Bioéthique : bouteille à la mer ?

Monsieur le député.

Avant de vous écrire, j’ai lu avec attention vos diverses interventions sur le thème des lois bioéthiques en cours de vote.

J’ai énormément apprécié votre attitude , exposée le 20/6/2018, de recherche sur ce qui se passe à l’étranger.  Je regrette seulement que les études les plus récentes mentionnées datent de 2010, ce qui fait perdre dix ans de recul sur des impacts qui , on ne peut le nier, prennent des décennies à s’exprimer. Ne voit on pas trop souvent des blessures de la petite enfance ressortir lors des disputes de succession un demi siècle plus tard ?

J’ai également beaucoup aimé votre question du 24/7/2018  sur l’acceptabilité sociétale des propositions faites par Mr Delfraissy, président du CCNE. J’ai juste regretté l’absence de réponse sur ce point précis de sa part.

J’ai lu les divers arguments échangés, et mon expérience personnelle m’a amené à côtoyer des neveux élevés par un couple d’homosexuels, d’autres adoptés. Tous les cas existent, et il y a heureusement des parents suffisamment motivés et éduqués pour donner dans ce type de parentalité le meilleur à leurs enfants. Ce n’est hélas pas toujours le cas , comme je peux le constater très souvent dans les centres médicaux-psychologiques que je suis amené à côtoyer..

J’ai été choqué par la faible participation au vote  récent de la PMA pour toutes, sujet pourtant potentiellement clivant de notre société tant ses impacts , surtout à long terme, sont redoutés par certains.

En conséquence, je me permets de vous demander :

  • d’être présent et de participer aux votes concernant les lois de bioéthique, assumant ainsi vos responsabilités, non seulement face à vos électeurs actuels, mais face aux générations futures.
  • dans vos prises de position et votes, de toujours mettre en avant les plus faibles, les femmes en situation de précarité, qui seront toujours les premières exploitées, et bien sûr les embryons et bébés humains, sur lesquels nous n’avons pas le droit de tenter des expériences à caractère chimérique, et auxquels on ne peut imposer la perte de chances de ne pas avoir deux parents dont un père* , ni d’ignorer leurs origines. En ce qui concerne la “parentalité intentionnelle”, je me permets de vous rappeler que les engagements humains les plus solennels , tel l’engagement à vie du mariage, sont dans les faits reniés dans la moitié des cas.

Malgré une adhésion totale avec les intentions des organisateurs, je n’irai pas manifester le 6 octobre à Paris, tant les faits m’ont convaincu que le gouvernement n’écoute que les manifestations violentes, et sait rester sourd à d’autres dix à cent fois plus nombreuses mais pacifiques.

En vous remerciant de l’attention que vous aurez su porter à ce message, je vous prie de croire en mes sentiments vigilants et respectueux .

 

* a ce titre, il me paraît nécessaire d’abolir la loi, votée il y a presque un siècle et à ce jour totalement obsolète, permettant l’adoption d’un bébé par une personne seule.

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Sortir de la fosse d’assistance

Une jeune femme, bon job, un enfant, raconte. “Pas assez de temps pour vivre une vie de mère avec mon petit, lors j’ai décidé de travailler à mi temps. Tant pis pour la réduction de salaire, je gérerai”.

En pratique, quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’avec l’arrivée de diverses aides dont son revenu précédent, trop élevé, la privait, avec la baisse drastique du coût de certaines prestations et taxes,  prix de la cantine*, de la crèche, exonération de taxe d’habitation… (la vie est bien moins chère quand on est pauvre, conclut elle), son niveau de vie n’avait pas autant baissé que cela…. Tant mieux pour son enfant, qu’il profite de sa mère qui lui a fait ce si beau cadeau..

J’invente et continue l’histoire..

Au bout de quelques années, elle aimerait bien augmenter un peu son niveau de vie. Travaille un peu plus. Et fait le chemin inverse, perdant un à un tous aides et privilèges que son faible revenu lui conférait. Et se retrouve à devoir travailler deux fois plus pour, in fine, ne disposer quasiment que de la même aisance. Inacceptable. Il ne lui reste donc plus qu’à enfiler un gilet jaune et obtenir que le gouvernement élargisse un peu plus la fosse d’assistance dans laquelle elle était descendue quelques années plus tôt. Les riches, ou du moins ceux qui n’ont pas encore quitté le pays, paieront. Impossible ? La majorité  est déjà partie ? Alors on transférera l’ardoise à son enfant… qui va se retrouver à devoir payer son beau cadeau.

So what ? Après avoir compris le mécanisme de la fosse d’assistance grâce à cette jeune femme, qu’en tirer ?

