Alors, on ne salue plus ?

Balade hygiénique sous ce grand soleil de février. Vite, vite, car le retraité du jour est débordé !!

Je croise et double quelques personnes, souvent dans le même cas. Ca jogge, ça papote, ça médite…

Perdu dans mes pensées, il me faut une demi heure pour réaliser que moi non plus, je ne dis plus le traditionnel “bonjour” que s’échangent les promeneurs en montagne. Sommes nous désormais trop près de la ville ? Ou faut-il mettre cela sur la baisse de l’esprit de fraternité, conséquence des mouvements communautaristes de plus en plus fréquents ces temps ci ?

Allez, on se reprend : un petit bonjour a chaque promeneur croisé ne me fera pas mourir, au contraire. La réaction des gens est amusante. Entre le regard surpris des uns, apeuré de jeunes femmes qui se sentent agressées, l’ignorance complète d’autres sportifs tout à leur performance, finalement bien peu renvoient une simple salutation souriante.

Ah, tout fout le camp, pourtant elle n’est pas si loin l’époque ou je m’amusais de ces salutations systématiques une fois la lisière du parking dépassée *.

Est ce réellement une évolution de notre société ? Tout à cette question, deux employés municipaux me rappellent à l’ordre, en me gratifiant d’une salutation joyeuse sans pour autant interrompre leur travail.  Merci de la leçon, messieurs. Allez, fi du découragement, continuons à nous saluer. Même entre piétons croisés en ville, pourquoi pas ? Ca ne coûte pas cher, et on se sent tellement mieux..

 

 

C’était en 2014 . Les choses ont elles tant changé en 5 ans ?

Laissons-les donc se débrouiller seuls..

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Lâchez la, laissez la tomber, elle vous étonnera…

Noël au nord du Togo. Depuis le début de ce séjour, nous croisons une succession d’ONG et de centre de santé perfusés par l’Occident. Nous vivons une fois de plus, comme à Madagascar il y a deux ans et au Mali avant, ce racisme officialisé difficilement acceptable qui nous rackette sur notre seule couleur de peau. Eh oui, le blanc est là pour faire tourner l’économie. Une pompe est en panne ? Attendons l’ONG qui viendra la réparer (c’était au Mali).

Il est vrai que c’est très difficile pour un local d’entreprendre. Très vite, il se trouve dans l’obligation de faire vivre la famille, le village, et de s’effondrer sous ces charges

Mais est ce une raison pour que l’occident continue de perfuser ? N’est ce pas une forme de maintien du pays sous son contrôle, une colonisation des temps modernes ? De plus en plus de voix s’élèvent pour recommander une diminution drastiques des missions humanitaires. Une chose est sûre, elles ne doivent avoir pour seul objet que le transfert de connaissances. A l’image de ce centre de soins d’Aledjo qui refuse de créer un orphelinat (les enfants appartiennent au village, pas aux sœurs ) et décrit sa mission première comme d’être un centre de formation (nous sommes une poignée de soignants permanents, avec une vingtaine d’autres en formation qui tournent tous les six mois).

Finalement, sans aller si loin, n’est ce pas le même cas que celui de notre assistanat*, et de notre attitude vis à vis de nos entrepreneurs** ? S’assurer que l’on donne de la connaissance, que l’on loue de la ressource- dans les deux cas si cela répond à une demande– dans un contrat clair , et laisser la liberté d’agir.

 * sur notre trappe a assistance

** aider les entrepreneurs en étant actionnaire ?

Les 4000 parapluies de Fatima

Éparpillés sur le parvis, nuée de papillons colorés, chacun abrite un couple. Pourtant le ciel est clément.

Cela fait bientôt une semaine que cette foule bigarrée et polyglotte hante les lieux. Se recueille dans la basilique toute neuve. Se retrouve bruyamment, de drapeau en maillot. S’abreuve de méditations , s’émeut de témoignages. Forts.

80 pays. 9000 personnes. Quel brouhaha puissant quand tous récitent le « notre père », chacun dans sa langue.La langue qui force chacun a aller vite a l’essentiel. Quelle profondeur dans ces réflexions en petits groupes, ou d’aucuns traduisent le brésilien, d’autres le polonais, l’espagnol et le français dans un anglais devenu lingua franca.

Admiration de cette équipe Syrienne, éparpillée suite a la guerre de par le monde, qui se retrouve derrière ce drapeau qu’ils chérissent.

Sous chaque parapluie, donc, un couple de chercheurs de Dieu. Qui se disent merci, pardon, s’il te plait. Ces fondamentaux du management dont j’avais dit à certains qu’ils étaient valables pour le couple*. Ils renforcent leur couple, leur famille, leur projet. Plus tard ils se rediront leur promesse de mariage.

Qu’il fait du bien ce ressourcement.

Qu’elles sont fortes les amitiés créées. Qu’elle était belle, cette fête ou les prêtres Portoricain et Polonais dansent sur la clarinette Brésilienne . Tous repartent avec la certitude que cette séparation n’est qu’un au revoir. Sur cette terre, peut être. Dans l’éternité, certainement.

Difficile de résumer en quelques mots les apports de cette semaine. Au delà de la relation humaine, qui vaut plus que tout, quelques fioretti:

  • « Nous n’avons pas dans nos mains la solution aux problèmes du monde. Face aux problèmes du monde, nous avons nos mains, et Dieu regardera nos mains.« 
  • « Le plus grand danger de notre humanité est aujourd’hui l’absence de cœur.« 
  • « La joie n’est pas une émotion mais un devoir du quotidien. Quand une famille, un couple, une société oublient la fête, ils tombent malade.« 
  • Pour terminer sur ce mot du cardinal de Mossoul, qui pardonne a Daech : « parce que nous sommes disciples du Christ, que ne pas pardonner ne résout rien. Et je ne pourrais pas vivre le reste de ma vie avec cette souffrance de ne pas avoir pardonné.« 

 

* fondamentaux du management ?
** L ‘ensemble des interventions de la semaine, avec une reco spéciale pour la conférence de l’archevêque de Mossoul (jeudi 19) , le témoignage de cette famille argentine, et le mot du cardinal Tuckson sur l’écologie humaine (mercredi 18).
*** Et si ce mouvement de spiritualité conjugale vous interpelle, le site Francais des Équipes Notre Dame

Bienvenue sur Entourage

Je suis Claire du Réseau Entourage.
Vous faites partie des premiers utilisateurs. Et ça, vous pourrez le raconter à vos petits-enfants plus tard : c’est grâce aux pionniers comme vous que le réseau pourra avoir un véritable impact social !

Pourquoi Entourage ?
Parce que tous ensemble, on peut lutter contre la solitude des personnes sans-abri autour de nous.
Vous croisez souvent des personnes SDF mais “vous ne savez pas comment faire” pour les aider ? Avec l’appli Entourage, vous pouvez :

  • VOUS FORMER : avoir les clefs pour créer du lien, étape par étape, grâce à notre guide « Simple comme bonjour » !
  • VOUS INFORMER : accéder à des ressources pour orienter au mieux les personnes dans le besoin vers des structures d’aide
  • AGIR : postez et rejoignez des actions bienveillantes avec les voisins du réseau

Des questions ?
Pour vos premiers pas sur l’appli, vous pouvez vous aider de ce tutoriel vidéo !

Des idées pour améliorer l’application ?
Grâce à vos retours, le réseau Entourage se développera pour toujours plus de solidarité autour de nous.
N’hésitez pas à me répondre par mail, je suis disponible pour échanger avec vous.

On compte sur vous pour poster ou rejoindre des actions : on vous donne des idées d’actions faciles à créer ici ! À très bientôt sur Entourage

 

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Retrouvez nous sur les réseaux sociaux :

 

Vous avez compris que ce post est le plus facile de toute la série : juste un copier coller de ce qui est arrivé dans ma boîte aux lettres. Et qu’il ne tient qu’à vous de recevoir le même … une idée de résolution de rentrée ?

Et ceux qui suivent auront compris qu’Entourage est une réalisation de Jean-Marc (avec d’autres, bien sûr). Et pour revoir son TEDx.

Sous traiter la fraternité?

La liberté, c’est clair, dépend de notre gouvernement. On veillera juste à ce qu’il ne se prenne pas trop les pieds dans le tapis de l’état d’urgence, et qu’il saura faire juste usage du fichier monstre, j’ai nommé TES*.

L’égalité , ou du moins l’instauration des conditions d’égalité, reste le souci des mêmes. Bon, certains sont et seront plus égaux que d’autres, et l’évolution de la situation est controversée**, mais il y a du monde sur ce coup là.

On n’en dira pas autant de la fraternité. Elle ne se décrète pas. Elle est bien mise à mal par le communautarisme grandissant. Oh, il y a bien des circonstances plus favorables que d’autres***, mais cela ne reste pas évident de se sentir frère de la pouffe qui se gare systématiquement devant mon portail de garage sous prétexte qu’elle ne trouve pas de place ailleurs…

Alors je suis tombé en arrêt quand j’ai vu l’affiche du denier. Mais bon sang, mais c’est bien sûr! Juste un chèque, et hop, la fraternité progresse. Et en plus c’est déductible à 66%. Pratique, non ?

*  Vous avez dit TES ? Rapide présentation du monstre.

**  Alors, l’inégalité progresse-t-elle ou pas ? Ça dépend des points de vue.

*** Mais oui, il y a des circonstances plus favorables que d’autres.

 

Push pull

Le montage cœur de l’ampli hi-fi de mes jeunes années d’électronicien. Deux transistors musclés en étage de sortie, qui entraînent alternativement vers le haut et vers le bas la tension appliquée au haut parleur. Et quand l’un tire, l’autre pousse, un peu comme les ressorts d’un trampoline qui contribuent en chœur à la beauté de la figure.

Ils m’ont aussi remémoré les bidouilles peu orthodoxes, a base de self et de condensateurs, visant à propulser plus haut et plus fort le trampoline.main_couple_book

Même âgés, la self avec quelques spires jointives, et le condensateur un peu fuyard, leur couple m’a remémoré le push pull. Un qui pousse et l’autre qui tire. En chœur. Et on alterne.

II a été le roi de la carte perforée et m’a tout appris du fortran. Maintenant son doigt n’a plus la précision exigée par l’écran tactile.

Elle a consacré sa vie aux enfants, à la maison, à la prière. Maintenant elle prend le relais techno. Non, l’écran du kindle ne se pince pas comme celui d’un ipad. Oui, en allant sur la maison, puis la bibliothèque, tu peux choisir puis ouvrir son livre sur la liseuse, assez légère pour tenir longtemps dans ses mains.

Soixante cinq ans de vie de couple, et le push pull fonctionne encore, l’un qui pousse et l’autre qui tire . En alternance.

Merci de ce modèle, mes parents.

Retrouver le sens du politique

Un petit livre de 90 pages … mais écrit par des curés, donc forcément a priori rébarbatif :-))

Alors je vous en fais un résumé rapide, juste pour vous donner un peu envie. Pas un résumé, un extrait . Une phrase par chapitre… choix difficile car il ne peut bien sûr refléter toute la finesse du verbe.

Ça commence par le titre, que j’ai coupé en deux.dans-un-monde-qui-change

Retrouver le politique
…l’absence de projet ou de vision à long terme,des comportements partisans et démagogiques… sont injustifiables et sont devenus insupportables…

Une société en tension
…La contestation est devenue le mode de fonctionnement habituel, et la culture de l’affrontement semble prendre le pas sur celle du dialogue…

Ambivalence et paradoxes
…Il y a donc un équilibre à trouver entre une sécurité maximale illusoire, et une protection des libertés qui est fondamentale…

Un contrat social à repenser
…Dans une société ou l’individu et non le collectif est devenu la référence,il y a un sentiment de déception vis à vis de l’état providence qui n’arrive pas à satisfaire les attentes….

Différence culturelle et intégration.
…Il convient donc pour l’avenir de notre société de redéfinir ce que c’est d’être citoyen français, ety de promouvoir une manière d’être ensemble qui fasse sens….

L’éducation face à des identités fragiles
…plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui…

La question du sens
…la politique s’est faite davantage pourvoyeuse de droits individuels et personnels de plus en plus étendus, que de projets collectifs …. Il faut consentir à inscrire son action dans le temps long.

Une crise de la parole.
..nous savons que c’est la confiance dans la parole donnée qui permet que s’élabore une vie en société…dire clairement ce qui semble bon pour la vie en commun est une responsabilité de chacun.

Pour une juste compréhension de la laïcité.
..la laïcité de l’état est un cadre juridique qui doit permettre à tous,croyants de toutes religions et non-croyants, de vivre ensemble..

