Justice sociale : libérer les femmes de la charge des vélo cargos dans l’hypercentre.

Ce Gre-mag* me fait bien rire. Mais pourquoi ? A croire que cet article sur la question des femmes dans la ville a voulu se torpiller lui même .

……. ce sont le plus souvent les femmes qui exécutent les tâches domestiques et de transport. Notamment dans les quartiers mal desservis par les transports en commun. Jusque là, je comprends. Dans les hyper centres (ah, bon, les hyper centres sont mal desservis par les transports en commun ?) , la charge des vélos cargos revient à 75% à le femme. C’est vrai, le vélo cargo est l’outil principal de transport des charges lourdes dans Grenoble, c’est connu…

Ce serait drôle si cela ne venait d’un chercheur au sein d’un laboratoire Grenoblois de sciences sociales. Si j’étais financeur ( CNRS, université de Grenoble) , je vérifierais bien qu’il y a au moins quatre vélo cargos dans l’hypercentre, que le chiffre de 75% soit crédible. Et accessoirement je vérifierai que les sujets d’étude soient consistants. Un article comme celui là, ça compte peut être comme publication scientifique ? Quel discrédit !!!

 

* Grenoble Magazine mars/Avril 2018

**labo PACTE ?

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Le stress du moteur

Ce matin je suis pressé. Un document à aller signer à l’autre bout de la ville.  Alors je prends le vélo électrique tout neuf de ma douce.

Découverte de ce mode de transport. Comme un gamin sur sa première mob, je mets plein gaz… et aide de toute la puissance de mes mollets. Très vite, vient la frustration de la coupure de l’assistance à 27 km/h.. qui rappelle brutalement que la célérité acquise doit assez peu à mon anatomie… qui se retrouve bien à la peine quand elle veut dépasser ce seuil fatidique des 27.

Second énervement: l’encombrement des bandes cyclables, par toutes sortes de poubelles, piétons  ou autres véhicules. Qui démontre s’il en était besoin la perte énorme de maniabilité dès que la monture engraisse de dix kilos et double sa vitesse de croisière.

Il faut le vivre pour le croire.

Et c’est au retour que vient le troisième désagrément.  Je ne suis plus pressé,  il fait beau.. et pourtant je me rue d’intersection en intersection, succession d’accélérations et de freinages, dans une gabegie d’énergie qui aurait eu vite fait de mettre mes mollets en grève s’ils avaient été seuls à la manoeuvre..

J’arrive à la maison frais, mais stressé.
Bonne leçon. OK pour l’assistance pour faire de la distance ou monter des côtes, par contre pour la ville plate… rien ne vaut la machine humaine en autonomie.  Calmement. Le moteur, ca ajoute bien du stress.

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Tenue de message

Tenue de message

masqueveloUn peu inquiétante avec son look d’alien, elle avance . Masquée, on ne reconnaît pas ses traits. Pourtant elle ne va pas attaquer de supermarché, elle rentre tranquillement chez elle. Sur son vélo . Et se protège de la pollution ambiante.

Quel message véhicule t-elle vis a vis des automobilistes qui l’entourent ?

Que le vélo est vraiment dangereux pour la santé ?
Ou leur donne t elle mauvaise conscience de polluer autant l’environnement?

J’aimerais que la seconde proposition soit la bonne . J’en doute hélas…

 

canard-publicitaire-natation-jauneCasqué, bien sûr, il entraîne ses petits à le suivre sur la piste cyclable. Leur donne une bonne éducation de futurs cyclistes . Bonne éducation ? Que nenni, rétorquent les ayatollahs du vélo*. Le casque ne protège en rien lors d’une collision frontale à 50kmh , et rassure en vain l’automobiliste qui hésitera moins à frôler un cycliste casqué en le dépassant. Statistiques à l’appui.
Donc, paradoxalement, le port du casque serait plus dangereux en ville que la tête nue.
Déconcertant, non ?
Et,  là encore, le casque donne du cyclisme urbain  l’image d’une pratique dangereuse, donc à éviter.
 

Le fond du sac, dans ces deux cas, est bien l’affrontement entre le militant et l’individualiste.

Entre celui dont l’objectif est de favoriser la pratique collective, de tout faire pour entraîner le public à la conversion à la cause cycliste, d’une part,  et celui qui préfère se protéger, même si c’est illusoire, et quitte à faire du tort à l’image de “la cause”, de l’autre.

Et moi, jusqu’où je m’engage au service de la cause ?
Entre les deux, mon coeur balance.

Jeter mon casque aux orties ? L’envie ne me manque pas, surtout l’été. Bon, tant que d’autres auront besoin de moi, je le garde.
Bouder le masque offert à Noël par un fils soucieux de mes poumons ? Allez, va. Sauf les jours d’alerte pollution, histoire de renforcer le message des autorités**, et de (tenter de) peser sur le comportement des conducteurs.

Amusant de penser que, même pour un choix comme celui là, ma décision influence la société. Je tâcherai de m’en souvenir…

 

* « Le casque vélo est l’exemple typique de la fausse bonne idée particulièrement dangereuse pour les cyclistes. »  http://carfree.fr/index.php/2014/05/08/pour-en-finir-avec-le-casque-velo/

**que de paradoxes dans ce post . Moi, cycliste incendiaire de feux rouges, renforcer le message des autorités ….