Clameur des choses, douceur des êtres.

J’ai toujours mal quand j’entends une chaîne grincer. Un moteur gronder sous la peine. Ou une pédale couiner. Mais enfin, tous, n’entendez vous pas les protestations de la mécanique contre le traitement inhumain que vous lui infligez ?

Venez donc desserrer un peu cet écrou. Ou huiler ce pignon. Ou refaire ce réglage. Et votre mécanique vivra dix fois plus longtemps..

On dit souvent que l’écologie est l’écoute de la clameur de la terre et de la clameur des hommes. Je généralise volontiers à toute clameur ..Car toute clameur signifie une blessure. Une contrainte. Qui empêche de vivre longtemps, paisiblement, heureusement.

Inutile de prôner l’économie circulaire à qui fait hurler un moteur. Cirer un embrayage. Ronfler un pneu de vélo mal gonflé sur l’asphalte, crisser celui qui dérape en une gabegie de particules fines…

Et si l’éducation à l’écologie intégrait l’éducation à l’attention à tout bruit ? A tout grincement? A toute blessure ? L’éducation à la poursuite du silence. 

La santé, c’est la vie dans le silence des organes, dit on . Est elle possible hors d’un certain silence du monde? 

L’essentiel est invisible pour les yeux

Ne trouvant pas de support de douchette de rechange utilisant les mêmes trous de fixation, je l’ai refait. Vive l’imprimante 3D !

Certes, la nouvelle, en blanc, a un aspect plus massif. A n’en pas douter, elle est plus robuste et je parie que sa durée de vie excédera celle de son prédécesseur.

Mais, comme dirait le petit prince, l’essentiel est invisible pour les yeux. La balance lui donne 24 grammes contre exactement le double à l’ancienne.

Deux fois moins de pétrole, deux fois moins de plastique qui finira au fond des océans.

Voilà, au-delà de mon militantisme écolo pour l’impression 3D* (mais pourquoi donc la journaliste de FR3 a-t-elle accueilli l’autre jour ce propos avec un petit  sourire aux lèvres ?) , une piste d’optimisme sur ce que la technologie peut apporter. La techno ne nous sortira pas à elle seule, tant s’en faut, de l’impasse dans laquelle nous sommes empêtrés, mais, comme tout bon colibri, elle fera sa part.

Et au pire du pire, l’option bio sourcée zéro pétrole est possible avec une pièce en PLA** qui résistera à peu près a tout…sauf à la douche brûlante ..

* Pour un exploit encore plus écolo de ma machine, c’est par là..

** et pour le PLA par là.

De la population et du climat.

« Le futur de la planète ne pourra faire l’économie de la limitation des naissances, de la baisse de la population mondiale. » Il le clame haut et fort. D’ailleurs  l’identité de Kaya le démontre.

Fort de n’avoir procréé qu’une seule fois, il estime donc avoir fait sa part et ne se prive d’aucun des plaisirs que sa coquette double retraite de couple lui permet.

« Les notions de finitude des rations, de partage obligatoire, de respect de l’autre, de l’apprentissage du « vivre avec », du recyclage des objets et vêtements, du  fait maison  nous imprègnent tous » rétorque à distance ce jeune couple et ses cinq enfants. Et ce sont ces notions de partage, de soin à l’autre, qui manquent à l’individualisme qui lui-même met à genoux notre vivre ensemble et menace notre planète.

Alors je ressors cette planche**, ou le rythme des voyages et le style de consommation, étalés fièrement et abondamment sur les réseaux, place sans doute aucun notre monoparent dans le 1% des Français les plus émetteurs d’équivalent CO². 56 tonnes chacun. 168 tonnes pour votre famille. Et on l’on peut tout aussi aisément, quand on connait les revenus modestes de notre tribu, les situer dans le tiers inférieur. Mettons 5 tonnes chacun, 35 tonnes le lot de 7.

Désolé mon cher ami, mais s’il en est un de trop c’est votre enfant, sauf s’il se démarque radicalement du système de vie et de valeurs dans lesquels il ou elle a baigné.