Un pays en attente, riche de tant de possibilités.
..Notre pays est généreux, mais il est en attente … les enjeux écologiques et environnementaux sont en train de transformer en profondeur sont en train de transformer nos conceptions de la vie en société et nous tournent vers des attitudes de simplicité, de sobriété et de partage…

Conclusion.
..chacun, à son niveau, est responsable de la vie et de l’avenir de notre société. Cela demandera toujours courage et audace. des qualités qui n’ont jamais déserté le cœur de notre pays.

Et pour la post conclusion, qui s’intitule “2017, année électorale-quelques éléments de réflexions” , je ne l’ai trouvé que dans l’édition papier …Si vous m’avez lu jusqu’ici, vous avez déjà fait une bonne partie du chemin !!!

 

Le texte intégral en pdf

Et pour ceux qui sont des visuels   

LA destination du jour pour femmes enceintes

sur le chemin de la cheminée du Paradis ... sic.

Boufaréo nous raconte tellement bien l’histoire que je ne résiste pas … Elle est un peu longue, alors si vous avez la flemme de tout lire, vous pourrez l’écouter tout en ouvrant vos huitres ou en dénervant votre foie gras … En prime vous aurez droit à l’assent.

 

Boufaréo – Moi je suis l’ange Boufaréo. Ils m’ont appelé comme ça à cause des grosses joues que j’ai fini par attraper à force de jouer de la trompette chaque fois que le bon Dieu est content. Et cette nuit-là, jamais il n’avais été aussi content de sa vie le bon Dieu. Il allait être Papa d’un moment à l’autre. Et moi, j’avais jamais soufflé aussi fort dans mon instrument.-

 Je vais vous dire comment ça s’est passé, parce que, de l’endroit où j’étais, c’est tout de même moi qui ai le mieux vu les choses. C’était le 24 décembre, il faisait mistral et tous les habitants de Bethléem s’étaient mis au lit de bonne heure. Et ils avaient ramené leur couverture au-dessus de leur tête pour ne pas entendre souffler le vent. Le mistral, qui est un ami du bon Dieu, avait chassé les nuages à des milliers de kilomètres, pour que le ciel soit tout propre et tout brillant d’étoiles pour la naissance du petit. Ça partait d’un bon sentiment, mais ça avait baissé la température. J’avais juste mes ailes pour me mettre à l’abri, et je commençais à me faire du mauvais sang. Je me penchais de tous les côtés..

Enfin, je les ai aperçus, les pauvres, ils faisaient peine à voir. St Joseph marchait devant, la barbe secouée par le mistral comme une bannière. Il essayait de couper le vent à la Ste Vierge avec ses larges épaules. De temps en temps, il se retournait et il disait :

Joseph – Et alors, ma belle.

Marie – Je n’en peux plus.

Joseph – Oh, allons, encore un petit effort. Tient, je vois un cabanon là, tout près.

Marie – Personne ne veut de nous.

Joseph – Eh, les riches peut-être, mais ici ce sont des pauvres. Ils nous feront bien une petite place.

Marie – Donne-moi ton bras.

Joseph –

 Là, tiens…

Marie –

 Mon Dieu, que j’ai mal…Aïe ! !

Joseph – Oh, aïe aïe aïe aïe aïe aïe, quelle misère, ah, nous sommes propres va.

Pas d’argent, pas de maison, et une femme qui va accoucher en pleine nuit, et par un temps pareil ! N’ai pas peur, va,… attend, je vais te porter.

Marie –Je te demande pardon de te causer tant de soucis.

Joseph – Mais je suis sûr que ça s’arrangera. Mais tout de même, le bon Dieu il n’est pas raisonnable. Quand je t’ai épousée j’aurai dû poser mes conditions.

Marie – Tu regrettes ?

Joseph – Non mais, écoute-moi bien ma belle, mais qu’est-ce que je suis moi, un pauvre rien du tout. Et le bon Dieu m’a donné le droit de te prendre par la main, de te porter dans tes bras, toi, la mère de son petit. Et tu voudrais que je regrette quelque chose ? Ho, mais un bonheur comme ça, je ne l’avais pas mérité moi. Seulement, qu’il nous aide un peu le bon Dieu. Autrement, nous allons à la catastrophe ! Et il y aura des gens qui vont dire que c’est de

ma faute. Attend, là, bouge pas, nous sommes arrivés. Toc toc toc. Il y a quelqu’un ? Ho, ils dorment les pauvres. Ça m’ennuie de les réveiller, mais je ne peux pas faire autrement. Toc toc toc.

Boufaréo – Vous avez entendu St Joseph ? Il n’y a pas plus brave que cet homme, il n’aime pas déranger les gens, et même, quand il s’est aperçu que le cabanon était une étable, il a eu un peu honte de déranger le bœuf et l’âne. Bien sûr, c’était que des bêtes, mais elles avaient travaillé dur toute la journée et elles avaient le droit de dormir comme tout le monde. Il leur a dit :

Joseph – Heu, excusez-moi de vous déranger.

Boufaréo – Le bœuf et l’âne qu’on avait tirés du premier sommeil, ont failli se mettre en colère. Mais quand ils ont vu la jolie Ste vierge toute pâle, toute mourante et St Joseph avec ses grosses mains rudes et calleuses de travailleur, ils ont eut honte et sont devenu tout gentils, tout pleins d’amitié.

L’âne – Restez pas dehors.

Le bœuf – Venez vite au chaud.

L’âne – Vous avez de la chance, juste on a changé la paille, ce matin.

Le bœuf – Si on avait su que vous veniez , on aurait mis un peu d’ordre.

Boufaréo – St Joseph avait l’âme si simple, qu’il ne s’était pas étonné que les animaux parlent avec l’accent. Et puis il avait trop de soucis en tête pour attacher de l’importance à ces détails parce que, la Ste Vierge, elle, elle venait d’entrer dans les douleurs.

Joseph – Oh mais c’est terrible, Ho, qu’est-ce qu’il faut faire moi je sais pas.

L’âne – Et moi non plus, je suis qu’un âne.

Le bœuf – On voudrais bien pouvoir vous aider mais…on est bon à rien.

Joseph – Mon dieu, donnez-moi vite un coup de main ah, avec ces deux santons comment voulez-vous que je m’en tire.

Boufaréo – Il était presque minuit. Je me suis approché du fenestron. Ce que j’ai vu et ce que j’ai entendu, ça parait pas croyable et c’est pourtant la franche vérité.

Le bœuf – Puisqu’on ne peut pas se rendre utile, on pourrait toujours dire une prière

L’âne – Tu en sais, toi, des prières ?

Le bœuf – Moi non, mais St Joseph, forcément, il doit en savoir.

Joseph – Oh, mais écoutez les ces fadas, les prières elles ne sont pas encore inventées, c’est justement pour ça que le petit, il doit venir sur la terre.

Le bœuf – En attendant, on pourrait toujours se mettre à genoux.

Boufaréo – Parfaitement, c’est comme ça que les choses se sont passées. St Joseph, le bœuf et l’âne se sont agenouillés tous les trois. Il était minuit juste. GlooOooria

Et le petit est né, il a pas poussé un cri, il est né avec le sourire. La Ste Vierge elle souriait aussi. Le bœuf, l’âne et St Joseph poussaient des larmes grosses comme des olives. Alors St Joseph a dit des mots qui lui venaient du fond du cœur et que jamais personne ne lui avait appris. Et l’âne et le bœuf qui étaient encore moins savants que lui répondaient à tour de rôle

Joseph – Je vous salue Marie, pleine de grâce.

Le bœuf – Le seigneur est avec vous.

L’âne – Vous êtes bénie entre toute les femmes.

Joseph – Et le petit Jésus, le fruit de vos entrailles il est béni.

Le bœuf – Ste Marie bonne mère de Dieu.

L’âne – Priez pour nous pauvres pêcheurs.

Joseph – Maintenant, et à l’heure de notre mort.

L’âne – Le bœuf – Joseph – Ainsi soit-il.

Boufaréo – Alors moi, je suis monté dans le ciel aussi haut, aussi vite que j’ai pu pour annoncer la bonne nouvelle au monde et j’ai soufflé dans ma trompette à m’en faire péter les veines du cou. Trompette – Alors le mistral s’est arrêté d’un coup. Je crois que j’avais réussi à le faire taire. Les gens se sont assis sur leur lit en se frottant les yeux et en disant : »Et quésaco, et qu’est ce qui nous arrive. » Alors mes collègues les anges, ceux qui ont la voix douce leur ont chanté une petite chanson pour qu’ils ne s’effrayent pas, pour qu’ils ne s’imaginent pas que c’était la fin du monde juste le jour où le monde venait de naître. Il est né le divin enfant – Et alors, j’ai plus su où donner de la tête parce qu’à partir de ce moment-là les miracles se sont succédés à une allure extraordinaire. Le miracle du Boumian et du Gendarme, et bien, il n’était pas commode à réussir…

Le Boumian, son métier, c’était de voler des poules, le gendarme, lui, son métier, c’était d’arrêter les Boumians. Ça faisait 20 ans qu’ils se couraient après, et jusqu’à présent, le Boumian avait toujours échappé au gendarme. Or précisément cette nuit là, à minuit juste, On entendit dans le poulailler de Roustide, Roustide c’est le plus riche propriétaire de Bethléem, un gros rire triomphant.

Le gendarme – Ha ha ha ha !!!

Boufaréo – C’était le gendarme qui venait enfin de prendre le Boumian en flagrant délit.

Cot cot cot

Le gendarme – Cette fois, mon brave ami, je crois que je te tiens !

Le Boumian – Eh, j’ai rien fait de mal.

Le gendarme – Et cette dinde que tu viens de prendre sous mes yeux, elle est à toi peut-être ?!

Le Boumian – Heu, pas tout à fait. Mais c’est Noël.

Le gendarme – Et alors !!

Le Boumian – Et alors, à Noël, tout le monde en mange de la dinde.

Le gendarme – Noël ? Je n’en ai jamais entendu parler !! Allez ! marche devant, et n’essaye pas de te sauver, je te préviens que j’ai mon calibre sur moi !!

Il est né le divin enfant

Le Boumian – Vous avez entendu, Brigadier ?

Le gendarme – D’abord, je ne suis pas brigadier, et ensuite, n’essaye pas de distraire mon attention !!

Le Boumian – Eh, brigadier ou pas vous avez entendu quand même !

Le gendarme – Evidemment, j’ai entendu.

Le Boumian – Et quel effet ça vous fait ?

Le gendarme – ça ne te regarde pas !

Le Boumian – Moi, je vais vous le dire l’effet que ça vous fait : Je suis sûr que vous avez envie de me remettre en liberté !!

Le gendarme – Comment tu le sais ?

Le Boumian – Parce que moi, c’est un peu la même chose : La dinde, j’ai envie de la rendre à son propriétaire.

Le gendarme – Mais qu’est-ce qui se passe, nous sommes tous devenus fadas !!

Le Boumian – Peut-être.

Hou hou

Boufaréo – Vous avez remarqué, mes collègues ont changé de répertoire, mais quoi qu’ils chantent ça fait toujours le même effet. Ca réveille dans le cœur des hommes des choses qu’ils ne soupçonnaient pas, qu’ils avaient oubliées. Même ce poltron de Pistachié, même sa femme, la poissonnière, ils se sont sentis soudain bizarres, comme s’ils étaient en train de changer de peau.

La poissonnière – Et pourquoi tu dors pas, Pistachié ?

Pistachié – J’ai entendu du bruit, c’est peut-être des voleurs.

La poissonnière – Oh, vas, les voleurs, tu n’as pas honte d’être si peureux !!

Pistachié – Oh, et toi, pourquoi tu ne dors pas ? Tu sais bien que tu dois te lever à 5 heures!

La poissonnière – J’ai des cauchemars, je sais bien que c’est l’hiver, mais le poisson que je vais leur vendre demain, ça fait plus de huit jours que je l’ai.

Pistachié – Mais, qu’est-ce que ça peut te faire, puisque c’est pas toi qui le manges. Eh, tu l’arroseras un peu à, et personne n’y verra rien.

La poissonnière – Oui, mais c’est guère honnête.

Pistachié – Eh, ça fait 20 ans que tu fais comme ça, je ne vois pas pourquoi tu changerais aujourd’hui !!

La poissonnière – Tais-toi, tu me fais honte ! Bon, il faut que j’aille le voir ce poisson, et s’il n’est pas comme il doit être, et bien tant pis pour moi euh, je le jette !!

