La voix du fin silence

Repas en silence.

Chacun est attentif .

Le geste se ralentit

Les papilles n’ont qu’une chose à faire, déguster.

Les yeux pétillent, ou se ferment.

La bouche sourit, goûte pleinement l’instant.

Expérience recommandée. Bon, on peut prolonger en passant tout le week end en retraite spi, c’est mieux. Mais juste un repas hors du bruit du temps ce n’est déjà pas si mal.

Laissons-les donc se débrouiller seuls..

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Lâchez la, laissez la tomber, elle vous étonnera…

Noël au nord du Togo. Depuis le début de ce séjour, nous croisons une succession d’ONG et de centre de santé perfusés par l’Occident. Nous vivons une fois de plus, comme à Madagascar il y a deux ans et au Mali avant, ce racisme officialisé difficilement acceptable qui nous rackette sur notre seule couleur de peau. Eh oui, le blanc est là pour faire tourner l’économie. Une pompe est en panne ? Attendons l’ONG qui viendra la réparer (c’était au Mali).

Il est vrai que c’est très difficile pour un local d’entreprendre. Très vite, il se trouve dans l’obligation de faire vivre la famille, le village, et de s’effondrer sous ces charges

Mais est ce une raison pour que l’occident continue de perfuser ? N’est ce pas une forme de maintien du pays sous son contrôle, une colonisation des temps modernes ? De plus en plus de voix s’élèvent pour recommander une diminution drastiques des missions humanitaires. Une chose est sûre, elles ne doivent avoir pour seul objet que le transfert de connaissances. A l’image de ce centre de soins d’Aledjo qui refuse de créer un orphelinat (les enfants appartiennent au village, pas aux sœurs ) et décrit sa mission première comme d’être un centre de formation (nous sommes une poignée de soignants permanents, avec une vingtaine d’autres en formation qui tournent tous les six mois).

Finalement, sans aller si loin, n’est ce pas le même cas que celui de notre assistanat*, et de notre attitude vis à vis de nos entrepreneurs** ? S’assurer que l’on donne de la connaissance, que l’on loue de la ressource- dans les deux cas si cela répond à une demande– dans un contrat clair , et laisser la liberté d’agir.

 * sur notre trappe a assistance

** aider les entrepreneurs en étant actionnaire ?

Le pourcent riche

Une discussion quasi ubuesque m’a fait chercher de la data. J’ai trouvé ce site* qui vous positionne, en revenu comme en fortune, sur une échelle mondiale.

Eloquent. Si vous gagnez le SMIC en France, vous gagnez en un an ce qu’un agriculteur du Ghana mettrait 119 ans à obtenir. Si, comme la moitié des cadres (selon les chiffres de l’APEC 2012**), vous gagnez au moins 47.600 euros par an, vous faites partie des 0,24% des personnes les plus riches au monde. Et votre revenu mensuel permettrait de rémunérer 237 médecins pakistanais pendant un mois. Et, puisque la notion de richesse relève décidément d’une perception bien relative, il apparaît que les « riches » aux yeux d’une majorité de Français, soit ceux qui gagnent plus de 6.500 euros par mois***, appartiennent aux « 0,09% » les plus riches de la planète. L’élite économique, donc, des « 1% » ciblés par « Occupy » (Wall Street, Francfort etc).

Alors les riches, c’est juste ceux qui le sont plus que nous ? Assumons, lecteurs. Ceux d’entre nous qui gagnons plus de 2300 euros mensuels sont dans LE pourcent riche. On arrête de pleurer ?

*http://www.globalrichlist.com/

** https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120911trib000718927/les-cadres-percoivent-53.800-euros-annuels-en-moyenne.html

***https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130207trib000747429/pour-etre-riche-il-faut-gagner-au-moins-5.000-euros-par-mois.html

De la torture et des chiffres

De la torture et des chiffres

Pauvre INSEE. Voyez ci dessous comment ses chiffres sont utilisés pour peser sur l’opinion. Ça faisait quelque temps que cette question de l’évolution des inégalités me tarabustait.

A ce stade, je conclus au match nul…

Encore une démonstration, s’il en était, de la manipulation possible de l’information. En cette période d’élections, inutile de déclarer le festival ouvert !!

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La banque au rythme cardiaque de 15 jours. Pas encore morte, mais pas loin …

Création d’entreprise. Nothing fancy, rien de rare, comme ils disent. Juste une bête entreprise. Qui ne demande rien à personne, juste le droit d’exister.

