Klug

C’était l’arbuste de la discorde. Qui se propage comme du chiendent, et dont les épines acérées griffent la belle peinture de mon vélo à chaque passage. Qui tapisse chaque année le sol de ses fruits si durs qu’aucun insecte, aucune pourriture ne les atteint et qu’il me faut en emplir des poubelles entières.

Mais dont la fleur  si rose orne si bien les jours maussades d’automne qu’ils ont échappé à l’éradication brutale.

Et c’est seulement au bout de vingt ans, alors que le militantisme d’autoconsommation a encore grimpé d’un cran, que je me lance. On va tenter d’en tirer quelque chose , de ces fruits du maudit Chænomeles japonica. Et ce n’est qu’en combinant les recettes des divers internautes tout en laissant assez libre cours à ma créativité que j’ai mis au point gelée, compote, jus et même pâte de fruit. Ayant survécu à la quinzaine d’observation de mes proches, qui s’attendaient à me voir dépérir à force de goûter diverses mixtures, tous ceux qui se sont retrouvés à la table de la maison ont contribué, avec politesse, à écouler la cinquantaine de kilos de fruits dont la nature m’a gratifié cette saison. Certains sont déjà revenus .. Comme quoi on ne tire pas toujours pleinement parti de ce dont mère nature nous comble..

Le futur des déchetteries

Force est de constater la chose, alors que ce second mois de confinement avance. L’immense tas de déchets, pour ne pas le qualifier de dépotoir, que j’ai accumulé en prenant possession de l’ancienne ferme dans laquelle je suis confiné, a quasiment disparu.

L’énergie initiale de rangement, d’élimination des cochonneries accumulées par les générations de fermiers dans les pièces du bâtiment d’élevage, ont généré ce tas.

La frénésie d’aménagement desdites pièces , à son tour, a généré une longue liste de besoin en matériel qui n’était pas vraiment de première nécessité, donc pas trop disponible.

Alors patience et longueur de temps ont fait plus que force ni que rage. Peu à peu les idées ont évolué, les besoins aussi. Une à une les cochonneries ont été retirées du tas pour être nettoyées, transformées, recyclées. Toute ferraille devient docile sous le marteau après avoir passé quelque temps dans l’âtre. Toute scie s’avoie. Même un peu oxydé, tout fil de fer , tout clou, peut resservir. Un très vieux bout de grillage protège aussi bien des oiseaux les salades juvéniles qu’un neuf, une barquette de fraises fait la cloche très efficacement sur un plant de courges.

L’esprit des générations antérieures de paysans artisans, qui a soufflé dans cette ferme ou dans celle de mes aïeux, revient en force*.

Finalement, quand la liberté reviendra, un seul petit voyage à la déchetterie suffira pour rendre au jardin son air propret.

Et je ressors de cette expérience avec une conviction : chaque déchetterie devrait être doublée d’un repair café. Doté entre autres du seul outil qui m’a vraiment manqué pendant ces deux mois de réclusion campagnarde: une imprimante 3D**.

 

*Faire avec ce que l’on a. En y consacrant le temps nécessaire plus que la furie carbonée.

** Imprimante 3D ? Pourquoi ?

Une tonte nucléaire raisonnée

Quand j’arrive dans ce jardin délaissé depuis l’hiver dernier, les abeilles* en ont déjà pris possession. Chaque fleur est habitée et vrombit.

Message reçu. La tondeuse autoporteuse avec sa largeur de coupe supérieure au mètre va juste dégrossir la moitié de la surface habituelle. Ça de plus pour les abeilles, ça de moins en pétrole vaporisé en CO².

Et pour les finitions, on n’insistera pas en aller et retours inutiles. La petite électrique, destinée aux bordures, fera plus que son taf. On prendra certes plus de temps que traditionnellement, mais ca tombe bien, cette fois on en a, du temps. Et, n’en déplaise aux grognons**, le nucléaire fait moins de mal aux abeilles et à la planète entière..