Pistachié – Oh, mais qu’est ce qui lui prend à ma pauvre femme, elle veut nous mettre sur la paille !! Hou hou

La poissonnière – Pistachié, oh, Pistachié, viens vite, viens vite voir !!!

Pistachié – On a fracturé le tiroir-caisse !?

La poissonnière – Viens voir, que je te dis !Regardes ces rascasses !

Pistachié – Oh !

La poissonnière – Quand on s’est couchés, elles étaient molles et grises, et, elles avaient plus figure humaine. Et bien, regarde-les maintenant, on les dirait vivantes, regarde comme elles ont l’œil clair, on dirait qu’elles vont te parler. Et les couleurs qu’elles ont…

Pistachié – C’est un vrai miracle.

La poissonnière – Et alors, alors ce serait vrai que ce petit, c’est le bon Dieu qui nous l’envoie !

Pistachié – Il faut y aller voir tout de suite, eh !

La poissonnière – Tu veux sortir, toi, au milieu de la nuit, poltron comme tu es.

Pistachié – Dans les grandes circonstances, je n’y pense pas que je suis poltron, allez zou, faisons donc, allez.

La poissonnière – Prend au moins ton fusil de chasse, des fois que tu rencontres le Boumian.

Pistachié – Si je le rencontre le Boumian, je lui souffle dessus, mais le fusil, je le prends quand même, parce que si je tombe sur une lièvre…

La poissonnière – Si tu tombes sur une lièvre, tu feras comme d’habitude : tu la vises, et tu la manques.

Pistachié – Vas savoir, si le Bon Dieu il a fait un miracle, ce soir, pourquoi il n’en ferait pas deux. Hou hou

Boufaréo – Les miracles de cette nuit, je ne peux pas vous les raconter tous, parce qu’il y en a trop. Tous les habitants de Bethléem s’étaient rassemblés sur la place. Ils avaient mis leurs habits du dimanche, ils avaient des cadeaux pleins les charretons, et ils brandissaient des chandelles. Il n’y en avait qu’un qui dormait : c’était le Ravi. C’était pas parce qu’il avait le sommeil profond, mais que ce soit le jour ou la nuit, il était jamais complètement réveillé.

Le jour, il restait à sa fenêtre, les bras en l’air, en regardant les gens, le ciel, les bêtes, les fleurs, et en disant:

Le Ravi – Que le monde est joli ! C’est pas possible qu’il soit aussi joli !

Boufaréo – Les bras toujours levés et le bonnet de nuit sur la tête, il est venu se mêler à la foule. Soudain, il s’arrêta : Il venait d’apercevoir un vieillard triste sous un porche.

Le Ravi – Qu’est ce que tu as toi, à ne pas être heureux ?

L’aveugle – Moi, je suis l’aveugle.

Le Ravi – Il faut que tu sois heureux quand même, un jour comme aujourd’hui. Viens avec moi, je te raconterai tout, je te dirai comment ça se passe. et fais moi confiance, j’ai de l’imagination. Comme je te le dirai moi, ce sera encore plus vrai que nature.

Boufaréo – Et il a pris l’aveugle par le bras, mais il ne savait pas exactement où aller, les gens tournaient en rond, et se demandaient de l’un à l’autre: « mais, où il est ce petit ! » j’ai donné un tout petit coup de trompette (Trompette) Ils ont fait le silence, et je leur ai dit: Vous n’avez qu’a me suivre ! Alors, ils se sont pris par la main, et ils m’ont suivi en dansant la farandole (musique de farandole) Si vous permettez, nous allons filez devant pour voir ce qui se passe dans la crèche. Mais n’oubliez pas de prendre vos pardessus, parce qu’on y gèle dans cette étable. St Joseph se fait un mauvais sang terrible

Joseph – Oh mais c’est pas un temps à chrétien ça, il va s’enrhumer le pauvre petit.

L’âne – Et à son âge, un rhume ça à vite fait de tomber sur la poitrine.

Le Bœuf – Au lieu de dire des bêtise, tu ferais mieux d’avoir une idée.

L’âne – Pour les idées, tu sais, les ânes, ils sont bien forts.

Marie – Ses petites mains sont toutes froides. Il a le bout du nez gelé.

Le Bœuf – Attendez bonne mère, je vais vous le réchauffer. Ca vous ferait rien de le poser sur la paille.

Joseph – he he he fais bien attention he il est si petit, si petit tout nu.

Le Bœuf – Ne craignez rien, vous voyez, je m’allonge à côté de lui, et mon collègue aussi, allez, dépêche toi, comme ça, il est déjà un peu protégé contre le courant d’air.

Joseph – Ah, mais ça ne suffira pas pour le réchauffer.

Le Bœuf – Et va savoir. Nous les bêtes, pendant l’hiver, il nous pousse du poil, et on conserve le chaud au dedans de nous. Evidemment, il vaudrait mieux une bonne cheminée avec un grand feu de bois. Mais tout ce qu’on peut lui donner, c’est notre chaleur.

Marie – Vous êtes les plus braves, mon fils ne vous oubliera pas.

Le Bœuf – Si entre malheureux on ne s’aidait pas, ce ne serait pas la peine.

L’âne – Allez, fais pas l’hypocrite, dis le à la bonne mère qu’on y pense aussi à la gloire, c’est vrai, jusqu’à présent, il y en avait que pour le cheval et le taureau, mais j’ai l’impression, que le bœuf et l’âne, il s’en parlera un peu à partir de maintenant*, et qu’on en dira du bien, vous ne croyez pas ?

Jésus – Ick !!

Joseph – Oh, catastrophe, il a éternué ! Oh oh oh, il va prendre le mal de la mort ce petit.

Marie – Rendez-le moi.

Le Bœuf – Attendez, au collègue, quand je te souffle sur le museau, qu’est ce que ça te fais?

L’âne – Beh eh, ça me rire.

Le bœuf – Ca te fais rire, mais ça te chauffe. Souffle moi dessus pour voir…

Joseph – Oh, mais vous croyez que c’est le moment de vous amuser comme des imbéciles !

Le Bœuf – Comprenez-moi. On va lui souffler dessus mon copain et moi. Tout les deux ensemble, vous allez voir si on vous ne le réchauffe pas votre petit. Allez, on y va: (soufflements) Regardez, il a souri, il est déjà presque tout rose.

Boufaréo – Vous me direz que le bon Dieu, il n’avait rien de plus facile pour lui que d’envoyer le bon temps, un 24 décembre sous le climat, ça n’aurait étonné personne. Mais il fallait d’abord accomplir les écritures. Dites-vous bien une fois pour toute qu’il sait ce qu’il fait le bon Dieu. Son petit, c’était pas un fils de famille il fallait qu’il soit élevé à la dure, qu’il apprenne les difficulté de la vie. Mais voilà les gens qui arrivent en dansant la farandole (musique: farandole ou vite levez vous doux pastouriaux..) Et le Ravi marchait le premier en tenant l’aveugle par la main.

Le Ravi – Eh, j’en ai vu des jolis petits nistons, mais des jolis petits nistons comme ce joli petit niston là, je ne croyais pas que ça pouvait exister !!

Boufaréo – Et il avait raison ce demi fada ! Parce que moi non plus, je n’avais pas encore vu le petit Jésus, et ça m’en a coupé les ailes. Et tout les gens qui étaient là, ils étaient paralysés de la surprise et de la joie. Alors ils sont tombés tous ensembles sur leur genoux, et ils se sont mis à chanter à pleine voix (musique: GloOoooria) Après, il y a eu un silence embarrassé. Tout le monde voulait parler, mais personne ne savait plus que dire. Et le plus embarrassé de tous, c’était le gendarme. Tout les habitants de Bethléem avaient apporté des cadeaux excepté lui. Alors il est devenu tout rouge, et il a dit.

Le gendarme – Sainte Vierge, et vous St Joseph, excusez moi, j’ai pas eu le temps de passer à la maison, j’étais de service. Autrement je vous aurez apporter des figatellis, de la farine de châtaigne et du fromage corse. Mais je n’ai rien sur moi que mon revolver. Alors, je vous le donne pour amuser le petit.

Joseph – Ah, tu es bien brave mais…

Le gendarme – N’ayez pas peur, c’est un revolver d’honnête homme, il n’a jamais servi.

Joseph – Oui, mais il risque de se blesser.

Le gendarme – Pensez vous, il n’y a pas de cartouche.

Joseph – Ah…

Le gendarme – Juste, je le porte à la ceinture pour assurer le monde. Mais vous ne pensez tout de même pas que je m’en suis servi contre mon prochain !

Marie – Merci Colombani.

Le gendarme – Vous savez mon nom ?

Marie – Je sais beaucoup de choses sur toi Collombani. Je sais par exemple que tu attends une lettre depuis longtemps. Et bien tu la recevra demain au courrier cette lettre.

Le gendarme – Une lettre !?

Marie – Ta nomination de brigadier : le ministre est en train de la signer en ce moment. Alors ce revolver, garde le. Parce qu’un brigadier sans revolver, ça ferai mauvais effet

Le gendarme – C’est vrai ce que vous dites ?

Joseph – Ah, oh non, dis donc. Mais tu ne vas pas traiter ma femme de menteuse, toi !!

Marie – Mais promet moi de continuer à ne pas t’en servir !

Le gendarme – Ne vous faites pas de soucis. Non seulement j’y met pas de cartouches, mais je laisse toujours le cran d’arrêt. Ha ha ha ha .

Boufaréo – Après, tout le monde voulait parler en même temps, mais naturellement, c’est Honorine la poissonnière qui a eu le dessus.

La poissonnière – Bonne mère, je vous ai apporté des rascasses pour le petit. Des rascasses presque vivantes !

Le gendarme – Des rascasses pour un petit qui viens de naître, mais, tu n’y pense pas !! Oh oh oh !!

La poissonnière – Ah, mais dites, mes rascasses elles n’ont jamais fait de mal à personne !! Mais qu’est ce que vous insinuez !?

Le gendarme – Ah, mais j’insinue rien ! Non, je dis que le petit, il est trop jeune pour manger de la rascasse. Et qu’au bat mot, ça risque de lui donner de l’urticaire!!

La poissonnière – Et toi, Pistachié, tu le laisse dire, naturellement!

Pistachié – Ah tais toi, tais toi. Excusez la, bonne mère. Elle a le parler un peu vif, mais c’est une brave femme. En tous cas, si vous voulez pas de ce poisson, j’espère que vous accepterait ma lièvre. C’est une belle lièvre d’au moins 12 livres que j’ai tué en venant vous voir.

Tous – Ha ha ha (ils rient)

Pistachié – Et bien eh bien, regarde les. Oui, parfaitement, je l’ai tué moi même, et d’un seul coup de fusil !!

La poissonnière – Ha ha parlons en de ta lièvre. C’est la première fois qu’il ne rentre pas bredouille de la chasse !!

Boufaréo – La Ste Vierge les écoutait avec amusement. A un moment, même, elle a éclaté de rire. Et Honorine et Pistachié étaient si fier d’avoir fait rigoler la Ste Vierge, qu’ils en remettaient, qu’ils se forçaient, qu’ils cessaient d’être drôle. Alors la Ste Vierge, il a remonté le sourcil, et elle a dit:

Marie – Attention, vous allez tomber dans l’opérette marseillaise !

Boufaréo – A partir de ce moment, chacun a fait son numéro dans la discrétion. Le berger à retiré l’agneau qu’il avait autour du cou, et l’a posé au pied du petit Jésus sans prononcer une parole. Il a fait une dernière caresse à son chien, et il a dit:

Le berger – Moi, je suis le berger. Je fais rire personne. Je parle seul, je sens mauvais, j’ai pas d’amis. Enfin j’en avais un. Un seul. C’était mon chien. Il était mort ce matin, mais ce soir, il a tout ressuscité. Alors ce chien tout ressuscité, bonne mère, je le donne à ton petit.

Marie – Berger, mon fils plus tard, sera berger comme toi. Il sera le berger des hommes, et les hommes n’ont pas besoin de chien pour qu’on les garde. Ils ont besoin d’amour.

Boufaréo – Les paroles de la bonne mère passaient nettement au dessus de l’assemblée. Mais le berger, lui, les avaient comprises.

Le berger – Mais, s’il veut pas de mon chien, peut être il voudra bien de moi ?

Marie – L’heure n’est pas encore venue. Mais il te fera signe.

