Clameur des choses, douceur des êtres.

J’ai toujours mal quand j’entends une chaîne grincer. Un moteur gronder sous la peine. Ou une pédale couiner. Mais enfin, tous, n’entendez vous pas les protestations de la mécanique contre le traitement inhumain que vous lui infligez ?

Venez donc desserrer un peu cet écrou. Ou huiler ce pignon. Ou refaire ce réglage. Et votre mécanique vivra dix fois plus longtemps..

On dit souvent que l’écologie est l’écoute de la clameur de la terre et de la clameur des hommes. Je généralise volontiers à toute clameur ..Car toute clameur signifie une blessure. Une contrainte. Qui empêche de vivre longtemps, paisiblement, heureusement.

Inutile de prôner l’économie circulaire à qui fait hurler un moteur. Cirer un embrayage. Ronfler un pneu de vélo mal gonflé sur l’asphalte, crisser celui qui dérape en une gabegie de particules fines…

Et si l’éducation à l’écologie intégrait l’éducation à l’attention à tout bruit ? A tout grincement? A toute blessure ? L’éducation à la poursuite du silence. 

La santé, c’est la vie dans le silence des organes, dit on . Est elle possible hors d’un certain silence du monde?