Sortir du rond-point

238440898-desmond-tutu-nelson-mandela-soweto-signpost« Souvenir de classe de philo, sujet du bac : « Être libre, est-ce faire ce que je veux ? » Réponse : thèse, antithèse, « foutaise ». Dommage de ne pas y avoir réfléchi sérieusement, car ce sujet est essentiel. Ici, en effet, s’opposent radicalement l’esprit du monde et la foi chrétienne.

Notre monde ne parle que de liberté de choix : plus j’ai le choix, plus je suis libre. C’est la liberté de l’homme dans un rond-point qui voit défiler de nombreuses sorties devant ses yeux. Certes, j’ai le choix, et même beaucoup de choix aujourd’hui, mais si je ne choisis jamais, alors ma liberté reste une illusion. Je tourne en rond dans mon rond-point. Mais Dieu ne nous a pas créés pour être des poissons rouges dans des bocaux.

Dieu nous a créés libres de choisir. Libres de dire oui et de nous engager. Libres de donner notre parole et de ne pas la reprendre. Oui : être libre, c’est faire ce que je veux ! Mais ce que je veux vraiment ! Au lieu d’essayer toutes les sorties du rond-point, me suis-je demandé ce qui serait bon pour moi, ce qui me ferait vraiment grandir ? À quelle étoile ai-je envie d’accrocher ma vie ?

Nelson Mandela, dans son livre “un long chemin vers la liberté”, raconte comment il a choisi de vivre libre alors qu’il était en prison pour le reste de sa vie. Il pouvait choisir* de vivre dans la haine ou dans l’amour. Il a alors été providentiellement préparé à gouverner un jour son peuple sur le chemin de la réconciliation et du refus de la haine. Nous avons toujours le choix. Nous avons toujours le choix d’être fidèles à notre choix. Parce que notre liberté n’a de sens que dans la fidélité. Que Dieu nous aide à être des fidèles vraiment chrétiens et des chrétiens vraiment fidèles. »

 

Merci , Nicolas Burle, de cette méditation qui tombe a pic pour moi ce matin.

 

*Le choix de Mandela, si bien décrit par Christophe

Et aussi, en antithèse, mon petit coup de gueule contre la sacralisation de Madiba.

 

50 pesos mexicains

Or de maximilienJ’ai reçu un peso d’or…

Quelle a été son histoire ? On peut l’imaginer rocambolesque, en provenance du Mexique, bien sûr, cousu dans le manteau d’un immigrant, qui le revendit au mont de piété …

Quels dangers a t il traversé ? Quels passages a t il payés ?

Ou, plus prosaïquement, cette pièce ferait elle partie des 4 millions de pièces, datées de 1947, frappées depuis pour fournir directement la demande en or refuge , passant alors directement de l’émetteur au coffre de la banque dans lequel elle a dormi ?  Beaucoup moins romantique ..

Qu’en faire ?  La coudre dans la poche de ma polaire en prévision d’un exil qui menace ?

Nous avons depuis 1944 vécu près de 70 ans de paix ininterrompue, durée jamais atteinte précédemment sous nos latitudes . Pourtant, l’orage menace selon certains.

Voir le message alarmant de l’ AFD : “les 50 pays d’intervention de l’AFD ont un PIB qui se contracte de 20% en 2016…. ce n’est que les prémices …”*   

Alors, valeur refuge ? A conserver avec nostalgie** en mémoire des donateurs ?

Ou valeur reçue à laquelle il faut faire perdre le statut de thésaurisation stérile, et qu’il faut mettre à profit pour agir sur l’instabilité qui menace ?  Par exemple en lui faisant subir le même sort qu’à mon livret A***.

Entre les 2 mon coeur balance …

 

*  Témoignage impressionnant ..  https://www.youtube.com/watch?v=49BMrVaV-oI

** « Les pièces de 50 pesos or du Mexique doivent leur succès, qui ne se dément pas encore aujourd’hui, à leur beauté. »

*** Mais qu’a donc subi mon livret A ?

A Dios – Une page de 40 ans se tourne…

C’était hier ….

je me souviens encore du lever à 3 h du mat pour partir sur mon vélo … eh oui déjà… prendre mon poste de l’équipe du matin à l’usine , dans l’atelier de perçage. Huit jours …. a percer des trous , a conduire des presses à découper …. suffisamment pour comprendre qu’on ne conçoit pas une pièce n’importe comment, que derrière il y a des gens qui mettent de la vraie sueur a produire, que ça vaut le coup de se creuser un peu les méninges pour leur rendre le travail plus facile… c’est mieux pour eux et c’est mieux pour l’entreprise. Ça m’a suivi toute ma carrière…

Depuis, j’ai cheminé dans a peu près toutes les disciplines de l’entreprise, et en ai gardé des bribes. :

Conception mécanique …. si tu mets une goupille, t’as perdu m’a appris mon maître.

