Quand les start uppers sont des anciens.

C’est décidé, je pars avec Elle. Le conseil a décidé, il y a deux semaines bientôt, qu’il fallait une dirigeante plus jeune, plus vigoureuse, pour assurer la pérennité de la Cité.

Alors c’est l’heure pour la fondatrice de partir. Sous peine d’être éliminée.

Comme une petite moitié d’entre nous, je vais l’accompagner. L’aider à fonder une nouvelle entreprise. Eh oui, chez nous les start uppers sont des anciens. Expérimentés. Qui en général réussissent pas trop mal. Peut être car  elles entraînent les senior avec elles ?

Une nuit dehors. Au frais. Les exploratrices n’ont pas encore trouvé l’incubateur idéal. Nous arrivons au bout de nos réserves, de notre trésorerie. La moitié d’entre nous sont déjà reparties vers la sécurité. Au risque de se faire repousser. Il va falloir vite se décider. Demain à l’aube, au plus tard.

Une secousse violente, nous tombons en masse dans la besace du business angel. Qui nous transfère dans une structure parfaite. Réoriente notre stratégie, nous délocalise brutalement. Reconstitue un peu de nos réserves. Et nous laisse reposer. A nous de jouer maintenant.

 

Vous l’aurez compris, j’ai récupéré un essaim chez une copine, ce qui m’a fait divaguer un peu..

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Une étoile nous est née

Je vous assure ! Je les ai toutes comptées ! Il y a une étoile de plus dans le ciel !
Ne l’aviez-vous pas remarqué ?

Les cieux semblent déjà un peu plus lumineux depuis que notre grand-père, Papito, y a rejoint Bonne-Maman. Gentleman, il l’avait envoyée, fonceuse, en éclaireur*, et, n’y tenant plus, a choisi de la rejoindre au plus vite.

Mais la vie d’étoile, Papito, il connait déjà.

L’étoile, c’est avant tout celle qui guide. À l’image de Papito, qui a su guider la tribu d’été en été, de Noël en Noël, de WE en WE en patriarche. A Peisey, Certines, Caluire ou l’île de Ré, il nous rassemble. Il n’est pas le chef, il est la sagesse que nous suivons.

L’étoile éclaire indistinctement. Elle se préoccupe de la lumière de chacun, qu’il soit grand, qu’il soit petit, qu’il soit mesquin, grognon ou taquin. Et Papito a toujours eu à cœur de faire grandir chacun d’entre nous, à sa mesure, avec bienveillance, équité et universalité. À nous faire prendre de la hauteur en somme… quoi de plus naturel pour une étoile ?

Notre étoile est brillante ! Homme de culture, sans être homme d’apparat, voilà notre Papito. Ce n’est pas lui qui expose. Il s’intéresse à l’autre. Il questionne, il provoque. Il use pour cela de ruses pour faire parler : “Non mais vous comprenez, dit-il, moi je suis dans la moyenne des gens, au milieu de la gaussienne, alors il faut m’expliquer simplement”. Il est celui qui anime chacun de nos repas par ses questions et son humour.

Notre étoile a de l’humour. Papito aime à user de jeux de mots, appelant par exemple une excellente cuisinière la “reine des tartes”.

Notre étoile Papito, est donc toujours là ! Il continue à guider ceux qui l’ont connu, il continue à nous attirer vers le haut, il reste un point de repère dans nos vies. Repère de valeur, de culture, d’humour, de courage, et bien sûr, de fidélité indéfectible.

On n’en doute pas, les anges là haut, en plus de se marrer avec Bonne-Maman*, sont maintenant déjà en train de se faire cuisiner !

Je le vois, zélé, l’œil riant, et le sourcil ébouriffé, en discussion animée avec un barbu ailé : “j’ai appris dans le poste que vous aviez la recette de l’éternité, peut-être pourriez-vous me la donner ?”… Il y a des anges qui vont cogiter.

Il y a des hommes dont on fait des statues, Papito est de ceux dont on fait un exemple. Et nous l’aurions bien auréolé… il manque une entrée à Saint Papito dans le calendrier.

Nous gardons de lui un sourire en coin, à l’affut du bon mot, l’œil bienveillant recouvert d’un sourcil broussailleux  et le verbe érudit noyé d’humilité.

Sans doute saluerait-il tout bas cet adieu, et déjà, nous adresse de l’au-delà un déluge de bonté.

Adieu, allez gaiement. Donnez-nous de savoir vous ressembler.

À toujours, vous brillez, dans nos cœurs et nos pensées.

16/02/2018 – Église Saint Clair – Caluire

Merci, B, de cet hommage.

Jclaret3

 

* pour ceux qui ont raté le départ de l’éclaireuse …

Quel brave homme que ce Zachée !

Et on nous ressert ce Zachée, homme riche (et donc louche), percepteur (et donc forcément malhonnête), qui se démène pour apercevoir Jésus.

Et patatras, la conversion : «Voilà, Seigneur: je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.»

Çà ne pouvait pas être un mauvais bougre, pour qu’il dise cela.. Percepteur, il devait savoir calculer. Alignons trois chiffres .

Je fais don de la moitié de mes biens ….  reste une autre moitié.

Et si j’ai fait du tort, je vais rendre quatre fois plus . Il n’a donc pu acquérir frauduleusement plus de 12,5% de ses biens, sinon il n’aurait pas assez de sa seconde moitié pour honorer sa promesse. Comme il a surement visé de garder un petit quelque chose, disons 10% pour simplifier les calculs*, cela veut dire qu’il n’a arnaqué que pour constituer 10% de sa fortune. Max.