Boufaréo – Ainsi fut recruté le premier apôtre. Sans que personne s’en aperçoive. Et le Ravi levait les bras en l’air en disant:

Le Ravi – Mon Dieu. Comme c’est beau un homme qui était malheureux, et qui devient heureux. Comme c’est beau, merci mon Dieu.

Pistachié – Oh, écoute le Ravi, tu commences à nous agacer, eh!

Le Ravi – Et si je t’agace, je te demande pardon.

Pistachié – Et tu parles, et tu parles, et tu n’as jamais rien fais de ta vie!

Le Ravi – J’ai regardé les autres, et je les ai encouragé. Je leur est dit qu’ils étaient beaux et qu’ils faisaient de belles choses.

Pistachié – Et tu t’es guerre fatigué!

La poissonnière – Et tu n’as même pas apporté de cadeau!

Marie – Ne les écoute pas Ravi. Tu as été mis sur la terre pour t’émerveiller. Tu as rempli ta mission. Et tu auras ta récompense. Le monde sera merveilleux tant qu’il y aura des gens comme toi, capables de s’émerveiller.(musique de fond)

Le Ravi – Arche d’alliance, tour de David, porte du ciel, étoile du matin, salut des pêcheurs, rose mystique, bonne mère admirable, merci à vous.

La poissonnière – Bonne mère très pure, merci à vous.

Pistachié- Bonne mère très chaste, merci à vous.

Le berger – Bonne mère des anges, merci à vous.

Le gendarme – Bonne mère du sauveur, merci à vous.

L’aveugle – Salut des infirmes, consolatrice des affligés, merci à vous.

Boufaréo – Ils se retournèrent tous. L’aveugle venait de tomber à genoux. Il avait l’air dans l’extase.

Marie – Tu me remercies, toi qui n’a jamais vu le ciel et les étoiles ?

L’aveugle – Je te rends grâce, je chante tes louanges.

Marie – Tu me rends grâce, toi qui vit dans la nuit ? Tu chantes mes louanges, toi qui est enfermé dans la plus sombre des prisons ?

L’aveugle – Le ciel, tu me l’a donné, la lumière, elle est en moi. Je me sens libre comme un oiseau!

Joseph – Marie ma belle, il faut faire quelque chose pour cet homme. Tu n’as qu’un mot à dire.

Marie – Mon Dieu qui ce soir avait exaucé tous mes désirs…

L’aveugle – Oh non, non, bonne mère, non, c’est pas la peine. Ne le dérangez pas. Je sais que le monde il est beau, puisque c’est lui qui l’a fait mais je suis sûr que le ciel est encore plus beau puisque c’est là qu’il habite. Non, demandez-lui seulement que j’aille pas longtemps à attendre. Faites que j’ouvre les yeux le jour de ma mort. Faîtes que je vois quand ça vaudra vraiment la peine de voir.(musique intrument: flute céleste?)

Boufaréo – Quelqu’un était entré pendant que tout le monde chantait et personne ne c’était aperçu de sa présence. C’était ce sans coeur de Roustide. A Bethléem, il n’y avait que lui de riche. Il avait des champs d’oliviers, des champs d’amandiers, et des hectares et des hectares de pommes d’amour. Et, plus il gagnait des sous, plus son coeur devenait sec. On vous l’a pas dit dans l’histoire sainte, pour pas lui faire de peine, mais c’est lui qui a mis à la porte St Joseph et la Sainte Vierge, en les traitant de mendiant et de va-nu-pieds. Voilà comment il était, Roustide. Il avait vu le Boumian avec sa dinde étranglée et il avait faillit arrêter la chanson pour faire un malheur. Mais il était resté bien sage dans son coin et il sentait petit à petit qui lui venait une sensation de douceur, de gentillesse, de bonté. Et il répétait sans arrêt:

Roustide – Mais qu’est-ce qui t’arrive Roustide, tu es pas en colère? Mais tu es

complètement gaga !Allez zou, met toi en colère !

Boufaréo – Mais il restait toujours immobile, et il se sentait devenir meilleur à chaque seconde. Et quand il a vu le Boumian s’avancer vers le petit Jésus en balançant sa dinde d’un air timide, il n’a pas bronché. Et le Boumian disait:

Le boumian – Petit Jésus, toi qui a la peau si blanche, et les cheveux si blond. N’aie pas peur de moi qui suis si noir de poil et presque nègre de peau. Je t’ai porté cette dinde.

Le gendarme – Mais, tu es un sans vergogne, cette dinde tu l’a volé!

Marie – Laisse le parler, veux tu, gendarme ?

Le boumian – D’abord des dindes, j’en volerai plus. Et celle là je l’ai volée à Roustide. Et des dindes, il en a à n’en savoir que faire. Tandis que vous peuchère, vous êtes dans le besoin. Alors, j’ai pensé qu’au lieu de me la garder, je ferai mieux de vous la porter. Si vous en voulez pas, vous pouvez toujours la vendre.

Marie – Tu as très bien parlé Boumian.

Le gendarme – Ahh ! Je veux pas te contredire, mais cette dinde, elle est pas à lui. Ce qu’il vous propose tombe sous le coup de la loi. Article 19: recel et complicité !

Marie – Cette dinde nous ne pouvons pas l’accepter.

Le boumian – Mais…

Marie – Ce que nous acceptons, c’est la gentillesse avec laquelle tu nous l’a offerte. Tu nous promet de ne plus jamais voler de dindes ?

Le boumian – Eh, ni dindes, ni poules, ni pintades, ni pintadons. Et pourtant, c’est bon le pintadon bien tendre.

Marie – boumian!

Le boumian – Promis, j’en volerai plus.

Marie – Alors reprends ta dinde et va la rendre à qui tu l’as prise.

Boufaréo – Et alors, il c’est passé un coup de théâtre que jamais de votre vie, vous avez vu de pareil. Roustide a écarté gentiment le monde, et il a dit:

Roustide – Tu peux la garder, je te la donne.

Boufaréo – C’était la première fois que Roustide faisait un cadeau à quelqu’un. Les gens n’en revenait pas. Le Ravi était encore plus ravi que d’habitude.

Le Ravi – Oh Roustide, que c’est beau ce que tu viens de faire. J’en ai vue des belles choses dans ma vie. Mais jamais d’aussi belle que cette belle chose là.

Boufaréo – Roustide c’était mis à genoux, et se frappait la poitrine.

Roustide – Petit Jésus, je suis un assassin. Quand ton père et ta mère sont venu frapper à ma porte. Je les ai laissés à la rue. Je me le pardonnerai jamais, je suis un criminel …

Joseph – Oh, ne vous mettez pas dans un état pareil, vous voyez, tout à fini par s’arranger.

Roustide – Je vais faire préparer une voiture bien bâchée, bien souple avec un cheval bien doux. Et je vais vous faire conduire à la maison dans ma chambre la plus belle et la mieux chauffée. Dans la mienne, quoi. Et vous y resterez tant que vous voudrez. Jusqu’à la fin de vos jours, si ça vous fais plaisir. Et vous aurez à vous faire du souci de rien.

Joseph – Ah tu es bien brave, vas. Qu’est ce que tu en dit, Marie ?

Marie – Mon fils et moi, nous vous remercions, mais nous ne pouvons accepter. Nous devons rester ici pour accomplir la volonté de Dieu.

Boufaréo – Et alors, chacun a pris la pose comme chez le photographe mais c’est pour l’éternité. La sainte Vierge et saint Joseph qui regardent dormir le petit Jésus et qui l’adorent, ils ont la tête penchée sur l’épaule et les mains jointes. Et ça durera jusqu’à la fin du monde.

Le Ravi, les bras en l’air. L’aveugle, appuyé sur sa canne. Pistachié, appuyé sur son fusil. La poissonnière, un panier de poisson de chaque côté de ses hanches énormes. Et le berger, avec son agneau qui dort autour de son cou et son chien qui dort entre ses jambes. Et le boumian, qui a mit amicalement la main sur l’épaule du gendarme. Et le gendarme, qui se lisse la  moustache. Et Roustide, avec pour la première fois de sa vie de la joie sur le visage. Et le bœuf et l’âne qui se sont endormis, brisés par l’émotion. Et personne ne dit plus rien et ils ne bougeront plus jusqu’à la fin des siècles; c’est le destin des santons.

Voilà. J’ai dit tous c’que j’avais à vous dire. Excusez-moi si j’étais un peu bavard, c’est dans mon tempérament mais je vous jure que j’ai dit la franche vérité. Allez, adieu; je remonte au ciel; soyez heureux; et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. (musique, cloches)

 

 

ane-de-la-creche

* Et pour savoir la carrière que l’âne a finalement faite

 

Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière

C’est la béatitude de Michel Audiard qui me vient a l’esprit quand j apprend que Jean Vanier* a reçu la légion d’honneur**. J’aurais pu être en colère, vu qu’il aurait du passer mille fois avant de nombreux politico-mediacrates qui s attribuent cette breloque avec autant de facilité.

fotolia_11650550_xsMais soyons positif. L’action et l’homme sont reconnus et honorés. Et c est bien. Et Manuel Valls a écouté Jean en tête à tête pendant une demi heure. Et reçu sa bénédiction. Ça ne peut pas lui faire de mal. Le rapprocher de la lumière ?

 

* pour ceux qui ne connaissent pas Jean, ce grand monsieur si humble.

** pour avoir une idée de l’ambiance

Va ! Rends les autres heureux et tu connaîtras la joie !

IMG_20161119_124455« Go ! and make  others happy ! » – va et rends les autres heureux .

C’est le « motto », la devise de Fidesco. Et on a vite fait de l’oublier !

On nous envoie pour une mission particulière. En arrivant, on peut se dire : je suis venu pour développer cela, je dois fournir des résultats. Des résultats pour qui ? pour Fidesco, pour le partenaire, ou pour mon orgueil personnel ?

Les premiers mois ont été un combat pour nous. Vouloir que les choses avancent. Que les jeunes apprennent vite, que telle ou telle chose change, pour montrer de quoi on était capable. Qu’on « servait à quelque chose ».

Et puis, grâce à la prière, grâce à l’accompagnement spirituel, on a compris du fond de nous-même que l’appel de Dieu était dans la phrase « aime ton prochain comme toi-même ». Ne jamais se considérer comme supérieur à quiconque. Aimer les autres. Aimer les employés d’ici, sans les regarder de haut, comme font bien des blancs par ici !

Une décision prise avant où on se rendait compte qu’un employé était peut être malheureux à cause de nous nous laissait vide. Aujourd’hui, une journée où on a pris un 1/4h d’heure, 1/2h (quitte à nous mettre en retard sur quelque chose), à parler à quelqu’un, à partager un moment, des rires, ou leurs soucis, nous remplit de bonheur, donne du sens à toute notre journée, et nous donne envie de recommencer le lendemain une nouvelle journée.

Placer la relation en premier, c’est aussi risquer une aventure humaine qui nous fait sortir de nous-même pour aller vers l’autre. Prendre des risques oui, mais pour du mieux ……

La suite de ce superbe post de Gwen et Ernö , que je n’ai pas hésité à copier sans vergogne, ainsi que leurs autres posts, sont sur leur blog… par là .

Fraternité du web, hors la loi fiscale ?

J’ai beaucoup aimé un papier sur Uber*, qui permet aux jeunes des quartiers d’entreprendre, et de tailler la bavette avec des PDG en les véhiculant.

Covoiturage , je l’ai déjà mentionné**, m’a aussi fait rencontrer des gens que tout dans la vie sépare de moi.

Air BnB , tout récemment, m’a permis de m’inviter chez une Barcelonaise modeste, vivant de petits boulots, et de la location de sa chambre. Encore une avec laquelle je n’aurais jamais eu normalement l’occasion de discuter .

Ils sont beaux, ces sites . En plus de provoquer la rencontre, et bien sûr pour provoquer la rencontre, ils éliminent ce qui fait que cette dernière ne se produit pas sans eux : la peur, le risque. De tomber sur n’importe qui. De se faire arnaquer . De voir son logement détérioré .

Avec la notation peer to peer, avec les assurances qui accompagnent la prestation, ils ont fait tomber peu à peu toutes ces barrières .

Bravo, et merci .

eco-collaborativeAh , problème . Le fisc se retrouve complètement court-circuité par le business peer to peer …  Alors il résiste, c’est normal. Le sénat fait des propositions, les candidats également … Par pitié, simple, simple… ne tuons pas ces beaux mouvements.

Encore un argument pour la taxation flat rate, prélevée à la source… et basta .