A un paresseux comme moi, cela demande un expert comptable et un banquier.

Côté expertise comptable, rien à dire. Ils doivent avoir faim, répondent rapidement, et ont fait leur la devise « il n’y a pas de petit client ».

Côté banque, c’est une autre paire de manches…  La procédure Française est encore trop complexe pour ouvrir ce genre de compte en ligne. Alors, c’est la tournée des coups de téléphone pour prendre rendez vous… impossible dans la quinzaine à venir, bien sûr.

La banque qui héberge mon compte perso depuis des décennies est la plus rapide… pour me dire en fin de rendez vous que « par politique du siège » ils ne travaillaient pas avec les entreprises comme la mienne. Je ne fais pourtant pas de commerce d’armes, lui dis je, je ne demande pas d’argent, et mes flux monétaires seront aussi rares que transparents. Elle est désolée, a un peu honte, mais le fait est qu’elle a perdu son temps, m’a fait perdre le mien, et, elle ne le sait pas encore, a perdu mon compte perso.

gasteropodePar manque totale de réactique, suivi d’un lapin, d’un autre candidat, il ne me reste plus qu’à me rabattre sur la recommandation de mon expert comptable. Et je découvre la banque à cycle d’horloge de 15 jours. Une semaine pour réagir à mon mail (car en vacances, en formation, en déplacement, en ….) et une semaine pour prendre rendez vous car l’agenda est bien plein suite à vacances, formation, déplacement, … Rendez vous pour signer deux malheureux papiers aussitôt scannés pour remplir le dossier électronique. Et récupérer d’autres papiers pour lesquels on va recommencer le cycle. Ce petit jeu dure près de deux mois. Euh !! vraiment impossible de faire tout cela a distance ? Je peux scanner à la maison ! C’est non.

Bon, les papiers sont faits, je n’ai plus qu’à attendre de recevoir ma carte bancaire. Qui arrive huit jours plus tard, sans chéquier , oublié quelque part dans le processus. Encore dix jours… pour le recevoir…mais pas à mon agence . «Voulez vous que je le fasse envoyer ?   Non merci, surtout ne faites rien, ça vous évitera de faire une erreur.. » Ça m’a échappé. Je sais, c’est méchant, pas bien. Et je file d’un coup de pédale d’une agence à l’autre.

Bilan des courses, démarches initiées fin mai pour une structure opérationnelle le 20 août.

« En Espagne, mon mari a fait tout cela en une journée quand il s’est agi de créer sa filiale »…me rapporte t-on.

Sans parler de mes Turcs*, qui ont mis moins de 24h de la demande de prestation au versement du premier acompte (en passant par une banque Allemande car ils ne sont pas en Europe).

Entre l’économie participative (je mets un point d’honneur à réagir dans l’heure aux sollicitations via air bnb) , les banques en ligne (j’ai ouvert mon compte Boursorama), l’ouverture de l’Europe, ça va être très dur pour nos dinosaures de banques**… Bon , ce post en contredit un autre***, mais bon, on a le droit d’avoir des hauts et des bas, non ?

Et, allez, examen de conscience du soir : ça ne m’arrive vraiment jamais de contribuer a ce ralentissement ?

 

 

* mes Turcs, un client tombé du ciel

** Il n’y a pas que nos banques d’ailleurs, d’autres entreprises dinosaures sont capables de ce type de réactique mollusque… je ne citerai personne.

*** Oui  ça m’arrive d’être optimiste pour la France.

Va ! Rends les autres heureux et tu connaîtras la joie !

IMG_20161119_124455« Go ! and make  others happy ! » – va et rends les autres heureux .

C’est le « motto », la devise de Fidesco. Et on a vite fait de l’oublier !

On nous envoie pour une mission particulière. En arrivant, on peut se dire : je suis venu pour développer cela, je dois fournir des résultats. Des résultats pour qui ? pour Fidesco, pour le partenaire, ou pour mon orgueil personnel ?

Les premiers mois ont été un combat pour nous. Vouloir que les choses avancent. Que les jeunes apprennent vite, que telle ou telle chose change, pour montrer de quoi on était capable. Qu’on « servait à quelque chose ».

