Pas question de me faire manger du tofu !

C’est la réponse que j’ai prise en pleine figure quand je me suis adressé à celles qui approvisionnaient les buffets d’une institution pourtant très bien pensante.

Je leur avais juste suggéré de proposer aux organisateurs de sélectionner un buffet sans viande rouge ! Pour limiter l’empreinte carbone !

Visiblement, je suis passé pour un extraterrestre. Le lien entre alimentation et CO² n’est pas connu de tous. Tant s’en faut .

Le soir même, j’ai relaté cela à une jeune de 20 ans. Elle est tombée également de l’arbre, totalement ignorante du sujet. Le réchauffement climatique, oui, mais je n’ai aucune idée de ce que MOI je peux faire.

Alors si même à 20 ans on ne sait pas…une  image pour 2 messages simples que je vous invite à diffuser:

  • 1 repas à base de steak frites pèse 5 kg de CO².
  • en remplaçant le steak par du porc ou du poulet on divise par 5 à 1 kg dont 400 g de fruits et légumes
  • et si on prend des légumes de saison on divise par 5 les 400g

Je ne vous mets pas (encore 😉 ) au tofu …et pourtant je divise par près de 10 l’empreinte carbone de votre déjeuner . Ce sont vos petits enfants qui vont être contents dans 25 ans . Quand ils transpireront à grosses gouttes toute l’année .

La valeur qui vaut le coup.

Franchement, faire ressemeler ma chaussure, ça ne vaut pas le coup. Entre le prix du ressemelage et celle d’une chaussure neuve, l’écart n’est pas si terrible, et mes vieilles commencent à être un peu vieilles, alors…

Le raisonnement est imparable. Quand la finance dirige, au moins.

Quelle valeur de faire travailler le cordonnier du coin, d’assurer sa survie? Quelle valeur de faire durer un peu plus le cuir, le plastique, le métal des boucles et rivets ? La nature nous fournit cela pour presque rien, et elle est une source infinie, n’est ce pas ? Et les productions chinoises sont maintenant de bonne qualité, non ?

Et si la conversion écologique intégrale appelée par notre pape, c’était tout simplement de faire travailler les cordonniers du coin , d’éviter de balader des chaussures aux quatre coins du monde et de faire durer celles qu’on a ?

Bref, de ne pas laisser dicter sa loi à la seule valeur financière ?

Je suis content, ma copine a finalement fait ressemeler ses escarpins.

Klug

C’était l’arbuste de la discorde. Qui se propage comme du chiendent, et dont les épines acérées griffent la belle peinture de mon vélo à chaque passage. Qui tapisse chaque année le sol de ses fruits si durs qu’aucun insecte, aucune pourriture ne les atteint et qu’il me faut en emplir des poubelles entières.

Mais dont la fleur  si rose orne si bien les jours maussades d’automne qu’ils ont échappé à l’éradication brutale.

Et c’est seulement au bout de vingt ans, alors que le militantisme d’autoconsommation a encore grimpé d’un cran, que je me lance. On va tenter d’en tirer quelque chose , de ces fruits du maudit Chænomeles japonica. Et ce n’est qu’en combinant les recettes des divers internautes tout en laissant assez libre cours à ma créativité que j’ai mis au point gelée, compote, jus et même pâte de fruit. Ayant survécu à la quinzaine d’observation de mes proches, qui s’attendaient à me voir dépérir à force de goûter diverses mixtures, tous ceux qui se sont retrouvés à la table de la maison ont contribué, avec politesse, à écouler la cinquantaine de kilos de fruits dont la nature m’a gratifié cette saison. Certains sont déjà revenus .. Comme quoi on ne tire pas toujours pleinement parti de ce dont mère nature nous comble..

Le futur des déchetteries

Force est de constater la chose, alors que ce second mois de confinement avance. L’immense tas de déchets, pour ne pas le qualifier de dépotoir, que j’ai accumulé en prenant possession de l’ancienne ferme dans laquelle je suis confiné, a quasiment disparu.

L’énergie initiale de rangement, d’élimination des cochonneries accumulées par les générations de fermiers dans les pièces du bâtiment d’élevage, ont généré ce tas.

La frénésie d’aménagement desdites pièces , à son tour, a généré une longue liste de besoin en matériel qui n’était pas vraiment de première nécessité, donc pas trop disponible.