 

 

*Oh, tout n’est pas rose avec Uber, air BnB et autres . Il y a bien des critiques. Mais le role social n’est pas contesté. Et, pour une fois, l’europe ne pousse pas a la roue de la complexification

** rencontres de covoiturage

 

 

Matin optimiste

Matin optimiste

Ce matin, sur mon vélo, je suis optimiste.

Non pas à cause du Brexit, dont je ne suis pas encore informé vu le manque d’autoradio sur mon véhicule, mais parce qu’il fait beau, que je suis forcé de m’arrêter dans ce qui ressemble à un embouteillage de vélos, et parce que (du coup?) la rocade que je surplombe est étonnamment fluide.

Non pas à cause des tarifs Easyjet, bas à en pleurer du CO² liquide, d’un aller retour Barcelone à 22 euros, Easyjet lyon barcelona 1mais parce qu’il y a quand même une justice avec un billet qui triple avec les taxes et autres frais.Easyjet lyon barcelona 2

Parce que mon cher Lilo m’apprend que Ocean cleanup est passé au next level.

Parce que Le Parisien m’apprend que le photovoltaïque peut désormais alimenter toutes les clims de France . C’est quand même un heureux hasard qu’il fasse chaud quand il y a du soleil  que le photovoltaïque produise le plus au moment des pointes de climatisation. Elle n’est pas bien faite, la vie ?

L’oreillette bannie me dispense ma chanson fétiche, et je tends la main à mes congénères, qui me répondent fraternellement, une fois de plus, avec un grand sourire.

velo-embouteillage1

La soirée de hier a été joviale, quoique triste. Mais ce matin, cela redémarre à nouveau . Optimiste impénitent . Ah, espérance

 

Lilo ?

Ocean Cleanup ?

Photovoltaïque cet été ?

Chanson fétiche ?

Fraternité ?

Espérance ?

 

Un stylo fait la diffférence

Elle est toute belle, toute mignonne . Huit ans peut être. Dans sa belle robe , avec son petit collier doré.  Elle tient dans la main une poignée de beaux ballons de baudruche tous décorés. Elle va sans doute rejoindre le défilé de mariage bruyant que nous venons de voir passer. Il est dix heures passées,  je suis a Delhi dans le taxi qui m’emmène vers mon vol de nuit.

Elle se faufile entre les voitures et frappe à la vitre. Erreur, elle ne rejoint pas le défilé,  elle vend ses ballons. Je lui fais un grand sourire impuissant. Je ne vais pas au mariage, ma belle, mais en sens opposé. Elle se fait implorante, mime la faim. Je n’ai rien, la magie de la carte visa ne m’a pas fait toucher une seule roupie de mon séjour et ma petite valise est au fond du coffre avec juste mes deux chemises et mon pyjama. Je finis par détourner le regard et fixe droit devant moi. Elle reste là.  De quel droit  l’ignorer, elle est à l’image de Dieu autant que moi, non?

Alors je me tourne a nouveau vers elle et la regarde. Je me sens mal, démuni.  Les secondes sont interminables, avant que le trafic ne nous sépare.

A quelques années près c’était ma petite fille. Mais je n avais RIEN sur moi, RIEN a lui donner que mon regard et mon sourire niais. Moi qui croule sous les biens. Je me sens nul.

India, Rajasthan, Jaisalmer, portrait of young village girl

Je baisse les yeux. Mon stylo ! Soigneusement embarqué de l’hôtel , il côtoie mon passeport dans ma poche de chemise en prévision des innombrables écritures que les zélés fonctionnaires indiens ne manqueront de m’imposer.     

Il me rappelle le sourire de ce jeune birman auquel j’avais fait ce cadeau il y a quelques années.

Bon, c’est bien trop tard, elle est loin maintenant. Et elle me l’aurait peut être fiché entre les yeux si j avais baissé la garde protectrice de la vitre… mais je m’en veux de ne pas y avoir pensé.

Promis. La prochaine fois que je retourne en Inde je me balade avec la poitrine bardée de stylos tel un capitaine de l’aéronavale.

 

 

NB : merci à Jim Nilsen  d’avoir laissé cette superbe photo sur le web . On dirait que c’est elle…

Tous gagnants , belle fraternité.

Journée de brouillard et de neige, personne n’a le courage de sortir.
Alors on sort les jeux.
Quand j’ai tué ma belle fille, j’ai vu dans son regard un instant d’incompréhension et de tristesse… elle n’avait pas compris que, suite à la distribution des rôles, je n’étais pas dans son équipe. Que je devais la cibler. Que je n’y pouvais rien, c’était le jeu… regard de tristesse quand même…
Quand on y pense, même pour jouer, on ne peut s’empêcher de se diviser, de chercher à vaincre l’autre, l’éliminer, l’écraser. Quelle détente !!!  N’en a t-on donc pas assez de ces divisions ? De ces oppositions permanentes ?
pandemie
Alors on change de jeu. La bonne nouvelle, outre l’Evangile, c’est qu’il existe maintenant des jeux ou on gagne ou perd tous ensemble. Ou soit on sauve l’humanité, soit on disparaît tous terrassés par le mal.
Essayez Pandémie. Vous verrez, l’ambiance en fin de jeu est bien différente. Ce jeu transforme le monde a sa façon, en forçant tous à collaborer. Comme quoi, même par jeu on peut faire progresser l’esprit de fraternité*.
Encore un bel outil pour réaliser la tâche qui nous attend ici bas.

* ah la fraternité. Thème déjà abordé ici et là. Entre autres…

De la comm en boîte

De la comm en boîte

C’est bien connu, la communication est le sang du couple. En fait elle irrigue toute relation. Y compris dans l’entreprise, d’ailleurs dotée pour cela de professionnels : pourtant que d’erreurs, lourdes de conséquences !

Même la politique croit dans les bienfaits de la communication. Elle se trompe juste un tout petit peu complétement, en oubliant un des deux sens de la comm, la transformant en propagande unilatérale…. même (et surtout ?) quand elle s’affuble du titre de « participative ».

Clé, donc la communication . Car c’est par l’échange qu’on se connaît . Et par la connaissance qu’on a plaisir à interagir. A interagir avec plaisir, car, et ils en ont fait leur slogan , Mieux on se connaît, mieux on s’aime.

boite de comm

Leur slogan ? Celui de qui ? Celui des créateurs de ces jeux, qu’ils ont appelé les boîtes de comm**.

Ces jeux qui ont mis la larme à l’oeil chez des vieux couples qui pensaient s’être déjà tout dit. Et chez des jeunes adultes qui ont encore mieux découvert leur famille (très) proche.

Allez, votez vous un bain de douceur .

  • A deux, la boîte de comm du couple, une sorte de DSA* gentiment guidé.
  • En famille, multigénérationelle, la boite de comm de la famille, qui renforcera tous les liens… du sang.

boite de comm couple1

boite de comm famille2

 

 

 

 

 

 

A quand la boîte de comm en boîte, pour doper nos entreprises ? Pour introduire, magie, d’un seul coup d’un seul la qualité de la relation et l’efficacité de l’équipe. Car l’un ne va pas sans l’autre. Parfois il me semble que même ce basique est oublié. Et en voilà encore une idée pour doper la santé des entreprises et la création d’emplois…

 

* Pour tout savoir sur le DSA

** Plus sur ces boîtes

 

Ils ont froid toute l’année de notre indifférence

Jean Marc*, du TEDx de La Rochelle, nous secoue .

Leur passé, il est douloureux.

Le futur, ils ne le voient pas .

Oui, les SDF, ils sont dans le présent.

Nous, le présent , on le fuit dans notre activisme et nos super projets de demain…

Chacun peut et doit faire quelque chose, fracasser les barrières de nos peurs et de nos préjugés, et se mettre dans le présent avec eux .

Et il met la French Tech, la technologie positive, au service de l’homme.

French Tech la technologie positive

Prenez  14 minutes pour le regarder, vous ne les regretterez pas … et n’en sortirez sans doute pas indemne.

Dans la série techno positive, vous connaissez Lilo ? Le découvrir ne vous prendra qu’une minute 33…

 

* Oui, c’est ce Jean Marc là..

TUNA au service des migrants ?

Intéressant, ce livre de Doug Saunders sur les migrations* . D’actualité, même. Paradoxal, dans son titre comme dans son développement : ces migrants qui changent le monde. Qui construisent celui de demain, dirait on même.

migrants du village a la villeQuoi, ces taudis, ces bidonvilles, ces verrues aux orées de nos belles villes seraient le terreau de l’entreprise, notre dynamisme sociétal ?

Oui, nous dit Doug en substance. Migrants qui portent en eux la rage au ventre, celle de se sortir de leur misère, d’en extraire leurs enfants, de les envoyer à l’école pour qu’à leur tour ils les tirent du bidonville et qu’ils puissent laisser la place aux suivants.

C’est ainsi qu’au 19ème siècle les faubourgs de Paris ont été un des tremplins de la France, de même que de nombreuses banlieues américaines le ressort des US, que hier Lui Gong Li a contribué à propulser la Chine, et qu’ aujourd’hui les favelas sont l’avenir du Brésil.

Ce tremplin est basé sur deux jambes : celle de la solidarité familiale, et celle de la possibilité d’entreprendre à très petite échelle. Muhammad Yunus l’a bien compris en inventant le microcrédit au Bengladesh.

Famille et travail, deux sujets clés qui me parlent bien.

Pour la famille, on a des idées** . Mais pour le travail ? Pour les petits boulots ?

Le petit brocanteur de l’autre jour*** a montré la voie. Dans notre France hyperréglementée, je veux croire que les TUNA****  permettront à beaucoup de s’en sortir. Ces sites collaboratifs qui, avant la microentreprise, permettent la nano entreprise informelle.

Allez, on les encourage ces “petits” sites. Chez nous, ça commence par le réseau entourage*****, en tout début de chaîne…en plus créé par Jean Marc ******

 

* Du village à la ville : Comment les migrants changent le monde  Doug Saunders – Seuil.   Pour ceux qui ont la flemme de lire les 470 pages , la synthèse de ATTAC  

**  pour la famille ?  portons des cruches

*** Histoire du brocanteur entrepreneur :Fier de payer ses charges

**** Tesla, Uber, Netflix, Air B’nB … TUNA prend la place de GAFA (Google Apple Facebook Amazon)  comme symbole de la nouvelle économie du partage… on peut aussi rajouter le bon coin pour les brocs en herbe***, jecuisinepourvous, ou autre Freelance .com

***** http://engage.world/mag/projects/entourage#toggle-id-1

****** Pour en connaître un peu plus sur Jean Marc , c’est par là

Les moyens de notre sécurité : développer la fête des voisins

En cette période d’attentats, j’ai rouvert mon livre de chevet, celui du milieu de la troisième pile, j’ai nommé « Le prix du bonheur* » , recouvert, et ce n’est pas un hasard, par une carte touristique de Port Vila**.

chevetresized

Je tombe sur le chapitre 11: “Avons nous encore les moyens de notre sécurité ?” ..  Non, il ne se focalise pas sur l’économie publique, mais sur les racines profondes : revenu, travail, santé, communauté . Et là , une petite phrase*** m’interpelle:

Il existe d’ailleurs un bon indicateur, quoique original, du taux de petite criminalité : le nombre d’amis que l’on peut rencontrer en marchant autour de chez soi pendant quinze minutes****.

La criminalité est moindre quand les gens se font confiance , et les gens font davantage confiance quand les déménagements sont rares et la collectivité homogène. »

Si on ne peut pas grand chose à titre individuel contre les déménagements et l’homogénéité de notre collectivité urbaine, au moins il y a une chose qu’on peut tous faire : participer plus activement à la fête des voisins . C’est vrai que je n’ai pas été très fan jusqu’ici de ce genre de manifestation, qui développe pourtant bien la fraternité*****

 

*  voir les posts sur ce “must read”

** C’est pardonnable de ne pas savoir instinctivement que Port Vila est la capitale du Vanuatu, pays du bonheur…

***  « Le prix du bonheur » p 196

****sampson et groves  1989 : “ Community Structure and crime : testing social-disorganization theory” American Journal of Sociology N°94 p 784 et suivantes

https://dash.harvard.edu/bitstream/handle/1/3226955/Sampson_CommunityStructureCrime.pdf?sequence=2   

***** Sur la fraternité, par là….   ici…

Il peut parfois renvoyer l’ascenseur à toute vitesse

Paris, gare de Lyon, 19h.

Il y a foule au monop pour payer les sandwiches soigneusement choisis dans les rayons. Une queue un peu désordonnée.