Coupure Moyenne Tension … et le plaisir de faire partie de ces minuscules communautés mondiales d’experts .. Eh oui, la normalisation, déjà …

Commerce, à Saumur… a une époque ou le TC , comme on l’appelait, se sentait responsable de ramener de la charge à l’usine. Ça m’a permis de développer et vendre des systèmes de supervision a mes clients . Déjà du digital , il y a plus de 30 ans, Je leur vendais aussi le container en béton développé par mon copain  pour abriter le tout . Et j’ai découvert les freins internes de l’organisation , prix de transfert, rémunération de l’effort commercial…

Maintenant, c’est complètement différent . Ça a changé . Ça s’appelle cross selling, cross costing, et c’est un problème tout neuf  …;-)

Afrique du Sud . A cette époque des sanctions, j’ai tout fait : de la conception, industrialisation, vente, après vente, tôlerie, soudure, peinture, moulage, usinage, gestion de production, assemblage, bobinage de transfos, achats. J’ai tout fait.

Mal.

Ça m’a appris le respect pour la compétence . Il y avait, et il y a encore , un énorme réservoir de compétences en France, et il faut s’être cogné les problèmes en vrai pour mesurer cela. C’est peut être une expérience qui manque aux high pots qui montent trop vite ou aux big guns qui sont parachutés tout en haut.

Ça m’a appris a gérer la diversité, par exemple qu’on ne met pas un chef d’équipe Xosa là ou il y a des Zoulous. C’est littéralement mortel.

Ça m’a aussi appris à négocier avec la CGT locale a coup de citations bibliques… je n’ai pas vraiment retrouvé cela en France.

De retour en France, j’ai découvert la joie de la création des organisations matricielles. Coopté par mes copains au poste de patron d’activité … et chargé d’aller expliquer a mes amis anglais, suédois, allemands, espagnols, américains… qu’ils n’étaient plus seuls maîtres à bord mais qu’il y avait un corporate qui manageait les plans produits globalement… et qu’il fallait tous suivre les mêmes process de développement…  qu’on mettait une logistique globale qui couvrait le monde. On est en 1994….et les forces centrifuges dautonomie des entités, la puissance du not invented here, my country is different, my customer is different, n’étaient pas plus faibles que maintenant. Ça a commencé à me convaincre que cette attitude futile était une des sources majeures de complexification artificielle et inutile. 

Un jour, un grand RH a décidé qu’il fallait maintenant que je fasse une expérience de management industriel lourd.

Alors, va pour du lourd . Vous mettez dans un panier en vrac et dans le désordre l’usine L, Y et Z, T à Rennes, S et R pour alléger le pack, sans oublier les ateliers régionaux  et la tôlerie . Bien des sites aujourd’hui disparus…

Ça a du faire un peu trop . Car au bout de quatre ans, on a fini par me demander de trouver autre chose, parce que..  sic : « J’avais la chance d’avoir d’excellents résultats grâce à une équipe de collaborateurs  très motivés malgré mon mauvais management ».  Dont acte . Je ne pense pas être un manager normal. Et je n’en ai jamais eu envie. C’est à cette occasion que j’ai découvert que dans ce groupe, on recherche a tout prix la diversité, mais à condition que les comportements ne soient pas trop divers quand même… Vous savez, le coup des bananes en Chine et des pommes aux US : jaunes de peau, blanc dedans . Rouge de peau, blanc dedans.

Donc sans transition aucune je me suis retrouvé à faire la stratégie résidentielle et le marketing  du pays France. Ça m’a appris à savoir écouter les petits. Je me souviendrai toujours d’un focus group d’installateurs ou un artisan, tenant dans les mains un superbe interrupteur, le retourne et dit d’un seul coup:  » Ben avec ces sorties là on n’a pas fini de s’emmerder avec deux sucres au fond de la boite de 38« .  La messe était dite . Il était le seul dans le groupe a être tout petit, on avait par ailleurs des patrons ,des bureaux d’étude, des décideurs quoi…

Ça m’a valu le tir croisé des deux patrons de la France et de l’Espagne, et j’ai fait dépenser 10M€ pour redévelopper une offre. Mais, comme des experts l’ont dit plus tard : ça a évité de faire une connerie…  Ecouter les petits , les faiseux, … ça a été une belle leçon.

Et je suis retombé dans le corporate : à l’époque ou on a eu l’intelligence de mettre des offres diverses dans la même orga, parce que ça se vendait souvent aux mêmes clients avec le même business model…   Avec Alain B, mon modèle de patron . C’est bizarre, de lui aussi j’ai entendu dire qu’il était un patron “old style”, dépassé . Pourtant, je crois qu’on aimerait que tous les patrons obtiennent les résultats qu’il a obtenus… et je vous souhaite à tous d’un jour croiser un patron comme lui.

