeste au grand dam de la biodiversité, pollue les rivières et les océans  avec du lisier animal, augmente l’effet de serre (surtout avec du bœuf*****) , et crée la famine dans les pays qui consacrent leur terre à nourrir de viande les riches occidentaux***** comme le film le montre si bien.

Même si mes 25 g sont un peu faux, ça se réfléchit, non?  1 gramme de moins par jour, c’est 50m² d’Amazonie en plus à moi tout seul !!

*  Cowspiracy, c’est 90 minutes ( 60 en accéléré !) interpellantes que je recommande chaudement.

En plus des sources citées dans l’infographie, on peut checker notamment avec :

** ou 800 selon Claude Aubert “nourrir la planète avec l’agriculture biologique”

*** voire plus  http://intervaltraining.fr/quel-est-le-poids-total-de-nos-repas-quotidiens/

**** 7000 selon Claude Aubert, pour un Français.

***** wikipedia

****** Du bœuf et du tofu .. Pour l’empreinte carbone du bœuf …

*******https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation 

Ils ont même enfermé les cailloux.

Cet alignement de gabions me rend perplexe. Pourquoi ? Empêcher un stationnement rétif aux panneaux ? Mais alors, pourquoi une telle débauche?

En gros 30 kg d’acier enserrant 1,5 tonne de cailloux, sans compter les robustes sangles à base de pétrole destinées à leur manutention, pour faire le même job que le poteau de bois installé un peu plus loin.

En passant devant ce robuste alignement, le doute m’assaille. Quelle est la contribution de ce progrès au bonheur de l’humanité ? Ça me renvoie à un post d’il y a 6 ans déjà*, qui revient d’actualité, au vu des rumeurs de taxation des voitures au poids.

A 1 euro le kilo, les gabions disparaîtraient probablement. Tout est histoire de conventions sur la valeur des choses.**

En ce qui me concerne, cela me conforte dans ma volonté d’aller chez Casto en vélo. Ça me fait réfléchir avant d’acheter trop de matériaux.

* https://abahli.com/2014/08/02/economie-circulaire-from-vat-to-wat/

** https://abahli.com/2020/08/04/la-valeur-qui-vaut-le-coup/

Pas question de me faire manger du tofu !

C’est la réponse que j’ai prise en pleine figure quand je me suis adressé à celles qui approvisionnaient les buffets d’une institution pourtant très bien pensante.

Je leur avais juste suggéré de proposer aux organisateurs de sélectionner un buffet sans viande rouge ! Pour limiter l’empreinte carbone !

Visiblement, je suis passé pour un extraterrestre. Le lien entre alimentation et CO² n’est pas connu de tous. Tant s’en faut .

Le soir même, j’ai relaté cela à une jeune de 20 ans. Elle est tombée également de l’arbre, totalement ignorante du sujet. Le réchauffement climatique, oui, mais je n’ai aucune idée de ce que MOI je peux faire.

Alors si même à 20 ans on ne sait pas…une  image pour 2 messages simples que je vous invite à diffuser:

  • 1 repas à base de steak frites pèse 5 kg de CO².
  • en remplaçant le steak par du porc ou du poulet on divise par 5 à 1 kg dont 400 g de fruits et légumes
  • et si on prend des légumes de saison on divise par 5 les 400g

Je ne vous mets pas (encore 😉 ) au tofu …et pourtant je divise par près de 10 l’empreinte carbone de votre déjeuner . Ce sont vos petits enfants qui vont être contents dans 25 ans . Quand ils transpireront à grosses gouttes toute l’année .

De l’égocentrisme et de l’altruisme

Tel un fœtus enfoui dans sa mère, je viens de passer deux mois au chaud. Sans souci. Le gouvernement a subvenu à mon salaire, les commerçants à la sécurité de mes approvisionnements par drive, même les programmes TV ont accompagné ma régression en programmant “de bon vieux films”.

Mais c’est fini. Il faut sortir. La renaissance est là, le monde a besoin de moi pour se remettre à tourner. Mais que d’angoisse . La paperasse revient, il va même falloir faire ma déclaration d’impôts. Le monde dehors est plein de fous qui ne respectent rien. ne portent pas de masques dans les transports, ne respectent pas les distances. Ils étalent leur beaux et jeunes corps sur la plage, font des centaines de kilomètres pour cela, bourrés de cet affreux boomerdoomer* qui ne leur fait peut être rien , à eux, mais m’effraie, autant pour moi que pour mes parents.

Encore quelques heures, monsieur le bourreau. Laissez moi rester dans ma cabane, au chaud.

Discours rarement entendu, pourtant souvent ressassé.

C’est de l’autre bout du monde qu’est venue la meilleure motivation de sortir. La premier ministre de l’autre bout de la terre, là bas avec sa tête en bas, a donné le conseil qui fait mouche. Vous devez sortir, pas pour vous mais pour les autres. Pour contribuer , vous aussi, non seulement à l’activité économique qui sortira les plus faibles de la misère qui les guette, mais à la victoire sur la pandémie. Alors, faites le en ne pensant pas à vous, mais aux autres. Chaque fois que vous sortez de votre bulle, dites vous que vous êtes infectés. Et que vous n’avez pas le droit de transmettre cette saloperie. Alors, bien sûr que vous porterez ce masque, que vous respecterez les distances, et que vous n’hésiterez pas à abuser du gel que vous aurez avec vous pour tout désinfecter après votre passage. Et n’hésitez pas à faire savoir que vous êtes peut être infectés. D’abord, ce n’est pas faux, la certitude du contraire peut être dangereuse, et vous verrez comme les fanfarons se re-masqueront vite. Et, tout en maximisant ainsi votre propre sécurité,  vous aurez contribué à faire avancer le monde, bien plus qu’en restant tel le fœtus.

Bref, changeons l’égocentrisme qui est en nous en altruisme. C’est d’ailleurs le message du Christ , non?

Ça me donne envie de me balader avec un T-shirt marqué : “risque de Covid” . Les gens me lyncheraient, vous croyez ?

 

* Pour ceux qui n’auraient pas capté, c’est le surnom donné par les américains à ce sars-cov2 . Littéralement : débarrasseur de baby boomers

Klug

C’était l’arbuste de la discorde. Qui se propage comme du chiendent, et dont les épines acérées griffent la belle peinture de mon vélo à chaque passage. Qui tapisse chaque année le sol de ses fruits si durs qu’aucun insecte, aucune pourriture ne les atteint et qu’il me faut en emplir des poubelles entières.

Mais dont la fleur  si rose orne si bien les jours maussades d’automne qu’ils ont échappé à l’éradication brutale.

Et c’est seulement au bout de vingt ans, alors que le militantisme d’autoconsommation a encore grimpé d’un cran, que je me lance. On va tenter d’en tirer quelque chose , de ces fruits du maudit Chænomeles japonica. Et ce n’est qu’en combinant les recettes des divers internautes tout en laissant assez libre cours à ma créativité que j’ai mis au point gelée, compote, jus et même pâte de fruit. Ayant survécu à la quinzaine d’observation de mes proches, qui s’attendaient à me voir dépérir à force de goûter diverses mixtures, tous ceux qui se sont retrouvés à la table de la maison ont contribué, avec politesse, à écouler la cinquantaine de kilos de fruits dont la nature m’a gratifié cette saison. Certains sont déjà revenus .. Comme quoi on ne tire pas toujours pleinement parti de ce dont mère nature nous comble..

Le futur des déchetteries

Force est de constater la chose, alors que ce second mois de confinement avance. L’immense tas de déchets, pour ne pas le qualifier de dépotoir, que j’ai accumulé en prenant possession de l’ancienne ferme dans laquelle je suis confiné, a quasiment disparu.

L’énergie initiale de rangement, d’élimination des cochonneries accumulées par les générations de fermiers dans les pièces du bâtiment d’élevage, ont généré ce tas.

