Taxer l’hôpital des pinces à linge

Caramba, j’ai encore chu.

Remplacé, après une opération à cœur ouvert, les deux roulements de la pompe de piscine pour une prolongation de vie hypothétique au lieu de changer toute la pompe, pour une tranquillité d’esprit sans prix.

Trépané les jambes du dragon, pour lui assurer de nouveau une marche vaillante.

Redonné vie à cette malheureuse pince à linge avec deux malheureux bouts de fil de fer qui auraient pourtant bien mérité le repos éternel dans une déchetterie.

Certains ont, paraît il, de l’or dans le mains. Recyclent ad nauseum tout ce qui s’entasse dans leur cave car, dit on, “ca pourrait toujours servir”.

Cette hérésie anti croissance ne saurait durer. Sévissons.

Immanquablement, à si peu consommer la fortune les guette. Pour autant qu’en plus ils chérissent les placements éthiques qui sont bien souvent très rémunérateurs.

L’ISF est là pour les ramener à l’ordre. En voilà un bel impôt (qui est aussi) anti-environnemental.

Les filles, au boulot!!

Le contexte économique étant ce qu’il est, j’ai enfin pris une décision sur l’utilisation de mon peso* : je l’ai troqué contre 50 000 travailleuses.

Certes, le raccourci est un peu rapide, il y a eu un peu de médiation financière. Mais il n’en est pas moins vrai qu’une ruche et sa colonie valent exactement un napoléon. On change de poésie, on passe d’un risque de vol à celui de se faire piquer, et ce qui était matière inerte et inaltérable est devenu un monde si délicat..

Mais c’est cohérent avec l’investissement en bétail**, vin ou forêt, et l’impact économique est indéniable: la France importe la majorité de sa consommation de miel***. Alors une fois de plus le nationalisme a repris le dessus, ça occupera mes vacances françaises****…

 

*  si l’histoire de mon peso vous intrigue..

** et si vous vous sentez une âme d’investisseur bovin

*** l’économie du miel, et plus , c’est par là…

**** vous avez dit patriotisme touristique ?

Sous traiter la fraternité?

La liberté, c’est clair, dépend de notre gouvernement. On veillera juste à ce qu’il ne se prenne pas trop les pieds dans le tapis de l’état d’urgence, et qu’il saura faire juste usage du fichier monstre, j’ai nommé TES*.

L’égalité , ou du moins l’instauration des conditions d’égalité, reste le souci des mêmes. Bon, certains sont et seront plus égaux que d’autres, et l’évolution de la situation est controversée**, mais il y a du monde sur ce coup là.

On n’en dira pas autant de la fraternité. Elle ne se décrète pas. Elle est bien mise à mal par le communautarisme grandissant. Oh, il y a bien des circonstances plus favorables que d’autres***, mais cela ne reste pas évident de se sentir frère de la pouffe qui se gare systématiquement devant mon portail de garage sous prétexte qu’elle ne trouve pas de place ailleurs…

Alors je suis tombé en arrêt quand j’ai vu l’affiche du denier. Mais bon sang, mais c’est bien sûr! Juste un chèque, et hop, la fraternité progresse. Et en plus c’est déductible à 66%. Pratique, non ?

*  Vous avez dit TES ? Rapide présentation du monstre.

**  Alors, l’inégalité progresse-t-elle ou pas ? Ça dépend des points de vue.

*** Mais oui, il y a des circonstances plus favorables que d’autres.

 

Un mélange des genres méprisant

C’est comme pour le photovoltaïque* : pour atteindre son objectif, la France subventionne ceux qui ont le moins de chances de contribuer à son objectif.

Une prime pour financer des travaux amenant une économie d’énergie**… et donc de consommation de ressources naturelles, sous une forme ou une autre … bonne idée.

Car chacun sait que, hélas, la rentabilité intrinsèque de tels travaux, si on ne considère que l’impact direct à court terme, est souvent faible. Mais que l’intérêt collectif, en termes de qualité de l’air et de ses impacts sur la santé publique, pour ne parler que de ces derniers, est indéniable.

Mais pourquoi conditionner cela à un seuil de ressources?

Bref, le réserver aux propriétaires pauvres (quel locataire investirait dans le logement qu’il occupe ?), qui ont probablement bien d’autres priorités que de faire un investissement rendu moyennement rentable ?