Et puis, grâce à la prière, grâce à l’accompagnement spirituel, on a compris du fond de nous-même que l’appel de Dieu était dans la phrase « aime ton prochain comme toi-même ». Ne jamais se considérer comme supérieur à quiconque. Aimer les autres. Aimer les employés d’ici, sans les regarder de haut, comme font bien des blancs par ici !

Une décision prise avant où on se rendait compte qu’un employé était peut être malheureux à cause de nous nous laissait vide. Aujourd’hui, une journée où on a pris un 1/4h d’heure, 1/2h (quitte à nous mettre en retard sur quelque chose), à parler à quelqu’un, à partager un moment, des rires, ou leurs soucis, nous remplit de bonheur, donne du sens à toute notre journée, et nous donne envie de recommencer le lendemain une nouvelle journée.

Placer la relation en premier, c’est aussi risquer une aventure humaine qui nous fait sortir de nous-même pour aller vers l’autre. Prendre des risques oui, mais pour du mieux ……

La suite de ce superbe post de Gwen et Ernö , que je n’ai pas hésité à copier sans vergogne, ainsi que leurs autres posts, sont sur leur blog… par là .

Plus de bruit que de cerveaux à la CGT

Sortant du déjeuner des pro des JSC*, je suis attiré par un vacarme cacophonique.

Une armée de drapeaux rouges m’informe que la CGT** avait appelé à une manif (maintenant quotidiennes ?) place de la gare.

Mon itinéraire m’y conduit, je suis surpris de pouvoir traverser la manif en plein cœur sans descendre de mon vélo. Combien sont ils ? Une centaine de drapeaux, une dizaine de véhicules braillards …. et à peu près autant d’humains …

Ils m’ont fait penser aux Coréens*** . Au militant qui vient me proposer son tract, je lui demande s’il est conscient du fait que dans leur manif pathétique il y a plus de haut parleurs que d’humains. Il n’était pas content …  

haut parleurs corée

*  Déjeuners entre pro à la basilique du sacré coeur, ce jour là rencontre avec le DG de la fondation des apprentis d’auteuil.

** Qui m’a décidé à ouvrir ce blog, je ne l’oublie pas.

*** Qui font de la propagande à travers la frontière avec leurs batteries de haut parleurs

 

Un stylo fait la diffférence

Elle est toute belle, toute mignonne . Huit ans peut être. Dans sa belle robe , avec son petit collier doré.  Elle tient dans la main une poignée de beaux ballons de baudruche tous décorés. Elle va sans doute rejoindre le défilé de mariage bruyant que nous venons de voir passer. Il est dix heures passées,  je suis a Delhi dans le taxi qui m’emmène vers mon vol de nuit.

Elle se faufile entre les voitures et frappe à la vitre. Erreur, elle ne rejoint pas le défilé,  elle vend ses ballons. Je lui fais un grand sourire impuissant. Je ne vais pas au mariage, ma belle, mais en sens opposé. Elle se fait implorante, mime la faim. Je n’ai rien, la magie de la carte visa ne m’a pas fait toucher une seule roupie de mon séjour et ma petite valise est au fond du coffre avec juste mes deux chemises et mon pyjama. Je finis par détourner le regard et fixe droit devant moi. Elle reste là.  De quel droit  l’ignorer, elle est à l’image de Dieu autant que moi, non?

Alors je me tourne a nouveau vers elle et la regarde. Je me sens mal, démuni.  Les secondes sont interminables, avant que le trafic ne nous sépare.

A quelques années près c’était ma petite fille. Mais je n avais RIEN sur moi, RIEN a lui donner que mon regard et mon sourire niais. Moi qui croule sous les biens. Je me sens nul.

India, Rajasthan, Jaisalmer, portrait of young village girl

Je baisse les yeux. Mon stylo ! Soigneusement embarqué de l’hôtel , il côtoie mon passeport dans ma poche de chemise en prévision des innombrables écritures que les zélés fonctionnaires indiens ne manqueront de m’imposer.     

Il me rappelle le sourire de ce jeune birman auquel j’avais fait ce cadeau il y a quelques années.

Bon, c’est bien trop tard, elle est loin maintenant. Et elle me l’aurait peut être fiché entre les yeux si j avais baissé la garde protectrice de la vitre… mais je m’en veux de ne pas y avoir pensé.

Promis. La prochaine fois que je retourne en Inde je me balade avec la poitrine bardée de stylos tel un capitaine de l’aéronavale.