La frénésie d’aménagement desdites pièces , à son tour, a généré une longue liste de besoin en matériel qui n’était pas vraiment de première nécessité, donc pas trop disponible.

Alors patience et longueur de temps ont fait plus que force ni que rage. Peu à peu les idées ont évolué, les besoins aussi. Une à une les cochonneries ont été retirées du tas pour être nettoyées, transformées, recyclées. Toute ferraille devient docile sous le marteau après avoir passé quelque temps dans l’âtre. Toute scie s’avoie. Même un peu oxydé, tout fil de fer , tout clou, peut resservir. Un très vieux bout de grillage protège aussi bien des oiseaux les salades juvéniles qu’un neuf, une barquette de fraises fait la cloche très efficacement sur un plant de courges.

L’esprit des générations antérieures de paysans artisans, qui a soufflé dans cette ferme ou dans celle de mes aïeux, revient en force*.

Finalement, quand la liberté reviendra, un seul petit voyage à la déchetterie suffira pour rendre au jardin son air propret.

Et je ressors de cette expérience avec une conviction : chaque déchetterie devrait être doublée d’un repair café. Doté entre autres du seul outil qui m’a vraiment manqué pendant ces deux mois de réclusion campagnarde: une imprimante 3D**.

 

*Faire avec ce que l’on a. En y consacrant le temps nécessaire plus que la furie carbonée.

** Imprimante 3D ? Pourquoi ?

Une tonte nucléaire raisonnée

Quand j’arrive dans ce jardin délaissé depuis l’hiver dernier, les abeilles* en ont déjà pris possession. Chaque fleur est habitée et vrombit.

Message reçu. La tondeuse autoporteuse avec sa largeur de coupe supérieure au mètre va juste dégrossir la moitié de la surface habituelle. Ça de plus pour les abeilles, ça de moins en pétrole vaporisé en CO².

Et pour les finitions, on n’insistera pas en aller et retours inutiles. La petite électrique, destinée aux bordures, fera plus que son taf. On prendra certes plus de temps que traditionnellement, mais ca tombe bien, cette fois on en a, du temps. Et, n’en déplaise aux grognons**, le nucléaire fait moins de mal aux abeilles et à la planète entière..

 

* Elles ont aussi migré ici

** Ecolo et pro-nucléaire ?

Faire avec ce que l’on a

En cette période de confinement, amusant de voir ce qui ressort.

Les groupes Whatsapp re-connectent des cousins éloignés, et des amis qui ne s’étaient pas vus depuis quarante ans… Et a chaque fois on s’extasie sur des photos vieilles d’un demi siècle .

On se régale d’une sortie d’une heure, que l’on s’impose par hygiène, hygiène que l’on n’avait pas quand on avait toute liberté de le faire.

Et je bricole avec ce que j’ai. Jamais autant réparé, recyclé, réutilisé. Fini le temps des voyages incessants aux magasins de bricolage, pour aller acheter LE truc indispensable aux travaux en cours.

gamin depenailleFinalement, on revient inconsciemment aux fondamentaux

Une relation familiale qui est ce qu’on a de plus précieux et que l’on entretient

Une hygiène de vie qui prend soin de son corps, un peu de sport au lieu du bistro ou de la télé

Et une économie de choses, d’objets, avec une vie où l’on utilise ce qu’on a, tout ce qu’on a.. et on a tellement.

Une autre découverte de ce confinement, c’est que  je peux vivre deux mois avec deux chemises, celle qui est sur moi et celle qui sèche… quel gaspillage de biens et d’argent dort dans mon placard ..

PAC : agir pour plus de cohérence

Une des fiches** du débat imPACtons* m’interpelle au niveau du vécu.

Comme cela, c’est la filière de la viande bovine qui reçoit le plus d’aides de la PAC. Deux fois plus que les porcs, par exemple. Intéressant pour le futur de mes vaches, donc***.

Mais d’un autre côté, mes collègues fresqueurs **** me disent que le kilo de boeuf génère près de 10 fois plus de GES que son congénère le porc.

Alors, comme ca, la PAC alimente le dérèglement climatique ?

Bon, tout cela passe au dessus de nos têtes, me rétorquera t on . Que peut on y faire, à ce sujet si technique ? Et bien, justement, sur ce coup là, on nous demande notre avis . Et je vous ai pré-mâché le boulot. Yapuka venir soutenir ma proposition***** .

Et si la survie des abeilles sauvages vous importe, il y en a une autre là******.

 

N’hésitez pas à cliquer sur les graphes si vos yeux sont aussi fatigués que les miens.

 

*Pour ceux qui ont loupé l’invitation à débattre du futur de l’agriculture, c’est ici

** vers la fiche « assurer un revenu juste et soutenir la résilience du secteur« 

*** tout sur mon troupeau

**** Si je ne vous ai pas encore invité à suivre un atelier « fresque du climat« , je peux aider …oui, un jour je posterai là dessus …

***** Proposition pour Une mise en cohérence des aides avec l’impact climatique

******Proposition pour  Donner les outils pour bien doser l’apiculture

 

Récidive

En fermant mon entreprise*, je me l’étais pourtant juré : plus jamais. 18 mois plus tard, incapable de résister, je récidive dans la création d’entreprise.

Je n’ai pu résister à la beauté d’un marketing mix parfait :

Le produit est ce qu’il est, mais quand il est mis à disposition du au client sensible à ses atouts par le canal optimal qui en fait la bonne promotion, le prix peut s’envoler.

Et pour mon GreMiel**, miel urbain qu’on pense à tort pollué*** , j’ai trouvé le canal de distribution optimal : là ou se retrouvent ceux qui valorisent avant tout la consommation locale****. Et le vendeur, formé, sait donner les arguments qui complètent cette origine locale par l’explication de son goût : la variété florale de la végétation urbaine.

Avec un tel alignement des astres, le quatrième attribut du marketing mix, le prix, n’est pas un obstacle, au contraire… il me permet de financer l’indispensable création d’entreprise agricole sans laquelle je ne peux vendre, l’achat du nom de marque, du nom de domaine.. Le rêve, quoi …

Qui se heurte aux mêmes factieux qui ne mettent pas une semaine à réagir  : cela a commencé par les arnaqueurs masqués derrière un en tête contrefait demandant***** une contribution à la protection de mon nom de marque, vite rejoints par la MSA qui réclame ses informations… A qui le tour ?

Persiste et signe, donc : créer une entreprise est VRAIMENT une galère dans notre doux pays . Dommage !!

 

* pour ceux qui ont loupé cet épisode, c’était mi 2018

** désormais vous aurez fréquemment des nouvelles de mes filles.

*** Pourquoi le miel de ville n’est pas si pollué

**** Par ici, l’épicerie ou vous trouverez votre greMiel préféré … s’il en reste !

***** demande quand même non obligatoire, c’est écrit en tout petits caractères au verso en bas.

 

A mort le messager !

C’est le quatrième round d’entretiens. Il y a une accroche réelle, une sympathie presque entre le candidat, dernier en lice, et son patron potentiel. L’ambiance est là, le moment est venu de dissiper les derniers doutes.

L’entreprise a une réputation détestable sur glassdoor*.

Elle ne le sait pas, elle ne connaît pas ce site.

Le candidat, tout en finesse, sonde les points les plus noirs de cette réputation.

Et le lendemain, le couperet tombe : trop de questions négatives, nous ne retenons pas votre candidature.  Et la recruteuse de confier naïvement sa difficulté à remplir ce poste, et surtout à conserver les bons candidats.

La roue a tourné. Les jeunes cadres ne sont plus prêts à n’importe quoi. Et le nuage de fumée ne cache plus que le roi est nu, les sites comme glassdoor ou greatplacetowork , même s’ils sont probablement manipulés, sont plus crédibles que les belles paroles des recruteurs.