Mon tour arrive presque quand une petite dame, essouflée, grille toute la queue sans s’en rendre compte, juste devant moi. Elle est visiblement pressée, moi pas . Ma raison réussit à dominer ma nature, et je ne dis rien. Derrière moi, une autre s’énerve. Je lui murmure :

Vous êtes pressée, madame ?

Non, mais ce n’est pas une raison. 

Bah, ce n’est pas grave non plus.

Ma resquilleuse part . J’approche de la caisse, trébuche sur une valise laissée à mes pieds. Je hèle la resquilleuse, résolument décidé à ne pas lui en vouloir.

Content de moi, d’avoir su dominer mon caractère impatient, et d’avoir mis quelque part une petite image d’altruisme dans tout de brouhaha , je règle tranquillement mon achat et pars à pas lents. Je me sens bien.

effet boomerang

10 secondes . C’est le temps qu’Il a mis pour me renvoyer l’ascenseur. Ma rouspéteuse m’appelle  pour me tendre la carte de crédit que j’avais laissée sur le comptoir, avec un grand sourire à son tour.

Même si ce n’est pas toujours aussi rapide, l’effet boomerang du bien est réel. Merci du rappel.

Pépites du message du pape Francois aux politiques.

Je sais, quand on est branché on dit fioretti …

Face au congrès étasunien, notre Francois a prononcé un discours qui, en fait , s’adresse à tout politique … Pour ceux qui ont la flemme de le lire in extenso, ce qui prend au moins quatre minutes, ci dessous quelques pépites.

Pape Francois au gongres US« Vous êtes chargés de protéger, à travers la loi, l’image et la ressemblance de Dieu façonnées en chaque visage humain.

Toute activité politique doit servir et promouvoir le bien de la personne humaine et être fondée sur le respect de sa dignité.

Si la politique doit vraiment être au service de la personne humaine, il en découle qu’elle ne peut être asservie à l’économie et aux finances.

La politique est, en effet, une expression de notre impérieux besoin de vivre unis, en vue de bâtir comme un tout le plus grand bien commun : celui de la communauté qui sacrifie les intérêts particuliers afin de partager, dans la justice et dans la paix, ses biens, ses intérêts, sa vie sociale.

Il va de soi qu’une part de ce grand effort est la création et la distribution de la richesse.

La juste utilisation des ressources naturelles, la convenable application de la technologie et l’exploitation de l’esprit d’entreprise sont des éléments essentiels d’une économie qui vise à être moderne, inclusive et durable.

Une nation peut être considérée comme grande

  • quand elle défend la liberté comme Lincoln l’a fait,
  • quand elle promeut une culture qui permet aux personnes de ‘‘rêver’’ de droits pléniers pour tous leurs frères et sœurs, comme Martin Luther King a cherché à le faire ;
  • quand elle consent des efforts pour la justice et la cause des opprimés, comme Dorothée Day l’a fait par son travail inlassable, fruit d’une foi devenue dialogue et semence de paix dans le style contemplatif de Thomas Merton. »

Empathie secrète

“Tiens, H , tu bois maintenant ?”

Depuis plus de dix ans que je le connaissais,  je n’avais jamais vu H un verre d’alcool à la main. J’admirais cette tempérance.

Maintenant qu’il n’est plus de ce monde, je suis libéré.

Et H de me raconter l’histoire de cet ouvrier, alcoolique*, qui luttait contre son addiction. De me dire comment, une fois, il lui avait promis, pour le soutenir , de l’accompagner, et d’arrêter l’alcool lui aussi . Par empathie.

empatia2La vie avait suivi son cours. L’un, puis l’autre, avait pris sa retraite. Chacun était parti sur son chemin de vie.

Pourtant , sans jamais avoir revu son collégue, H ne buvait plus depuis 15 ans … avec comme seule exception une coupe au mariage de ses enfants. Par pure empathie. En pensant toujours à lui. Pour lui éviter de rechuter.

Etonnant, non ?  Vu la durée de mon histoire, ça a du marcher .…  Quelle exemple de fraternité !!

 

* Bon, ce n’est pas le seule solution pour lutter contre l’alcool, je le concéde.

Cinq jours au merveilleux pays de bisounours.

tagada-79435Qu’est ce que c’est bon et doux … Certes il faisait chaud, très chaud. Certes la foule était grande, 5000 personnes dans ce grand parc. Sous ces immenses tentes.
5000 personnes qui toutes respectaient quelques commandements de base. Une dizaine, disons. Assez connus depuis des millénaires. Ayant fait leurs preuves pour générer une ambiance de paix et de joie*.
5000 personnes venues en famille, enfants et ados grouillaient, tous se mettant si bien au service de la communauté que les mouvements de foule, les queues lors des repas, se passaient dans le calme, en douceur, et rapidement. C’est vrai que le souci de l’efficacité collective , si on oublie sa gloriole individuelle, porte fruit.
On en a même oublié l’indispensable et robuste structure d’organisation, qui n’a été ni mentionnée ni remerciée a la fin . Elle l’aurait je crois refusé .
5000 personnes venues se ressourcer dans une foi commune, écouter des témoins, nourrir leur réflexion personnelle, louer.
Mais pourquoi cette parenthèse en marge de la « vraie vie » ne pourrait elle se prolonger ?

Crois, espère,  aime. Guillemette Pradere donne les trois mots clés avec lesquels tous sommes repartis.

Crois. Crois que la civilisation des bisounours de l’amour est possible. Et engage toi dans ce chantier. Pas forcément besoin d’une religion, pour cela. Nombreux sont ceux qui œuvrent sans religion. Qui croient juste en certaines valeurs. Mais nombre d’entre eux n’ont pu ignorer toutes les aides inattendues, les clins Dieux qu’Il envoie sur le chemin. Et un jour ou l’autre Le rencontrent . Les veinards…

Espère. .. ma préférée. ..

Et aime. Bien sur a l’image de l’amour du couple. Aime non pas comme le chocolat que j’aime et consomme, mais en cherchant à  donner plus qu’à recevoir…Pratique pour trouver des volontaires pour les corvées quand on est si nombreux. Bon, mais si chacun s’efforce de donner plus qu’il ne reçoit, on va tous finir par recevoir plus qu’on ne donne. Comme dit la chanson…

Et, perso, je ne peux résister à ajouter « Agis » en quatrième mot clé. Agis, même si tu te sens démuni, faible, impuissant, petit.

Agis comme par exemple F a fait en créant Bilik, une communauté bisounours** d’artisans qualifiés sur leurs compétences et leurs valeurs .

 

*Insolite d’entendre sous la douche, au soir d’une journée étouffante, une voix mâle louer a gorge déployée « je suis dans la joie, une joie immense… ».

** Pas si bisounours que cela, quand les clients évaluent le prestataire a posteriori en ligne . Quoi, un contrôle ? Un manque de confiance ? Non pas, mais l’homme est faible, autant intégrer cette donnée.

Google aurait il tout compris ?

En ce jour de liesse nationale, l’illustration de sa page de recherche est de circonstance.

fraternitéHasard, ou intention, des trois termes de notre devise nationale il a retenu celle qui s’appuie le plus sur les individus. Celle pour laquelle les institutions peuvent le moins.

Merci pour cela .

 

Une question de nid

Bilan sanguin . Check OK . Bilan cardio . Check OK . Je ruisselle de santé . Quel part de mérite derrière cette chance ? Très faible , soyons honnêtes. Aucune gloire à tirer de tout cela.  Dame nature n’est simplement pas égale pour tous.

 

Dans le même registre, une petite pensée pour tous les étudiants qui sont admissibles, et seront admis, à nos concours prestigieux. Vous êtes fiers. Vous avez travaillé comme des brutes, ou des furieuses. Votre succès est mérité … jusqu’à quel point ? D’autres n’ont ils parfois plus donné d’eux mêmes, sans avoir votre apparent succès ?

Je pense à vous en regardant le cartoon ci dessous.

on a plate
on a plate2on a plate3on a plate4

 

Alors, sans être rabat joie, ne boudez pas la joie de vos succès, mais ne perdez pas votre lucidité. Lors des beaux discours de bienvenue dans votre école, ou tout sera dit pour que vos chevilles prospèrent , n’oubliez jamais la parabole qui parfois me terrorise, celle des talents .

La fraternité du bus …

Sans y avoir beaucoup réfléchi, j’étais plutôt réservé sur le sujet de la gratuité ou non des transports en commun. Encore une mesure démagogique ?bus

Je suis tombé (merci carfree) sur le blog de Patrice Vergriete, et je dois avouer que certains témoignages m’ont ébranlé .

Comme les transports sont gratuits, on les prend plus, ce qui permet de réanimer le territoire, en invitant les habitants à se mélanger plus souvent.

80% des usagers considèrent que la gratuité a rendu l’utilisation des bus plus conviviale.

La population vieillit et a une certaine tendance à s’isoler. Il faut donc leur rendre la possibilité de se déplacer à leur convenance.

Très bien, mais combien cela coûte tout cela ?

Les habitants croulent-ils pour autant sous le poids des impôts locaux ? Même pas.

Sur le plan de la productivité : le coût pour la collectivité était de 4 euros, on l’a réduit à 2 euros en augmentant le nombre de voyageurs, on a donc divisé le coût par voyageur.

 

Quand même, fi de l’euphorie . Je cherche a comprendre combien cela coûterait en vrai . A moi, Grenoblois. Et là, wikipedia, qui est mon autre bible, me fait tomber de l’arbre . 96% du budget de la SMTC serait couvert par diverses sources publiques ou para-fiscales, la vente de billets ne couvrant que 4% des coûts ? Mais je rêve !!!

financement SMTC

versement transport

Allez, même si tout cela n’est pas très exact ou actuel, le prochain candidat qui proposera la gratuité des transports en commun aura plus de points de karma dans mon évaluation des programmes. Ca a vraiment l’air d’aller dans le sens de la fraternité

 

Nolite timere*

_DSC7576Au petit matin, ils montent lentement, en file indienne, en silence. On dirait une procession. C’en est une…

Quelques instants plus tôt, ils ont écouté un texte, et des pistes de réflexion . Ils montent en silence, méditant sur leur chemin de vie.

Bizarre, ce groupe . Des jeunes, des moins jeunes . Des hommes et des femmes. Agnostique, chrétien, prêtre, guide. Randonneurs aguerris, ou recommençant après plusieurs décennies de pause.

Le soleil monte, les arbres sont derrière. Les canetons s’égaillent sur le plateau, avant de se retrouver pour une pause avant la montée au sommet.

La pente s’incline, seul le bruit des couteaux sur la neige dure de fait entendre. L’inquiétude monte chez certains, le souffle se raccourcit. Les conversions à ski sont pour certains plus risquées qu’une conversion spirituelle.

Mais le groupe les porte tous a arriver en haut.

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Descente joyeuse sur “moquette à poil longs”. Plus bas, entre les sapins, iI y a comme une ambiance de cour de récré.

L’après midi, de retour au gîte, bière, café, lecture, sieste ou méditation allongé dans l’herbe.

Arcabas nolite timere10pcAvant l’apéritif, debrief de la journée pour ceux qui le veulent . Et là, C nous livre sa joie de la montée. Pleine d’appréhension, une parole la traverse. “N’aie pas peur, je serai avec toi jusqu’au bout”. En écho, S, le guide, l’incarne et se retourne : “Ca va ? N’aie pas peur…

Clin Dieu ?

 

 

 

 

Merci Eric, Arcabas , et Samsung :-(( pour les illustrations.

Pour partir avec eux à la prochaine saison

 

 

*Pas très cohérente, la ligne éditoriale vis à vis du latin …mais on ne sort pas indemne de 6 ans d’études de cette langue !!

La langue universelle de l église catholique

Je suis convaincu  que trois choses contribuent à vider nos églises. L’orgue dominateur, les chorales élitistes, et le latin.

La messe dominicale appelle les chrétiens à se réunir en une prière communautaire et fraternelle.  Et chanter, c’est prier doublement.

 une portée qui pleure

Alors, quand l’orgue vient écraser de sa puissance les timides voix des paroissiens, quand, dominateur assourdissant, il les chasse de l’ église à peine l’envoi prononcé, n’est il pas un obstacle à cette fraternité, à ce chant communautaire ? Certes, ce n’est pas toujours le cas, certains organistes savent parfaitement se faire discrets et accompagner , mais tous ne font pas font preuve de cette humilité.

Quand je vois une association pour la restauration d’ orgues, je n’ai qu’une envie : proposer ma cotisation négative…mais je suis excessif, je le reconnais.

 

Alors, quand la chorale entonne un chant si sophistiqué que personne d’autre ne chante, quand la célébration devient un concert, ou est la prière communautaire?