Alors patience et longueur de temps ont fait plus que force ni que rage. Peu à peu les idées ont évolué, les besoins aussi. Une à une les cochonneries ont été retirées du tas pour être nettoyées, transformées, recyclées. Toute ferraille devient docile sous le marteau après avoir passé quelque temps dans l’âtre. Toute scie s’avoie. Même un peu oxydé, tout fil de fer , tout clou, peut resservir. Un très vieux bout de grillage protège aussi bien des oiseaux les salades juvéniles qu’un neuf, une barquette de fraises fait la cloche très efficacement sur un plant de courges.

L’esprit des générations antérieures de paysans artisans, qui a soufflé dans cette ferme ou dans celle de mes aïeux, revient en force*.

Finalement, quand la liberté reviendra, un seul petit voyage à la déchetterie suffira pour rendre au jardin son air propret.

Et je ressors de cette expérience avec une conviction : chaque déchetterie devrait être doublée d’un repair café. Doté entre autres du seul outil qui m’a vraiment manqué pendant ces deux mois de réclusion campagnarde: une imprimante 3D**.

 

*Faire avec ce que l’on a. En y consacrant le temps nécessaire plus que la furie carbonée.

** Imprimante 3D ? Pourquoi ?

Une tonte nucléaire raisonnée

Quand j’arrive dans ce jardin délaissé depuis l’hiver dernier, les abeilles* en ont déjà pris possession. Chaque fleur est habitée et vrombit.

Message reçu. La tondeuse autoporteuse avec sa largeur de coupe supérieure au mètre va juste dégrossir la moitié de la surface habituelle. Ça de plus pour les abeilles, ça de moins en pétrole vaporisé en CO².

Et pour les finitions, on n’insistera pas en aller et retours inutiles. La petite électrique, destinée aux bordures, fera plus que son taf. On prendra certes plus de temps que traditionnellement, mais ca tombe bien, cette fois on en a, du temps. Et, n’en déplaise aux grognons**, le nucléaire fait moins de mal aux abeilles et à la planète entière..

 

* Elles ont aussi migré ici

** Ecolo et pro-nucléaire ?

Faire avec ce que l’on a

En cette période de confinement, amusant de voir ce qui ressort.

Les groupes Whatsapp re-connectent des cousins éloignés, et des amis qui ne s’étaient pas vus depuis quarante ans… Et a chaque fois on s’extasie sur des photos vieilles d’un demi siècle .

On se régale d’une sortie d’une heure, que l’on s’impose par hygiène, hygiène que l’on n’avait pas quand on avait toute liberté de le faire.

Et je bricole avec ce que j’ai. Jamais autant réparé, recyclé, réutilisé. Fini le temps des voyages incessants aux magasins de bricolage, pour aller acheter LE truc indispensable aux travaux en cours.

gamin depenailleFinalement, on revient inconsciemment aux fondamentaux

Une relation familiale qui est ce qu’on a de plus précieux et que l’on entretient

Une hygiène de vie qui prend soin de son corps, un peu de sport au lieu du bistro ou de la télé

Et une économie de choses, d’objets, avec une vie où l’on utilise ce qu’on a, tout ce qu’on a.. et on a tellement.

Une autre découverte de ce confinement, c’est que  je peux vivre deux mois avec deux chemises, celle qui est sur moi et celle qui sèche… quel gaspillage de biens et d’argent dort dans mon placard ..

Protection de l’environnement

Dangereux de ne pas être dans la mouvance. A en lire La Croix, même au Canada, qui n’est pas vraiment une république bananière. Eh oui, la violence de la rue paie. C’est elle qui a propulsé les nazis au pouvoir, qui a obtenu des milliards de dépenses à la hussarde auprès du gouvernement Macron.

C’est tellement facile de ne se renfermer que sur soi. Surtout à mon âge. De dire “plus jamais” “J’ai donné”.. Ou faire comme ces retraités voyageurs impénitents qui professent doctement aux autres (pour eux, c’est un peu tard !) de limiter leur progéniture afin qu’ils puissent continuer leurs voyages sans carbone penser.

J’ai bien envie de me contenter de mes carottes pour éponger ma taxe foncière *.

Pas ma faute, après tout, si le fer de lance de l’action environnementale du diocèse, à laquelle j’ai la faiblesse de contribuer, est à trouver dans les monastères (qui devraient plaire à mes voyageurs susmentionnés tant leur descendance est limitée)  et non pas dans les paroisses ou on pourrait penser le trouver. A croire que Greta est bien seule, en vrai . “Oui, je la soutiens, bien sûr, c’est important, mais quand même, je ne suis pas encore prête à renoncer à mes voyages vacances so called humanitaires en Afrique”, ai-je entendu… trop souvent.