Sur ce coup là, le messager a été mis à mort. Mais le message est passé, l’entreprise a commencé à descendre de sa superbe et se soucier de son e-réputation sociétale. Qu’elle fasse vite, elle risque de mourir par manque de ressources compétentes et motivées.

 

Deux mois plus tard, le candidat recevait une offre d’embauche par la concurrence…à meilleure réputation.

Je raconte cette histoire, très vraie et vécue de très près, pour vous inviter, vous qui être sur le marché du travail, à ne pas baisser la garde sur vos exigences éthiques. C’est la meilleure manière de changer le monde.

 

*glassdoor ou greatplacetowork

Ecologie, Egologie et la goutte d’eau vegan.

Comme chaque fois que je rentre dans ce temple du bio, je suis agressé par tout ce plastique.

Ça fait un moment que ca me travaille. Que certains fanatiques du bio m’énervent, moi qui me pense écolo. Ça y est, je la tiens, ma carte. Mon mapping, en bon ingénieur qui aime les graphiques.

Alors je me lance . Deux axes , l’axe du bien et l’axe du mal , celui qui me profite à moi, mon entourage proche, à court terme. Mon espace temps court. Et celui de l’espace temps long ; les autres, ceux qui sont loin, la planète, le long terme que je ne verrai jamais. Et je pose chaque action, chaque posture, sur cette carte, selon qu’elle a un effet positif ou négatif sur chacun des axes.

Le bio en plastique qui vient de l’autre bout du monde, ça fait probablement du bien à l’individu qui consomme, mais pas à l’atmosphère ni aux océans que l’on gave de CO² et qui finissent par ne plus nourrir les populations lointaines.

Et je l’ai trouvé, le comble de cette égologie de certains bio purs : l’eau de source vegan ( ??? ), qui a fait des centaines de kilomètres pour venir ici.

Par contre, j’ai eu beaucoup de mal à trouver les verseurs de vrac, cachés là bas au fond dans un coin, qui doivent sans doute apporter moins de marge…

 

Allez, toutes les boutiques ne sont pas comme cette chaîne : certaines sont soucieuses de vendre du local, du vrac, en remplissant l’emballage que le client apporte, si possible de produits bio. Ce sont celles là que je dois privilégier .

Et ça me conforte dans le choix du diesel*, qui nuit peut être plus à mon environnement proche pendant les quelques semaines de durée de vie des microparticules émises, par rapport à l’essence qui envoie bien plus de molécules de CO² dans l’atmosphère ou elle va rester des années bien partagée avec tous les habitants de la planète.

 

Mon propre temps court, ou le temps long pour l’humanité ?

 

 

* Diesel, nucléaire, tout ça …

 

Du beau et du bio

Du beau et du bio

La contemplation de mon achat du jour me plonge dans une profonde perplexité écologique.

Une terrine de campagne bio. Ah, c’est bio donc c’est bon !!

Gaël, le producteur, l’annonce sur l’emballage: il fait partie des porcs bio de France. Leurs porcs doivent donc être heureux, et moi je suis content de faire marcher l’agriculture française.

Bon, du bio sous plastique ça n’est pas top pour les océans . Mais il y a pire .. Cet emballage, c’est écrit dessus, grâce à U, contient 25% de matière recyclée. Ça fait quand même 75% de plus que le bon vieux papier du rayon charcuterie à la découpe. Quoique..*

Donc quasi tout est bio. Même l’armagnac (pas détecté dès la première bouchée, mais bon ..). Le lait est bio, mais pas garanti d’origine France. Dommage pour moi **

L’étiquette est orange. Sans moi, cette terrine allait renforcer le pourcentage si élevé de nourriture gaspillée. Quelle fierté !

Mais du coup j’encourage à la produire, puisqu’il y a des idiots pour se contenter des restes et optimiser le yield.

Finalement désorienté, je prends mon téléphone favori et appelle Yuka à la rescousse.

Et là, coup de grâce. Mon achat est gravement mauvais .

Du bio, du Français, du plastique recyclé … tout ça pour çà ?

Du coup, tout en dégustant ma terrine, je me lance dans les cookies maison au Gremiel***. A base de farine bio, en emballage papier, et surtout sans code barre, Yuka ne pourra pas venir me casser la baraque ce coup là.

Moralité de ce billet ? Sur fond de digestion de cookie, je persisterai :

  • moins de chimie (donc du bio)
  • moins de plastique ( je recherche encore sans succès les emballages en PLA****)
  • plus de local pour moins de CO².

Et tant pis si on n’a pas toujours tout bon, l’important c’est d’avancer dans le bon sens.

 

 

* Et non, il ne se recycle pas  😦

** eh oui, je suis aussi un peu producteur

*** Gremiel ? (pour info, il est livré en vélo, donc côté CO² …). des nouvelles au quasi quotidien ici.

**** du plastique bio ?

EPR et gare , ou aéroport ?

  • 600 millions pour agrandir la gare du Nord ? Projet retoqué, grave erreur urbaine, offense aux voyageurs .. selon Jean Nouvel … Et en plus, la SNCF est déjà bien trop endettée. Et on passera seulement de 700 000 à 900 000 voyageurs en 2030..
  • 1,5 milliards, c’est le surcoût de Flamanville dont la douloureuse montera à 12,4 milliards.  Mais il faudra bien cela pour alimenter nos TGV . Je n’ose imaginer la facture en solaire.
  • 15 milliards de dollars pour le nouvel aéroport de Pekin* . Pour 72 millions de passagers en 2025. Là, on change de catégorie . Aucun doute.

Aucun doute ?

Récapitulons :

  • Gare du Nord + Flamanville, 13 milliards pour rajouter 200 000 voyageurs par jour. Soit pile 73 millions de voyageurs supplémentaires chaque année.
  • Aéroport de Pékin : 15 milliards pour 72 millions de passagers. Pile pareil à un (gros) poil  près.

C’est sûr que de la gare du Nord je ne vais pas à New York . Mais en ais-je tant besoin que cela?

C’est tout aussi sûr que Flamanville alimentera bien plus que les seuls TGV partant de la gare du Nord. Les TGV consomment quand même 6 fois moins que les avions …**

D’ailleurs mes additions idiotes ne comptent pas la dépense en kérosène des avions.

J’étais convaincu de la folie écologique des voyages aériens . Je le suis maintenant de leur folie économique***.

J’étais déjà convaincu du manque de recul que chacun peut avoir devant des chiffres qui dépassent le montant de son salaire mensuel. Là dessus, pas de changement : une pleine page pour 600 millions, un entrefilet pour 1,5 milliard.  Et pour les 15 milliards, allez voir ailleurs*. Normal, quoi.

* juste un des papiers qui donnent des chiffres parfois divergents ..26-09-2019-2337922_24.php

** au kilomètre, bien sûr ..

*** et en bon père de famille , perso, vous savez pourquoi je n’investirai pas dans l’aérien

**** et s’il y a des pinailleurs, oui, je mélange les dollars et les euros. Et alors ?

Bioéthique : bouteille à la mer ?

Monsieur le député.

Avant de vous écrire, j’ai lu avec attention vos diverses interventions sur le thème des lois bioéthiques en cours de vote.

J’ai énormément apprécié votre attitude , exposée le 20/6/2018, de recherche sur ce qui se passe à l’étranger.  Je regrette seulement que les études les plus récentes mentionnées datent de 2010, ce qui fait perdre dix ans de recul sur des impacts qui , on ne peut le nier, prennent des décennies à s’exprimer. Ne voit on pas trop souvent des blessures de la petite enfance ressortir lors des disputes de succession un demi siècle plus tard ?

J’ai également beaucoup aimé votre question du 24/7/2018  sur l’acceptabilité sociétale des propositions faites par Mr Delfraissy, président du CCNE. J’ai juste regretté l’absence de réponse sur ce point précis de sa part.