Non aux concerts eucharistiques. Mais oui aux chorales de concert, c’est si beau (parfois) . Oui également aux chorales qui se dispersent dans l’assistance pour soutenir et entraîner les fidèles dans des chants pour tous . Mille fois oui.

 

Mes petits enfants, élevés dans un bilinguisme, savent bien que la terre entière ne s’exprime pas en français. Notre église, qui est dans le monde, est dans le monde globalisé. Déjà, et plus encore demain, nos célébrations réunissent des participants de multiples nationalités. L’église a besoin d’intégrer cela en se dotant d’une langue internationale.

Ce n’est pas nouveau, et d’ailleurs au moyen âge elle a avec sagesse choisi la lingua franca de l’époque, le latin.

Mais pourquoi cette obstination ? Pourquoi continuer à vouloir (et de plus en plus, je trouve), utiliser cette langue que quasi plus aucune personne de moins de 60 ans ne comprend ? Pour quelques slogans comme Hosanna ou  Kyrie* , qui nous rappellent le cheminement géographique et nos racines, passons. Mais plus ? On me répond que c’est la langue du sacré . Certes, certes, mais je préfère voir le sacré dans le monde, dans les hommes qui sont à Son image.

L’autre jour, lors de la messe télévisée, une paroisse Belge a montré la voie**. Elle a choisi des chants en anglais. La langue universelle du monde, qu’on le veuille ou non, c’est l’anglais . Alors, si l’église ne veut pas se mettre en dehors du monde … on remplace le latin par l’anglais. Chiche ?

 

En cadeau, pour s’entraîner :

Our Father, who art in heaven,
Hallowed be thy name.
Thy Kingdom come.
Thy will be done on earth as it is in heaven.
Give us this day our daily bread.
And forgive us our trespasses, as we forgive those who trespass against us.
And lead us not into temptation,
But deliver us from evil.
For thine is the kingdom, the power and the glory for ever and ever.
Amen.

et, en prime , en SMS, qui est également une langue d’une certaine universalité : 

Ntr pR kié ociE
ke tn nm swasanktFié
ke tn regn viN
keta volonT swafêt sr la tR como ciL
don-ns ojordwi ntr p1 2 c’jour
pardon-ns no ofenç cm ns pardonon oçi à cE ki ns on ofenC
&ne ns soumé pa à latentation
mè Dlivr-ns dumal
amN

 

* respectivement des mots hébreu et  grec, by the way… alors disons ..Sanctus pour le latin.

**Pour les fanas de messes en Belgo-Britannique, c’est ici

Tour de crâne et idées courtes

Dans un refuge en Vercors, après s’être remué le sang en alternant séjours dans le bain Norvégien et roulades nus dans la neige fraîche à deux mètres de là, la discussion est partie .

Sur l’intelligence et la bêtise humaine .

Sur la taille de nos cerveaux . Difficile à croire, difficile à accepter, mais nos cerveaux sont plus petits que ceux de nos ancêtres/ cousins Néanderthaliens . Même en terminale, paraît-il, on ne nous apprend pas cela . C’est pourtant un fait . Oh, bien entendu, nous affirmons haut et fort que la taille du cerveau n’a rien à voir avec l’intelligence*. Que la diminution du volume de notre boite crânienne, depuis 28000 ans, n’affecte en rien nos capacités . Il est fort probable que tout cela soit exact ..

taille cerveau hominidés

Quoique attention à l’auto conviction : qui serait assez courageux et lucide pour affirmer que nous ne sommes pas les meilleurs ayant existé sur terre ?

Quoique…Sun Tzu, idole des stratéges, a vécu il y a  2500 ans … sans être dépassé à ce jour . Sans parler de Pythagore et d’ Aristote …

Quoique … nous avons bien été capables d’inventer la machine qui a fait baisser un type de mesure de notre QI de 10% en une génération ..    (a 31’45 pour ceux qui n’ont pas le temps de regarder cette vidéo passionnante)

Test entrée université sat score

Ou encore sur le sujet ..

Quoique …. nous avons des philosophes modernes avec une pensée dont la binarité et le dogmatisme sont assez inégalables  :-(( .. lien ci dessous à 1h29’37 … attention, c’est très fugace comme pensée…

Personne ne comprend vraiment comment Néanderthal, avec son gros cerveau, s’est effacé devant Sapiens . Les pistes ébauchées tournent en général autour de la meilleure capacité à organiser la vie en groupe qu’aurait eu Sapiens .

Alors, quand on voit le retour en force de notre individualisme  et notre capacité à sacrifier d’avance les générations à venir , on peut sérieusement se demander si nous ne sommes pas les Néanderthaliens de demain… appelés à disparaître par addiction à l’autoréalisation individuelle.

 

 

 

*Bon, tout ceci étant dit, je n’ose aucun commentaire sur la différence de taille entre cerveau féminin et masculin, je vous renvoie sur wikipedia pour ce qui concerne les chiffres ….

Quand aux conséquences sur le comportement, c’est par ici ..

Tale of two brains

 

Step outside of your tiny little world

J’ai choisi de ne pas m’exprimer au moment de l’enthousiasme populaire, probablement parce que ce n’était pas socialement acceptable. D’ailleurs les amis et voisins auxquels j’ai sobrement dit ne pas être sorti de chez moi ce 11 janvier ont manifesté un petit regard réprobateur et étonné.

dostoievsky evildoerD’aucuns ont bien pesé le pour, le contre, comme Koz par exemple ..

Mais je ne suis pas sûr que, submergés par la vague bisounours savamment orchestrée par notre pensée unique, centrée sur elle même, tous aient bien vu l’image que ces manifestations monstre ont projetée en pays musulman.Crusade 4 images

Je ne résiste pas à vous envoyer une fois de plus regarder cet excellent Sam Richards. Oui, vu de terre d’islam, tout cela n’est finalement qu’une reprise des croisades… Non seulement des millions de citoyens descendent dans la rue, mais en plus le gouvernement finance par ses dons la reprise et l’amplification des agressions caricaturales contre ce qu’il y a de plus sacré pour eux.

Regardez bien cette video …. et vous serez beaucoup moins étonnés des réactions de violences anti- chrétiens tout autour du globe. Et j’ai peur que ce ne soit pas fini.

 

Alors, maintenant, on fait quoi? C’est la question du jour.

  • Avec la notoriété mondiale qui lui a été donnée, Charlie ne peut plus continuer ses provocations littéralement criminelles. S’il n’a pas compris cela, c’est vraiment un criminel.
  • J’éviterais de planifier à court terme des vacances dans un pays musulman, du pourtour méditerranéen ou d’Asie du Sud Est. Parce que ça va craindre. Et si j’y vais quand même, j’éviterai le bronze fesses qui est une provocation de plus …
  • En règle générale, je réfléchirai à cette leçon avant de prendre des positions tranchées dans le domaine du sacré…même … et surtout… si pour moi le domaine concerné n’a rien de sacré.
  • Et, comme dit Sam dans une de ses dernières phrases : “step outside of your tiny little world” et essayer de se mettre dans les bottes des autres ne fut ce qu’un instant pour les comprendre avant toute action – ou réaction.

Des vœux comme on s’en promet de plus en plus ?

J’ai reçu de mon cher ami Olivier C la lettre ci dessous, certes drôle mais d’un humour un peu grinçant, tant l’évolution de notre société la rend de moins en moins caricaturale.

Alors, ma résolution de cette année est de tout faire* pour que cela reste une caricature purement humoristique… L’actualité récente confirme qu’il y a du boulot.

 

Chers amis,

Je souhaitais vous adresser mes voeux 2015 en toute simplicité, mais après avoir consulté la CAVE (Commission de Validation des Voeux Externes) j’ai été amené à retravailler ma communication et la reformulation de cet envoi.
Voici donc la version officielle en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution.

De ma part (« le souhaiteur ») et à votre destination (« le souhaité »),je vous prie d’accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite de la part du souhaité, mes meilleurs vœux à l’occasion pour des, socialement responsable , politiquement correct, non addictif, et non stressant, solstice d’hiver et premier jour de l’année, en adéquation festive avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles du choix du souhaité, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles, ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.

Ces vœux concernent plus particulièrement :

– la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni d’une quelconque volonté de m’immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une assurance vie ou une convention obsèques,
– la prospérité, étant entendu que j’ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d’imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujetti, ainsi que de leurs évolutions futures ;
– le bonheur, sachant que l’appréciation de cette valeur est laissée au libre arbitre du souhaité et qu’il n’est pas dans l’ intention du souhaiteur de vous recommander tel ou tel type de bonheur, même si l’indicateur de bonheur brut du Bhoutan peut en être une numérisation approchante.

Le concept d’année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont adressés. Son emploi n’implique aucun désir de prosélytisme. La légitimité des autres chronologies utilisées par d’autres cultures n’est absolument pas mise en cause.
Notamment :
– le fait de ne pas dater ces vœux du yawm as-sabt 1 Safar de l’an 1434 de l’Hégire (fuite du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d’islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israëlo-palestinien ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du 2 Teveth 5773, ne constitue ni un refus du droit d’Israël à vivre , ni le délit de contestation de crime contre l’humanité ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du 3ème jour (du Chien de Métal) du 11ème mois (Daxue, Grande Neige) de l’année du Dragon d’Eau, 78ème cycle, n’implique aucune prise de position dans l’affaire dite « des frégates de Taïwan » ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du Quintidi de la 3ème décade de Frimaire de l’an 221 de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.

Enfin, l’emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur.
Son choix tient au fait qu’elle est la seule couramment pratiquée par le souhaiteur.
Tout autre langue ou idiome a droit au respect tout comme l’ensemble de ses locuteurs.

Clause de non responsabilité légale :

En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure, et vous acceptez explicitement le fait que :
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Leur reproduction est autorisée.
Ils n’ont fait l’objet d’aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d’une année, à la condition d’être employés selon les règles habituelles et à l’usage personnel du souhaité.
A l’issue de cette période, leur renouvellement explicite ou par tacite reconduction n’a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision du souhaiteur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d’âge, de genre, d’aptitude physique ou mentale, de race, d’ethnie, d’origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d’appartenance syndicale,susceptibles de caractériser les destinataires.
Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l’absence, totale comme partielle, de réalisation n’ouvre pas droit à compensation.
Le souhaiteur garantit par contre la sincérité de ses voeux dans la limite du remplacement à l’identique de ceux -ci ou par l’envoi ultérieur , à la seule discrétion du souhaiteur, de voeux complémentaires

En cas de difficultés liées à l’interprétation des présents voeux, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile du souhaiteur.

fait à grenoble, le 5 janvier 2015 en un seul exemplaire

 

* Tout faire, pour moi c’est travailler à la fraternité et à la confiance . Autres suggestions concrètes ?

Diversité, gender balance , buzz words modernes ?

Diversité et gender balance . Le graal de nos entreprises . Mais nous sommes très ambivalents .  Une fois de plus, rien de nouveau sous le soleil. Je ne résiste pas à recopier servilement le commentaire du frère Dominicain Hervé Ponsot de ce jour…

« La diversité est devenue une formule à la mode dans le monde politique. Mais elle figurait déjà dans la première lettre de Paul aux Corinthiens (*) pour évoquer la vie ecclésiale, en relation avec la variété des vocations et des expériences : sa mise en œuvre semble donc n’avoir jamais été vraiment satisfaite pour qu’elle soit encore à l’ordre du jour. Pourquoi ?

La question est rarement posée : elle oblige à reconnaître que l’acceptation de cette diversité ne va pas de soi, qu’elle fait peur ! Bien sûr, chacun sait cette diversité inévitable, bien sûr chacun veut bien en paroles la reconnaître comme richesse, mais comment ne pas être tenté de la contrôler au maximum, et peut-être finalement de l’exclure ?

Parce qu’elle dérange profondément : reconnaître et accepter cette diversité, c’est reconnaître et accepter les limites de nos personnes, de nos actions.

À la suite de saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens, le chrétien a pourtant une bonne raison d’accepter cette diversité et les limites qu’elle lui pose : elle lui permet de se reconnaître comme un membre parmi d’autres du corps du Christ, et de reconnaître dans les autres ceux avec qui se construit ce corps. Heureuse complémentarité ! »

* Corinthiens, chapitres 12-13

Bêtise meurtrière

gnothi-seautonL’ analphabétisme est réputé être inférieur à 1% en France . Allez, on va le croire …

Les Algériens dans leur vaste majorité ne brûlent pas de voiture pour manifester leur joie, pourtant avoir un garage les soirs de coupe du monde sécurise beaucoup.