A 20, 30 ou 40 ans, c’est vous qui tenez les manettes. Qui décidez de la société dans laquelle vos petits enfants vivront. Je suis prêt à aider.. ! mais c’est maintenant que ça se passe.

 

*https://abahli.com/2018/07/10/le-court-circuit-des-circuits-courts/

Happy Birthday !

Non, ce post ne vous parlera pas de Noël. D’abord, Noël n’est pas un anniversaire mais une venue . Mais c’est une autre histoire.

Je suis tombé sur cette invitation, et je n’ai pas résisté à l’envie de la reproduire intégralement .

 

Thomas, 7 ans.
Samedi 30 mars de 14hà 17h

Petites règles du jeu pour mon anniversaire :

Rien de jetable :

  • ni assiette,ni verre ni rien : et oui, on mangera dans les assiettes en porcelaine de mémé  🙂  🙂   🙂
  • pas de bonbons avec papiers : les bonbons, c’est du vrac !
  • Gâteau Home made, c’est meilleur de toute façon !

Et vous aussi, vous pouvez contribuer :

Le cadeau d’anniversaire (non obligatoire, bien sûr, on n’est pas invité pour donner qq chose mais pour s’amuser ! ) : si vous le désirez quand même, 2 choix s’offrent à vous

  • C’est un cadeau éco-responsable = pas de plastique made in China…il reste quoi ? le carton, le papier… exemple : les petits jeux bioviva fabriqués en France sont 100% en carton…
  • Il peut aussi être acheté sur le Bon Coin : donner une seconde vie à un objet ça fait partie du truc !
  • Le papier cadeau : du recyclé ou de la réutilisation de papier journal.
  • Et puis pas d’abus sur le cadeau : imaginez, 3 enfants * 8 années où on fête les anniv avec les copains * 8 copains en moyenne = 192 cadeaux !!!… sans compter Noël, les cadeaux Papa-Maman/Papi-Mamie/Parrain-Marraine, c’est démentiel.

PS : on va faire des ateliers de fabrication alors si vous avez un ou 2 bidons vides ne les jetez pas, vos petits vont vous faire une surprise !

Merci pour la réponse à………..

 

Eh oui, je me lance dans l’anniversaire ECO RESPONSABLE..

Pourquoi ?

A l’heure actuelle, nous consommons plus de 1,7 ha d’espace productif, c’est à dire plus que ce que la terre peut nous donner et cela ne lui laisse pas le temps de se régénérer. Nous épuisons nos ressources. Chaque année, nous vivons à crédit à partir du mois de juillet.

Alors sur cette base, la famille entière a changé son mode de consommation.

Merci pour votre soutien !!!

 

Bon, j’ai quand même enlevé le téléphone pour la réponse et l’adresse.. RGPD oblige.

Encourageant, cette initiative . Bravo à cette famille qui se reconnaîtra si elle tombe sur ce post..

Mais au fait, OK, Noël ce n’est pas un anniversaire. Mais le couplet sur  la vaisselle, les bonbons, les gâteaux et les cadeaux cela peut s’appliquer en cette fin d’année, non ?

Ecologie, Egologie et la goutte d’eau vegan.

Comme chaque fois que je rentre dans ce temple du bio, je suis agressé par tout ce plastique.

Ça fait un moment que ca me travaille. Que certains fanatiques du bio m’énervent, moi qui me pense écolo. Ça y est, je la tiens, ma carte. Mon mapping, en bon ingénieur qui aime les graphiques.

Alors je me lance . Deux axes , l’axe du bien et l’axe du mal , celui qui me profite à moi, mon entourage proche, à court terme. Mon espace temps court. Et celui de l’espace temps long ; les autres, ceux qui sont loin, la planète, le long terme que je ne verrai jamais. Et je pose chaque action, chaque posture, sur cette carte, selon qu’elle a un effet positif ou négatif sur chacun des axes.

Le bio en plastique qui vient de l’autre bout du monde, ça fait probablement du bien à l’individu qui consomme, mais pas à l’atmosphère ni aux océans que l’on gave de CO² et qui finissent par ne plus nourrir les populations lointaines.