J’ai lu les divers arguments échangés, et mon expérience personnelle m’a amené à côtoyer des neveux élevés par un couple d’homosexuels, d’autres adoptés. Tous les cas existent, et il y a heureusement des parents suffisamment motivés et éduqués pour donner dans ce type de parentalité le meilleur à leurs enfants. Ce n’est hélas pas toujours le cas , comme je peux le constater très souvent dans les centres médicaux-psychologiques que je suis amené à côtoyer..

J’ai été choqué par la faible participation au vote  récent de la PMA pour toutes, sujet pourtant potentiellement clivant de notre société tant ses impacts , surtout à long terme, sont redoutés par certains.

En conséquence, je me permets de vous demander :

  • d’être présent et de participer aux votes concernant les lois de bioéthique, assumant ainsi vos responsabilités, non seulement face à vos électeurs actuels, mais face aux générations futures.
  • dans vos prises de position et votes, de toujours mettre en avant les plus faibles, les femmes en situation de précarité, qui seront toujours les premières exploitées, et bien sûr les embryons et bébés humains, sur lesquels nous n’avons pas le droit de tenter des expériences à caractère chimérique, et auxquels on ne peut imposer la perte de chances de ne pas avoir deux parents dont un père* , ni d’ignorer leurs origines. En ce qui concerne la “parentalité intentionnelle”, je me permets de vous rappeler que les engagements humains les plus solennels , tel l’engagement à vie du mariage, sont dans les faits reniés dans la moitié des cas.

Malgré une adhésion totale avec les intentions des organisateurs, je n’irai pas manifester le 6 octobre à Paris, tant les faits m’ont convaincu que le gouvernement n’écoute que les manifestations violentes, et sait rester sourd à d’autres dix à cent fois plus nombreuses mais pacifiques.

En vous remerciant de l’attention que vous aurez su porter à ce message, je vous prie de croire en mes sentiments vigilants et respectueux .

 

* a ce titre, il me paraît nécessaire d’abolir la loi, votée il y a presque un siècle et à ce jour totalement obsolète, permettant l’adoption d’un bébé par une personne seule.

Pour un esclavagisme raisonné.

L’histoire de l’humanité se confond avec celle de la domination de la terre et des autres espèces animales. Pour son profit. Avec une éternelle ligne de crête à tenir à l’intérieur même de l’espèce sapiens, qui se surprend souvent à exploiter une partie de l’espèce pour le bien de l’autre partie.

Sans rentrer dans l’épineux débat de la lutte des classes et du paternalisme, je pense ici que sapiens tirerait bien parti de la connaissance maintenant intime des mécanismes de la biologie, que son cerveau développé possède désormais. Et de s’allier avec finesse et modération aux autres habitants de la planète.

Au lieu de bombarder massivement de pesticides les banlieues huppées qui ne peuvent plus faire dehors leur barbecue chéri sans se faire agresser de moustiques tigre, ne laisserions nous pas un peu de répit aux hirondelles et autres chauve souris , qui se chargeraient volontiers du job ?

Mais, s’il vous plaît, dans la finesse. En laissant du temps au temps .  Sans excès . Il a fallu une quarantaine d’années aux moustiques pour se remettre de la tentative d’extermination des années 70.  Il n’a suffi que de 10 ans pour sortir les chauves souris de la ville et permettre le retour des irritants culicidae.

Nous sommes trop exigeants, trop avides de résultats immédiats.

Mes patrons n’ont jamais vraiment apprécié quand je leur disais :

Je préfère marcher en ligne droite que courir en zig zag. C’est moins fatiguant et au final on progresse plus vite”. En leur formulant, en bon ingénieur, la formule : “515 est toujours supérieur à 151*” .

Bref, je suis pour la protection de la vie,  en modérant notre usage de la chimie, de la biologie. Les oiseaux travailleront volontiers pour nous.

Je suis pour l’augmentation du temps de l’étude et de la réflexion, au delà des pressions et de la mode médiatico-politique. L’inertie de notre politique ne va pas au delà de la rentrée parlementaire, celle du monde se mesure en siècles voire en millénaires. Conservons le juste milieu.

Tout le monde est d’accord ? Alors, let’s do it.

Et on se calme sur une bioéthique débridée qui peut si facilement nous mener au retour d’un esclavage et de la traite des hommes.

* Préparation – Action – Résultat. Que ce soit en temps ou en énergie dépensés, 5 unités de préparation en garantissent autant de résultat en ne dépensant qu’une petite unité d’action.

Par contre, une préparation bâclée  induit une énergie folle d’action pour un piètre résultat.

D’où l’inégalité 515 >> 151, prouvée maintes fois, et pas que dans les livres de maths.

Aligner la France sur une trajectoire 1,5 °C ?

J’ai lu avec passion et effroi le travail de B&L Evolution*. Comment aligner la France sur une trajectoire 1,5°C ?

Le préambule est très clair : on peut ne pas être d’accord . On peut ne pas vouloir . On peut refuser . Mais c’est un exercice de style. La France a pris un engagement. Si elle veut le tenir, comment pourrait elle faire ?

Pour ceux que la trentaine de pages rebute, ils ont fait une belle infographie**. Dont vous avez des extraits ci dessous.

Quelque part, je suis content d’y retrouver beaucoup de points abordés dans divers billets de ce blog. Si ca vous amuse, cherchez les billets taggés « environnement » ou « ecologie ». Au fil des ans, je réalise que je les ai accumulés..

Mais que je suis timoré !!  Il en manque beaucoup pour arriver au compte requis.

Allez, un effort sur ma gourmandise : le flux de données.  Tant pis pour la beauté et la finesse de l’image, au lieu d’uploader ma dernière vidéo youtube*** en « belle » résolution de 1980*1080, je l’ai dégradée à 1280*720 .  Au lieu d’uploader 658 millions d’octets, je suis retombé à 173.  Impossible de comprendre, dans la jungle des chiffres, à combien de CO² cela correspond, mais ca va bien dans le sens de diviser par 3 , non ?

 

 

* Le rapport de 36 pages de B&L 

** Pour ceux qui préfèrent le dessin, l’infographie

*** Et pour les apiculteurs et les printeurs, ma chaîne youtube ou je m’impose de faire des vidéos très courtes…une autre manière de diminuer le nombre d’octets voyageurs.

Allez zou, on bazarde

Les jeunes sont de sortie. Pas pour prendre l’air, pour en réclamer. Du propre. Oui, ils manifestent pour le climat. En masse.

Et s’ils font l’effort d’aller autant marcher, il y a fort à parier qu’ils tanneront leurs parents, leurs oncles, leurs retraités de grand parents, pour exiger qu’ils se bougent. Ou plus exactement qu’ils arrêtent de bouger en vain.

Bien sûr, eux mêmes vont évoluer. Refuser de prendre l’avion pour un oui, pour un non, pour un loisir qu’ils pourraient avoir à portée de main. Inutile d’aller à Atlanta pour voir Disney, ni au Kenya quand on a Peaugres, n’est ce pas ?

Et comme ils vont déclarer la guerre autour d’eux à tous ceux qui prennent l’avion pour leurs loisirs, cela va faire mal. Mon wikipedia favori me porte donc à penser que le trafic aérien va baisser de 52%

27 % des passagers prennent l’avion pour visiter famille ou amis, contre 52 % pour les loisirs et 14 % pour le travail

Alors, résolument, vendons ADP tant que cela vaut encore quelque chose..

 

Bon, doux rêveur ? sans doute un peu, mais la conscience vient, l’égocentrisme forcené des pollueurs va s’infléchir, j’y crois…

Alerte rouge

Depuis toujours, un feu rouge m’impose d’arrêter l’action en cours. Danger. Ne va pas plus loin. Interdit.

Dans ma voiture, je passe a l’orange. Ne me laisse pas intimider par le voyant qui m’incite a passer au garage. Mais au rouge, non. Je n’y vais pas.