 

 

NB : merci à Jim Nilsen  d’avoir laissé cette superbe photo sur le web . On dirait que c’est elle…

TUNA au service des migrants ?

Intéressant, ce livre de Doug Saunders sur les migrations* . D’actualité, même. Paradoxal, dans son titre comme dans son développement : ces migrants qui changent le monde. Qui construisent celui de demain, dirait on même.

migrants du village a la villeQuoi, ces taudis, ces bidonvilles, ces verrues aux orées de nos belles villes seraient le terreau de l’entreprise, notre dynamisme sociétal ?

Oui, nous dit Doug en substance. Migrants qui portent en eux la rage au ventre, celle de se sortir de leur misère, d’en extraire leurs enfants, de les envoyer à l’école pour qu’à leur tour ils les tirent du bidonville et qu’ils puissent laisser la place aux suivants.

C’est ainsi qu’au 19ème siècle les faubourgs de Paris ont été un des tremplins de la France, de même que de nombreuses banlieues américaines le ressort des US, que hier Lui Gong Li a contribué à propulser la Chine, et qu’ aujourd’hui les favelas sont l’avenir du Brésil.

Ce tremplin est basé sur deux jambes : celle de la solidarité familiale, et celle de la possibilité d’entreprendre à très petite échelle. Muhammad Yunus l’a bien compris en inventant le microcrédit au Bengladesh.

Famille et travail, deux sujets clés qui me parlent bien.

Pour la famille, on a des idées** . Mais pour le travail ? Pour les petits boulots ?

Le petit brocanteur de l’autre jour*** a montré la voie. Dans notre France hyperréglementée, je veux croire que les TUNA****  permettront à beaucoup de s’en sortir. Ces sites collaboratifs qui, avant la microentreprise, permettent la nano entreprise informelle.

Allez, on les encourage ces “petits” sites. Chez nous, ça commence par le réseau entourage*****, en tout début de chaîne…en plus créé par Jean Marc ******

 

* Du village à la ville : Comment les migrants changent le monde  Doug Saunders – Seuil.   Pour ceux qui ont la flemme de lire les 470 pages , la synthèse de ATTAC  

**  pour la famille ?  portons des cruches

*** Histoire du brocanteur entrepreneur :Fier de payer ses charges

**** Tesla, Uber, Netflix, Air B’nB … TUNA prend la place de GAFA (Google Apple Facebook Amazon)  comme symbole de la nouvelle économie du partage… on peut aussi rajouter le bon coin pour les brocs en herbe***, jecuisinepourvous, ou autre Freelance .com

***** http://engage.world/mag/projects/entourage#toggle-id-1

****** Pour en connaître un peu plus sur Jean Marc , c’est par là

Chacun place la raison d’état ou il veut. En direct de Delhi.

wc_fan_002Grand événement de la semaine dernière, l’Inde affrontait l’Australie en demi-finale de la coupe du monde de cricket. Comprendre, 30% des employés étaient en  »arrêt maladie », pour ceux qui sont présents, j’ai recensé 6 personnes (dont 2 françaises…) sur les 100 de l’équipe en fin de matinée (le match durant entre 6 et 10 h, le taux de présence a largement fluctué au cours de la journée). C’est très amusant de passer quelques heures avec les indiens à supporter l’équipe nationale et à les entendre supporter leur équipe… le cricket c’est quelque chose ici (un des grand chefs est même allé en Australie pour la journée voir le match en direct…) !

Pour conclure sur le sujet, petit échange de mails la veille du match entre un membre de l’équipe et son manager:

« Dear Sir,

I don’t want to lie. My country needs me tomorrow. It’s time to display the patriotism by entire nation. I want to apply for the leave which I call as patriotism leave. Its India vs Australia in world cup semi final. My nation needs me. Kindly grant me the leave. »

Réponse :

« Dear sender,

I will be on sick leave tomorrow. response will be delayed.
Regards »

Merci, F, de ce texte…

Ca vous choque ? C’est juste que vous n’avez pas encore assez l’habitude de vous mettre dans la peau de l’autre..

Signes dans la vie

Lecture de ce livre connu dans la micro cathosphère : “De la kippa à la croix”* . Dans le récit de la conversion de ce juif né non pratiquant, devenu rabbin ultraorthodoxe, puis converti au catholicisme, une séquence m’interpelle. Celle de la période ou le rabbin en habit noir et papillottes cherche simplement à rencontrer un chrétien, discrètement, dans la rue . Il ne peut pas, bien sûr, se pointer dans une église au vu et au su de sa communauté.