 

* Elles ont aussi migré ici

** Ecolo et pro-nucléaire ?

Faire avec ce que l’on a

En cette période de confinement, amusant de voir ce qui ressort.

Les groupes Whatsapp re-connectent des cousins éloignés, et des amis qui ne s’étaient pas vus depuis quarante ans… Et a chaque fois on s’extasie sur des photos vieilles d’un demi siècle .

On se régale d’une sortie d’une heure, que l’on s’impose par hygiène, hygiène que l’on n’avait pas quand on avait toute liberté de le faire.

Et je bricole avec ce que j’ai. Jamais autant réparé, recyclé, réutilisé. Fini le temps des voyages incessants aux magasins de bricolage, pour aller acheter LE truc indispensable aux travaux en cours.

gamin depenailleFinalement, on revient inconsciemment aux fondamentaux

Une relation familiale qui est ce qu’on a de plus précieux et que l’on entretient

Une hygiène de vie qui prend soin de son corps, un peu de sport au lieu du bistro ou de la télé

Et une économie de choses, d’objets, avec une vie où l’on utilise ce qu’on a, tout ce qu’on a.. et on a tellement.

Une autre découverte de ce confinement, c’est que  je peux vivre deux mois avec deux chemises, celle qui est sur moi et celle qui sèche… quel gaspillage de biens et d’argent dort dans mon placard ..

Protection de l’environnement

Dangereux de ne pas être dans la mouvance. A en lire La Croix, même au Canada, qui n’est pas vraiment une république bananière. Eh oui, la violence de la rue paie. C’est elle qui a propulsé les nazis au pouvoir, qui a obtenu des milliards de dépenses à la hussarde auprès du gouvernement Macron.

C’est tellement facile de ne se renfermer que sur soi. Surtout à mon âge. De dire “plus jamais” “J’ai donné”.. Ou faire comme ces retraités voyageurs impénitents qui professent doctement aux autres (pour eux, c’est un peu tard !) de limiter leur progéniture afin qu’ils puissent continuer leurs voyages sans carbone penser.

J’ai bien envie de me contenter de mes carottes pour éponger ma taxe foncière *.

Pas ma faute, après tout, si le fer de lance de l’action environnementale du diocèse, à laquelle j’ai la faiblesse de contribuer, est à trouver dans les monastères (qui devraient plaire à mes voyageurs susmentionnés tant leur descendance est limitée)  et non pas dans les paroisses ou on pourrait penser le trouver. A croire que Greta est bien seule, en vrai . “Oui, je la soutiens, bien sûr, c’est important, mais quand même, je ne suis pas encore prête à renoncer à mes voyages vacances so called humanitaires en Afrique”, ai-je entendu… trop souvent.

A 20, 30 ou 40 ans, c’est vous qui tenez les manettes. Qui décidez de la société dans laquelle vos petits enfants vivront. Je suis prêt à aider.. ! mais c’est maintenant que ça se passe.

 

*https://abahli.com/2018/07/10/le-court-circuit-des-circuits-courts/

Happy Birthday !

Non, ce post ne vous parlera pas de Noël. D’abord, Noël n’est pas un anniversaire mais une venue . Mais c’est une autre histoire.

Je suis tombé sur cette invitation, et je n’ai pas résisté à l’envie de la reproduire intégralement .

 

Thomas, 7 ans.
Samedi 30 mars de 14hà 17h

Petites règles du jeu pour mon anniversaire :

Rien de jetable :

  • ni assiette,ni verre ni rien : et oui, on mangera dans les assiettes en porcelaine de mémé  🙂  🙂   🙂
  • pas de bonbons avec papiers : les bonbons, c’est du vrac !
  • Gâteau Home made, c’est meilleur de toute façon !

