Eloge du doute

Amin Maalouf a été cité ce matin. Cela a résonné en moi. Alors je suis allé rechercher son texte. Et vous le partage.

« On l’aura compris, le doute, chez moi, n’est pas une absence de croyance, c’est un mode de croyance. Et peut-être une façon d’être, à mon niveau de fragile mortel, en phase avec les desseins du Créateur. En effet, si nous devions vivre avec la certitude qu’il n’y a rien après la mort, notre vie entière ne serait qu’une pathétique errance orgiaque et désespérée. Si, à l’inverse, nous avions la certitude qu’après la mort, il y aura la vie éternelle, quelle importance auraient encore nos quelques années ici-bas? Nous serions tous comme dans une salle d’attente, à regarder l’horloge sur le mur, à genoux de préférence, ou prosternés. C’est justement le doute qui nous permet de rester debout, et d’avancer, c’est l’incertitude qui donne un sens à notre vie. Et il m’arrive de penser que si Dieu ne fait jamais devant nous la preuve irréfutable de son existence, s’il nous laisse débattre et spéculer, c’est parce que c’est l’incertitude qui donne un sens à l’aventure humaine, c’est l’incertitude qui donne un sens à la création, à Sa création. En raison de cela, je ne puis m’empêcher de croire que Dieu a de la tendresse pour ceux qui doutent, pour ceux qui s’interrogent, pour ceux qui spéculent, pour ceux qui brouillent les pistes, et aussi pour ceux qui s’embrouillent. En revanche, je le crois courroucé par ceux qui légifèrent en son nom, et chaque jour mortifié par ceux qui tuent en invoquant son nom. Mais il s’est promis de ne pas se mêler de la gestion du monde.

Cette vision de rêveur vaut ce qu’elle vaut, je n’essaierai d’en convaincre personne n’étant moi-même sûr de rien; néanmoins, je la préfère de loin à celle considère la vie ici-bas comme une période probatoire semée de tentations, de trappes, d’obligations, d’interdits, et qui s’achèverait par une comparution; je comprends, certes, l’utilité sociale d’une vision pénitentiaire de la création si l’on veut empêcher les hommes de s’entre-massacrer, et de s’entre-piller. Mais jamais une telle conception n’obtiendra mon adhésion d’homme libre, parce qu’elle bafoue ma dignité de mortel et qu’elle va à l’encontre de l’image intime que je me suis construite du Créateur, de la création, et de l’au-delà »

amin-maalouf-auteur-semaine

Extrait de l’allocution prononcée par Amin Maalouf le 2 mai 2001 lors de la remise du doctorat honoris causa que lui a décerné l’Université catholique de Louvain

Ubu et l’économie circulaire

Avec cette vieille canalisation d’au moins 10 kg de plomb en main, je me vois riche. Le LME  m’indique qu’il y en a bien pour 25 euros au prix de gros. Les cours sont bas en ce moment.

Je découvre avec joie qu’il y a un ferrailleur a moins d’un kilomètre. Un coup de fil pour éviter la mauvaise surprise me permet de profiter d’un immense éclat de rire. Gentiment, mon interlocuteur me dessille les yeux : oui, il est intéressé par du plomb. Il le récupère à la tonne, donc même si je lui apporte mon tuyau, il ne prendra pas la peine de me l’acheter. Il en donne 500 euros la tonne, cours confirmé par google quelques minutes plus tard. Un cinquième du prix mondial. Un rapide examen m’indique que pour d’autres métaux, cuivre, acier, la situation est très proche.

Toute filière de recyclage devra donc se débrouiller pour collecter, trier, raffiner, et atteindre la tonne fatidique en dépensant seulement un cinquième du cours du métal pur.

Donc non, la filière d’approvisionnement en matières premières n’est pas en tension.. Pourtant tous prédisent des pénuries à court terme. C’est vrai que la terre ne demande rien pour les ressources qu’on lui extirpe. Quand on paie de la matière, on paye juste le travail qu’il a fallu fournir pour la récupérer. Pas un centime pour l’énergie et les siècles que mère nature a dépensés pour la produire.

Ça encourage pas à l’économie circulaire, cette affaire. Alors ?

Je ressors ma vieille idée de WAT*, qui serait à la matière première ce que la taxe carbone est à l’énergie.

Et en attendant que la filière de reconditionnement des matières progresse et n’aie plus besoin de 80% du gâteau, il ne reste donc plus qu’à se focaliser sur la réparabilité.

 

* taxer le poids extrait et non le travail, en quelque sorte.

Quel brave homme que ce Zachée !

Et on nous ressert ce Zachée, homme riche (et donc louche), percepteur (et donc forcément malhonnête), qui se démène pour apercevoir Jésus.

Et patatras, la conversion : «Voilà, Seigneur: je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.»

Çà ne pouvait pas être un mauvais bougre, pour qu’il dise cela.. Percepteur, il devait savoir calculer. Alignons trois chiffres .

Je fais don de la moitié de mes biens ….  reste une autre moitié.

Et si j’ai fait du tort, je vais rendre quatre fois plus . Il n’a donc pu acquérir frauduleusement plus de 12,5% de ses biens, sinon il n’aurait pas assez de sa seconde moitié pour honorer sa promesse. Comme il a surement visé de garder un petit quelque chose, disons 10% pour simplifier les calculs*, cela veut dire qu’il n’a arnaqué que pour constituer 10% de sa fortune. Max.