Mais comment les reconnaître ? Sont ils tous cachés ?

You’ve got a point …. comme on dit chez Shakespeare.

Comment les voir ?

Les musulmanes, ce n’est pas trop difficile . Les Chrétiens ?

J’ai regardé au travail .

A part cette musulmane, charmante et souriante au demeurant, voilée et épaules couvertes en plein été, rien. Ou presque. Alors, depuis quelque temps déjà, action.. petite photo de mon bureau .

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Bureau Marie

 

 

Mélangée aux échantillons, a demi masquée par eux pour le visiteur, Marie** me rappelle ma mission de temps à autre.

 

Bureau flyer

 

Un flyer Alpha parents qui étonne le visiteur occasionnel.

Bureau caféiserean

 

 

Un dessous de bière du café Isereanybody avec lequel le même visiteur joue machinalement.

 

Bureau CFTC

 

Parmi les nombreux tracts syndicaux reçus le matin, seul celui de la CFTC ne finit pas rapidement à la poubelle.

Bureau before

 

Et, pour ceux qui squattent mon fauteuil pendant mes absences, le dernier before d’Isereanybody.

 

 

J’ai regardé dans la rue.

signezabou

 

On y croise un rare prêtre, avec son col romain ou sa croix en pin’s.  Une croix de Taizé , comme celle que Zabou ne cache pas.

Un poisson à l’arrière d’une voiture.

Mais les clochers n’émergent plus de la mer d’immeubles.

 

Alors, pour ceux qui “n’ont pas encore de clairvoyance et croient en ces sottises” , pour paraphraser un des followers de ce blog, il est temps de réagir, non ?

 

*http://www.delakippaalacroix.fr/

** Mais pourquoi Marie dans ce monde de compétition et d’ambition ? Ben …. je trouve que ces paroles parlent d’elles même, et correspondent bien au monde de l’entreprise. Et si tu veux les écouter…

Si le vent des tentations s’élève,
Si tu heurtes le rocher des épreuves.
Si les flots de l’ambition t’entraînent,
Si l’orage des passions se déchaîne :

Regarde l’étoile, invoque Marie,
Si tu la suis, tu ne crains rien !
Regarde l’étoile, invoque Marie,
Elle te conduit sur le chemin !

Si tu la suis, tu ne dévies pas,
Si tu la pries, tu ne faiblis pas.
Tu ne crains rien, elle est avec toi,
Et jusqu’au port, elle te guidera.

Oui mais de nos temps modernes, ce n’est plus possible.

Autrefois, donc, douze hommes ont été le levain qui a fait lever la terre entière. Et nous, alors, combien nous sommes médiocres, nous qui ne parvenons pas à convertir ceux qui nous entourent, malgré notre nombre considérable !

Vous me direz : “tout le monde n’est pas apôtre. Tout le monde n’a pas leur force et leur mission.”

Et alors ? N’étaient ils pas des hommes comme vous ? N’habitaient ils pas des villes ? N’avaient ils pas vécu parmi leurs concitoyens ? N’avaient ils pas des métiers ? Etaient ils des anges descendus du ciel ?

Saint Jean Chrisostome 345-407

En 400 , c’était déjà les temps modernes ?

Voilà un texte qui rabaisse bien notre orgueil d’hommes modernes ..  Non, ce n’était pas forcément plus facile ni bien différent il y a 1500 ans . Pourtant, ils ont bien fait progresser le monde, non ? Et nous ? 

 

L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse*

Une trentaine de joyeux convives pour ce réveillon. Pour animer l’heure qui nous sépare de l’an neuf, notre hôte nous propose,à tour de rôle, de citer la pépite, petite ou grosse, qui marquera 2014.

Ma voisine, voulant éviter l’inévitable sphère personnelle des retrouvailles, naissances, et autres mariages, me sollicite : “mais que s’est il passé de beau dans le monde en 2014 ?”. Nous cherchons tous deux, et seuls des événements bien sombres nous viennent à l’ esprit . Quoi, nous ne nous souviendrions que d’événements négatifs survenus en 2014 ? Massacres, guerres, invasions, actes terroristes … Au mieux, les mobilisations qui nous réjouissent n’ont existé qu’en réaction à des violences. Mais de grand et beau, rien . Rien que des petites choses toutes personnelles .