Et quand Eric R m’a appelé pour être à la tour de contrôle des projets de sa division, j’ai découvert que sans m’en être rendu compte j’étais devenu un marketeur.

Depuis maintenant 7 ans, j’essaie de faire tourner cette machine marketing … et je découvre en écrivant ce topo que je ne fais qu’appliquer tout ce que j’ai appris :

  • s’organiser et segmenter par les clients et le business model, pas par la techno.
  • respecter la compétence, écouter les petits,
  • se creuser un peu les méninges pour rendre le travail plus facile
  • avoir des collaborateurs compétents et motivés, différents de moi et tant pis s’ils n’obéissent pas trop.

J’en viens au texte de mon invitation, qui a fait rigoler Elizabeth … et peut être d’autres.  Pour moi, un bon manager est quelqu’un qui doit savoir dire les 3 mots magiques du pape François , dans l’ordre :

Merci, Pardon, S’il te plait.   Après avoir dit merci et pardon, il peut obtenir tout ce qu’il veut, juste en le demandant gentiment .

Pour info, c’est aussi valable dans votre couple …..

Dernière question : Mais que vais je faire après ???

D’abord, c’est vrai, j’ai peur de l’arrêt brutal . Alors j’ai créé ma petite entreprise de consulting pour m’occuper a mi temps , pas plus, pour aider. Surtout pas pour prendre la place d’un jeune…

Ensuite, ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai déjà un certain nombre d’activités, au service des amoureux, des couples, des parents, au sein du diocèse… Au service de l’amour.  Ça va être difficile de ne pas me faire manger tout cru par ce monde là.

J’ai aussi depuis très longtemps un peu d’activité sur les réseaux sociaux , pas assez à mon goût .. Au passage, si ma page facebook est totalement visible de tous, ce n’est pas une fausse manip de « geek des sixties » , comme me surnomment gentiment certains jeunes, c’est parfaitement volontaire … J’ai un petit côté évangélisateur, pour ceux qui ne l’ont pas remarqué.  D’ailleurs, la politique que j’avais taquinée un temps est en train de revenir me chercher elle aussi.

Enfin, j’ai déjà 3 petits enfants, du potentiel pour plus … et je compte bien ne plus laisser les cerises pourrir sur l’arbre sans avoir eu le temps de les cueillir…

Encore merci de votre présence, Merci à Elizabeth pour l’organisation de ce pot, à O et à ceux qui ont eu la gentillesse de préparer et d’animer la surprise que nous venons de voir .. merci à tous pour toutes ces années….. et que Dieu vous bénisse.

40-happy-face

 

 

Les habitués du blog auront compris que je retranscris là un topo de départ dans lequel ils reconnaîtront des thèmes déjà abordés au fil des mois d’existence de ce blog.. le nuage de thèmes en haut à droite pourra aider à les retrouver…

 

Coexistence routière. Une spéciale pour ceux qu’insupporte l’insubordination des cyclistes au « code de la voiture ».

Coexistence routière. Une spéciale pour ceux qu’insupporte l’insubordination des cyclistes au « code de la voiture ».

Chaque matin, j’évalue du coin de l’oeil le nombre de cyclistes en mouvement dans mon champ de vision. Car j’ai promis un jour de respecter le code dit de la route s’il dépassait la barre des 10% de déplacements en ville*.

L’autre jour, j’évaluais tellement bien que j’ai failli percuter un autre cycliste…  Clairement, sur ce trajet là les stats ont remonté. 

Sommes nous aux 10% ? L’ EPOMM** a des données pas trop à jour, mais qui confirment que Grenoble évolue .De 2002 à 2010, la part du vélo, comme d’ailleurs celle des transports en commun, aurait quasi doublé. Evolution impressionnante en huit années seulement. une belle preuve de la capacité d’adaptation de l’homme.

EPOMM Grenoble

Et si on considère qu’en 2016 la tendance s’est accélérée , il me va falloir désormais considérer  presque respecter les feux.

Enfin un  propos qui va satisfaire les automobilistes qui trouvent les vélos très dangereux .. quoique on n’ai jamais vu un cycliste tuer un automobiliste… Est ce bien sûr ?

Cherchons un peu.

Et bien si !

En 2014, un cycliste a tué un automobiliste***. 

Diapositive1

Intéressant, quoique morbide, ce tableau du bilan de la coexistence routière. On y voit que les automobilistes ( comme les cyclistes) sont plus tués qu’ils ne tuent, sur la route du moins (cercles verts). Qu’il y a en France dix fois plus**** plus d’ours sauvages que de vélos tueurs de grand mères.