Juste un guide de discernement pour mes dons ou investissements. S’assurer qu’ils permettent aux hommes de sortir de la fosse par eux mêmes (p. ex. en confiant des vaches a des éleveurs*** où en finançant l’éducation, en souscrivant aux obligations émises par les entreprises plutôt qu’en spéculant sur leurs actions****) plutôt que de les aider à y vivre moins mal..  En s’assurant que cela correspond à une réelle demande de leur part, bien sûr. Retour du bon vieux proverbe sur le don de poisson ou de l’apprentissage de la pêche…. toujours à condition que le pêcheur potentiel le désire, sinon, c’est encore un beau gaspillage!

* Le prix des cantines Grenobloises varie d’un facteur 1 à 10 selon le revenu

** si cela vous amuse d’aller voir les seuils de 28 aides sociales …  

*** des investisseurs et des vaches

**** actionnaire ou obligataire ?

Des taxes et de la valorisation doublée

Mon livre  de chevet* m’a abondamment parlé de la valorisation doublée. Oui, ce facteur là ! Celui qui nous fait inconsciemment valoriser deux fois plus ce qu’on perd que ce qu’on gagne. Ce conservatisme qui nous fait doublement résister chaque fois que l’on nous enlève quelque chose. Car nous sommes viscéralement attachés à nos biens. Dans mon cas, c’est sûr !

Alors quand une nouvelle taxe arrive, qui puise dans notre compte en banque, nous hurlons. En gros deux fois plus fort que raisonnable. Et il faudra donner deux fois plus pour compenser le sentiment de spoliation.

La preuve.

Ce meneur des gilets jaunes qui, spontanément, au 20h, qualifie d’”aumône” (sic) les quelques 20 euros mensuels que la réforme de la CSG a ajouté sur sa fiche de paie.

Mais qui ne souffre pas les 10 centimes d’augmentation de taxes sur le diesel, qui l’étrangle.

Je ne peux m’empêcher de faire, une fois de plus, un calcul.

20 euros donnés d’une main.

Mettons qu’ils soient intégralement repris de l’autre dans le même mois . A coup de 10 centimes** par litre, cela fait 200 litres. Mensuels.

A 5 litres au 100 , ces 200 litres le transportent sur 4000 km. Mensuels.

Il faudrait donc que ce pauvre manifestant étranglé par les taxes habite à plus de 100 km de son lieu de travail pour que ces deux mesures commencent à lui faire perdre du sacro saint pouvoir d’achat. 2 fois 100 km par jour, ça fait beaucoup…

Allez, c’est un gros rouleur . Mettons qu’il fasse 2*50km *** par jour pour travailler. Il est encore globalement gagnant. Encore une victime du facteur 2, qui le pousse à passer son week end à faire barrage.

Ce jeu de transfert de taxes peut passer pour du bonneteau. Mais j’avoue que s’il permet :

1 – de faire baisser le coût du travail (et je confirme que le coût total de mon employé à domicile a baissé de l’ordre de 1% sur les 12 derniers mois… à salaire net augmenté).

2 – de faire grimper le prix des ressources non renouvelables.

3 – et de donner un petit coup de pouce au pouvoir d’achat de la plupart des gens.

cela devient un très joli coup..

 

Moralité : que je me méfie encore plus de ce fichu facteur 2, qui m’inciterait si facilement à des réactions pas forcément adaptées…

 

* Bien sûr, mon “prix du bonheur” ..

**  Dans le marécage des chiffres balancés ici et là, 10 centimes permettent des calculs ronds. Selon vos références, 5, 10 ou 15 ne changent pas le raisonnement …

*** sachant que la médiane française est à 7,9km , selon l’INSEE . Tous les détails  là

 

Plus c’est gros, mieux ça passe

Grenoble en route vers l’autonomie alimentaire . Le maire pastèque* plastronne. Deux tonnes, vous avez bien lu, deux tonnes de nourriture sorties des serres municipales. C’est énorme !! Énorme ? Au point de viser l’autonomie alimentaire ?

Trois chiffres : 200 000 habitants. 2 tonnes . 10 grammes par personne. Par an.

Ou encore, si un homme mange 500 g d’aliment par jour, les serres municipales ont nourri 10 habitants. Il n’y en a plus que 199 990 à nourrir. En route vers l’autonomie alimentaire. Bonne et longue route ….

Ça ne gêne personne de mettre cette phrase en exergue. Stupidité, ou mépris de l’intelligence des lecteurs ?

Au fait, c’est la mission de la ville de nourrir ses habitants ? Çà ne me ravit pas de voir mes impôts locaux engloutis là dedans. Et vous ? Un maire de commune rurale se serait fait lyncher pour moins que cela.

 

PS : cocorico. Avec mes 11 kg de miel**, j’ai produit 1000 fois plus que la ville, pour ce qui me concerne  😉

 

* vert de peau, rouge dedans.

** 11kg ..comment ?

La fin du crédit gratuit ? Cadeau de Noël en conséquence.

2 août. Notre gouvernement est implacablement en marche. Il faut cesser cette maladie du déficit budgétaire, et toutes les économies sont bonnes à prendre. A imposer. Il va nous prouver que ce déficit n’est pas une fatalité, que si l’on veut bien (et même si l’on ne veut pas) , quelques changements parfois douloureux de notre mode de vie vont nous permettre de revenir dans le droit chemin de l’orthodoxie budgétaire.