Le dernier voyant rouge en date me met en garde : je risquerais gros à ne pas mettre ma clim en route. Je le sais bien, les jeunes marchent pour le climat. Pour MON climat ? Ce serait donc si grave de transpirer au volant ? De refuser d’émettre le surcroît notable de CO2 que mon confort est sensé exiger ? Et tant pis si mon confort réchauffe le voisinage . Si l’énergie qu’il nécessite génère l’effet de serre qui fera souffrir les lointains paysans tropicaux.

Beau symbole de notre égocentrisme à courte vue que la clim . Que ce voyant rouge qui, si j’écoutais son message subliminal,  m’interdirait de m’en passer.

Et bien non, il n’y a pas qu’à vélo que je vais passer au rouge idiot. Désormais j’ignore ce warning ultime de « A/C off » et roule avec, autant que faire ce peut.

La voix du fin silence

Repas en silence.

Chacun est attentif .

Le geste se ralentit

Les papilles n’ont qu’une chose à faire, déguster.

Les yeux pétillent, ou se ferment.

La bouche sourit, goûte pleinement l’instant.

Expérience recommandée. Bon, on peut prolonger en passant tout le week end en retraite spi, c’est mieux. Mais juste un repas hors du bruit du temps ce n’est déjà pas si mal.

Des cigognes et des chemins de vie

Il est des cigognes qui ne choisissent pas les meilleurs terrains d’atterrissage. Mais l’espoir est toujours possible. T nous raconte .

 

Je m’appelle T, j’ai 24 ans. Je suis née à Rennes. J’ai une sœur jumelle.

A l’âge de 5 ans, mes parents, qui ne s’entendaient plus, se séparèrent. Je vois ma mère partir. Je reste vivre avec mon père, ma sœur et les copains de mon père qui passaient souvent à la maison faire des fêtes alcoolisées. Mon père buvait beaucoup. Le soir, après le boulot, il partait boire au bar. Quand il rentrait trop défoncé, nous étions stressées parce qu’il pouvait être parfois violent en paroles et en actes. Le lendemain il ne se souvenait plus de rien.

Il nous aimait beaucoup et faisait ce qu’il pouvait pour nous élever. Nous devions nous occuper de la maison, faire la cuisine, le ménage, s’occuper de nos chiens. Peu à peu nous apprenions à faire tout cela.

A 7 ans, nous savions tenir une maison en ordre.

A 10 ans, nous déménageons chez notre tante en attendant de trouver un autre logement, puis chez un copain de mon père. Nous dormions dans une caravane, enveloppés dans plusieurs couvertures. Tous les matins, avant de partir à l’école en vélo, nous nous lavions à un robinet d’eau froide sur le terrain. Notre vie n’était pas des plus saines. Cette période de notre enfance n’était remplie que de soirées alcoolisées avec des personnes droguées, bourrées.

Deux ans et demi après nous avons déménagé dans une maison, enfin. Ce fut un bonheur pour ma sœur et moi de retrouver un lit douillet, une baignoire et le luxe de l’eau chaude. Et puis nous prenions le bus pour aller à l’école ! la classe ! Les mois passèrent, mon père avait trouvé un bar dans la village où il rejoignait tous les soirs des potes à lui qui venaient ensuite finir leur apéro à la maison.

Peu à peu ma sœur et moi avons suivi le même chemin, le monde de la fête et des soirées alcoolisées.

Vers l’âge de 13-14 ans nous avons commencé à aller en boîte avec des potes à mon père.

Un jour, vers l’âge de 15 ans, en soirée, j’ai rencontré un gars de 24 ans, nous sommes tombés amoureux. Je faisais des études d’hôtellerie, lui travaillait. Nous nous sommes mis à habiter ensemble. Quelque temps après, il est devenu possessif et jaloux, au point qu’il ne voulait plus aller travailler pour me surveiller. Puis il continua à me séquestrer, et à faire des crises paranoïaques. Je ne dormais plus. Nous nous battions souvent. La situation s’aggravait. J’ai voulu le quitter plusieurs fois mais il me harcelait et me retrouvait. Il me promettait de changer, je le croyais. Mais c’était toujours pareil. J’étais dans ses crochets. J’ai fini par arrêter mes études un mois avant les examens. On s’est retrouvés à la rue. Il buvait beaucoup. Et moi aussi pour oublier son harcèlement. J’essayais parfois de fuir mais je ne savais pas où me réfugier. Alors je souffrais en silence tout en me battant avec lui. Jusqu’au jour où la police l’a envoyé en prison. Je le quittais alors. Notre relation destructrice aura duré 5 ans.

Après cette relation douloureuse, je suis allée vivre dans un foyer pour femmes battues. Mais je me suis fait virer au bout de trois mois parce que je partais dormir ailleurs la nuit. Après j’ai rejoint ma sœur qui trainait dans la zone de la rue. Elle me présenta aux SDF.

Nous avions 20 ans et étions perdues. Puis j’ai rencontré un autre homme. Nous picolions ensemble toute la journée et dormions en squat ou sous la tente la nuit. Nous faisions la manche la journée. Un jour, après une dispute ensemble, on s’est séparés quelques jours. Quand je suis revenue, on m’a annoncé qu’il était mort d’une overdose. Etait-ce de ma faute ? Il fallait que je vive avec ça. J’étais affaiblie et perdue. Alors un jour j’ai pris mon sac à dos, mes chiens, et j’ai pris le premier train qui arrivait. J’ai visité plein de villes en faisant la manche. Je dormais dans les halls d’immeubles.

En septembre 2016 je suis arrivée à Grenoble. Pendant 1 an j’ai dormi sous la tente dans des bois autour de la ville et j’ai vécu dans la rue à boire et à faire la manche. En juin 2017, on me présente C D. De suite, elle m’emmena dans une sortie, puis en vacances loin de la ville. Je découvrais une autre ambiance paisible et joyeuse sans alcool. Avant je n’aimais pas la vie et je me demandais ce que je foutais sur terre. Aujourd’hui, avec l’association Grain de Sel ma vie a pris un sens. En octobre 2017, C me proposa d’habiter au grain de sel. Maintenant, ça fait un an et demi que je commence une nouvelle vie, en sécurité, avec des projets. J’ai découvert la foi chrétienne qui m’aide beaucoup chaque jour. J’ai remarqué que Dieu veille sur moi

En mai 2018, on m’apprend que ma sœur jumelle a eu moins de chance que moi et a été retrouvée tuée, dans une cave. Ce fut un choc ! Sans la foi, je me serais suicidée. Mais je la sais heureuse maintenant, et en paix.

Maintenant ma vie va pour le mieux. J’ai signé un contrat dans une école en tant que surveillante polyvalente. J’ai renoué avec mes parents. Je prends soin de moi. Je me suis inscrite au sport et je vais être baptisée à Pâques. J’essaie de vivre ma vie au maximum pour ma sœur Manon. Je vais bien et je suis heureuse …

 

Témoignage donné lors de l’ AG de l’association « Le grain de sel hors les murs » 2018. Merci à tous ceux qui la soutiennent .

Ca peut aller très vite

Qu’est ce que quinze ans ? Dans une vie ?

Et dans la vie de la terre ?

Cela pourtant a suffi au Mexique .

Pour passer d’un pays exportateur qui produisait deux fois sa consommation à un pays importateur .

A qui le tour ? la vie se promet très très difficile pour ceux qui n’ont pas de ressource. Ou pour ceux qui ne se préoccupent pas trop de l’économiser.

Allez, un peu plus d’effort vers la famille zéro déchet..  Ce bouquin, en voilà un cadeau utile …

Protéger l’ADN du pauvre. Sous les huées ?

L’autre soir, conférence organisée par Alliance Vita sur divers sujets bioéthiques : mécanismes précis de PMA, GPA, à deux parents, à trois parents, un petit approfondissement, le cadre juridique national et international.