Et je l’ai trouvé, le comble de cette égologie de certains bio purs : l’eau de source vegan ( ??? ), qui a fait des centaines de kilomètres pour venir ici.

Par contre, j’ai eu beaucoup de mal à trouver les verseurs de vrac, cachés là bas au fond dans un coin, qui doivent sans doute apporter moins de marge…

 

Allez, toutes les boutiques ne sont pas comme cette chaîne : certaines sont soucieuses de vendre du local, du vrac, en remplissant l’emballage que le client apporte, si possible de produits bio. Ce sont celles là que je dois privilégier .

Et ça me conforte dans le choix du diesel*, qui nuit peut être plus à mon environnement proche pendant les quelques semaines de durée de vie des microparticules émises, par rapport à l’essence qui envoie bien plus de molécules de CO² dans l’atmosphère ou elle va rester des années bien partagée avec tous les habitants de la planète.

 

Mon propre temps court, ou le temps long pour l’humanité ?

 

 

* Diesel, nucléaire, tout ça …

 

Du beau et du bio

Du beau et du bio

La contemplation de mon achat du jour me plonge dans une profonde perplexité écologique.

Une terrine de campagne bio. Ah, c’est bio donc c’est bon !!

Gaël, le producteur, l’annonce sur l’emballage: il fait partie des porcs bio de France. Leurs porcs doivent donc être heureux, et moi je suis content de faire marcher l’agriculture française.

Bon, du bio sous plastique ça n’est pas top pour les océans . Mais il y a pire .. Cet emballage, c’est écrit dessus, grâce à U, contient 25% de matière recyclée. Ça fait quand même 75% de plus que le bon vieux papier du rayon charcuterie à la découpe. Quoique..*

Donc quasi tout est bio. Même l’armagnac (pas détecté dès la première bouchée, mais bon ..). Le lait est bio, mais pas garanti d’origine France. Dommage pour moi **

L’étiquette est orange. Sans moi, cette terrine allait renforcer le pourcentage si élevé de nourriture gaspillée. Quelle fierté !

Mais du coup j’encourage à la produire, puisqu’il y a des idiots pour se contenter des restes et optimiser le yield.

Finalement désorienté, je prends mon téléphone favori et appelle Yuka à la rescousse.

Et là, coup de grâce. Mon achat est gravement mauvais .

Du bio, du Français, du plastique recyclé … tout ça pour çà ?

Du coup, tout en dégustant ma terrine, je me lance dans les cookies maison au Gremiel***. A base de farine bio, en emballage papier, et surtout sans code barre, Yuka ne pourra pas venir me casser la baraque ce coup là.

Moralité de ce billet ? Sur fond de digestion de cookie, je persisterai :

  • moins de chimie (donc du bio)
  • moins de plastique ( je recherche encore sans succès les emballages en PLA****)
  • plus de local pour moins de CO².

Et tant pis si on n’a pas toujours tout bon, l’important c’est d’avancer dans le bon sens.

 

 

* Et non, il ne se recycle pas  😦

** eh oui, je suis aussi un peu producteur

*** Gremiel ? (pour info, il est livré en vélo, donc côté CO² …). des nouvelles au quasi quotidien ici.

**** du plastique bio ?

EPR et gare , ou aéroport ?

  • 600 millions pour agrandir la gare du Nord ? Projet retoqué, grave erreur urbaine, offense aux voyageurs .. selon Jean Nouvel … Et en plus, la SNCF est déjà bien trop endettée. Et on passera seulement de 700 000 à 900 000 voyageurs en 2030..
  • 1,5 milliards, c’est le surcoût de Flamanville dont la douloureuse montera à 12,4 milliards.  Mais il faudra bien cela pour alimenter nos TGV . Je n’ose imaginer la facture en solaire.
  • 15 milliards de dollars pour le nouvel aéroport de Pekin* . Pour 72 millions de passagers en 2025. Là, on change de catégorie . Aucun doute.

Aucun doute ?

Récapitulons :

  • Gare du Nord + Flamanville, 13 milliards pour rajouter 200 000 voyageurs par jour. Soit pile 73 millions de voyageurs supplémentaires chaque année.
  • Aéroport de Pékin : 15 milliards pour 72 millions de passagers. Pile pareil à un (gros) poil  près.

C’est sûr que de la gare du Nord je ne vais pas à New York . Mais en ais-je tant besoin que cela?

