Des protéines, du climat et des biais du chat.

Interloqué par le fait que les vaches émettent du méthane par leurs rots et qu’en conséquence notre consommation de viande est une des responsables du dérèglement climatique, ce jeune ado s’insurge. Hors de question de lui faire abandonner, ni même réduire, la viande. Pendant les deux heures qui ont suivi sa découverte, à son tour il rumine. En boucle. Perturbe la suite de l’atelier*, qui était passé à bien autre chose, en remettant sans arrêt le couvert sur son bœuf. Et ses protéines, indispensables. L’apport en protéines des légumineuses est inaudible. Et, en fin d’atelier, il sort son argument massue : “si je mange la vache, elle n’émettra plus de méthane. Donc, pour combattre le dérèglement, il faut manger encore plus de viande”. CQFD. La sonnerie arrête là le débat, les élèves se dispersent dans la cour tels des moineaux.

Un débat du même ordre, quelques repas plus loin, où par courtoisie envers mes hôtes je n’embolise pas la conversation, me convainc de travailler ce sujet et d’affiner mon pitch. Les sources d’informations sont légion, je potasse.

Et c’est hier que le coup de grâce est venu d’invités pourtant très écolo.. Oui, les pois chiches,…, mais il faut en manger 3 kilos pour obtenir les protéines contenues dans un steak , alors…  Fort de mes connaissances récentes, je corrige l’erreur de grandeur, mais le revers de fond de court est mortel. En théorie, oui, mais les protéines végétales sont nettement moins bien assimilées par l’organisme que celles de la viande.

Je ne suis pas nutritionniste. Je reste coi, et donne ma langue au chat**. Qui me répond de manière très complète 

Oui, l’organisme humain peut assimiler différemment les protéines d’origine animale et celles d’origine végétale. Voici quelques points clés qui expliquent ces différences :

1. Composition en acides aminés : Les protéines animales sont généralement considérées comme des protéines complètes, car elles contiennent tous les acides aminés essentiels dans des proportions similaires à celles requises par l’organisme humain. Les protéines végétales, en revanche, peuvent être incomplètes, c’est-à-dire qu’elles peuvent manquer d’un ou plusieurs acides aminés essentiels. Cependant, en combinant différentes sources végétales (comme les légumineuses et les céréales), on peut obtenir un profil complet d’acides aminés.

2. Digestibilité : Les protéines animales ont généralement une digestibilité plus élevée que les protéines végétales. Cela signifie que le corps peut plus facilement décomposer et absorber les acides aminés des protéines animales. Les protéines végétales peuvent être moins digestes en raison de la présence de fibres et d’autres composés qui peuvent interférer avec la digestion.

3. Présence de facteurs antinutritionnels : Certaines protéines végétales contiennent des facteurs antinutritionnels, comme les inhibiteurs de protéase et les phytates, qui peuvent réduire l’absorption des nutriments. Ces composés peuvent être réduits par des méthodes de cuisson et de préparation appropriées.

4. Impact sur la santé : Les protéines animales et végétales peuvent avoir des impacts différents sur la santé. Par exemple, certaines études suggèrent que la consommation élevée de protéines animales, en particulier de viandes rouges et transformées, peut être associée à un risque accru de certaines maladies chroniques. À l’inverse, les régimes riches en protéines végétales sont souvent associés à des bénéfices pour la santé, comme une réduction du risque de maladies cardiovasculaires.

5. Impact environnemental : Bien que cela ne concerne pas directement l’assimilation, il est important de noter que les protéines végétales ont généralement un impact environnemental moindre que les protéines animales, ce qui peut influencer les choix alimentaires.

En résumé, bien que les protéines animales et végétales puissent toutes deux fournir les acides aminés nécessaires à l’organisme, leurs différences en termes de composition, de digestibilité et d’impact sur la santé peuvent influencer la manière dont elles sont assimilées et utilisées par le corps. 

Damned ! Quelle réponse !! Qui présente bien, avec tous les termes du métier. J’en retiens trois choses : 

1- En étalant mon houmous sur une tranche de pain, j’ai un cocktail protéique complet. 

2 – Les haricots rouges font péter surtout si pas assez cuits (çà, on le savait déjà , pas besoin d’IA).

3 – Le Chat a des biais écolos:  je lui avais posé la question sur l’assimilation des protéines par l’organisme, pas sur les risques sur la santé d’un régime trop carné et encore moins sur l’impact carbone. De quoi je me mêle, Chat ? A moins que, ayant fait son mou de mes divers écrits, il n’ait orienté toute sa réponse pour me dire les choses que je voulais entendre. Alors, cette réponse, que vaut elle vraiment ? S’il y a des diététiciens parmi vous, merci de vos commentaires.

Et puisqu’il est là, je vous donne en prime mon tableau sur les protéines et l’impact carbone : combien de chaque produit faut-il manger pour obtenir l’apport d’un steak de 100g … et quel en est l’impact carbone. En plus du toast à l’houmous, lâchez vous sur les cacahuètes à l’apéro, avec le lait et les œufs de la quiche***, ça fera un mix super!

* Fresque du climat, vous aurez deviné

** celui de mistral AI, bien entendu.

*** Sur le poids carbone de la quiche, c’est par là.

Sources : agribalyse , santé magazine. Riz, lentilles et pois chiches sont crus, rajouter entre 30% et 100% de poids d’eau de cuisson, selon votre goût !!

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