Toi, soi disant écolo, tu remplis les mers de plastique avec ton imprimante 3D !

Toi, soi disant écolo, tu remplis les mers de plastique avec ton imprimante 3D !

J’ai trop entendu cette petite remarque narquoise. Mais ça n’est pas grave. Le plus ennuyeux serait de laisser penser cela sans me laisser le plaisir de contre argumenter.

Du coup je ne résiste pas à un petit cours sur le PLA, matière première préférée des makers* qui en mangent des bobines entières..

Car c’est un plastique alimentaire !  Je reprends first pack :

Matériau transparent, résistant et insipide, résultant de la fermentation de l’amidon. Alternative naturelle au polyéthylène, le PLA est 100% biodégradable, compostable et il est conforme à la norme européenne EN 13432 et labellisé OK Compost. Les produits en PLA ont des propriétés étonnantes : hyper transparence, brillance, résistance, rigidité, barrière contre les odeurs, résistance aux matières grasses, résistance au froid… ils sont parfaitement adaptés aux boissons et aux préparations froides. Ils nécessitent juste un stockage sans humidité et à une température inférieure à 40°C (sinon ils se dégradent !)

Ah, un plastique biodégradable ! Alors tes abeilles vont déposer plainte sous peu quand elles recevront les bandes d’apivar sur les pieds**.. Et tu ne peux pas faire d’objets un tant soit peu durables !!

Que nenni ! Voilà la durée de vie de la chose…degradation PLA

Et la ruche, avec son atmosphère contrôlée soigneusement en température et hygrométrie, est encore mieux qu’un bureau (bien qu’on y bosse plus  😉 ).

Mouais, alimentaire ? Moi, j’hésiterai à en mettre dans ma cuisine quand même . NFPA704 du PLAAlors là, j’appelle oncle SAM à la rescousse. Lui qui refuse même le fromage au lait cru..

Pas familiers avec le diamant NFPA 704 ?

Ça alors !! Pour les rares non initiés, le 1 concerne l’inflammabilité, qui nécessite un chauffage préalable, et les deux 0 la stabilité et la toxicité : produit inerte et non toxique. Bref, vu qu’il est fait à base d’amidon de maïs, on pourrait même aller jusqu’à imprimer les grains de maïs de la salade composée.

J’exagère peut être un peu, mais l’industrie alimentaire ne se prive pas de l’utiliser, les produits « plastique » de cette photo sont tous en PLA.

produits en PLA

Sans parler de la cantine qui imprime carrément les repas des élèves .. Mais si, mais si … avec autre chose que du PLA, bien sûr.***

Donc, outre le fait qu’être maker et écolo ne soit pas du tout incompatible (ouf !), le message de ce post est que vous pouvez ne pas vous priver d’assiettes, verres et couverts en plastique, pour autant qu’ils aient un de ces logos …

Logo-OK-compost

pla7

 

Elle n’est pas belle, la vie ?

 

* Plus sur l’impression 3D et la génération de makers qui vient.

** Apivar ? PLA ? Abeilles ? La cohérence du tout sur cette vidéo...

*** La cantine qui imprime les repas en 3D

 

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Le colibri mue-t-il autant ?

Le colibri mue-t-il autant ?

10 chacun. Chaque année.

Vu qu’il se produit plus de 90 milliards d’habits par an*, cela en fait 10 par humain. Et je soupçonne  le paysan indien ou malgache de faire baisser la moyenne..

11 kg par Français**. C’est le poids de textile acheté chaque année.

Soit une trentaine de fringues, vu le tableau ci contre.

Alors, chiche ? On dort à poil fait une pause dans cette folie, on fait durer jean et chemises et en un an on réinjecte chacun 50 mètres cubes*** dans la mer d’Aral**** ? Think about it …

 

* a défaut de tout regarder, allez voir a 1 min 50 de cette émision d’arte qui interpelle ..

**ventes-de-vetements-et-textiles-d-habillement-en-france

***  Sur une base de 5000 litres d’eau pour 1 kg de coton, bas de la fourchette 

**** et si vous avez l’impression de louper une marche, je ne peux que recommander la lecture de ce livre qui vous expliquera le lien

Management HR par le régicide

Pas le choix.

Depuis mai, cette essaimeuse n’a pas réussi à entraîner ses fidèles vers une quelconque prospérité.

Malgré mes injections de fonds sirop, jamais la population n’a pu croître suffisamment pour avoir assez de butineuses.