Et en tous cas pas un de ces enfants Africains ou Indiens qui sont d’ores et déjà en dessous des 2 tonnes auxquelles l’humanité est appelée  à converger***.

Eh oui, l’identité de Kaya est faite pour être cassée, certains**** ne s’en privent pas d’ailleurs. Encore une démonstration que dans ce domaine délicat la solution unique n’existe pas, que chacun devrait se former ***** et trouver sa voie sans trop donner de leçons aux autres.

* mon film fétiche sur l’alimentation que je recommande vivement, ici sur youtube.

** extraite du kit d’animation du jeu Inventons Nos vies Bas Carbone ( INVBC de son petit nom). utilisé abondamment lors de mes débriefs de fresque.

*** juste pour éviter de passer les deux degrés d’échauffement au delà desquels on ne sait plus trop comment les mécanismes de rétroaction positive que sont (entre autres) la fonte du permafrost et le ralentissement du Gulf Stream vont faire s’emballer la machine climatique (bon, OK, pas évident à intégrer d’un coup, jouez donc à la fresque du climat, vous comprendrez mieux).

**** Cédric fait cela magistralement ici.

***** Parmi mille manières et outils, la fresque tient toujours ma préférence.

L’empreinte de ma carte.

L’évidence est tombée au détour de discussions lors de la fresque du numérique*. Indiscutable. 

Plutôt que de sortir quelques pièces de ma poche et de leur faire parcourir le mètre qui les sépare de la caisse du commerçant, je dégaine facilement ma carte et fais faire, sans aucun contact,  le tour de la terre à mon paiement, le fais transiter par des serveurs on ne sait où, qui en gardent une trace redondante pendant des années, sinon des décennies.

C’est aussi cela la boulimie numérique. Celle dont on dit qu’elle atteindra bientôt 5 à 10 pourcent de la consommation énergétique mondiale. Tout cela pour ne pas alourdir mes fonds de poche. Tout cela pour , en prime, éditer des petits bouts de papier traités à je ne sais quel poison, crachés par le terminal, que je garde précieusement pour aller sur mon compte vérifier la concordance.

Ni une ni deux, je consulte ledit compte, et quelques requêtes plus loin découvre que, sur les deux dernières années, 23% de mes transactions par carte font moins de 10 euros. 38% moins de 20.

Allez, réduire d’un quart de l’empreinte numérique de ma carte, d’un quart ces bouts de papier, d’un quart le temps inutile passé à vérifier mon précieux relevé, cela semble à portée de main, non ? N’est ce pas tout boni pour la planète et pour ma sérénité?

Alors je glisse quelques billets dans ma poche et c’est reparti pour le bon vieux paiement de ma baguette quotidienne en liquide. Qui véhicule aussi des virus, me diront les esprits chagrins. Mais n’en circule t-il pas également sur la toile ?

* Car il n’y a pas que la fresque du climat, dont je vous ai sûrement parlé et qui occupe bien mes journées, il y en a plein d’autres. Dont celle du numérique.

Maison commune

La mort dans l’âme, je conduis la tondeuse autoportée dans la jungle. La partie de pelouse que j’avais décrétée réserve naturelle a été déclarée “laide”, “moche”, et devant la vox populi condamnée. Deux passages sur mon tracteur, et ce sera un beau désert vert. En attendant, c’est la panique. Grillons, sauterelles, libellules, papillons, abeilles de toutes sortes s’enfuient à tire d’aile, leur vrombissement couvert par le mien. Jamais je n’avais vu en ce lieu tant de libellules rouges, vertes, brunes ou bleues. Tant de sauterelles et de mantes. De papillons et de bourdons. Même un petit mulot qui fuit son terrier englouti. Leur maison est détruite, car laide et moche. Est-ce bien partager la maison commune que de détruire la leur pour le régal éphémère de nos yeux humains ?  

La larme à l’œil, je garde espoir. Si pas l’an prochain, la suivante ils auront progressé dans leur prise de conscience. Et la tonte se résumera à tracer des labyrinthes pour la grande joie des petits humains et des grands insectes.

La valeur qui vaut le coup.