Pour un homme dans sa position et à son époque, chapeau comme intégrité !

Même aujourd’hui, la propagande nationale trouve que 14% de fraude c’est ridicule *. Et on fait même des funérailles nationales à un exilé fiscal. Alors !!!

Je ne sais pas s’il est canonisé, mais à défaut d’être leur saint patron, je propose que Zachée soit la mascotte des percepteurs et de tous ceux qui approchent de près l’argent public. Non seulement il est resté honnête, mais encore il a su trouver le chemin de la joie***.

Comme quoi il faut parfois aller au delà des premières émotions ….

 

*Pour ceux qui ont du mal à suivre, s’il donne 50% plus 4 fois 10%, il ne lui reste plus qu’un dixième.

** de l’intégrité officielle de nos jours

*** trouvé la joie ?

La fin du crédit gratuit ? Cadeau de Noël en conséquence.

2 août. Notre gouvernement est implacablement en marche. Il faut cesser cette maladie du déficit budgétaire, et toutes les économies sont bonnes à prendre. A imposer. Il va nous prouver que ce déficit n’est pas une fatalité, que si l’on veut bien (et même si l’on ne veut pas) , quelques changements parfois douloureux de notre mode de vie vont nous permettre de revenir dans le droit chemin de l’orthodoxie budgétaire.

Hasard du calendrier, durant cette même semaine on nous informe que la terre, elle aussi, vit dorénavant à crédit. Qu’il faudrait donc diviser par deux notre consommation de ressources pour résorber le déficit.

  • Deux fois moins de nourriture
  • Deux fois moins de transport
  • Deux fois moins de chauffage
  • Deux fois moins …. de tout, sauf d’amour et d’eau fraîche.

Ça fiche un peu le vertige. Mais je crois que c’est plus important que ce foutu déficit budgétaire qui, s’il n’est pas résolu, pourra toujours ruiner les créanciers.

En termes de planète, les créanciers seront nos descendants.. ou leur absence.

Ne rêvons pas, n’attendons pas .. en route pour le vélo (électrique au besoin, mais vraiment au besoin*), le covoiturage et les transports en commun (gratuits**), le recyclage, le potager d’agrément, les feux d’artifice deux fois plus courts***, les piscines deux fois moins larges, deux fois moins de clim, les œufs à repriser les chaussettes et la viande uniquement pour les fêtes. Des tomates locales **** , moins de voiture pour se dérouiller les jambes, et une balade dans le quartier qui permettra en plus de rencontrer les voisins*****.

Pas de défaitisme, il y a de l’espoir******

Pour finir, comme la saison s’approche, soyez in avec vos cadeaux de Noël : une tenue de cycliste imperméable, qui peut loger toute l’année dans le sac du PC 😉 . Plus d’excuse pour le risque de pluie.

 

* Les limites du vélo électrique

** Ça coûte si cher que cela ?

*** Ça changerait beaucoup les choses.

**** Des tomates et des cadres locaux

***** Du bénéfice de la fête des voisins

****** Bien sûr, qu’il y a de l’espoir

Quand Leffe a du mou dans le genou.

Quand Leffe a du mou dans le genou.

Rigolo. J’avais hésité un peu à publier mon coup de gueule estival quand j’ai découvert que Leffe mettait en sourdine son origine religieuse*

Je m’étais amusé quand, enfonçant délibérément le clou, l’abbaye était complètement évacuée de la communication**. Dont acte.

Noël arrive, et sans surprise Leffe remplace sa bière de Noel par sa bière d’hiver . Au moins, ils sont constants, le message est compris. Phylloscopus prend clairement une position : on s’en fout, au contraire*** même. Il n’a pas vraiment tort..

Il y a quand même dû y avoir un certain bruissement dans les réseaux, pour en arriver à ce contorsionniste journalistique que l’on peut lire dans les journaux Belges **** . Pathétique, diraient les Anglo Saxons.

Mais là où je me marre vraiment, c’est en ouvrant le courrier International du jour : et hop, Leffe invente le verre marqué “Leffe de Noël” . Pour y boire la Leffe d’hiver ? Pour corriger la bourde marketing précédente ? Là, les amis, vous vous prenez les pieds dans le tapis.

Surtout quand la concurrence, dans le même journal, enfonce le clou : sa bière de Noël est une “triple d’abbaye”.

Même si ce n’est pas toujours facile, dans la vie il faut savoir choisir ses valeurs fondamentales. Et s’y tenir. Sans mou dans le genou.

 

* Quand Leffe  cache ses origines

** Persiste et signe : radicalisation

*** La voix de la sagesse

**** Contorsionnisme marketing

Mais au fait, pourquoi tant d’acharnement sur la bière ? Pour ceux qui l’ont oublié ..

L’amour ne vieillit pas

Viens te mettre à côté de moi sur le banc devant la maison, femme.
C’est bien ton droit; il va y avoir quarante ans qu’on est ensemble.
Ce soir, et puisqu’il fait beau, et c’est aussi le soir de notre vie:
tu as bien mérité, vois-tu un petit moment de repos.
Voilà, les enfants à cette heure sont casés, ils s’en sont allés par le vaste monde et, de nouveau, on n’est rien que tous les deux comme on a commencé.