Et que le bus est de loin le moyen de transport le plus sûr (bleu). A condition d’être dedans, bien sûr. L’expression « passer sous un bus » n’est pas que littéraire pour quand même 399 personnes…

Alors va pour le bus à pédales, on pourra même emmener ceux qui ragent de ne plus pouvoir pédaler …

velobus

En tous cas, une chose est certaine . Post macabre pour post macabre, pour le dernier voyage, c’est ça que je veux ….

Corbillard-danemark

 

PS : je ne rouvre pas le dossier sulfureux du casque en vélo, malgré les nombreux écrits passionnés.

C’est une autre histoire, si vous voulez aller voir ce qu’en dit l’ADAV…

 

* Ledit code devra bien entendu évoluer pour ne plus être le seul bras armé du lobby automobiliste, mais c’est un autre débat (qui a démarré, d’ailleurs)

** EPOMM : pour tout savoir sur les transports dans les villes Européennes , par exemple la championne du transport en commun

*** Et c’est un de trop, bien sûr.

**** Pour ceux qui préfèrent les ours sauvages aux cyclistes.

Matin optimiste

Matin optimiste

Ce matin, sur mon vélo, je suis optimiste.

Non pas à cause du Brexit, dont je ne suis pas encore informé vu le manque d’autoradio sur mon véhicule, mais parce qu’il fait beau, que je suis forcé de m’arrêter dans ce qui ressemble à un embouteillage de vélos, et parce que (du coup?) la rocade que je surplombe est étonnamment fluide.

Non pas à cause des tarifs Easyjet, bas à en pleurer du CO² liquide, d’un aller retour Barcelone à 22 euros, Easyjet lyon barcelona 1mais parce qu’il y a quand même une justice avec un billet qui triple avec les taxes et autres frais.Easyjet lyon barcelona 2

Parce que mon cher Lilo m’apprend que Ocean cleanup est passé au next level.

Parce que Le Parisien m’apprend que le photovoltaïque peut désormais alimenter toutes les clims de France . C’est quand même un heureux hasard qu’il fasse chaud quand il y a du soleil  que le photovoltaïque produise le plus au moment des pointes de climatisation. Elle n’est pas bien faite, la vie ?

L’oreillette bannie me dispense ma chanson fétiche, et je tends la main à mes congénères, qui me répondent fraternellement, une fois de plus, avec un grand sourire.

velo-embouteillage1

La soirée de hier a été joviale, quoique triste. Mais ce matin, cela redémarre à nouveau . Optimiste impénitent . Ah, espérance

 

Lilo ?

Ocean Cleanup ?

Photovoltaïque cet été ?

Chanson fétiche ?

Fraternité ?

Espérance ?

 

#JeSuis #JeSuis … tout seul

Si bien dit ….

Le blog de Phylloscopus inornatus

Deux attaques en deux jours ; qu’importe qu’elles aient touché deux pays distincts, qu’importe qu’il y ait derrière une initiative solitaire vite récupérée ou la force d’un réseau ; les réponses sont les mêmes : gesticulations, peur et recherche de coupable idéal. D’autres que les auteurs, s’entend.
Il n’y a rien à attendre des premières, nous avons l’habitude. De la troisième, il y a surtout à redouter d’opportunistes lynchages de l’adversaire politique ou du croquemitaine du moment.
Reste la seconde. La seule qui ait au moins le mérite d’une sincérité garantie.
A force d’en produire, nous n’avons plus assez de badges noirs « Je suis ».
Nous avons même un peu oublié l’origine. Charlie bien sûr, mais surtout une réaction immédiate, moins de solidarité-avec-les-victimes que de refus de céder à la peur. Des rues entières de « Je suis Charlie », le premier soir, c’était moins « Je compatis »…

View original post 1 197 mots de plus

Plus de bruit que de cerveaux à la CGT

Sortant du déjeuner des pro des JSC*, je suis attiré par un vacarme cacophonique.

Une armée de drapeaux rouges m’informe que la CGT** avait appelé à une manif (maintenant quotidiennes ?) place de la gare.

Mon itinéraire m’y conduit, je suis surpris de pouvoir traverser la manif en plein cœur sans descendre de mon vélo. Combien sont ils ? Une centaine de drapeaux, une dizaine de véhicules braillards …. et à peu près autant d’humains …

Ils m’ont fait penser aux Coréens*** . Au militant qui vient me proposer son tract, je lui demande s’il est conscient du fait que dans leur manif pathétique il y a plus de haut parleurs que d’humains. Il n’était pas content …  

haut parleurs corée

*  Déjeuners entre pro à la basilique du sacré coeur, ce jour là rencontre avec le DG de la fondation des apprentis d’auteuil.

** Qui m’a décidé à ouvrir ce blog, je ne l’oublie pas.

*** Qui font de la propagande à travers la frontière avec leurs batteries de haut parleurs