Franchement, faire ressemeler ma chaussure, ça ne vaut pas le coup. Entre le prix du ressemelage et celle d’une chaussure neuve, l’écart n’est pas si terrible, et mes vieilles commencent à être un peu vieilles, alors…

Le raisonnement est imparable. Quand la finance dirige, au moins.

Quelle valeur de faire travailler le cordonnier du coin, d’assurer sa survie? Quelle valeur de faire durer un peu plus le cuir, le plastique, le métal des boucles et rivets ? La nature nous fournit cela pour presque rien, et elle est une source infinie, n’est ce pas ? Et les productions chinoises sont maintenant de bonne qualité, non ?

Et si la conversion écologique intégrale appelée par notre pape, c’était tout simplement de faire travailler les cordonniers du coin , d’éviter de balader des chaussures aux quatre coins du monde et de faire durer celles qu’on a ?

Bref, de ne pas laisser dicter sa loi à la seule valeur financière ?

Je suis content, ma copine a finalement fait ressemeler ses escarpins.

PAC : agir pour plus de cohérence

Une des fiches** du débat imPACtons* m’interpelle au niveau du vécu.

Comme cela, c’est la filière de la viande bovine qui reçoit le plus d’aides de la PAC. Deux fois plus que les porcs, par exemple. Intéressant pour le futur de mes vaches, donc***.

Mais d’un autre côté, mes collègues fresqueurs **** me disent que le kilo de boeuf génère près de 10 fois plus de GES que son congénère le porc.

Alors, comme ca, la PAC alimente le dérèglement climatique ?

Bon, tout cela passe au dessus de nos têtes, me rétorquera t on . Que peut on y faire, à ce sujet si technique ? Et bien, justement, sur ce coup là, on nous demande notre avis . Et je vous ai pré-mâché le boulot. Yapuka venir soutenir ma proposition***** .

Et si la survie des abeilles sauvages vous importe, il y en a une autre là******.

 

N’hésitez pas à cliquer sur les graphes si vos yeux sont aussi fatigués que les miens.

 

*Pour ceux qui ont loupé l’invitation à débattre du futur de l’agriculture, c’est ici

** vers la fiche « assurer un revenu juste et soutenir la résilience du secteur« 

*** tout sur mon troupeau

**** Si je ne vous ai pas encore invité à suivre un atelier « fresque du climat« , je peux aider …oui, un jour je posterai là dessus …

***** Proposition pour Une mise en cohérence des aides avec l’impact climatique

******Proposition pour  Donner les outils pour bien doser l’apiculture

 

Protection de l’environnement

Dangereux de ne pas être dans la mouvance. A en lire La Croix, même au Canada, qui n’est pas vraiment une république bananière. Eh oui, la violence de la rue paie. C’est elle qui a propulsé les nazis au pouvoir, qui a obtenu des milliards de dépenses à la hussarde auprès du gouvernement Macron.

C’est tellement facile de ne se renfermer que sur soi. Surtout à mon âge. De dire “plus jamais” “J’ai donné”.. Ou faire comme ces retraités voyageurs impénitents qui professent doctement aux autres (pour eux, c’est un peu tard !) de limiter leur progéniture afin qu’ils puissent continuer leurs voyages sans carbone penser.

J’ai bien envie de me contenter de mes carottes pour éponger ma taxe foncière *.

Pas ma faute, après tout, si le fer de lance de l’action environnementale du diocèse, à laquelle j’ai la faiblesse de contribuer, est à trouver dans les monastères (qui devraient plaire à mes voyageurs susmentionnés tant leur descendance est limitée)  et non pas dans les paroisses ou on pourrait penser le trouver. A croire que Greta est bien seule, en vrai . “Oui, je la soutiens, bien sûr, c’est important, mais quand même, je ne suis pas encore prête à renoncer à mes voyages vacances so called humanitaires en Afrique”, ai-je entendu… trop souvent.

A 20, 30 ou 40 ans, c’est vous qui tenez les manettes. Qui décidez de la société dans laquelle vos petits enfants vivront. Je suis prêt à aider.. ! mais c’est maintenant que ça se passe.

 

*https://abahli.com/2018/07/10/le-court-circuit-des-circuits-courts/