 

Qu’en dire ? Que les média ne nous rapportent que le côté noir de la force ? Sans doute, c’est plus vendeur . Mais ça ne fait pas tout .

D’abord, il y a des média qui font le contraire . Allez donc voir Frédérique Bedos et le projet imagine

A la réflexion, on se souvient sans doute plus du négatif, car les œuvres du mal se font en grand, en visible, en impressionnant.

Au contraire, les belles actions, celles qui luttent contre celles du malin, sont le fait d’individus, de petits. Une fois de plus, imagine le révèle bien.

 

 

Alors, en cette période de résolutions, n’ayons pas peur de nos belles petites résolutions. Mises toutes ensemble, elles feront progresser le monde dans le bon sens et triompher du Méchant. Comme dans cette video.

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C’est pour cela que j’affirme volontiers ambitionner de faire reculer le divorce en France. En mettant ensemble toutes les actions qui contribuent à renforcer l’amour dans le couple et la famille, on y arrivera. Et si on n’y arrive pas encore, c’est juste que nous ne sommes pas assez nombreux . Vous voulez nous rejoindre ?

 

 

* Vous avez bien sûr reconnu cette citation de Gandhi !!!

Bêtise meurtrière

gnothi-seautonL’ analphabétisme est réputé être inférieur à 1% en France . Allez, on va le croire …

Les Algériens dans leur vaste majorité ne brûlent pas de voiture pour manifester leur joie, pourtant avoir un garage les soirs de coupe du monde sécurise beaucoup.

Un avion Malaysian et 300 personnes plus bas … juste parce que les “réputés éduqués”  n’ont pas lu la notice de leur missile . Ca fait  douter du fait qu’ils sachent lire.

Et la majorité des habitants de Mossoul : sont ils anti Chrétiens anti Yezidis, anti Chiites  ? J’en doute, là encore une poignée d’irresponsables est à la manœuvre.

Nucleaire : personne ne poussera jamais le bouton, comme disait VGE “la décision de déclencher le tir stratégique et de déclencher la destruction mutuelle assurée apparaîtra comme le dernier geste d’un irresponsable”*… Seul un état voyou le fera, probablement encore un qui ne saura pas lire la notice.

Finalement, le problème numéro un de ce monde est que la bêtise n’est pas un gène récessif. D’ailleurs, les mathématiciens, Einstein en tête,  le savent bien: rien ne donne un meilleur aperçu de la notion d’infini que la bêtise humaine

Alors , quelle solution ?

  • Mort aux cons (vaste programme, nous sommes cernés) ,comme souvent j’en ai des bouffées d’envie ?  Bon , ce n’est pas très chrétien . Tout le monde a droit à la Vie.
  • Répondre au communautarisme idiot par un communautarisme élitiste , comme beaucoup le font ? Quartiers qui refusent les transports en commun, écoles élitistes totalement privées, ou carrément pays complet comme la Suisse qui interdit minaret et limite le nombre d’étrangers ? Tout cela, pour moi, n’est pas vraiment en ligne avec la doctrine sociale de l’ Eglise et sa préférence pour le plus démuni .

Deux pistes concrètes :

  • détruire tout l’arsenal nucléaire militaire, et réprimer avec fermeté tout état qui s’en approche. Mais pourquoi l’Humanité conservait elle le moyen de sa destruction accidentelle ? γνῶθι σεαυτόν** , disaient les anciens. On SAIT qu’un jour tout cela va mal finir, qu’un hurluberlu appuiera sur le bouton . Alors, autant prévenir …
  • toujours et encore répandre la fraternité ...qui évitera a la bêtise de devenir asocialement dangereuse. Même si mes voisins m’énervent beaucoup. Et, pour cela, rien de mieux que de développer son empathie . Alors, dans la série les vidéos pour bronzer moins idiot , une superbe leçon d’empathie , toujours pour les anglophones :
    dostoievski fraternité

 

 

*VGE “le pouvoir et la vie”1992

** Gnoti seauton , Connais toi toi même

 

Liberté, Egalité, Fraternité (2)

C’est un comble que ce soit un cardinal du Honduras * qui me fasse prendre conscience de la beauté de la devise de mon pays. Après tant de décennies, honte sur moi . On ne voit pas les merveilles qui nous entourent de près…

Quel beau trépied pour faire grandir une nation.