Femme, tu te souviens? On n’avait rien pour commencer, tout était à faire.
Et on s’y est mis, mais c’est dur. Il faut du courage, de la persévérance.
Il faut de l’amour et l’amour n’est pas ce qu’on croit quand on commence.
Ce n’est pas seulement ces baisers qu’on échange, ces petits mots qu’on se glisse à l’oreille, ou bien se tenir serrés l’un contre l’autre ;
Le temps de la vie est long, le jour des noces n’est qu’un jour.
C’est ensuite, tu te rappelles, c’est seulement ensuite qu’a commencé la vie .
Il faut faire, c’est défait; il faut refaire, et c’est encore défait.

Les enfants viennent, il faut les nourrir, les habiller, les élever: ça n’en finit plus; il arrive aussi qu’ils soient malades; tu étais debout toute la nuit; moi, je travaillais du matin au soir.
Il y a des fois qu’on désespère; et les années se suivent . Et on n’avance pas. Il semble qu’on revient en arrière.

Tu te souviens, femme, ou quoi ?
Tous ces soucis, tous ces tracas: seulement tu as été là. On est restés fidèles l’un à l’autre. Et ainsi j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi tu t’appuyais sur moi.
On a eu de la chance d’être ensemble, on s’est mis tous les deux à la tâche, on a duré, on a tenu le coup.

Le vrai amour n’est pas ce qu’on croit. Le vrai amour n’est pas d’un jour mais de toujours. C’est de s’aider, de se comprendre.
Et, peu à peu, on voit que tout s’arrange. Les enfants sont devenus grands.
Ils ont bien tourné. On leur avait donné l’exemple. On a consolidé les assises de la maison. Que toutes les maisons du pays soient solides, et le pays sera solide, lui aussi.

C’est pourquoi, mets-toi à côté de moi et puis regarde. Car c’est le temps de la récolte et le temps des engrangements.
Quand il fait rose comme ce soir. Et une poussière rose monte partout entre les arbres.
Mets-toi tout contre moi on ne parlera pas. On a plus besoin de rien se dire. On n’a besoin que d’être ensemble encore une fois, et de laisser venir la nuit dans le contentement de la tâche accomplie.

Charles-Ferdinand Ramuz

 

Un texte qu’on avait « en stock » depuis quelques années, et qu’on n’a pas eu l’occasion de sortir dans l’une ou l’autre de nos célébrations récentes. Alors, pour tourner cette page des quarantaines, le voilà. Il décrit si bien l’amour d’un couple. C’est vrai qu’il est un brin nostalgique, heureusement que le chat est là … merci Geluck!

 

Des lois et des feuilles mortes

Bruxelles n’a pas encore réussi à trancher. Contre l’espérance de certains. A croire que la communication sur la nocivité du glyphosate, et pas seulement pour les abeilles*, ne leur est pas arrivée . Ou que le matraquage est plus violent en France qu’ailleurs, n’oublions jamais la totale partialité de nos media** .

Qu’importe. Il y a quelques années, un sage un peu désabusé de la politique me soutenait que l’on n’avait au final que les lois qu’on méritait. Que l’arsenal juridique ne faisait que entériner les souhaits de l’opinion publique. Pour une bonne raison, toujours la même***, c’est qu’ils tenaient à leur réélection. Et qu’en conséquence nos lois partageaient avec les feuilles mortes la caractéristique de suivre le courant qui les entraîne. Pas si faux.

En ce qui concerne le glyphosate, j’ai du mal à croire nos agriculteurs totalement inconscients. S’ils défendent ce dernier, c’est sans doute qu’ils ont à choisir entre disparaitre tout de suite (sous pression concurrentielle) et mourir plus tard (ce qui est notre lot à tous, non ?).

A nous de créer le courant.

En refusant d’utiliser du roundup dans notre jardin (même si c’est si pratique !).

En achetant du bio dans notre quotidien (oui, c’est plus cher mais de toutes façons l’agriculture sans glyphosate sera plus chère).

Le jour ou il n’y aura plus de demande de produits glyphosatés, il n’y aura plus besoin de loi.

 

*en direct, l’impact du traitement du voisin sur mes chéries

** les exemples de manipulation ne manquent pas dans ce blog

*** Leur unique pensée

Une paille à 3500 millions ?

9 novembre, FR3 : “les chiffres publiés par pôle emploi montrent que la fraude au chômage est très faible. Seules 14% des personnes contrôlées ont été radiées, les autres recherchent effectivement un emploi”. Je sursaute en entendant ce titre à 19h30. je ne peux regarder la suite, mais à 20h me voici sur la 2 . J’avais bien entendu, et le titre est mot pour mot le même : “les chiffres publiés par pôle emploi montrent que la fraude au chômage est très faible. Seules 14% des personnes contrôlées ont été radiées, les autres recherchent effectivement un emploi”.

14% de tricheurs, très faible ? Précision du présentateur, 60% d’entre eux ne percevaient pas d’indemnités. Ah, bon.

Sur ses deux chaînes, le ministère de la propagande a donc décidé de marteler ce message : 14% de tricherie, ce n’est pas beaucoup. Donc …

14% de politiques corrompus ce n’est pas beaucoup ?
14% de fraude fiscale ce n’est pas beaucoup ?

