De la torture et des chiffres

De la torture et des chiffres

Pauvre INSEE. Voyez ci dessous comment ses chiffres sont utilisés pour peser sur l’opinion. Ça faisait quelque temps que cette question de l’évolution des inégalités me tarabustait.

A ce stade, je conclus au match nul…

Encore une démonstration, s’il en était, de la manipulation possible de l’information. En cette période d’élections, inutile de déclarer le festival ouvert !!

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La banque au rythme cardiaque de 15 jours. Pas encore morte, mais pas loin …

Création d’entreprise. Nothing fancy, rien de rare, comme ils disent. Juste une bête entreprise. Qui ne demande rien à personne, juste le droit d’exister.

A un paresseux comme moi, cela demande un expert comptable et un banquier.

Côté expertise comptable, rien à dire. Ils doivent avoir faim, répondent rapidement, et ont fait leur la devise « il n’y a pas de petit client ».

Côté banque, c’est une autre paire de manches…  La procédure Française est encore trop complexe pour ouvrir ce genre de compte en ligne. Alors, c’est la tournée des coups de téléphone pour prendre rendez vous… impossible dans la quinzaine à venir, bien sûr.

La banque qui héberge mon compte perso depuis des décennies est la plus rapide… pour me dire en fin de rendez vous que « par politique du siège » ils ne travaillaient pas avec les entreprises comme la mienne. Je ne fais pourtant pas de commerce d’armes, lui dis je, je ne demande pas d’argent, et mes flux monétaires seront aussi rares que transparents. Elle est désolée, a un peu honte, mais le fait est qu’elle a perdu son temps, m’a fait perdre le mien, et, elle ne le sait pas encore, a perdu mon compte perso.

gasteropodePar manque totale de réactique, suivi d’un lapin, d’un autre candidat, il ne me reste plus qu’à me rabattre sur la recommandation de mon expert comptable. Et je découvre la banque à cycle d’horloge de 15 jours. Une semaine pour réagir à mon mail (car en vacances, en formation, en déplacement, en ….) et une semaine pour prendre rendez vous car l’agenda est bien plein suite à vacances, formation, déplacement, … Rendez vous pour signer deux malheureux papiers aussitôt scannés pour remplir le dossier électronique. Et récupérer d’autres papiers pour lesquels on va recommencer le cycle. Ce petit jeu dure près de deux mois. Euh !! vraiment impossible de faire tout cela a distance ? Je peux scanner à la maison ! C’est non.

Bon, les papiers sont faits, je n’ai plus qu’à attendre de recevoir ma carte bancaire. Qui arrive huit jours plus tard, sans chéquier , oublié quelque part dans le processus. Encore dix jours… pour le recevoir…mais pas à mon agence . «Voulez vous que je le fasse envoyer ?   Non merci, surtout ne faites rien, ça vous évitera de faire une erreur.. » Ça m’a échappé. Je sais, c’est méchant, pas bien. Et je file d’un coup de pédale d’une agence à l’autre.

Bilan des courses, démarches initiées fin mai pour une structure opérationnelle le 20 août.

« En Espagne, mon mari a fait tout cela en une journée quand il s’est agi de créer sa filiale »…me rapporte t-on.

Sans parler de mes Turcs*, qui ont mis moins de 24h de la demande de prestation au versement du premier acompte (en passant par une banque Allemande car ils ne sont pas en Europe).

Entre l’économie participative (je mets un point d’honneur à réagir dans l’heure aux sollicitations via air bnb) , les banques en ligne (j’ai ouvert mon compte Boursorama), l’ouverture de l’Europe, ça va être très dur pour nos dinosaures de banques**… Bon , ce post en contredit un autre***, mais bon, on a le droit d’avoir des hauts et des bas, non ?

Et, allez, examen de conscience du soir : ça ne m’arrive vraiment jamais de contribuer a ce ralentissement ?

 

 

* mes Turcs, un client tombé du ciel

** Il n’y a pas que nos banques d’ailleurs, d’autres entreprises dinosaures sont capables de ce type de réactique mollusque… je ne citerai personne.

*** Oui  ça m’arrive d’être optimiste pour la France.

Va ! Rends les autres heureux et tu connaîtras la joie !

IMG_20161119_124455« Go ! and make  others happy ! » – va et rends les autres heureux .

C’est le « motto », la devise de Fidesco. Et on a vite fait de l’oublier !