Liberté, Egalité, Fraternité. Chacun de ces mots sera un pied de l’édifice, et chacun devra grandir simultanément si l’on ne veut pas que tout parte de guingois, avant de s’écrouler.

Ma liberté, longtemps je t’ai gardée comme une perle rare ..” , chanta Moustaki.

C’est aussi sur cette promesse de liberté que sont partis les émigrants vers les Amériques, qui ont fondé la nation symbole de la liberté d’entreprendre. Cette liberté, à entendre certains, est celle qui apporte la richesse . C’est en gros prouvé, quoique…

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Le nuage de points ci dessus montre que certains sont capables d’être riches sans grande liberté (en haut à gauche) , et d’autres plus  libres mais pauvres (bas le plus à droite. In medio stat virtus…

Mais qui prendre comme modèle ? La carte ci dessous donne des pistes . Australie et Suisse, champions de la liberté d’entreprendre … Mais aussi bien placés la Tchéquie, le Canada, le Botswana et le Chili….sans oublier les USA bien sûr.

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Egalité

Ah, que de privations de liberté cette dernière a justifié ! Bien sûr, c’est au nom de l’égalité que les politiques fiscales les plus fortes sont justifiées. L’égalité, moteur de tant de revendications, d’affrontements , de crimes contre la liberté et la fraternité, nos deux autres piliers.  L’égalité économique a son indicateur, le coefficient de Gini. Plus il est bas, plus la société est égalitaire dans la distribution des richesses. Et , là encore, rien de tel qu’une carte ..

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Ah bon, liberté et égalité ne sont donc pas antinomiques … Ca c’est une vraie bonne nouvelle. La Suède est est quasiment dans le peloton de tête des deux cartes… et l’Australie, championne du monde des libertés économiques n’est pas plus inégalitaire que la France. Mais que cet équilibre est délicat ! USA, Japon, Nouvelle Zélande trébuchent sur l’Egalité . Le Botswana s’effondre !

Fraternité

Là, le web est moins disert . Ou plutôt, il est éloquent . On associe fraternité avec “chic tas de chouettes copains”, communautarisme , ou société secrète.

Toutes sont en conflit flagrant avec l’égalité . Leur objectif est de préserver leurs membres… contre les autres .

Seules les fraternités religieuses évitent cet écueil . Seules ces dernières sont réellement fraternelles.

Alors, ne va t on pas lier le déclin du religieux dans le monde à celui de la fraternité ? Ce serait un peu rapide.  La fraternité s’apprend également (et d’abord) dans la famille, non ? D’ou l’importance de ladite famille et du lien familial **.

Ce n’est pas non plus par hasard que l’Eglise insiste sur l’urgence de reconstituer des fraternités locales, à l’instar de l’initiative lancée par l’évéque de Grenoble . Fraternités ouvertes à tous, bien entendu.

Finalement, dans notre belle devise, il y en a pour tout le monde : les gouvernements ont en charge de créer le cadre permettant un bon équilibre entre liberté et égalité. Et c’est à nous, individus, de par nos engagements civils ou religieux de faire progresser en parallèle le troisième pied sociétal qu’est la fraternité .

C’est ainsi que l’on fera progresser réellement le bonheur en France , qui ne se trouve qu’à la 39ème place mondiale dans le classement du bonheur*** , derrière entre autres le Guatemala (9ème) , el Salvador  (19ème) et … le Honduras (22ème) . Et voilà qui reboucle avec mon évêque de Tegucigalpa****, qui est finalement pas si mal placé pour nous faire des discours sur notre devise nationale et la manière dont nous la mettons en oeuvre.

* Cardinal Oscar Maradiaga, dont on peut trouver le discours prononcé lors de sa réception de la légion d’honneur dans son livre “De la difficulté d’évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin” . Discours ou il loue et lie avec brio nos révolutionnaires, la Marseillaise, et Hannah Arendt.