Alors quand cette visite pré-hivernale me montre une population faible, une trésorerie des greniers vides de toute réserve, la conclusion s’impose : cette colonie ne passera pas l’hiver . Dès octobre elle aura faim et en décembre elle mourra de froid . Pas assez de population pour faire la grappe et se tenir chaud comme les pingouins de l’antarctique.

Et il est trop tard en saison pour lui faire produire une nouvelle reine toute neuve.

Alors..

Je déplace la ruche à une dizaine de mètres.

J’isole la reine, l’euthanasie avec un petit sanglot.

J’enfume fortement la colonie, que chacune, au son de l’alarme incendie, se gave de provisions.

Un à un, je sors les dix cadres et les secoue violemment. Les paquets d’abeilles jonchent le sol. A vous, mes petites, de trouver refuge ailleurs, dans une autre de mes ruches. Votre paquetage de provisions vous servira de sésame dans une colonie plus vigoureuse qui vous aidera à passer l’hiver.

Arrêter l’injection de fonds, sacrifier les mauvais dirigeants afin de sauver le précieux personnel … Saurions nous le décider dans nos sociétés ? Arrêter l’injection de fonds, oui . En ce qui concerne les hommes, la question est posée.

A défaut de crever de chaud, va t-on mourir de froid ?

Les calculs de nombreux climatologues nous prédisent un réchauffement climatique. Ce n’est pas un scoop.

D’autres s’évertuent à calculer le « peak oil », qui préfigure le son du glas de nos véhicules motorisés au pétrole.

Je tombe sur un point de vue un peu décalé*, qui, basé sur des études apparemment sérieuses, nous annonce la limitation du réchauffement climatique par manque de combattants source de CO², pétrole, c’est sous entendu, mais aussi gaz et charbon. Des données intéressantes.

Si je pousse au bout, on ne va donc plus avoir de quoi se chauffer avant que le réchauffement climatique ne nous en ôte le besoin ?

Il y a là de quoi perdre son latin… Une seule chose est sûre, c’est qu’en isolant nos logements on agit sur les deux tableaux : le « peak carbone » , et le réchauffement climatique . In medio stat virtus.

Dans la série, le nucléaire n’est pas mal non plus , je l’ai déjà dit**, mais cela attire les foudres des « vrais » écolos, comme encore la semaine dernière ou j’ai failli être carbonisé par un regard de braise …

 

* La faible disponibilité du charbon limitera le réchauffement climatique    (Philippe Gauthier – Energie et environnement)

** Ecolo, nucléaire et diesel

La croissance pour nous rendre plus malheureux ?

La croissance pour nous rendre plus malheureux ?

Si le PNB représente bien la richesse nationale, donc celle de la population, je comprends que :

  • la population en France croissant de 0,4% par an*, une croissance du PNB de 0,4% nous permettra de conserver notre richesse par habitant. Jusque là, OK.
  • au delà de 0,4%, la croissance permettrait à chacun de faire croître son pouvoir d’achat. Mais pourquoi ?

Mon livre de chevet favori (bon, c’est vrai il n’est pas seul, la pile à mon chevet menace parfois sérieusement mon sommeil) , j’ai nommé “le prix du bonheur”** , m’indique bien que depuis quarante ans le pouvoir d’achat a eu beau doubler, le bonheur des riches comme celui des pauvres n’a pas augmenté d’un poil ( voir fig et son commentaire ci dessous).

Alors vu qu’on ne sait pas croître sans détériorer notre environnement (voir le bouquin de Janco*** qui lie de manière imparable PNB et émission de CO²), vu que sans aucun doute détériorer notre environnement ne va pas nous rendre plus heureux, du moins à long terme (un feu d’artifice nous rendrait moins heureux si nous savions vraiment la quantité de métaux lourds qu’il volatilise à portée de nos narines****), arrêtons cette course à la croissance, qui ne peut que nous rendre plus malheureux, nous sommes de plus en plus nombreux à en être convaincus.

Pour régler le problème de la dette il faudra trouver un autre moyen que bousiller l’environnement et nous rendre malheureux.

 

* voir les stats de la worldbank  qui en prime permettent de pousser mon raisonnement a l’échelle planétaire.