On nous envoie pour une mission particulière. En arrivant, on peut se dire : je suis venu pour développer cela, je dois fournir des résultats. Des résultats pour qui ? pour Fidesco, pour le partenaire, ou pour mon orgueil personnel ?

Les premiers mois ont été un combat pour nous. Vouloir que les choses avancent. Que les jeunes apprennent vite, que telle ou telle chose change, pour montrer de quoi on était capable. Qu’on « servait à quelque chose ».

Et puis, grâce à la prière, grâce à l’accompagnement spirituel, on a compris du fond de nous-même que l’appel de Dieu était dans la phrase « aime ton prochain comme toi-même ». Ne jamais se considérer comme supérieur à quiconque. Aimer les autres. Aimer les employés d’ici, sans les regarder de haut, comme font bien des blancs par ici !

Une décision prise avant où on se rendait compte qu’un employé était peut être malheureux à cause de nous nous laissait vide. Aujourd’hui, une journée où on a pris un 1/4h d’heure, 1/2h (quitte à nous mettre en retard sur quelque chose), à parler à quelqu’un, à partager un moment, des rires, ou leurs soucis, nous remplit de bonheur, donne du sens à toute notre journée, et nous donne envie de recommencer le lendemain une nouvelle journée.

Placer la relation en premier, c’est aussi risquer une aventure humaine qui nous fait sortir de nous-même pour aller vers l’autre. Prendre des risques oui, mais pour du mieux ……

La suite de ce superbe post de Gwen et Ernö , que je n’ai pas hésité à copier sans vergogne, ainsi que leurs autres posts, sont sur leur blog… par là .

Plus de bruit que de cerveaux à la CGT

Sortant du déjeuner des pro des JSC*, je suis attiré par un vacarme cacophonique.

Une armée de drapeaux rouges m’informe que la CGT** avait appelé à une manif (maintenant quotidiennes ?) place de la gare.

Mon itinéraire m’y conduit, je suis surpris de pouvoir traverser la manif en plein cœur sans descendre de mon vélo. Combien sont ils ? Une centaine de drapeaux, une dizaine de véhicules braillards …. et à peu près autant d’humains …

Ils m’ont fait penser aux Coréens*** . Au militant qui vient me proposer son tract, je lui demande s’il est conscient du fait que dans leur manif pathétique il y a plus de haut parleurs que d’humains. Il n’était pas content …  

haut parleurs corée

*  Déjeuners entre pro à la basilique du sacré coeur, ce jour là rencontre avec le DG de la fondation des apprentis d’auteuil.

** Qui m’a décidé à ouvrir ce blog, je ne l’oublie pas.

*** Qui font de la propagande à travers la frontière avec leurs batteries de haut parleurs

 

Un stylo fait la diffférence

Elle est toute belle, toute mignonne . Huit ans peut être. Dans sa belle robe , avec son petit collier doré.  Elle tient dans la main une poignée de beaux ballons de baudruche tous décorés. Elle va sans doute rejoindre le défilé de mariage bruyant que nous venons de voir passer. Il est dix heures passées,  je suis a Delhi dans le taxi qui m’emmène vers mon vol de nuit.

Elle se faufile entre les voitures et frappe à la vitre. Erreur, elle ne rejoint pas le défilé,  elle vend ses ballons. Je lui fais un grand sourire impuissant. Je ne vais pas au mariage, ma belle, mais en sens opposé. Elle se fait implorante, mime la faim. Je n’ai rien, la magie de la carte visa ne m’a pas fait toucher une seule roupie de mon séjour et ma petite valise est au fond du coffre avec juste mes deux chemises et mon pyjama. Je finis par détourner le regard et fixe droit devant moi. Elle reste là.  De quel droit  l’ignorer, elle est à l’image de Dieu autant que moi, non?

Alors je me tourne a nouveau vers elle et la regarde. Je me sens mal, démuni.  Les secondes sont interminables, avant que le trafic ne nous sépare.

A quelques années près c’était ma petite fille. Mais je n avais RIEN sur moi, RIEN a lui donner que mon regard et mon sourire niais. Moi qui croule sous les biens. Je me sens nul.

India, Rajasthan, Jaisalmer, portrait of young village girl

Je baisse les yeux. Mon stylo ! Soigneusement embarqué de l’hôtel , il côtoie mon passeport dans ma poche de chemise en prévision des innombrables écritures que les zélés fonctionnaires indiens ne manqueront de m’imposer.     

Il me rappelle le sourire de ce jeune birman auquel j’avais fait ce cadeau il y a quelques années.