Il est de plus en plus clair que toute évolution législative sur ces sujets imbrique étroitement émotionnel, technologique, et sociétal.

Souhaiter laisser trace de son ADN dans une descendance, quoi de plus compréhensible ?

Être prêt pour cela à consacrer une part non négligeable de son temps se comprend.

Une part non négligeable de son argent, bien sûr aussi. Là, on passe une frontière, on entre dans le domaine du business. Qui n’est pas naturellement régulé. Quelles limites au business ?

Quels contre pouvoirs ? Les gilets jaunes en réclament à cor et à cri, eux qui savent bien que le business mène presque toujours à l’abus du faible par le fort, à l’exploitation du pauvre par le riche.

Ce n’est pas le business qui fera la promotion des techniques de PMA écolo accessibles à tous qui pointent le nez dans une indifférence assez générale.

Que de choses à savoir, que de considérations à intégrer avant de se forger une opinion !

Ce cycle de conférences est bien sûr orienté, et ne s’en cache pas. Mais il a le mérite d’exister, d’être accessible.

Alors pourquoi mes amis du PCF et de la CGT organisent-ils un barrage bruyant, comme ils savent le faire*, à l’entrée de cette conférence ? Pourquoi les manifestants, dont certains ont trouvé le carburant nécessaire pour se réchauffer les boyaux, couvrent-ils de lazzi ceux qui entrent et sortent ? Sans doute pour faire corps . Pour se retrouver ensemble. Et quoi de plus facile que de se mobiliser contre quelque chose, contre un corpus que l’on diabolise a priori pour mieux le brûler.

Un couple stérile nous dit , lors de son témoignage de vie en espérance d’enfant :

“La richesse d’une vie, c’est l’amour, avec son conjoint, avec ceux qui nous entourent”.

C’est vrai. A défaut de conjoint, dont on est si souvent séparé, à défaut d’entourage qui est si souvent réduit à peau de chagrin par le travail, la voiture, la télé, l’indifférence, se regrouper “contre” permet au moins de passer une soirée en groupe. Cela suffit il pour assurer la richesse d’une vie ?

Perso, j’ai plutôt choisi des engagements  “pour”. Quitte à entrer dans les salles sous les huées.

Parfois moins facile, mais je suis sûr toujours plus gratifiant.

 

* plus de bruit que de cerveaux

 

Alors, on ne salue plus ?

Balade hygiénique sous ce grand soleil de février. Vite, vite, car le retraité du jour est débordé !!

Je croise et double quelques personnes, souvent dans le même cas. Ca jogge, ça papote, ça médite…

Perdu dans mes pensées, il me faut une demi heure pour réaliser que moi non plus, je ne dis plus le traditionnel “bonjour” que s’échangent les promeneurs en montagne. Sommes nous désormais trop près de la ville ? Ou faut-il mettre cela sur la baisse de l’esprit de fraternité, conséquence des mouvements communautaristes de plus en plus fréquents ces temps ci ?

Allez, on se reprend : un petit bonjour a chaque promeneur croisé ne me fera pas mourir, au contraire. La réaction des gens est amusante. Entre le regard surpris des uns, apeuré de jeunes femmes qui se sentent agressées, l’ignorance complète d’autres sportifs tout à leur performance, finalement bien peu renvoient une simple salutation souriante.

Ah, tout fout le camp, pourtant elle n’est pas si loin l’époque ou je m’amusais de ces salutations systématiques une fois la lisière du parking dépassée *.

Est ce réellement une évolution de notre société ? Tout à cette question, deux employés municipaux me rappellent à l’ordre, en me gratifiant d’une salutation joyeuse sans pour autant interrompre leur travail.  Merci de la leçon, messieurs. Allez, fi du découragement, continuons à nous saluer. Même entre piétons croisés en ville, pourquoi pas ? Ca ne coûte pas cher, et on se sent tellement mieux..

 

 

C’était en 2014 . Les choses ont elles tant changé en 5 ans ?

Sortir de la fosse d’assistance

Une jeune femme, bon job, un enfant, raconte. “Pas assez de temps pour vivre une vie de mère avec mon petit, lors j’ai décidé de travailler à mi temps. Tant pis pour la réduction de salaire, je gérerai”.

En pratique, quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’avec l’arrivée de diverses aides dont son revenu précédent, trop élevé, la privait, avec la baisse drastique du coût de certaines prestations et taxes,  prix de la cantine*, de la crèche, exonération de taxe d’habitation… (la vie est bien moins chère quand on est pauvre, conclut elle), son niveau de vie n’avait pas autant baissé que cela…. Tant mieux pour son enfant, qu’il profite de sa mère qui lui a fait ce si beau cadeau..

J’invente et continue l’histoire..

Au bout de quelques années, elle aimerait bien augmenter un peu son niveau de vie. Travaille un peu plus. Et fait le chemin inverse, perdant un à un tous aides et privilèges que son faible revenu lui conférait. Et se retrouve à devoir travailler deux fois plus pour, in fine, ne disposer quasiment que de la même aisance. Inacceptable. Il ne lui reste donc plus qu’à enfiler un gilet jaune et obtenir que le gouvernement élargisse un peu plus la fosse d’assistance dans laquelle elle était descendue quelques années plus tôt. Les riches, ou du moins ceux qui n’ont pas encore quitté le pays, paieront. Impossible ? La majorité  est déjà partie ? Alors on transférera l’ardoise à son enfant… qui va se retrouver à devoir payer son beau cadeau.

So what ? Après avoir compris le mécanisme de la fosse d’assistance grâce à cette jeune femme, qu’en tirer ?

Juste un guide de discernement pour mes dons ou investissements. S’assurer qu’ils permettent aux hommes de sortir de la fosse par eux mêmes (p. ex. en confiant des vaches a des éleveurs*** où en finançant l’éducation, en souscrivant aux obligations émises par les entreprises plutôt qu’en spéculant sur leurs actions****) plutôt que de les aider à y vivre moins mal..  En s’assurant que cela correspond à une réelle demande de leur part, bien sûr. Retour du bon vieux proverbe sur le don de poisson ou de l’apprentissage de la pêche…. toujours à condition que le pêcheur potentiel le désire, sinon, c’est encore un beau gaspillage!

* Le prix des cantines Grenobloises varie d’un facteur 1 à 10 selon le revenu

** si cela vous amuse d’aller voir les seuils de 28 aides sociales …  

*** des investisseurs et des vaches

**** actionnaire ou obligataire ?

Des taxes et de la valorisation doublée

Mon livre  de chevet* m’a abondamment parlé de la valorisation doublée. Oui, ce facteur là ! Celui qui nous fait inconsciemment valoriser deux fois plus ce qu’on perd que ce qu’on gagne. Ce conservatisme qui nous fait doublement résister chaque fois que l’on nous enlève quelque chose. Car nous sommes viscéralement attachés à nos biens. Dans mon cas, c’est sûr !

Alors quand une nouvelle taxe arrive, qui puise dans notre compte en banque, nous hurlons. En gros deux fois plus fort que raisonnable. Et il faudra donner deux fois plus pour compenser le sentiment de spoliation.

La preuve.

Ce meneur des gilets jaunes qui, spontanément, au 20h, qualifie d’”aumône” (sic) les quelques 20 euros mensuels que la réforme de la CSG a ajouté sur sa fiche de paie.

Mais qui ne souffre pas les 10 centimes d’augmentation de taxes sur le diesel, qui l’étrangle.

Je ne peux m’empêcher de faire, une fois de plus, un calcul.

20 euros donnés d’une main.

Mettons qu’ils soient intégralement repris de l’autre dans le même mois . A coup de 10 centimes** par litre, cela fait 200 litres. Mensuels.

A 5 litres au 100 , ces 200 litres le transportent sur 4000 km. Mensuels.