C’est cela, la norme que l’on veut instituer en France comme “acceptable” ?

J’ai failli oublier, le coup des 60% non indemnisés. Au fait, cela se monte à combien, l’indemnisation du chômage ? Difficile de se faire une opinion dans le maquis des chiffres, je retiens une hypothèse basse de 42 milliards. Et 40% de 14% de 42, cela fait 3,5 milliards . Une fraude vraiment “très faible” ?

Juste une question: pourquoi ? Quel message se cache derrière cette comm visiblement orchestrée en haut lieu ? Ah, les voies du pouvoir sont bien impénétrables.

 

http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/controle-des-chomeurs/pole-emploi-86-des-chomeurs-remplissent-leurs-obligations_2459560.html

Il y a des anges qui vont se marrer !

Il y a des anges qui vont se marrer. Bonne-Maman les a rejoints ; ils n’en ressortiront pas indemnes. De nos yeux de petits-enfants n’ayant connu Bonne-Maman qu’après son accident, nous l’imaginons sans problème. Sa vie a été rocambolesque ici bas, ce n’est pas le ciel qui l’arrêtera… d’ailleurs, j’en suis sûr, c’est en fusée qu’elle y est montée !

Saint-Pierre le premier, a dû être bousculé. Avec un large sourire elle a dû l’aborder : “voilà quelqu’un j’aime bien, qui a une bonne tête”. Puis faisant une grimace dont elle a le secret, elle est passée en annonçant : “en 40 ans j’ai bien changé, et cette fois ci je veux entrer” !

Il y a des anges qui vont se marrer.

Ils sont probablement déjà en train d’enfiler des vieilles chaussettes sur des skis de randonnée pour conquérir les étendues blanches des nuages. Ce sont de vieilles légendes peiserottes qui nous ont raconté qu’on lui devait ça. Elle a d’autres inventions à son actif ; il y a probablement un ange ou deux qui a dû apprendre la version revisitée de la réussite, celle où l’on gagne à tous les coups. Ma grand-mère est une gagnante, une combattante !

L’ange de Raymond Devos aura certainement du grain à moudre là-haut, car la mélodie délicieuse des méli-mélo de mots, je le dis pêle-mêle et à demi, c’est bien la marotte de Bonne Maman. Les mots mêlés mes amis, c’est merveilleux et je vous le mets dans le mille qu’elle en deviendra la Mère Veilleuse.

Il y a des anges qui vont se marrer.

Se marrer, elle aime bien ça, avec une bouteille de rouge, l’eau, ça fait rouiller ; et elle le fera remarquer avec fougue et en tirant la langue si son verre est délaissé.

Délaissée, on ne peut pas dire qu’elle l’ai été. Bonne-Maman a toujours été si bien accompagnée par notre Saint Papito.

Papito, si votre peine doit être grande, soyez en Paix, je vous le souhaite, votre exemplarité inspire toute l’assemblée ici présente. Et puis, après toutes ces années à veiller sur elle, je suis sûr qu’elle veillera désormais sur vous et peut être le soir vous glissera-t-elle à l’oreille : « fais de beaux rêves, Jean, rêves à Jackie ».

Simone de Beauvoir disait que “la mort semble moins terrible lorsqu’on est fatigué”. Bonne-Maman aspirait au repos depuis quelques années, et la voilà auprès du bon Dieu un bouquet de fleurs sauvages cueillies sur le chemin de Notre Dames des Vernettes* à la main. Et malgré ses mots pris dans une toile de phrases confuses, je l’entends nous rappeler l’essentiel : “Le plus important, c’est qu’on s’entende bien… et qu’on rigole un bon coup, parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer »!

Bref, il y a des anges qui doivent se marrer, (et je les entends nous inviter à en faire de même).

Merci B de ce témoignage d’amour et d’espérance dans ce discours prononcé lors de cette messe de funérailles si émouvante. Oui, l’espérance et l’humour étaient là, plus forts que la tristesse.

Merci N pour la photo..

* Encore et toujours ces Vernettes

Esprit rusé et pensée confuse.

Esprit rusé et pensée confuse.

Fourbus, nous rentrons chacun dans notre voiture chargée à bloc du matériel d’organisation de ce week end festif *… et des restes.

On décharge les voitures, se prépare à un repas rapide à base de restes de cocktail.

Et l’idée saugrenue survient : c’est lundi soir,et si nous allions partager tout cela au 153** ?

Il nous reste une petite heure. De duel intérieur acharné entre une envie de se coucher dans l’instant et un sens du devoir. Quelle idée dérangeante et saugrenue !

19h50 . Se sentant seule, Claire invoque l’Esprit de lui apporter de la matière pour la seconde partie de la soirée qui démarre dans 15 minutes. Rien ni personne ne s’est présenté pour ce soir, elle est à court.

19h55 . Nous nous décidons enfin, envoyons un SMS à Claire. La séquence qui suit est rapide. Là, il a bossé, l’Esprit. Une telle synchro sans concertation en troublerait certains. Nous, pas.

 

20h10 : c’est parti. Un œuf avalé, un sac plein de restes divers, nous sommes en route.