Hasard du calendrier, durant cette même semaine on nous informe que la terre, elle aussi, vit dorénavant à crédit. Qu’il faudrait donc diviser par deux notre consommation de ressources pour résorber le déficit.

  • Deux fois moins de nourriture
  • Deux fois moins de transport
  • Deux fois moins de chauffage
  • Deux fois moins …. de tout, sauf d’amour et d’eau fraîche.

Ça fiche un peu le vertige. Mais je crois que c’est plus important que ce foutu déficit budgétaire qui, s’il n’est pas résolu, pourra toujours ruiner les créanciers.

En termes de planète, les créanciers seront nos descendants.. ou leur absence.

Ne rêvons pas, n’attendons pas .. en route pour le vélo (électrique au besoin, mais vraiment au besoin*), le covoiturage et les transports en commun (gratuits**), le recyclage, le potager d’agrément, les feux d’artifice deux fois plus courts***, les piscines deux fois moins larges, deux fois moins de clim, les œufs à repriser les chaussettes et la viande uniquement pour les fêtes. Des tomates locales **** , moins de voiture pour se dérouiller les jambes, et une balade dans le quartier qui permettra en plus de rencontrer les voisins*****.

Pas de défaitisme, il y a de l’espoir******

Pour finir, comme la saison s’approche, soyez in avec vos cadeaux de Noël : une tenue de cycliste imperméable, qui peut loger toute l’année dans le sac du PC 😉 . Plus d’excuse pour le risque de pluie.

 

* Les limites du vélo électrique

** Ça coûte si cher que cela ?

*** Ça changerait beaucoup les choses.

**** Des tomates et des cadres locaux

***** Du bénéfice de la fête des voisins

****** Bien sûr, qu’il y a de l’espoir

Des lois et des feuilles mortes

Bruxelles n’a pas encore réussi à trancher. Contre l’espérance de certains. A croire que la communication sur la nocivité du glyphosate, et pas seulement pour les abeilles*, ne leur est pas arrivée . Ou que le matraquage est plus violent en France qu’ailleurs, n’oublions jamais la totale partialité de nos media** .

Qu’importe. Il y a quelques années, un sage un peu désabusé de la politique me soutenait que l’on n’avait au final que les lois qu’on méritait. Que l’arsenal juridique ne faisait que entériner les souhaits de l’opinion publique. Pour une bonne raison, toujours la même***, c’est qu’ils tenaient à leur réélection. Et qu’en conséquence nos lois partageaient avec les feuilles mortes la caractéristique de suivre le courant qui les entraîne. Pas si faux.

En ce qui concerne le glyphosate, j’ai du mal à croire nos agriculteurs totalement inconscients. S’ils défendent ce dernier, c’est sans doute qu’ils ont à choisir entre disparaitre tout de suite (sous pression concurrentielle) et mourir plus tard (ce qui est notre lot à tous, non ?).

A nous de créer le courant.

En refusant d’utiliser du roundup dans notre jardin (même si c’est si pratique !).

En achetant du bio dans notre quotidien (oui, c’est plus cher mais de toutes façons l’agriculture sans glyphosate sera plus chère).

Le jour ou il n’y aura plus de demande de produits glyphosatés, il n’y aura plus besoin de loi.

 

*en direct, l’impact du traitement du voisin sur mes chéries

** les exemples de manipulation ne manquent pas dans ce blog

*** Leur unique pensée

Schizophrènes de la pétition ?

Encore une pétition qui circule pour faire interdire les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Mais pourquoi en faut il tant ? Notre gouvernement est il donc si sourd ? Nos agriculteurs sont ils si stupides et si mal informés qu’ils détruisent leur outil et leur environnement de travail, la nature ?

Et si les choses étaient un peu plus compliquées ?

Et si les signataires de pétitions étaient eux même une bonne partie du problème?

Au risque de radoter, non, l’état ne doit pas toujours nous materner*. Dans notre société de consommation, le pouvoir est au consommateur . A nous. Et si nous avons le pouvoir de notre porte monnaie, nous portons la responsabilité de la conséquence de nos achats, de nos investissements.

Au delà des abeilles (pour lesquelles je ne peux que vous encourager à installer une ruche sur votre balcon** et à arrêter les désherbants chimiques dans votre jardin), quelles pressions et quels encouragements mes achats apportent-ils aux agriculteurs?

Hier, je n’ai pas signé cette pétition. L’appel à Nicolas*** de la semaine dernière suffit. Mais j’ai acheté de la farine bio au supermarché. Modeste contribution à ce que se prolonge la croissance des surfaces agricoles cultivées en bio**** : 5% en 2016, en croissance de 17%.

 

* l’état doit il vraiment toujours faire quelque chose ?

** ah, installer une ruche

*** appel à Nicolas ?

**** La bio en France