C’est tout aussi sûr que Flamanville alimentera bien plus que les seuls TGV partant de la gare du Nord. Les TGV consomment quand même 6 fois moins que les avions …**

D’ailleurs mes additions idiotes ne comptent pas la dépense en kérosène des avions.

J’étais convaincu de la folie écologique des voyages aériens . Je le suis maintenant de leur folie économique***.

J’étais déjà convaincu du manque de recul que chacun peut avoir devant des chiffres qui dépassent le montant de son salaire mensuel. Là dessus, pas de changement : une pleine page pour 600 millions, un entrefilet pour 1,5 milliard.  Et pour les 15 milliards, allez voir ailleurs*. Normal, quoi.

* juste un des papiers qui donnent des chiffres parfois divergents ..26-09-2019-2337922_24.php

** au kilomètre, bien sûr ..

*** et en bon père de famille , perso, vous savez pourquoi je n’investirai pas dans l’aérien

**** et s’il y a des pinailleurs, oui, je mélange les dollars et les euros. Et alors ?

Pour un esclavagisme raisonné.

L’histoire de l’humanité se confond avec celle de la domination de la terre et des autres espèces animales. Pour son profit. Avec une éternelle ligne de crête à tenir à l’intérieur même de l’espèce sapiens, qui se surprend souvent à exploiter une partie de l’espèce pour le bien de l’autre partie.

Sans rentrer dans l’épineux débat de la lutte des classes et du paternalisme, je pense ici que sapiens tirerait bien parti de la connaissance maintenant intime des mécanismes de la biologie, que son cerveau développé possède désormais. Et de s’allier avec finesse et modération aux autres habitants de la planète.

Au lieu de bombarder massivement de pesticides les banlieues huppées qui ne peuvent plus faire dehors leur barbecue chéri sans se faire agresser de moustiques tigre, ne laisserions nous pas un peu de répit aux hirondelles et autres chauve souris , qui se chargeraient volontiers du job ?

Mais, s’il vous plaît, dans la finesse. En laissant du temps au temps .  Sans excès . Il a fallu une quarantaine d’années aux moustiques pour se remettre de la tentative d’extermination des années 70.  Il n’a suffi que de 10 ans pour sortir les chauves souris de la ville et permettre le retour des irritants culicidae.

Nous sommes trop exigeants, trop avides de résultats immédiats.

Mes patrons n’ont jamais vraiment apprécié quand je leur disais :

Je préfère marcher en ligne droite que courir en zig zag. C’est moins fatiguant et au final on progresse plus vite”. En leur formulant, en bon ingénieur, la formule : “515 est toujours supérieur à 151*” .

Bref, je suis pour la protection de la vie,  en modérant notre usage de la chimie, de la biologie. Les oiseaux travailleront volontiers pour nous.

Je suis pour l’augmentation du temps de l’étude et de la réflexion, au delà des pressions et de la mode médiatico-politique. L’inertie de notre politique ne va pas au delà de la rentrée parlementaire, celle du monde se mesure en siècles voire en millénaires. Conservons le juste milieu.

Tout le monde est d’accord ? Alors, let’s do it.

Et on se calme sur une bioéthique débridée qui peut si facilement nous mener au retour d’un esclavage et de la traite des hommes.

* Préparation – Action – Résultat. Que ce soit en temps ou en énergie dépensés, 5 unités de préparation en garantissent autant de résultat en ne dépensant qu’une petite unité d’action.

Par contre, une préparation bâclée  induit une énergie folle d’action pour un piètre résultat.

D’où l’inégalité 515 >> 151, prouvée maintes fois, et pas que dans les livres de maths.

Aligner la France sur une trajectoire 1,5 °C ?

J’ai lu avec passion et effroi le travail de B&L Evolution*. Comment aligner la France sur une trajectoire 1,5°C ?

Le préambule est très clair : on peut ne pas être d’accord . On peut ne pas vouloir . On peut refuser . Mais c’est un exercice de style. La France a pris un engagement. Si elle veut le tenir, comment pourrait elle faire ?

Pour ceux que la trentaine de pages rebute, ils ont fait une belle infographie**. Dont vous avez des extraits ci dessous.

Quelque part, je suis content d’y retrouver beaucoup de points abordés dans divers billets de ce blog. Si ca vous amuse, cherchez les billets taggés « environnement » ou « ecologie ». Au fil des ans, je réalise que je les ai accumulés..