21h : après une heure d’adoration en chansons, au milieu de l’assemblée bigarrée  (il y a deux chiens qui adorent avec nous ce soir. Eh oui, une assemblée intégrant les SDF…), une pause clope, nous voilà lancés dans le vif du sujet.

 

En commençant par recevoir un cadeau. Spontané. De la part d’une femme qui n’a vraiment pas grand chose. Sa production du jour. Émouvant de générosité.

Cette assemblée est majoritairement en galère. Le divorce, ils connaissent. Les difficultés de la vie en couple aussi. La soif d’amour immense, aussi. Inutile de venir avec des concepts intellectuels ou des poncifs sur le sujet. Les questions fusent. Concrètes. Directes. Sans échappatoire foireux possible. Et petit à petit ils nous aident. Complètent nos réponses de leurs témoignages personnels. Personne ne repart avec LA formule magique, mais des pistes. Des basiques remis au clair.

22h30 : retour à la maison épuisés mais heureux. D’avoir appris à adapter notre bagage d’intellos au monde de la rue. Non, il n’y a pas de pensée complexe, juste de la pensée confuse. Ils nous ont forcés à la clarifier, merci l’Esprit.

 

* Intro du week end qui en donne le contexte.

** 153 c’est quoi ?

*** Un témoignage recueilli au 153

Vous avez dit glyphosate et vous trouvez ça drôle ?

Inquiet, je poste sur youtube une vidéo de la planche d’envol de mes chéries .

Le verdict tombe assez vite : tu as un voisin qui vient de faire un traitement au roundup …

Alors, si vous voulez voir l’impact en direct, ça dure moins de 30 secondes … Ça peut faire rire certains, de voir ces bestioles tomber sur le dos et se débattre pour se retourner. Mais pas tout le monde. Et sur ce coup là, je m’en suis sorti en quelques jours, vive la ville…

Et si vous n’avez pas vu l’appel au secours d’un apiculteur bien plus concerné que moi …

Suite au 20h de ce soir, je me joins aux plaintes… et forcerai encore plus sur le bio lors de mes prochaines courses.

Deo gratias pour cet octolustre.

« Chers amis, chère famille, chers frères et sœurs en Christ.

Nous sommes réunis ici ce soir pour commémorer et rendre grâce de ces quarante années qui se sont écoulées depuis que nous nous sommes donné le sacrement de mariage, ici dans cette petite église de Certines. Nous savons que, pendant toutes ces années, avec chaque bonheur, durant chaque épreuve, le Seigneur est toujours resté fidèle à nos côtés. Et nous souhaitons Lui rendre grâces pour sa présence permanente, dont nous savons qu’elle est indéfectible et qui nous a donné les forces nécessaires quand nos vies étaient bouleversées.

Merci pour nos parents, qui nous ont montré la voie du couple uni dans les épreuves dont la longue maladie.

Merci Seigneur, pour nos trois enfants. Merci pour nos belles filles. Merci pour nos petits enfants. Merci pour tous les mouvements qui nous ont nourris et portés pendant ces années, le scoutisme, les Équipes Notre Dame, les parcours Alpha*, la préparation au mariage, la prière des mères.

Merci pour nos métiers**, les employeurs et les collègues que tu as mis sur notre route.

Et vous qui êtes ici présents, nous vous invitons maintenant à faire mémoire, à vous remémorer vos engagements et ce que Christ vous a apporté. Si vous êtes en couple, remémorez-vous vos années communes. Si vous n’êtes pas en couple, relisez Sa présence dans vos vies***. Tous, rendons grâces ce soir. »
                                     Certines, le 7 octobre 2017

Décidément, c’est l’année des quarantaines..

* Alpha quoi au juste?

** La synthèse de la quarantaine professionnelle

*** Ça vous rendra optimistes … et ça rallongera votre espérance de vie

 

Humilité pour plus de sérénité.

« L’humilité est une perpétuelle paix du cœur. c’est n’avoir point de trouble, c’est n’être jamais fâché ou vexé, irrité ou endolori. C’est de m’étonner de rien qui puisse m’arriver, de ne rien ressentir comme étant dirigé contre moi. C’est rester calme quand personne ne me louange et si je suis avili ou méprisé, c’est trouver en moi un lieu béni où je puisse me rendre, refermer la porte, m’agenouiller devant mon Père en secret, être en paix comme au sein d’une mer profonde et calme, quand tout autour de moi semble trouble… »

Drôle comme je me sens serein et apaisé après avoir médité ce texte 10 minutes lors du before de St Jo dimanche soir. Une belle ambition, cette humilité.

Merci, Dr Bob des AA* pour avoir fait mettre ce texte sur ta plaque mortuaire.

 

* Ah oui, la relation alcool et foi, j’avais failli oublier…

Une autre source d’optimisme

Toogoodtogo* . C’est quoi ce truc ?

Encore une appli qui change le monde**, à son échelle… microscopique.

Non content de recycler les petits bouts de ferraille ou de plastique, cette appli me sert, d’un coup de pédale, les “trop cuisiné” des plus grands restaurants (et des plus petits), directement sur ma table… plutôt que de les jeter.

Eviter le gaspillage alimentaire ? Mais voilà encore une drôle d’idée …

* Faites y un tour

** Il n’y a donc pas que TUNA que l’on puisse mettre au service

 

Radicalisation…

Eh bien, ils n’ont pas traîné.