Encore une fois, en mélangeant les genres on a créé un bidule qui aura un impact probablement confidentiel. melange-des-genres

  • Soit on veut faire un grand pas en avant, et on ouvre la mesure à tous.
  • Soit on veut faire une politique redistributive, et on augmente une alloc ou une autre.. sans créer un truc de plus dans le millefeuille.

En mélangeant les objectifs, on se prépare encore un gaspillage de fonds publics, pavé de bonnes intentions comme l’est l’enfer.

A croire que notre cher gouvernement méprise tellement les gens aux revenus modestes qu’il s’est mis en tête de leur dicter les priorités à suivre dans leurs dépenses. Ne sont ils pas assez grands ?

 

sur le photovoltaique et le dogme des electrons

** et si vous êtes intéressés par la mesure en question

Lettre ouverte aux recruteurs

Allez, je donne volontiers la parole à F, pour son coup de gueule, tellement je pense qu’il a raison…

i-want-you« Chers recruteurs,

A 30 ans, passé déjà à plusieurs reprises par la case chômage, me voilà doté d’une expérience de plus d’une centaine d’entretiens.

Vous recherchez tous la diversité. Mais vos entretiens sont d’une homogénéité, pour ne pas dire identité, consternante.

Vous prétendez viser la diversité des genres, des nationalités, … qui doit quand même être éduquée dans les écoles parisiennes ou les MBA américains. Diversité qui doit quand même nous faire partager tous le même profil psychologique (ESTJ pour les adeptes du MBTI), et une même passion (foot ou rugby pour les sportifs, piano pour les musiciens).

Au cours de mes entretiens vous m’avez posé de nombreuses questions – toujours les mêmes : personnalité, qualités et défauts, études de cas, expériences professionnelles, stages, choix d’études… questions bateau auxquelles il est facile de fournir des réponses bien préparées et policées.

En revanche vous ne m’avez presque pas interrogé sur mes expériences associatives. Et pourtant…

  • J’y ai fait plus de « management » (avec une vraie diversité de personnes…) que dans mes expériences professionnelles.
  • C’est là que j’ai fait le plus de contrôle de gestion opérationnel, que je suis passé par la case RH, que j’ai eu à gérer des situations de crise…
  • Il est plus simple d’être manager en conseil que chef scout… surtout chez les scouts de banlieue Nord.  Et pourtant combien d’entre vous ne considéreront pas cette expérience comme du management ?
  • Le trésorier d’une grosse association en sait davantage que l’auditeur senior en termes de flux de trésorerie et passage d’écritures comptables… Combien d’entre vous le valorisent ?

Après la case « associative » vient la rubrique « loisirs ». A vous entendre il s’agit souvent de la première rubrique lue. Aussitôt lue aussitôt oubliée semble t-il.

Comment valorisez-vous les qualités révélées par une passion de la mer, de la haute montagne, chez un joueur de musique en orchestre, un globe trotter… ? Apparemment distraitement, au vu de la fréquence des questions posées sur ces sujets.

Et si vous considériez ces rubriques comme l’ingrédient principal du gâteau, et non plus comme une simple cerise qui le couronne? Cela vous aiderait sans doute dans votre quête du graal de la diversité. »

 

A bon entendeur….

La banque au rythme cardiaque de 15 jours. Pas encore morte, mais pas loin …

Création d’entreprise. Nothing fancy, rien de rare, comme ils disent. Juste une bête entreprise. Qui ne demande rien à personne, juste le droit d’exister.

A un paresseux comme moi, cela demande un expert comptable et un banquier.

Côté expertise comptable, rien à dire. Ils doivent avoir faim, répondent rapidement, et ont fait leur la devise « il n’y a pas de petit client ».

Côté banque, c’est une autre paire de manches…  La procédure Française est encore trop complexe pour ouvrir ce genre de compte en ligne. Alors, c’est la tournée des coups de téléphone pour prendre rendez vous… impossible dans la quinzaine à venir, bien sûr.

La banque qui héberge mon compte perso depuis des décennies est la plus rapide… pour me dire en fin de rendez vous que « par politique du siège » ils ne travaillaient pas avec les entreprises comme la mienne. Je ne fais pourtant pas de commerce d’armes, lui dis je, je ne demande pas d’argent, et mes flux monétaires seront aussi rares que transparents. Elle est désolée, a un peu honte, mais le fait est qu’elle a perdu son temps, m’a fait perdre le mien, et, elle ne le sait pas encore, a perdu mon compte perso.

gasteropodePar manque totale de réactique, suivi d’un lapin, d’un autre candidat, il ne me reste plus qu’à me rabattre sur la recommandation de mon expert comptable. Et je découvre la banque à cycle d’horloge de 15 jours. Une semaine pour réagir à mon mail (car en vacances, en formation, en déplacement, en ….) et une semaine pour prendre rendez vous car l’agenda est bien plein suite à vacances, formation, déplacement, … Rendez vous pour signer deux malheureux papiers aussitôt scannés pour remplir le dossier électronique. Et récupérer d’autres papiers pour lesquels on va recommencer le cycle. Ce petit jeu dure près de deux mois. Euh !! vraiment impossible de faire tout cela a distance ? Je peux scanner à la maison ! C’est non.