Bon, c’est bien trop tard, elle est loin maintenant. Et elle me l’aurait peut être fiché entre les yeux si j avais baissé la garde protectrice de la vitre… mais je m’en veux de ne pas y avoir pensé.

Promis. La prochaine fois que je retourne en Inde je me balade avec la poitrine bardée de stylos tel un capitaine de l’aéronavale.

 

 

NB : merci à Jim Nilsen  d’avoir laissé cette superbe photo sur le web . On dirait que c’est elle…

TUNA au service des migrants ?

Intéressant, ce livre de Doug Saunders sur les migrations* . D’actualité, même. Paradoxal, dans son titre comme dans son développement : ces migrants qui changent le monde. Qui construisent celui de demain, dirait on même.

migrants du village a la villeQuoi, ces taudis, ces bidonvilles, ces verrues aux orées de nos belles villes seraient le terreau de l’entreprise, notre dynamisme sociétal ?

Oui, nous dit Doug en substance. Migrants qui portent en eux la rage au ventre, celle de se sortir de leur misère, d’en extraire leurs enfants, de les envoyer à l’école pour qu’à leur tour ils les tirent du bidonville et qu’ils puissent laisser la place aux suivants.

C’est ainsi qu’au 19ème siècle les faubourgs de Paris ont été un des tremplins de la France, de même que de nombreuses banlieues américaines le ressort des US, que hier Lui Gong Li a contribué à propulser la Chine, et qu’ aujourd’hui les favelas sont l’avenir du Brésil.

Ce tremplin est basé sur deux jambes : celle de la solidarité familiale, et celle de la possibilité d’entreprendre à très petite échelle. Muhammad Yunus l’a bien compris en inventant le microcrédit au Bengladesh.

Famille et travail, deux sujets clés qui me parlent bien.

Pour la famille, on a des idées** . Mais pour le travail ? Pour les petits boulots ?

Le petit brocanteur de l’autre jour*** a montré la voie. Dans notre France hyperréglementée, je veux croire que les TUNA****  permettront à beaucoup de s’en sortir. Ces sites collaboratifs qui, avant la microentreprise, permettent la nano entreprise informelle.

Allez, on les encourage ces “petits” sites. Chez nous, ça commence par le réseau entourage*****, en tout début de chaîne…en plus créé par Jean Marc ******

 

* Du village à la ville : Comment les migrants changent le monde  Doug Saunders – Seuil.   Pour ceux qui ont la flemme de lire les 470 pages , la synthèse de ATTAC  

**  pour la famille ?  portons des cruches

*** Histoire du brocanteur entrepreneur :Fier de payer ses charges

**** Tesla, Uber, Netflix, Air B’nB … TUNA prend la place de GAFA (Google Apple Facebook Amazon)  comme symbole de la nouvelle économie du partage… on peut aussi rajouter le bon coin pour les brocs en herbe***, jecuisinepourvous, ou autre Freelance .com

***** http://engage.world/mag/projects/entourage#toggle-id-1

****** Pour en connaître un peu plus sur Jean Marc , c’est par là

Chacun place la raison d’état ou il veut. En direct de Delhi.

wc_fan_002Grand événement de la semaine dernière, l’Inde affrontait l’Australie en demi-finale de la coupe du monde de cricket. Comprendre, 30% des employés étaient en  »arrêt maladie », pour ceux qui sont présents, j’ai recensé 6 personnes (dont 2 françaises…) sur les 100 de l’équipe en fin de matinée (le match durant entre 6 et 10 h, le taux de présence a largement fluctué au cours de la journée). C’est très amusant de passer quelques heures avec les indiens à supporter l’équipe nationale et à les entendre supporter leur équipe… le cricket c’est quelque chose ici (un des grand chefs est même allé en Australie pour la journée voir le match en direct…) !

Pour conclure sur le sujet, petit échange de mails la veille du match entre un membre de l’équipe et son manager:

« Dear Sir,

I don’t want to lie. My country needs me tomorrow. It’s time to display the patriotism by entire nation. I want to apply for the leave which I call as patriotism leave. Its India vs Australia in world cup semi final. My nation needs me. Kindly grant me the leave. »

Réponse :

« Dear sender,

I will be on sick leave tomorrow. response will be delayed.
Regards »

Merci, F, de ce texte…

Ca vous choque ? C’est juste que vous n’avez pas encore assez l’habitude de vous mettre dans la peau de l’autre..