Mais que je suis timoré !!  Il en manque beaucoup pour arriver au compte requis.

Allez, un effort sur ma gourmandise : le flux de données.  Tant pis pour la beauté et la finesse de l’image, au lieu d’uploader ma dernière vidéo youtube*** en « belle » résolution de 1980*1080, je l’ai dégradée à 1280*720 .  Au lieu d’uploader 658 millions d’octets, je suis retombé à 173.  Impossible de comprendre, dans la jungle des chiffres, à combien de CO² cela correspond, mais ca va bien dans le sens de diviser par 3 , non ?

 

 

* Le rapport de 36 pages de B&L 

** Pour ceux qui préfèrent le dessin, l’infographie

*** Et pour les apiculteurs et les printeurs, ma chaîne youtube ou je m’impose de faire des vidéos très courtes…une autre manière de diminuer le nombre d’octets voyageurs.

Allez zou, on bazarde

Les jeunes sont de sortie. Pas pour prendre l’air, pour en réclamer. Du propre. Oui, ils manifestent pour le climat. En masse.

Et s’ils font l’effort d’aller autant marcher, il y a fort à parier qu’ils tanneront leurs parents, leurs oncles, leurs retraités de grand parents, pour exiger qu’ils se bougent. Ou plus exactement qu’ils arrêtent de bouger en vain.

Bien sûr, eux mêmes vont évoluer. Refuser de prendre l’avion pour un oui, pour un non, pour un loisir qu’ils pourraient avoir à portée de main. Inutile d’aller à Atlanta pour voir Disney, ni au Kenya quand on a Peaugres, n’est ce pas ?

Et comme ils vont déclarer la guerre autour d’eux à tous ceux qui prennent l’avion pour leurs loisirs, cela va faire mal. Mon wikipedia favori me porte donc à penser que le trafic aérien va baisser de 52%

27 % des passagers prennent l’avion pour visiter famille ou amis, contre 52 % pour les loisirs et 14 % pour le travail

Alors, résolument, vendons ADP tant que cela vaut encore quelque chose..

 

Bon, doux rêveur ? sans doute un peu, mais la conscience vient, l’égocentrisme forcené des pollueurs va s’infléchir, j’y crois…

Alerte rouge

Depuis toujours, un feu rouge m’impose d’arrêter l’action en cours. Danger. Ne va pas plus loin. Interdit.

Dans ma voiture, je passe a l’orange. Ne me laisse pas intimider par le voyant qui m’incite a passer au garage. Mais au rouge, non. Je n’y vais pas.

Le dernier voyant rouge en date me met en garde : je risquerais gros à ne pas mettre ma clim en route. Je le sais bien, les jeunes marchent pour le climat. Pour MON climat ? Ce serait donc si grave de transpirer au volant ? De refuser d’émettre le surcroît notable de CO2 que mon confort est sensé exiger ? Et tant pis si mon confort réchauffe le voisinage . Si l’énergie qu’il nécessite génère l’effet de serre qui fera souffrir les lointains paysans tropicaux.

Beau symbole de notre égocentrisme à courte vue que la clim . Que ce voyant rouge qui, si j’écoutais son message subliminal,  m’interdirait de m’en passer.

Et bien non, il n’y a pas qu’à vélo que je vais passer au rouge idiot. Désormais j’ignore ce warning ultime de « A/C off » et roule avec, autant que faire ce peut.

Ca peut aller très vite

Qu’est ce que quinze ans ? Dans une vie ?

Et dans la vie de la terre ?

Cela pourtant a suffi au Mexique .

Pour passer d’un pays exportateur qui produisait deux fois sa consommation à un pays importateur .

A qui le tour ? la vie se promet très très difficile pour ceux qui n’ont pas de ressource. Ou pour ceux qui ne se préoccupent pas trop de l’économiser.

Allez, un peu plus d’effort vers la famille zéro déchet..  Ce bouquin, en voilà un cadeau utile …

Non, je ne viendrai pas vous revoir..

 

Après dix ans en France, Pramod était rentré au pays. Avec la belle Saru, ils ont fondé l’école Victor Hugo Manjushree Vidyapith* et l’agence de voyage Mandap Travel** qui la finance.

ecole VHmavi

Ils accueillent des enfants pauvres, des filles en majorité, pour leur fournir une éducation scolaire et à l’environnement de qualité internationale. Enthousiasmant.