Bon, les papiers sont faits, je n’ai plus qu’à attendre de recevoir ma carte bancaire. Qui arrive huit jours plus tard, sans chéquier , oublié quelque part dans le processus. Encore dix jours… pour le recevoir…mais pas à mon agence . «Voulez vous que je le fasse envoyer ?   Non merci, surtout ne faites rien, ça vous évitera de faire une erreur.. » Ça m’a échappé. Je sais, c’est méchant, pas bien. Et je file d’un coup de pédale d’une agence à l’autre.

Bilan des courses, démarches initiées fin mai pour une structure opérationnelle le 20 août.

« En Espagne, mon mari a fait tout cela en une journée quand il s’est agi de créer sa filiale »…me rapporte t-on.

Sans parler de mes Turcs*, qui ont mis moins de 24h de la demande de prestation au versement du premier acompte (en passant par une banque Allemande car ils ne sont pas en Europe).

Entre l’économie participative (je mets un point d’honneur à réagir dans l’heure aux sollicitations via air bnb) , les banques en ligne (j’ai ouvert mon compte Boursorama), l’ouverture de l’Europe, ça va être très dur pour nos dinosaures de banques**… Bon , ce post en contredit un autre***, mais bon, on a le droit d’avoir des hauts et des bas, non ?

Et, allez, examen de conscience du soir : ça ne m’arrive vraiment jamais de contribuer a ce ralentissement ?

 

 

* mes Turcs, un client tombé du ciel

** Il n’y a pas que nos banques d’ailleurs, d’autres entreprises dinosaures sont capables de ce type de réactique mollusque… je ne citerai personne.

*** Oui  ça m’arrive d’être optimiste pour la France.

Back to the future. Un client qui tombe du ciel.

Il y a 35 ans, j’ai conclu une phase de ma vie professionnelle en publiant un condensé de certains de mes travaux*. Sur une offre et une technologie un peu à la marge du business de l’époque, des choses que je trouvais un peu banales mais bon..

backtothe-futureTrois jours après la publication de mon changement de statut sur Linkedin, par laquelle j’informais la terre ébahie de la création de ma petite entreprise**, voilà qu’un étudiant Turc me contacte au sujet de cette vieille publication.

Je traîne un peu la patte, pensant à un canular ou à un étudiant un peu égaré. Mais il insiste, se présente comme mandaté par une entreprise Turque qui a de fortes ambitions dans ce domaine et recherche un coaching cumulant la technique (mais, mon grand, j’ai arrêté il y a 35 ans !!!) et le marketing (là, je suis un peu moins décalé).

Les échanges mails s’intensifient, s’accélèrent, et entre temps j’abuse de google…pour découvrir que ma publication reste encore populaire, reprise sur nombre de sites de téléchargement, voire même est unique en son genre sur le sujet. Comme s’il était un sujet sur lequel toute publication s’est arrêtée depuis 35 ans. J’obtiens confirmation de mon ex employeur que je pouvais bien faire ce que je voulais sur cette offre, sur laquelle, de sa part, tout investissement technique, commercial, et industriel est à zéro depuis des décennies.

En moins de 24 heures, la demande formelle arrive, la proposition repart, est acceptée, et le virement bancaire d’acompte est déclenché.

Trois jours  plus tard me voici au bord de la méditerranée… sur la côte Égéenne.

Et nous passons deux jours a faire l’exégèse commentée de ma prose, illustrée de leurs réalisations et échecs, et enrichie de quelques réflexions plus stratégiques sur leurs développements potentiels.

Comme quoi, il ne faut jamais sous estimer sa connaissance ni sa valeur. Et sa valeur n’est pas toujours là ou l’on pense. Qu’il est difficile de se juger !!

On peut tous être pape de quelque chose à notre insu…

 

* pour les curieux égarés…

** pour les curieux tout aussi égarés...