Je m’inquiétais de sa minimisation il y a quelques semaines à peine*, et maintenant c’est chose faite : exit l’abbaye. Ma bière d’abbaye favorite n’en est plus une, gomme ses origines dans sa dernière pub.

 

 

 

 

Un peu comme Lidl** qui retire les croix de Santorin pour ne pas déplaire à sa clientèle musulmane.

Bon, il faut peut être expliquer à Leffe qu’ils ont assez peu de chances chez les musulmans …

En tout état de cause, moi aussi j’exprime ma position :

  • Je change de bière d’abbaye pour une autre qui l’est encore.
  • Je raccourcis le collier de la petite croix que je porte au cou depuis peu* afin qu’elle soit moins invisible dans mon col de chemise. Et c’est étonnant comme cela provoque des discussions…intéressantes.

Coup de gueule ou radicalisation ? je vous laisse libre de juger.

*Digressions sur la Leffe et les abbayes

** Lidl et Santorin

Au lieu de croire en tes doutes, et de douter de ta foi…

Eric Emmanuel Schmitt présente une vision qui me séduit beaucoup, dans son “Evangile selon Pilate*”. Un Christ complétementhumain, qui doute de sa propre déité, découvre peu à peu son particularisme, et fait finalement un pari à la Blaise Pascal**.

Et un Pilate complètement rationnel, logique, cohérent … qui devient à l’insu de son plein gré le premier chrétien.

En troisième partie, il revient sur sa conversion violente, sur sa foi décomplexée, sans nier pour autant ses réserves par rapport à certains  textes canoniques.

Bref, une belle mise en pratique de la devise de Pierre Goursat *** :

Au lieu de croire en tes doutes, et de douter de ta foi : crois en ta foi, doute des tes doutes…

Un livre plus tout neuf, mais qui mérite d’être découvert, ou redécouvert, de lecture facile et agréable sur le sable de la plage.

http://ploufsurterre.canalblog.com/archives/2015/12/02/33011539.html

* pour feuilleter quelques pages .

** sur le pari de Blaise

*** à qui je dois d’avoir, cet été encore, pu profiter d’un superbe élan.

**** dans la même cuvée des expériences spirituelles fortes.

Taxer l’hôpital des pinces à linge

Caramba, j’ai encore chu.

Remplacé, après une opération à cœur ouvert, les deux roulements de la pompe de piscine pour une prolongation de vie hypothétique au lieu de changer toute la pompe, pour une tranquillité d’esprit sans prix.

Trépané les jambes du dragon, pour lui assurer de nouveau une marche vaillante.

Redonné vie à cette malheureuse pince à linge avec deux malheureux bouts de fil de fer qui auraient pourtant bien mérité le repos éternel dans une déchetterie.

Certains ont, paraît il, de l’or dans le mains. Recyclent ad nauseum tout ce qui s’entasse dans leur cave car, dit on, “ca pourrait toujours servir”.

Cette hérésie anti croissance ne saurait durer. Sévissons.

Immanquablement, à si peu consommer la fortune les guette. Pour autant qu’en plus ils chérissent les placements éthiques qui sont bien souvent très rémunérateurs.

L’ISF est là pour les ramener à l’ordre. En voilà un bel impôt (qui est aussi) anti-environnemental.

Si même la bière les cache …

Méditation estivale autour d’une Leffe.

D’abord distrait, mon regard se focalise sur la bouteille. Son étiquette. Le texte. Les tailles de police… Surprenant. Mes yeux vieillissants peinent à voir qu’il s’agit d’une production d’abbaye. Les nuances de vanille et de clou de girofle, dont j’ignorais l’existence, sont présentées avec deux fois plus d’emphase, des textes deux fois plus gros.

Exit donc la bière d’abbaye . Progressivement.

Il est loin le temps des origines, ou l’abbaye avait autant d’importance que le lieu. Cachons cette origine religieuse qui, sait on jamais, pourrait nuire au commerce.

Heureusement, il est des cafés qui ne sont pas rancuniers.

Du coup, à l’instar de ma boulangère et de Zabou, je me demande si le temps n’est pas venu de basculer,  et de porter moi aussi un croix.

Antartica et état providence

La rando de ce matin me rappelle cette balade faite il y a vingt ans pile. Une sortie de classe, montée de nuit à la pleine lune vers un refuge, là haut derrière la crête. J’accompagnais mon ado, il était prévu que nous rattrapions le groupe en route. La pluie tombait en bas, devenant neige en altitude. Le groupe avait fait une longue pause avant de sortir de la forêt, c’est là que nous les avons retrouvés. Quand la file s’est ébranlée, le vent a forci, poussant la neige à l’horizontale. Antartica. Nocturne.

Très vite la file s’est allongée. Je reste derrière, et mon fils part vers l’avant. Les prévenir. Allez y avec les gosses, je me charge des deux. Et tous les enfants repartent …. me laissant dans la nuit aux prises avec les accompagnatrices….