Il faudrait donc que ce pauvre manifestant étranglé par les taxes habite à plus de 100 km de son lieu de travail pour que ces deux mesures commencent à lui faire perdre du sacro saint pouvoir d’achat. 2 fois 100 km par jour, ça fait beaucoup…

Allez, c’est un gros rouleur . Mettons qu’il fasse 2*50km *** par jour pour travailler. Il est encore globalement gagnant. Encore une victime du facteur 2, qui le pousse à passer son week end à faire barrage.

Ce jeu de transfert de taxes peut passer pour du bonneteau. Mais j’avoue que s’il permet :

1 – de faire baisser le coût du travail (et je confirme que le coût total de mon employé à domicile a baissé de l’ordre de 1% sur les 12 derniers mois… à salaire net augmenté).

2 – de faire grimper le prix des ressources non renouvelables.

3 – et de donner un petit coup de pouce au pouvoir d’achat de la plupart des gens.

cela devient un très joli coup..

 

Moralité : que je me méfie encore plus de ce fichu facteur 2, qui m’inciterait si facilement à des réactions pas forcément adaptées…

 

* Bien sûr, mon “prix du bonheur” ..

**  Dans le marécage des chiffres balancés ici et là, 10 centimes permettent des calculs ronds. Selon vos références, 5, 10 ou 15 ne changent pas le raisonnement …

*** sachant que la médiane française est à 7,9km , selon l’INSEE . Tous les détails  là

 

Coexister malgré des convictions inconciliables.

Coexister malgré des convictions inconciliables.

L’autre soir au café de St Jo* nous sommes tombés sur Samuel Grzrybowski qui se prêtait au jeu des questions réponse.
Samuel, qui ne le connaît pas ? ;-))

L’association interconvictionnelle qu’il a fondée, Coexister** , est peut être un peu moins inconnue..
Les principes qui animent les coexistants, comme ils se dénomment, sont pourtant simples:

  • Imposer son identité à l’autre ? Non.
  • Renoncer à sa propre identité pour s’adapter (s’intégrer) à une majorité ? Non.
  • Mettre de côté nos différences pour ne partager que le foot et la météo ? Non.

Diversité de convictions, unité dans l’action. Nos convictions sont peut être inconciliables, mais les conséquence de nos convictions sont parfaitement conciliables, si nous nous reconnaissons, nous respectons, et agissons ensemble.

Mettre ensemble des actions simples, concrètes, et vraies pour agir ensemble, voilà ce que font les coexistants. Dans la reconnaissance et le respect des convictions de chacun. Pas dans un laïcardisme occultant.

Quelle société voulons nous ? Coexistence ou de communautarisme ?

Merci pour cette agitation de méninges.

15 octobre 2017 : 9e Assemblée Générale de l’association COEXISTER, Paris (75), France.

 

* Celui ou l’on rend grâce à Dieu pour la bière

** Le site Coexister, ou tous allez vous ruer …

Le colibri mue-t-il autant ?

Le colibri mue-t-il autant ?

10 chacun. Chaque année.

Vu qu’il se produit plus de 90 milliards d’habits par an*, cela en fait 10 par humain. Et je soupçonne  le paysan indien ou malgache de faire baisser la moyenne..

11 kg par Français**. C’est le poids de textile acheté chaque année.

Soit une trentaine de fringues, vu le tableau ci contre.

Alors, chiche ? On dort à poil fait une pause dans cette folie, on fait durer jean et chemises et en un an on réinjecte chacun 50 mètres cubes*** dans la mer d’Aral**** ? Think about it …

 

* a défaut de tout regarder, allez voir a 1 min 50 de cette émision d’arte qui interpelle ..

**ventes-de-vetements-et-textiles-d-habillement-en-france

***  Sur une base de 5000 litres d’eau pour 1 kg de coton, bas de la fourchette 

**** et si vous avez l’impression de louper une marche, je ne peux que recommander la lecture de ce livre qui vous expliquera le lien

Management HR par le régicide

Pas le choix.

Depuis mai, cette essaimeuse n’a pas réussi à entraîner ses fidèles vers une quelconque prospérité.

Malgré mes injections de fonds sirop, jamais la population n’a pu croître suffisamment pour avoir assez de butineuses.

Alors quand cette visite pré-hivernale me montre une population faible, une trésorerie des greniers vides de toute réserve, la conclusion s’impose : cette colonie ne passera pas l’hiver . Dès octobre elle aura faim et en décembre elle mourra de froid . Pas assez de population pour faire la grappe et se tenir chaud comme les pingouins de l’antarctique.

Et il est trop tard en saison pour lui faire produire une nouvelle reine toute neuve.

Alors..

Je déplace la ruche à une dizaine de mètres.

J’isole la reine, l’euthanasie avec un petit sanglot.

J’enfume fortement la colonie, que chacune, au son de l’alarme incendie, se gave de provisions.

Un à un, je sors les dix cadres et les secoue violemment. Les paquets d’abeilles jonchent le sol. A vous, mes petites, de trouver refuge ailleurs, dans une autre de mes ruches. Votre paquetage de provisions vous servira de sésame dans une colonie plus vigoureuse qui vous aidera à passer l’hiver.

Arrêter l’injection de fonds, sacrifier les mauvais dirigeants afin de sauver le précieux personnel … Saurions nous le décider dans nos sociétés ? Arrêter l’injection de fonds, oui . En ce qui concerne les hommes, la question est posée.

A défaut de crever de chaud, va t-on mourir de froid ?

Les calculs de nombreux climatologues nous prédisent un réchauffement climatique. Ce n’est pas un scoop.

D’autres s’évertuent à calculer le « peak oil », qui préfigure le son du glas de nos véhicules motorisés au pétrole.

Je tombe sur un point de vue un peu décalé*, qui, basé sur des études apparemment sérieuses, nous annonce la limitation du réchauffement climatique par manque de combattants source de CO², pétrole, c’est sous entendu, mais aussi gaz et charbon. Des données intéressantes.

Si je pousse au bout, on ne va donc plus avoir de quoi se chauffer avant que le réchauffement climatique ne nous en ôte le besoin ?

Il y a là de quoi perdre son latin… Une seule chose est sûre, c’est qu’en isolant nos logements on agit sur les deux tableaux : le « peak carbone » , et le réchauffement climatique . In medio stat virtus.

Dans la série, le nucléaire n’est pas mal non plus , je l’ai déjà dit**, mais cela attire les foudres des « vrais » écolos, comme encore la semaine dernière ou j’ai failli être carbonisé par un regard de braise …

 

* La faible disponibilité du charbon limitera le réchauffement climatique    (Philippe Gauthier – Energie et environnement)

** Ecolo, nucléaire et diesel

La croissance pour nous rendre plus malheureux ?

La croissance pour nous rendre plus malheureux ?

Si le PNB représente bien la richesse nationale, donc celle de la population, je comprends que :

  • la population en France croissant de 0,4% par an*, une croissance du PNB de 0,4% nous permettra de conserver notre richesse par habitant. Jusque là, OK.
  • au delà de 0,4%, la croissance permettrait à chacun de faire croître son pouvoir d’achat. Mais pourquoi ?

Mon livre de chevet favori (bon, c’est vrai il n’est pas seul, la pile à mon chevet menace parfois sérieusement mon sommeil) , j’ai nommé “le prix du bonheur”** , m’indique bien que depuis quarante ans le pouvoir d’achat a eu beau doubler, le bonheur des riches comme celui des pauvres n’a pas augmenté d’un poil ( voir fig et son commentaire ci dessous).

Alors vu qu’on ne sait pas croître sans détériorer notre environnement (voir le bouquin de Janco*** qui lie de manière imparable PNB et émission de CO²), vu que sans aucun doute détériorer notre environnement ne va pas nous rendre plus heureux, du moins à long terme (un feu d’artifice nous rendrait moins heureux si nous savions vraiment la quantité de métaux lourds qu’il volatilise à portée de nos narines****), arrêtons cette course à la croissance, qui ne peut que nous rendre plus malheureux, nous sommes de plus en plus nombreux à en être convaincus.