Un avion Malaysian et 300 personnes plus bas … juste parce que les “réputés éduqués”  n’ont pas lu la notice de leur missile . Ca fait  douter du fait qu’ils sachent lire.

Et la majorité des habitants de Mossoul : sont ils anti Chrétiens anti Yezidis, anti Chiites  ? J’en doute, là encore une poignée d’irresponsables est à la manœuvre.

Nucleaire : personne ne poussera jamais le bouton, comme disait VGE “la décision de déclencher le tir stratégique et de déclencher la destruction mutuelle assurée apparaîtra comme le dernier geste d’un irresponsable”*… Seul un état voyou le fera, probablement encore un qui ne saura pas lire la notice.

Finalement, le problème numéro un de ce monde est que la bêtise n’est pas un gène récessif. D’ailleurs, les mathématiciens, Einstein en tête,  le savent bien: rien ne donne un meilleur aperçu de la notion d’infini que la bêtise humaine

Alors , quelle solution ?

  • Mort aux cons (vaste programme, nous sommes cernés) ,comme souvent j’en ai des bouffées d’envie ?  Bon , ce n’est pas très chrétien . Tout le monde a droit à la Vie.
  • Répondre au communautarisme idiot par un communautarisme élitiste , comme beaucoup le font ? Quartiers qui refusent les transports en commun, écoles élitistes totalement privées, ou carrément pays complet comme la Suisse qui interdit minaret et limite le nombre d’étrangers ? Tout cela, pour moi, n’est pas vraiment en ligne avec la doctrine sociale de l’ Eglise et sa préférence pour le plus démuni .

Deux pistes concrètes :

  • détruire tout l’arsenal nucléaire militaire, et réprimer avec fermeté tout état qui s’en approche. Mais pourquoi l’Humanité conservait elle le moyen de sa destruction accidentelle ? γνῶθι σεαυτόν** , disaient les anciens. On SAIT qu’un jour tout cela va mal finir, qu’un hurluberlu appuiera sur le bouton . Alors, autant prévenir …
  • toujours et encore répandre la fraternité ...qui évitera a la bêtise de devenir asocialement dangereuse. Même si mes voisins m’énervent beaucoup. Et, pour cela, rien de mieux que de développer son empathie . Alors, dans la série les vidéos pour bronzer moins idiot , une superbe leçon d’empathie , toujours pour les anglophones :
    dostoievski fraternité

 

 

*VGE “le pouvoir et la vie”1992

** Gnoti seauton , Connais toi toi même

 

Fraternité

Depuis la lecture de Maradiaga* , cette fraternité me turlupine . Je n’arrive pas à m’ôter de la tête que c’est mon affaire, c’est notre affaire. Non pas en tant que collectivité, mais en tant qu’individus . La collectivité s’occupera du bon équilibre entre liberté et égalité . Mais , la fraternité ne se décrète pas . Impossible de légiférer , ni de sanctionner son absence.

Comme le dit si bien  Paul Thibaud, « Autant la liberté et l’égalité peuvent être perçues comme des droits, autant la fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d’autrui. C’est donc un mot d’ordre moral. »

 

Je ne parle pas de la fraternité communautaire, qui reste bien fermée sur un seul groupe et veille à l’intérêt exclusif des membres du groupe, comme les cite hier Tugdual Derville ** ,mais de la fraternité qui est gravée sur le fronton de nos mairies , une fraternité large et généreuse.

Les musulmans, dont l’accueil de l’étranger est formidable (je parle bien sûr des 99+% de la population, pas du 1% de fanatiques qui font tellement de mal à l’image de l’Islam) , sont sans doute les plus proches de la fraternité.

Peut être parce que religion et vie publique sont liées, que tous sont missionnaires, ou tout simplement plus croyants que les autres .

Peut être que l’éducation civique qui manque dans nos écoles, ou le catéchisme qui a quasiment disparu, sont encore enseignés aux jeunes musulmans.

Foi et morale, en quelque sorte, deux clefs de la fraternité.

 

L’abrazo d’accueil reçu au milieu de la nuit de la part de Jorge, notre hôte inconnu une minute avant sauf via les mails de AirBnB, lui aussi m’a surpris . Que ca fait du bien ! Un vrai geste de fraternité, ni commercial ni calculé, j’en suis sûr. Et pourtant, nous n’avons pas vu de crucifix dans sa maison ! Alors, c’est possible ?  Merci, Jorge, pour ce modèle.

Quand je me remémore tous mes hébergements trouvés par AirBnB, il y a ce point commun: ouvrir en grand sa maison à des étrangers, leur confier les clefs, leur faire confiance … Pas de chance que ce site ait reçu coup sur coup deux attaques : du fisc et des hackers, qui ont cherché à réglementer  les échanges pour le premier et à contourner les évaluations bon enfant que se donnent respectivement hébergeurs et hébergés pour les seconds, avec des intentions pas très claires. Du coup le site a renforcé ses contrôles d’identification, restreint l’accès … bref évolué un peu vers le communautarisme de groupe fermé.. Dommage !

 

A bien réfléchir, ce jeu de la fraternité en vaut la chandelle .

 

Alors, c’est décidé . Un peu moins de méfiance, un pas vers le monde des bisounours . Ça commence par dire un grand merci jovial, même quand ce qu’on reçoit est un dû. Par un sourire et grand signe de la main à l’automobiliste qui me laisse traverser sur les passages cyclistes . Essayez . En faisant attention de ne pas vous casser la figure, bien sûr, mais vous serez surpris de voir l’étonnement et le sourire pointer sur le visage des conducteurs.

Bref, rajoutons quelques atomes de douceur dans ce monde de brutes. Vous verrez, ça change la vie .

 

Post prêt a être publié, je file pour une balade hygiénique : j’ai peu de temps, ce sera donc St Eynard au départ du col de Vence. Comme d’hab, parking bondé pour cette balade si proche . On se bat presque pour garer sa voiture . 20 mètres plus loin, sur le chemin, ce ne sont que sourires et grands bonjours échangés par tous ceux qui se croisent .Absolument tous .Et cela dure toute la montée .  En haut, chacun admire la vue en silence . La densité de population inhibe le sourire ?  Mais pourquoi n’y a t il a fraternité que sur le chemin ? Fraternité inconditionnelle, car sur ce chemin il y en a vraiment pour tous les goûts .  Donc une fraternité inconditionnelle conditionnée ? Concept intéressant . Si un psycho socio quelquechose peut éclairer ma lanterne, on tient peut être là une piste vers la fraternité …

Une fois de plus, rien de bien nouveau . Joe Dassin l’avait bien chantée, cette fraternité inconditionnelle conditionnée à un lieu..

 

* cardinal du Honduras titulaire de la légion d’honneur. Voir post sur le sujet.

**  « Quant à la fraternité, chacun la conçoit comme midi à sa porte, pour la réduire à son profit. “Liberté, égalité, accessibilité”, clame actuellement la louable campagne d’une association défendant les personnes handicapées. Soit, mais le Planning familial a choisi, avec “Liberté, égalité, sexualités”, de nous faire regarder l’humanité par le petit bout de sa lorgnette. Tandis que d’autres ont déjà osé “Liberté, égalité, parentalité”, sans égard pour les droits de l’enfant. »

 

Liberté, Egalité, Fraternité (2)

C’est un comble que ce soit un cardinal du Honduras * qui me fasse prendre conscience de la beauté de la devise de mon pays. Après tant de décennies, honte sur moi . On ne voit pas les merveilles qui nous entourent de près…

Quel beau trépied pour faire grandir une nation.

Liberté, Egalité, Fraternité. Chacun de ces mots sera un pied de l’édifice, et chacun devra grandir simultanément si l’on ne veut pas que tout parte de guingois, avant de s’écrouler.

Ma liberté, longtemps je t’ai gardée comme une perle rare ..” , chanta Moustaki.

C’est aussi sur cette promesse de liberté que sont partis les émigrants vers les Amériques, qui ont fondé la nation symbole de la liberté d’entreprendre. Cette liberté, à entendre certains, est celle qui apporte la richesse . C’est en gros prouvé, quoique…

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Le nuage de points ci dessus montre que certains sont capables d’être riches sans grande liberté (en haut à gauche) , et d’autres plus  libres mais pauvres (bas le plus à droite. In medio stat virtus…

Mais qui prendre comme modèle ? La carte ci dessous donne des pistes . Australie et Suisse, champions de la liberté d’entreprendre … Mais aussi bien placés la Tchéquie, le Canada, le Botswana et le Chili….sans oublier les USA bien sûr.

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Egalité

Ah, que de privations de liberté cette dernière a justifié ! Bien sûr, c’est au nom de l’égalité que les politiques fiscales les plus fortes sont justifiées. L’égalité, moteur de tant de revendications, d’affrontements , de crimes contre la liberté et la fraternité, nos deux autres piliers.  L’égalité économique a son indicateur, le coefficient de Gini. Plus il est bas, plus la société est égalitaire dans la distribution des richesses. Et , là encore, rien de tel qu’une carte ..

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Ah bon, liberté et égalité ne sont donc pas antinomiques … Ca c’est une vraie bonne nouvelle. La Suède est est quasiment dans le peloton de tête des deux cartes… et l’Australie, championne du monde des libertés économiques n’est pas plus inégalitaire que la France. Mais que cet équilibre est délicat ! USA, Japon, Nouvelle Zélande trébuchent sur l’Egalité . Le Botswana s’effondre !

Fraternité

Là, le web est moins disert . Ou plutôt, il est éloquent . On associe fraternité avec “chic tas de chouettes copains”, communautarisme , ou société secrète.

Toutes sont en conflit flagrant avec l’égalité . Leur objectif est de préserver leurs membres… contre les autres .

Seules les fraternités religieuses évitent cet écueil . Seules ces dernières sont réellement fraternelles.

Alors, ne va t on pas lier le déclin du religieux dans le monde à celui de la fraternité ? Ce serait un peu rapide.  La fraternité s’apprend également (et d’abord) dans la famille, non ? D’ou l’importance de ladite famille et du lien familial **.

Ce n’est pas non plus par hasard que l’Eglise insiste sur l’urgence de reconstituer des fraternités locales, à l’instar de l’initiative lancée par l’évéque de Grenoble . Fraternités ouvertes à tous, bien entendu.

Finalement, dans notre belle devise, il y en a pour tout le monde : les gouvernements ont en charge de créer le cadre permettant un bon équilibre entre liberté et égalité. Et c’est à nous, individus, de par nos engagements civils ou religieux de faire progresser en parallèle le troisième pied sociétal qu’est la fraternité .

C’est ainsi que l’on fera progresser réellement le bonheur en France , qui ne se trouve qu’à la 39ème place mondiale dans le classement du bonheur*** , derrière entre autres le Guatemala (9ème) , el Salvador  (19ème) et … le Honduras (22ème) . Et voilà qui reboucle avec mon évêque de Tegucigalpa****, qui est finalement pas si mal placé pour nous faire des discours sur notre devise nationale et la manière dont nous la mettons en oeuvre.

* Cardinal Oscar Maradiaga, dont on peut trouver le discours prononcé lors de sa réception de la légion d’honneur dans son livre “De la difficulté d’évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin” . Discours ou il loue et lie avec brio nos révolutionnaires, la Marseillaise, et Hannah Arendt.

** Je ne peux manquer de vous recommander un de mes livres favoris “le prix du bonheur” de Richard Layard , qui démontre dans ses études statistiques que le facteur de bonheur le plus important est un couple stable, juste après une croyance religieuse…

*** Ruut Veenhoven, de l’université Erasmus à Rotterdam, a compilé les « données du bonheur » de 95 pays sur les 25 dernières années. Une note moyenne allant de 1 (les plus malheureux) à 10 (les plus heureux) leur a été attribuée, pour la période 1995 – 2005.    http://www.linternaute.com/savoir/classement/pays-bonheur/tableau.shtml

**** Vous savez bien entendu tous que Tegucigalpa est la capitale du Honduras…

Allez, une dernière carte pour la route : le “world map of happiness” de l’université de Leicester. Si ca vous donne envie d’aller vivre heureux à Oman ou à Bornéo…

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Liberté Égalité Fraternité

Les grands systèmes financiers ont demandé la libéralisation,  mais au détriment de l’égalité.
Les communistes ont cherché à promouvoir l’égalité,  mais en occultant la liberté.
Quand à la fraternité,  elle est ignorée de tous les concepts politiques.
Elle reste donc la grande force du christianisme.

Cardinal Oscar Maradiaga