** Je ne peux manquer de vous recommander un de mes livres favoris “le prix du bonheur” de Richard Layard , qui démontre dans ses études statistiques que le facteur de bonheur le plus important est un couple stable, juste après une croyance religieuse…

*** Ruut Veenhoven, de l’université Erasmus à Rotterdam, a compilé les « données du bonheur » de 95 pays sur les 25 dernières années. Une note moyenne allant de 1 (les plus malheureux) à 10 (les plus heureux) leur a été attribuée, pour la période 1995 – 2005.    http://www.linternaute.com/savoir/classement/pays-bonheur/tableau.shtml

**** Vous savez bien entendu tous que Tegucigalpa est la capitale du Honduras…

Allez, une dernière carte pour la route : le “world map of happiness” de l’université de Leicester. Si ca vous donne envie d’aller vivre heureux à Oman ou à Bornéo…

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Cuchonnage et diversité

Les Ukrainiens ont voté . Pour le cuchonnage, comme diraient les Lyonnais. Ce cuchonnage, cet art de bien vivre entre soi, on le vit si fréquemment dans les beaux quartiers . Et pas seulement à Lyon . On le devine chez les Criméens, qui auraient décidé de rester entre eux, les 95% de Russophones . On l’a vécu en Afrique du Sud, dans un lieu et une époque ou la différence étaient très difficile à vivre. D’ailleurs, c’est bizarre, non, que ce soit les bobos eux mêmes cuchonneux qui aient été à l’époque à la pointe de la critique anti-apartheid ? Comme quoi, il est plus facile de clamer que de vivre ses convictions *.

Et, au moment même ou le communautarisme croît et embellit, je connais au moins une multinationale qui fait le pari de la diversité . Qui l’exagère . Qui s’interdit la concentration de nationalités, de cursus ou de genre . A l’image de Google, qui, dans son QG de Mountain View, recrute des masters d’histoire et de philosophie aussi aisément que des programmeurs.

A croire que ce que l’industrie a déjà compris, la pauvreté de cet entre-soi, le politique ne l’a pas encore entrevu. Quel dommage … Nos pays sont ils condamnés à se priver, par repli identitaire, de la richesse du monde **?

ImageJe ne me suis jamais senti aussi Européen qu’à Johannesburg ou à Hong Kong.. A défaut de pouvoir payer un long séjour à l’autre bout du monde à nos politiques, élisons des candidats entrepreneurs internationaux .. Ca tombe bien, il y en a sur le marché*** en ce moment !

*Vous avez vu beaucoup de “Rive gauche” à Soweto ? Moi, jamais.

** “Il n’est de richesses que d’hommes” , d’accord, mais pas tous pareils.

*** et si vous n’avez pas compris, cette fine allusion concerneDenis Payre, politique Français ex-coté au Nasdaq.

L’Asie qui blanchit

Non, pas encore un post de plus sur la catastrophe qui guette la Chine après 30 ans de politique de l’enfant unique …. bonjour le problème des retraites mais c’est un autre sujet.

Séminaire à Jakarta avec mes collègues marketeurs des pays d’Asie du sud Est . Tous se plaignent de la difficulté d’embaucher des locaux compétents. Par contre, ils mesurent les effets de la crise : à Hanoi, Manille, Bangkok, nombreux sont les jeunes Francais diplômés, qui prennent un aller simple et postulent sur des postes, payés aux niveaux des salaires locaux (soit un SMIC Francais à Hanoi, qui donne un niveau de vie confortable).

Mon ami Singapourien, lui,  s’inquiète de l’augmentation de l’immigration, qui devient vraiment conséquente . Immigration Malaise , lui demande-je ? Non, non ! Nous sommes envahis de jeunes Européens qui prennent tous les postes de cadres dans les sociétés internationales !

Covoiturage retour de Lyon, avec deux jeunes infirmiers . Ils n’ont pourtant pas de problème d’emploi, eux. Pourtant, ils ont pris leur billet pour Nouméa . Pour le dépaysement, mais surtout pour pouvoir créer plus facilement leur cabinet. Illusion ? Le fait est qu’il ne se passe pas de semaine sans que l’on entende parler d’un jeune de notre entourage qui part là bas .

Sans aller en Asie , combien de nos enfants travaillent en Suisse ?

Covoiturage Lille Bruxelles : voyageons avec un Francais d’origine Marocaine, qui depuis 3 ans a laissé sa famille à Lille et travaille à Bruxelles … ici au moins il y a du travail !

Tout cela donne le vertige . Si , en quelques mois, sans chercher, j’en vois tant qui partent, combien de nos diplômés restent en France ? Le chiffre , s’il existe, doit faire peur.

Alors gardons un espoir et faisons un vœu. Que le jour où, et il viendra, la France fera réellement ce qu’il faut pour que l’on puisse y entreprendre, tous ces expatriés soient le premier relais de nos exportations.