Pour régler le problème de la dette il faudra trouver un autre moyen que bousiller l’environnement et nous rendre malheureux.

 

* voir les stats de la worldbank  qui en prime permettent de pousser mon raisonnement a l’échelle planétaire.

** Ah, le prix du bonheur  !!

*** Janco what ? Il pourrait bien ressortir dans d’autres posts, celui là ..

**** Pour sentir les feux d’artifice à leur juste odeur ..

L’écologie du colibri

Qui ne connaît pas cette histoire du colibri qui s’attaque au feu de forêt en jouant au Canadair, sans illusion sur l’efficacité de son action, mais en étant juste en paix avec lui même :”j’ai fait ma part”.

Face au défi environnemental, ne pourrions nous pas être a notre tour chacun un colibri :

  • Le petit mot “stop pub” , au rendement fantastique : 25 cm² de papier, soit 0,2 grammes qui repoussent une bonne centaine de grammes de prospectus chaque jour.  40 kg par an. Un rendement de 20 millions de pourcent. A faire rêver la Société Générale et ses traders..
  • L’étui de ma baguette, que la boulangère me donne soigneusement chaque matin. Un beau papier. Avec un peu de plastique transparent. Courage pour recycler cela. Et si je revenais au bon vieux sac à pain de mon enfance ? 4 kg de papier en jeu..

Au fait, quelle consommation de ressource dans un kg de papier ?

Mes sites favoris me donnent, à la grosse, 1 kg de CO² par kg de papier et 500 litres d’eau.

Soit chaque année 800 km en voiture et trois rotations de Canadair. Gros colibri, non ?

 

* http://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?papier__carton_et_articles_en_.htm

** http://www.eaufrance.fr/ressources/groupes-de-chiffres-cles/volume-d-eau-necessaire-pour-1261

Paul P, dirigeant et actionnaire familial

Employés, clients, actionnaires . Dans le discours classique des priorités de l’entreprise, on met l’actionnaire en dernier pour la forme. En réalité, avec la mécanique des stock-options et autres actions gratuites, il se retrouve en premier.

Chez Paul P, ce triptyque se concentre en un seul objectif : pérennité de l’entreprise. Eh oui, l’actionnaire, qui n’a pas forcément besoin de ce revenu pour vivre, a hérité de l’entreprise. L’a empruntée à ses enfants. Donc un de ses objectifs principaux sur terre est de la transmettre à ses enfants.

Et, dans l’ADN de l’entreprise (eh oui, on n’est pas que chez les bisounours, on sait employer les termes à la mode, ..) , il y a deux mots : confiance et respect.

Des employés . Des clients.

Confiance. Quand on fabrique du matériel auquel des millions de gens confient leur vie, la confiance est maître mot. On n’ira pas mégoter quelques euros sur une dégaine ou un gri gri dont notre vie dépendra.

Respect . Des employés, qui le sentent et le rendent bien (hopefully). Chose qui se perd dans les multinationales qui traitent trop souvent leurs employés comme du consommable. Et qui vont chercher à l’autre bout du monde les clients perdus dans leur pays d’origine. Des employés non respectés peuvent ils respecter les clients ?

Paul P dirige une multinationale familiale. Son objectif vis à vis de l’actionnaire est de maintenir la cohésion familiale. Et sa promesse de maintenir le patrimoine. A long terme. Pas le quarterly profit.

Jusqu’où pourra t il aller en échappant ainsi au système ? Certains Allemands ont su construire des empires familiaux. Plus robustes que celui de Johnny. Alors …

 

Et moi, que puis je faire pour favoriser ce modèle d’entreprise ?

En tant qu’ épargnant, qui se pose des questions*, investir dans des fonds d’entreprise familiaux ou la famille garde la majorité** …

Et m’orienter vers des obligations, qui ne me donnent aucun droit d’intervention dans la stratégie de l’entreprise, plutôt que vers les actions qui poussent à la rentabilité chaque année***.

En tant que client, me renseigner sur les politiques RSE de chacune des marques que j’achète. Fatiguant, mais n’est ce pas là le moyen d’infléchir in fine sur la société dans laquelle je veux vivre ?

Bon, une fois cela dit, plus facile à dire qu’à faire …

Allez, hors sujet, mais pas tant que cela . Vous avez l’appli Yuka**** ? Encore un moyen d’infléchir…

 

* actionnaire, des devoirs?

** perso, depuis le post de 2011,  j’ai sélectionné celui là . Pas parfait, mais … cela donne, au bout de qq années, un papier comme celui là  

*** Ben oui. En émettant une obligation, l’entreprise s’engage à payer X% d’intérêts chaque année. Et c’est tout . Elle ne donne aucun droit au souscripteur de participer en bien ou en mal aux décisions de l’entreprise.

**** Mangez mieux, faites les bons choix 

Les 4000 parapluies de Fatima

Éparpillés sur le parvis, nuée de papillons colorés, chacun abrite un couple. Pourtant le ciel est clément.

Cela fait bientôt une semaine que cette foule bigarrée et polyglotte hante les lieux. Se recueille dans la basilique toute neuve. Se retrouve bruyamment, de drapeau en maillot. S’abreuve de méditations , s’émeut de témoignages. Forts.

80 pays. 9000 personnes. Quel brouhaha puissant quand tous récitent le « notre père », chacun dans sa langue.La langue qui force chacun a aller vite a l’essentiel. Quelle profondeur dans ces réflexions en petits groupes, ou d’aucuns traduisent le brésilien, d’autres le polonais, l’espagnol et le français dans un anglais devenu lingua franca.

Admiration de cette équipe Syrienne, éparpillée suite a la guerre de par le monde, qui se retrouve derrière ce drapeau qu’ils chérissent.

Sous chaque parapluie, donc, un couple de chercheurs de Dieu. Qui se disent merci, pardon, s’il te plait. Ces fondamentaux du management dont j’avais dit à certains qu’ils étaient valables pour le couple*. Ils renforcent leur couple, leur famille, leur projet. Plus tard ils se rediront leur promesse de mariage.

Qu’il fait du bien ce ressourcement.

Qu’elles sont fortes les amitiés créées. Qu’elle était belle, cette fête ou les prêtres Portoricain et Polonais dansent sur la clarinette Brésilienne . Tous repartent avec la certitude que cette séparation n’est qu’un au revoir. Sur cette terre, peut être. Dans l’éternité, certainement.

Difficile de résumer en quelques mots les apports de cette semaine. Au delà de la relation humaine, qui vaut plus que tout, quelques fioretti:

  • « Nous n’avons pas dans nos mains la solution aux problèmes du monde. Face aux problèmes du monde, nous avons nos mains, et Dieu regardera nos mains.« 
  • « Le plus grand danger de notre humanité est aujourd’hui l’absence de cœur.« 
  • « La joie n’est pas une émotion mais un devoir du quotidien. Quand une famille, un couple, une société oublient la fête, ils tombent malade.« 
  • Pour terminer sur ce mot du cardinal de Mossoul, qui pardonne a Daech : « parce que nous sommes disciples du Christ, que ne pas pardonner ne résout rien. Et je ne pourrais pas vivre le reste de ma vie avec cette souffrance de ne pas avoir pardonné.« 

 

* fondamentaux du management ?
** L ‘ensemble des interventions de la semaine, avec une reco spéciale pour la conférence de l’archevêque de Mossoul (jeudi 19) , le témoignage de cette famille argentine, et le mot du cardinal Tuckson sur l’écologie humaine (mercredi 18).
*** Et si ce mouvement de spiritualité conjugale vous interpelle, le site Francais des Équipes Notre Dame