Et vous aussi, vous pouvez contribuer :

Le cadeau d’anniversaire (non obligatoire, bien sûr, on n’est pas invité pour donner qq chose mais pour s’amuser ! ) : si vous le désirez quand même, 2 choix s’offrent à vous

  • C’est un cadeau éco-responsable = pas de plastique made in China…il reste quoi ? le carton, le papier… exemple : les petits jeux bioviva fabriqués en France sont 100% en carton…
  • Il peut aussi être acheté sur le Bon Coin : donner une seconde vie à un objet ça fait partie du truc !
  • Le papier cadeau : du recyclé ou de la réutilisation de papier journal.
  • Et puis pas d’abus sur le cadeau : imaginez, 3 enfants * 8 années où on fête les anniv avec les copains * 8 copains en moyenne = 192 cadeaux !!!… sans compter Noël, les cadeaux Papa-Maman/Papi-Mamie/Parrain-Marraine, c’est démentiel.

PS : on va faire des ateliers de fabrication alors si vous avez un ou 2 bidons vides ne les jetez pas, vos petits vont vous faire une surprise !

Merci pour la réponse à………..

 

Eh oui, je me lance dans l’anniversaire ECO RESPONSABLE..

Pourquoi ?

A l’heure actuelle, nous consommons plus de 1,7 ha d’espace productif, c’est à dire plus que ce que la terre peut nous donner et cela ne lui laisse pas le temps de se régénérer. Nous épuisons nos ressources. Chaque année, nous vivons à crédit à partir du mois de juillet.

Alors sur cette base, la famille entière a changé son mode de consommation.

Merci pour votre soutien !!!

 

Bon, j’ai quand même enlevé le téléphone pour la réponse et l’adresse.. RGPD oblige.

Encourageant, cette initiative . Bravo à cette famille qui se reconnaîtra si elle tombe sur ce post..

Mais au fait, OK, Noël ce n’est pas un anniversaire. Mais le couplet sur  la vaisselle, les bonbons, les gâteaux et les cadeaux cela peut s’appliquer en cette fin d’année, non ?

Ecologie, Egologie et la goutte d’eau vegan.

Comme chaque fois que je rentre dans ce temple du bio, je suis agressé par tout ce plastique.

Ça fait un moment que ca me travaille. Que certains fanatiques du bio m’énervent, moi qui me pense écolo. Ça y est, je la tiens, ma carte. Mon mapping, en bon ingénieur qui aime les graphiques.

Alors je me lance . Deux axes , l’axe du bien et l’axe du mal , celui qui me profite à moi, mon entourage proche, à court terme. Mon espace temps court. Et celui de l’espace temps long ; les autres, ceux qui sont loin, la planète, le long terme que je ne verrai jamais. Et je pose chaque action, chaque posture, sur cette carte, selon qu’elle a un effet positif ou négatif sur chacun des axes.

Le bio en plastique qui vient de l’autre bout du monde, ça fait probablement du bien à l’individu qui consomme, mais pas à l’atmosphère ni aux océans que l’on gave de CO² et qui finissent par ne plus nourrir les populations lointaines.

Et je l’ai trouvé, le comble de cette égologie de certains bio purs : l’eau de source vegan ( ??? ), qui a fait des centaines de kilomètres pour venir ici.

Par contre, j’ai eu beaucoup de mal à trouver les verseurs de vrac, cachés là bas au fond dans un coin, qui doivent sans doute apporter moins de marge…

 

Allez, toutes les boutiques ne sont pas comme cette chaîne : certaines sont soucieuses de vendre du local, du vrac, en remplissant l’emballage que le client apporte, si possible de produits bio. Ce sont celles là que je dois privilégier .

Et ça me conforte dans le choix du diesel*, qui nuit peut être plus à mon environnement proche pendant les quelques semaines de durée de vie des microparticules émises, par rapport à l’essence qui envoie bien plus de molécules de CO² dans l’atmosphère ou elle va rester des années bien partagée avec tous les habitants de la planète.

 

Mon propre temps court, ou le temps long pour l’humanité ?

 

 

* Diesel, nucléaire, tout ça …