Deux profs. Qui s’étaient portées volontaires pour encadrer. Et se retrouvent être des poids morts. Elles perdent vite tout self control. A se laisser tomber dans la neige . Jeter au loin gants mouillés et bâtons… Nous ne sommes plus que trois. Le vent efface les traces. La visibilité tombe à quelques mètres. Je les relève, une fois , deux fois. Plus de trace. Perdu ? Presque. Le vent forcit. Encore une crise de nerfs. ohe capitaineUne paire de gifles part. Ça calme. Elle, comme moi. Je leur donne mon bonnet, mes gants, ceux de rechange .. et elles suivent . La pente se redresse, la nuit est noire. Il faut pousser à gauche pour arriver au col. Je bute presque sur le poteau indicateur. Ca y est, la route est sous nos pieds, 1 m en dessous. il suffit ”juste” de ne pas la perdre. Passé le col, le vent se calme, la visibilité revient, l’atmosphère se détend. Un quart d’heure et la lumière du refuge apparaît.

Quelle joie, le lendemain, quand elle retrouve ses gants que j’avais ramassés puis mis à sécher près du poêle. J’y tiens tellement, ils ont accompagné mon trek au Népal. Trek au Népal ? Encore une bravacherie, je suppose. Inguérissable, et, pire, inconsciente de son état…

J’y repense encore . Se proposer pour encadrer des jeunes, et avoir si peu de contrôle de soi face à la difficulté. A en mettre tout le groupe en péril. Quels ont été les profs irresponsables ? Ceux qui ont pris l’initiative de cette balade ? Ou ces deux greluches visiblement dopées à l’état providence? Il est clair que l’attitude des dernières pousse à interdire l’activité des premiers. Aujourd’hui, plus question de telles sorties. Principe de précaution ou nivellement par le bas ? la faute à qui?

Oui, un comportement individuel irresponsable peut contribuer à faire émerger des lois castratrices et déresponsabilisantes pour tous . On inverse cette tendance ?

Bienvenue sur Entourage

Je suis Claire du Réseau Entourage.
Vous faites partie des premiers utilisateurs. Et ça, vous pourrez le raconter à vos petits-enfants plus tard : c’est grâce aux pionniers comme vous que le réseau pourra avoir un véritable impact social !

Pourquoi Entourage ?
Parce que tous ensemble, on peut lutter contre la solitude des personnes sans-abri autour de nous.
Vous croisez souvent des personnes SDF mais “vous ne savez pas comment faire” pour les aider ? Avec l’appli Entourage, vous pouvez :

  • VOUS FORMER : avoir les clefs pour créer du lien, étape par étape, grâce à notre guide « Simple comme bonjour » !
  • VOUS INFORMER : accéder à des ressources pour orienter au mieux les personnes dans le besoin vers des structures d’aide
  • AGIR : postez et rejoignez des actions bienveillantes avec les voisins du réseau

Des questions ?
Pour vos premiers pas sur l’appli, vous pouvez vous aider de ce tutoriel vidéo !

Des idées pour améliorer l’application ?
Grâce à vos retours, le réseau Entourage se développera pour toujours plus de solidarité autour de nous.
N’hésitez pas à me répondre par mail, je suis disponible pour échanger avec vous.

On compte sur vous pour poster ou rejoindre des actions : on vous donne des idées d’actions faciles à créer ici ! À très bientôt sur Entourage

 

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Vous avez compris que ce post est le plus facile de toute la série : juste un copier coller de ce qui est arrivé dans ma boîte aux lettres. Et qu’il ne tient qu’à vous de recevoir le même … une idée de résolution de rentrée ?

Et ceux qui suivent auront compris qu’Entourage est une réalisation de Jean-Marc (avec d’autres, bien sûr). Et pour revoir son TEDx.

Faire briller les yeux

Pour les enfants, c’est facile. Et quelle joie de voir ces yeux pétiller dans l’attente d’un cornet de glace!

Pour les personnes âgées il suffit d’une poignée de mains et d’un regard prolongé.

Quelle joie de faire le tour des fauteuils, dans cette salle ou la messe télévisée est projetée, en transmettant la paix. De voir ces yeux fatigués se rallumer les uns après les autres.

Une autre joie est de soigner leurs yeux en dégustant avec elles une tarte aux myrtilles*, mais là on tombe dans un autre registre.

Oui, la joie est faite de toutes petites choses. Et, rappel**, il y a 7 ans à gagner… en se sentant bien***

 

Myrtilles et vision ???

** 7 ans pour un carnet de kifs bien rempli..

*** on est bien…

Bête et méchant

C’est vrai que la méconnaissance développe la peur. Et la peur la méchanceté. Parfois gratuite.

Quand je les ai vues tourbillonner pour la première fois dans ce coin du jardin, avec leur air noir, j’en étais certain : voilà de bien mauvais frelons. Probablement asiatiques. En tous cas des espèces que je ne veux pas voir autour des petits enfants. Énormes, sombres, leur seule qualité étant de ne pas être trop nombreuses. Alors, rassemblant mon courage et bravant ma peur, je suis allé les attraper au filet et les éliminer. Et j’ai dispersé le tas de bois mort d’où elles semblaient sortir.

La victoire semblait assurée, jusqu’en juillet suivant, où, alors que je faisais visiter ma ruche aux petits enfants, je les revois dans le paysage. Branle bas de combat. On recommence. Avant de les déclarer aux autorités, je capture un individu, pour confirmer sa classification en espèce nuisible. Et le bon internet, au bout de quelques tâtonnements, m’indique que non, ces monstres ne sont pas des frelons, m’envoie sur le livret d’identification des abeilles sauvages*, qui lui même pointe sans hésitation possible sur l’abeille résinière géante, alias megachiliadae, que Phylloscopus** me confirme assez inoffensive. Alors je relâche généreusement le spécimen capturé… et je reconstitue l’hôtel à insectes dans lequel elles nichent.