** Ah, le prix du bonheur  !!

*** Janco what ? Il pourrait bien ressortir dans d’autres posts, celui là ..

**** Pour sentir les feux d’artifice à leur juste odeur ..

L’écologie du colibri

Qui ne connaît pas cette histoire du colibri qui s’attaque au feu de forêt en jouant au Canadair, sans illusion sur l’efficacité de son action, mais en étant juste en paix avec lui même :”j’ai fait ma part”.

Face au défi environnemental, ne pourrions nous pas être a notre tour chacun un colibri :

  • Le petit mot “stop pub” , au rendement fantastique : 25 cm² de papier, soit 0,2 grammes qui repoussent une bonne centaine de grammes de prospectus chaque jour.  40 kg par an. Un rendement de 20 millions de pourcent. A faire rêver la Société Générale et ses traders..
  • L’étui de ma baguette, que la boulangère me donne soigneusement chaque matin. Un beau papier. Avec un peu de plastique transparent. Courage pour recycler cela. Et si je revenais au bon vieux sac à pain de mon enfance ? 4 kg de papier en jeu..

Au fait, quelle consommation de ressource dans un kg de papier ?

Mes sites favoris me donnent, à la grosse, 1 kg de CO² par kg de papier et 500 litres d’eau.

Soit chaque année 800 km en voiture et trois rotations de Canadair. Gros colibri, non ?

 

* http://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?papier__carton_et_articles_en_.htm

** http://www.eaufrance.fr/ressources/groupes-de-chiffres-cles/volume-d-eau-necessaire-pour-1261

Paul P, dirigeant et actionnaire familial

Employés, clients, actionnaires . Dans le discours classique des priorités de l’entreprise, on met l’actionnaire en dernier pour la forme. En réalité, avec la mécanique des stock-options et autres actions gratuites, il se retrouve en premier.

Chez Paul P, ce triptyque se concentre en un seul objectif : pérennité de l’entreprise. Eh oui, l’actionnaire, qui n’a pas forcément besoin de ce revenu pour vivre, a hérité de l’entreprise. L’a empruntée à ses enfants. Donc un de ses objectifs principaux sur terre est de la transmettre à ses enfants.

Et, dans l’ADN de l’entreprise (eh oui, on n’est pas que chez les bisounours, on sait employer les termes à la mode, ..) , il y a deux mots : confiance et respect.

Des employés . Des clients.

Confiance. Quand on fabrique du matériel auquel des millions de gens confient leur vie, la confiance est maître mot. On n’ira pas mégoter quelques euros sur une dégaine ou un gri gri dont notre vie dépendra.

Respect . Des employés, qui le sentent et le rendent bien (hopefully). Chose qui se perd dans les multinationales qui traitent trop souvent leurs employés comme du consommable. Et qui vont chercher à l’autre bout du monde les clients perdus dans leur pays d’origine. Des employés non respectés peuvent ils respecter les clients ?

Paul P dirige une multinationale familiale. Son objectif vis à vis de l’actionnaire est de maintenir la cohésion familiale. Et sa promesse de maintenir le patrimoine. A long terme. Pas le quarterly profit.

Jusqu’où pourra t il aller en échappant ainsi au système ? Certains Allemands ont su construire des empires familiaux. Plus robustes que celui de Johnny. Alors …

 

Et moi, que puis je faire pour favoriser ce modèle d’entreprise ?

En tant qu’ épargnant, qui se pose des questions*, investir dans des fonds d’entreprise familiaux ou la famille garde la majorité** …

Et m’orienter vers des obligations, qui ne me donnent aucun droit d’intervention dans la stratégie de l’entreprise, plutôt que vers les actions qui poussent à la rentabilité chaque année***.

En tant que client, me renseigner sur les politiques RSE de chacune des marques que j’achète. Fatiguant, mais n’est ce pas là le moyen d’infléchir in fine sur la société dans laquelle je veux vivre ?

Bon, une fois cela dit, plus facile à dire qu’à faire …

Allez, hors sujet, mais pas tant que cela . Vous avez l’appli Yuka**** ? Encore un moyen d’infléchir…

 

* actionnaire, des devoirs?

** perso, depuis le post de 2011,  j’ai sélectionné celui là . Pas parfait, mais … cela donne, au bout de qq années, un papier comme celui là  

*** Ben oui. En émettant une obligation, l’entreprise s’engage à payer X% d’intérêts chaque année. Et c’est tout . Elle ne donne aucun droit au souscripteur de participer en bien ou en mal aux décisions de l’entreprise.

**** Mangez mieux, faites les bons choix