Il y a deux ans, j’ai eu la chance de venir les visiter. De faire un trek inoubliable sur les contreforts des Annapurna, sous le regard du Dhaulagiri.

Et quand la proposition de retourner sillonner ces montagnes fantastiques est arrivée, tout en contribuant à leur merveilleux projet mon sang enthousiasmé n’a fait qu’un tour.

Puis cet emm.. de cerveau a pris le relais. A quoi bon partager les messages d’urgence de Janco***, l’invitation pressante de François a la conversion écologique****, pour se permettre d’émettre à moi seul par ce voyage en avion autant de CO² pour juste une quinzaine de loisirs ? Ai-je épuisé les ressources montagnardes des Alpes, qui sont à proximité de vélo ?

Quelques semaines de maturation plus tard, ma réponse part : malgré tous les attraits du projet, je ne me permettrai pas de générer tout ce CO² pour mon seul loisir. Ce trek sera donc sans moi.

 

* Ecole Victor Hugo à Katmandu ?

** Mandap Travel, une agence pas ordinaire..

*** Jean Marc Jancovici

**** Pour ceux qui n’avaient pas capté, je parle bien sûr de Laudato Si ..

Toi, soi disant écolo, tu remplis les mers de plastique avec ton imprimante 3D !

Toi, soi disant écolo, tu remplis les mers de plastique avec ton imprimante 3D !

J’ai trop entendu cette petite remarque narquoise. Mais ça n’est pas grave. Le plus ennuyeux serait de laisser penser cela sans me laisser le plaisir de contre argumenter.

Du coup je ne résiste pas à un petit cours sur le PLA, matière première préférée des makers* qui en mangent des bobines entières..

Car c’est un plastique alimentaire !  Je reprends first pack :

Matériau transparent, résistant et insipide, résultant de la fermentation de l’amidon. Alternative naturelle au polyéthylène, le PLA est 100% biodégradable, compostable et il est conforme à la norme européenne EN 13432 et labellisé OK Compost. Les produits en PLA ont des propriétés étonnantes : hyper transparence, brillance, résistance, rigidité, barrière contre les odeurs, résistance aux matières grasses, résistance au froid… ils sont parfaitement adaptés aux boissons et aux préparations froides. Ils nécessitent juste un stockage sans humidité et à une température inférieure à 40°C (sinon ils se dégradent !)

Ah, un plastique biodégradable ! Alors tes abeilles vont déposer plainte sous peu quand elles recevront les bandes d’apivar sur les pieds**.. Et tu ne peux pas faire d’objets un tant soit peu durables !!

Que nenni ! Voilà la durée de vie de la chose…degradation PLA

Et la ruche, avec son atmosphère contrôlée soigneusement en température et hygrométrie, est encore mieux qu’un bureau (bien qu’on y bosse plus  😉 ).

Mouais, alimentaire ? Moi, j’hésiterai à en mettre dans ma cuisine quand même . NFPA704 du PLAAlors là, j’appelle oncle SAM à la rescousse. Lui qui refuse même le fromage au lait cru..

Pas familiers avec le diamant NFPA 704 ?

Ça alors !! Pour les rares non initiés, le 1 concerne l’inflammabilité, qui nécessite un chauffage préalable, et les deux 0 la stabilité et la toxicité : produit inerte et non toxique. Bref, vu qu’il est fait à base d’amidon de maïs, on pourrait même aller jusqu’à imprimer les grains de maïs de la salade composée.

J’exagère peut être un peu, mais l’industrie alimentaire ne se prive pas de l’utiliser, les produits « plastique » de cette photo sont tous en PLA.

produits en PLA

Sans parler de la cantine qui imprime carrément les repas des élèves .. Mais si, mais si … avec autre chose que du PLA, bien sûr.***

Donc, outre le fait qu’être maker et écolo ne soit pas du tout incompatible (ouf !), le message de ce post est que vous pouvez ne pas vous priver d’assiettes, verres et couverts en plastique, pour autant qu’ils aient un de ces logos …

Logo-OK-compost

pla7

 

Elle n’est pas belle, la vie ?

 

* Plus sur l’impression 3D et la génération de makers qui vient.

** Apivar ? PLA ? Abeilles ? La cohérence du tout sur cette vidéo...

*** La cantine qui imprime les repas en 3D

 

Les ruches urbaines, un danger pour les abeilles sauvages

Un élément qui fait beaucoup de sens. Eh oui, l’enfer est pavé de bonnes intentions!!