Pour un homme dans sa position et à son époque, chapeau comme intégrité !

Même aujourd’hui, la propagande nationale trouve que 14% de fraude c’est ridicule *. Et on fait même des funérailles nationales à un exilé fiscal. Alors !!!

Je ne sais pas s’il est canonisé, mais à défaut d’être leur saint patron, je propose que Zachée soit la mascotte des percepteurs et de tous ceux qui approchent de près l’argent public. Non seulement il est resté honnête, mais encore il a su trouver le chemin de la joie***.

Comme quoi il faut parfois aller au delà des premières émotions ….

 

*Pour ceux qui ont du mal à suivre, s’il donne 50% plus 4 fois 10%, il ne lui reste plus qu’un dixième.

** de l’intégrité officielle de nos jours

*** trouvé la joie ?

Quand Leffe a du mou dans le genou.

Quand Leffe a du mou dans le genou.

Rigolo. J’avais hésité un peu à publier mon coup de gueule estival quand j’ai découvert que Leffe mettait en sourdine son origine religieuse*

Je m’étais amusé quand, enfonçant délibérément le clou, l’abbaye était complètement évacuée de la communication**. Dont acte.

Noël arrive, et sans surprise Leffe remplace sa bière de Noel par sa bière d’hiver . Au moins, ils sont constants, le message est compris. Phylloscopus prend clairement une position : on s’en fout, au contraire*** même. Il n’a pas vraiment tort..

Il y a quand même dû y avoir un certain bruissement dans les réseaux, pour en arriver à ce contorsionniste journalistique que l’on peut lire dans les journaux Belges **** . Pathétique, diraient les Anglo Saxons.

Mais là où je me marre vraiment, c’est en ouvrant le courrier International du jour : et hop, Leffe invente le verre marqué “Leffe de Noël” . Pour y boire la Leffe d’hiver ? Pour corriger la bourde marketing précédente ? Là, les amis, vous vous prenez les pieds dans le tapis.

Surtout quand la concurrence, dans le même journal, enfonce le clou : sa bière de Noël est une “triple d’abbaye”.

Même si ce n’est pas toujours facile, dans la vie il faut savoir choisir ses valeurs fondamentales. Et s’y tenir. Sans mou dans le genou.

 

* Quand Leffe  cache ses origines

** Persiste et signe : radicalisation

*** La voix de la sagesse

**** Contorsionnisme marketing

Mais au fait, pourquoi tant d’acharnement sur la bière ? Pour ceux qui l’ont oublié ..

Au lieu de croire en tes doutes, et de douter de ta foi…

Eric Emmanuel Schmitt présente une vision qui me séduit beaucoup, dans son “Evangile selon Pilate*”. Un Christ complétementhumain, qui doute de sa propre déité, découvre peu à peu son particularisme, et fait finalement un pari à la Blaise Pascal**.

Et un Pilate complètement rationnel, logique, cohérent … qui devient à l’insu de son plein gré le premier chrétien.

En troisième partie, il revient sur sa conversion violente, sur sa foi décomplexée, sans nier pour autant ses réserves par rapport à certains  textes canoniques.

Bref, une belle mise en pratique de la devise de Pierre Goursat *** :

Au lieu de croire en tes doutes, et de douter de ta foi : crois en ta foi, doute des tes doutes…

Un livre plus tout neuf, mais qui mérite d’être découvert, ou redécouvert, de lecture facile et agréable sur le sable de la plage.

http://ploufsurterre.canalblog.com/archives/2015/12/02/33011539.html

* pour feuilleter quelques pages .

** sur le pari de Blaise

*** à qui je dois d’avoir, cet été encore, pu profiter d’un superbe élan.

**** dans la même cuvée des expériences spirituelles fortes.

Back to basics

etoilecroixcoeurLa musique aléatoire rythme ma promenade. Et vient l’étoile des neiges.

Une promesse de retour, tenue, une croix en gage, une fidélité sans faille dans l’attente. Et si c’était simplement cela le bonheur que l’on cherche désespérément ?

Mais c’est dans un coin perdu de montagne . Impossible dans nos villes? Allez, pour la Saint Valentin, on y croit …

Et puis si on a besoin d’aide, il n’y a qu’à faire comme au Mali

 

Sel et lumière

Sel, vous êtes discret, invisible, non reconnu. Mais combien efficace. Au mieux, on vous ignore. Si vous manquez de goût, vos amis vous jettent dehors et vous foulent aux pieds, dit le Livre*… Bref, au pire vous ne servez plus à rien**.

Lumière, vous êtes explicite et visible***.. dans un sens bien plus efficace, mais si vulnérable, comme la flamme de la lampe qui affronte la tempête. On ne vous pardonnera rien. Vous devrez savoir trouver là ou vous ressourcer, pour rallumer la flamme et retourner affronter la tempête…

Elle me parle, l’homélie de ce matin. En phase avec la météo du jour, elle doit aussi parler à François Fillon en ce moment.

Surtout qu’entre sel et fiel le goût est parfois subtil à discerner. Et qu’on peut avoir l’impression que la tempête est sélective.

tempete-au-phare-de-porthcawl-de-steve-garrington-03

 

Plus j’y pense, plus je trouve que le hasard fait parfois mieux les choses

 

* Ce que dit wikipedia sur le sel de la terre

** quoique « remblai de voie rapide », c’est un destin qui peut faire vibrer certains.

*** et sur la lumière du monde