RESEAU ACTU

Les ruches urbaines, un danger pour les abeilles sauvages:

La multiplication des ruches en ville peut compromettre la survie des autres pollinisateurs, qui n’ont plus assez de fleurs à butiner.

Dans ce petit cabanon du square Georges-Brassens du XVe arrondissement de la capitale, le bourdonnement est permanent. Ce n’est pas une climatisation ou un générateur mais bien le bruit d’abeilles par milliers. À l’extérieur, tout juste équipés de voilettes pour couvrir leur visage, des étudiants en écologie ouvrent les ruches en bras de chemise et à mains nues. Dans la chaleur de ce début d’été, certains sont même en short. Force est de constater qu’avec ces hyménoptères citadins et pas farouches, aucune piqûre n’est à signaler, après plus d’une heure à manipuler les ruches.

Il n’y a ici ni coup de chance ni hasard. Ces abeilles particulièrement douces sont des Buckfast, une race hybride importée d’Angleterre. Comme toutes les…

Voir l’article original 938 mots de plus

Bête et méchant

C’est vrai que la méconnaissance développe la peur. Et la peur la méchanceté. Parfois gratuite.

Quand je les ai vues tourbillonner pour la première fois dans ce coin du jardin, avec leur air noir, j’en étais certain : voilà de bien mauvais frelons. Probablement asiatiques. En tous cas des espèces que je ne veux pas voir autour des petits enfants. Énormes, sombres, leur seule qualité étant de ne pas être trop nombreuses. Alors, rassemblant mon courage et bravant ma peur, je suis allé les attraper au filet et les éliminer. Et j’ai dispersé le tas de bois mort d’où elles semblaient sortir.

La victoire semblait assurée, jusqu’en juillet suivant, où, alors que je faisais visiter ma ruche aux petits enfants, je les revois dans le paysage. Branle bas de combat. On recommence. Avant de les déclarer aux autorités, je capture un individu, pour confirmer sa classification en espèce nuisible. Et le bon internet, au bout de quelques tâtonnements, m’indique que non, ces monstres ne sont pas des frelons, m’envoie sur le livret d’identification des abeilles sauvages*, qui lui même pointe sans hésitation possible sur l’abeille résinière géante, alias megachiliadae, que Phylloscopus** me confirme assez inoffensive. Alors je relâche généreusement le spécimen capturé… et je reconstitue l’hôtel à insectes dans lequel elles nichent.

Moralité : l’habit ne fait pas le moine. Et j’aurais pu réfléchir un peu plus avant d’agir brutalement.

PS : et pour les amoureux des abeilles prêts à signer des pétitions, allez donc voir le coup de gueule de gOAdee sur le varroa***, fruit de l’action des hommes, qui doit donc être traité par ces derniers..

 

* www.arthropologia.org/IMG/pdf/livret_identification_abeilles.pdf

** https://phylloscopus.wordpress.com/

*** gOAdee et le varroa : une video un peu longue mais édifiante.

Schizophrènes de la pétition ?

Encore une pétition qui circule pour faire interdire les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Mais pourquoi en faut il tant ? Notre gouvernement est il donc si sourd ? Nos agriculteurs sont ils si stupides et si mal informés qu’ils détruisent leur outil et leur environnement de travail, la nature ?

Et si les choses étaient un peu plus compliquées ?

Et si les signataires de pétitions étaient eux même une bonne partie du problème?

Au risque de radoter, non, l’état ne doit pas toujours nous materner*. Dans notre société de consommation, le pouvoir est au consommateur . A nous. Et si nous avons le pouvoir de notre porte monnaie, nous portons la responsabilité de la conséquence de nos achats, de nos investissements.

Au delà des abeilles (pour lesquelles je ne peux que vous encourager à installer une ruche sur votre balcon** et à arrêter les désherbants chimiques dans votre jardin), quelles pressions et quels encouragements mes achats apportent-ils aux agriculteurs?

Hier, je n’ai pas signé cette pétition. L’appel à Nicolas*** de la semaine dernière suffit. Mais j’ai acheté de la farine bio au supermarché. Modeste contribution à ce que se prolonge la croissance des surfaces agricoles cultivées en bio**** : 5% en 2016, en croissance de 17%.

 

* l’état doit il vraiment toujours faire quelque chose ?

** ah, installer une ruche

*** appel à Nicolas ?

**** La bio en France