Moralité : l’habit ne fait pas le moine. Et j’aurais pu réfléchir un peu plus avant d’agir brutalement.

PS : et pour les amoureux des abeilles prêts à signer des pétitions, allez donc voir le coup de gueule de gOAdee sur le varroa***, fruit de l’action des hommes, qui doit donc être traité par ces derniers..

 

* www.arthropologia.org/IMG/pdf/livret_identification_abeilles.pdf

** https://phylloscopus.wordpress.com/

*** gOAdee et le varroa : une video un peu longue mais édifiante.

Longue vie à cette animation pastorale que je ne saurais voir

Il y va fort, ce curé. Mais a t il vraiment tort ? La présence des animations pastorales dans les écoles dites catholiques n’est elle pas un aveu de manquement à la mission qu’elle affichent ? Si l’école se dit catholique, alors, que ce catholicisme soit prégnant dans tout l’enseignement. Et pas besoin d’animation pastorale en plus. Pas étonnant, dans ce contexte, que les écoles “hors contrat”, parfois à la spiritualité beaucoup plus marquée, se développent…

A la réflexion ….

Et l’accueil de l’autre ? Et la liberté, qui est également un des marqueurs de la chrétienté, au moins depuis quelques siècles. Où sont ils ?

Tout simplement dans le mot proposition, trouvé sur le site de l’école la plus proche.

 

 

150 ans après, Don Bosco* reste d’actualité : « C’est la maison qui accueille, la paroisse qui évangélise, l’école qui prépare à la vie et la cour de récréation pour se rencontrer en ami et vivre dans la joie  » . Et il parlait aussi de l’école qu’il avait créée, bien sûr.

Résolument, oui à la proposition explicite et  joyeuse, non au communautarisme identitaire. Comme Koz** l’exprime si bien , l’identitaire est un bien mauvais génie***. Longue et belle vie aux animations pastorales  !!

 

* https://www.don-bosco.net/qui-est-don-bosco.html

** Cékikoz?

** identitaire, le mauvais génie du christianisme

Schizophrènes de la pétition ?

Encore une pétition qui circule pour faire interdire les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Mais pourquoi en faut il tant ? Notre gouvernement est il donc si sourd ? Nos agriculteurs sont ils si stupides et si mal informés qu’ils détruisent leur outil et leur environnement de travail, la nature ?

Et si les choses étaient un peu plus compliquées ?

Et si les signataires de pétitions étaient eux même une bonne partie du problème?

Au risque de radoter, non, l’état ne doit pas toujours nous materner*. Dans notre société de consommation, le pouvoir est au consommateur . A nous. Et si nous avons le pouvoir de notre porte monnaie, nous portons la responsabilité de la conséquence de nos achats, de nos investissements.

Au delà des abeilles (pour lesquelles je ne peux que vous encourager à installer une ruche sur votre balcon** et à arrêter les désherbants chimiques dans votre jardin), quelles pressions et quels encouragements mes achats apportent-ils aux agriculteurs?

Hier, je n’ai pas signé cette pétition. L’appel à Nicolas*** de la semaine dernière suffit. Mais j’ai acheté de la farine bio au supermarché. Modeste contribution à ce que se prolonge la croissance des surfaces agricoles cultivées en bio**** : 5% en 2016, en croissance de 17%.

 

* l’état doit il vraiment toujours faire quelque chose ?

** ah, installer une ruche

*** appel à Nicolas ?

**** La bio en France

Au secours, Nicolas …

Bon, si vous avez tout suivi je suis parti dans une nouvelle aventure* avec mes cinquante mille copines cachées dans un coin du jardin.

Je passe sur la lutte contre la « peste noire »** , qui occupe mes journées (bon, quand même pas totalement), pour venir cette fois sur les misères de mon prof.

gOAdee, apiculteur professionnel, a eu l’excellente idée de nous faire partager sa saison par une série de courtes vidéos. Un MOOC de l’apiculteur, à l’apparence un peu déstructuré et parfois un peu barge, auquel je suis devenu addict.

Loin de moi l’ambition de vous faire visionner les quelque 20 épisodes, j’ai juste envie de vous partager son message à notre cher ministre de l’environnement. Et de vous donner l’occasion de partager un peu de ma préoccupation du jour : faire survivre ma ruche dans ce monde hostile.

Have a look…

* nouvelle aventure ?

** mon combat du moment. (Ca change des luttes intestines de nature politique dans un groupe international !)

*** Phylloscopus, ca te plairait.

et si vous voulez commencer à l’épisode 1car démarrer au 15, ca jargonne un peu ..

 

Ça ressemble bien à du Pyrrhus

Plutarque* nous rapporte : « Les armées se séparèrent ; et on raconte que Pyrrhus répondit à quelqu’un qui célébrait sa victoire que « encore une victoire comme celle-là et il serait complètement défait ». Il avait perdu une grande partie des forces qu’il avait amenées, et presque tous ses amis et principaux commandants ; il n’avait aucun moyen d’avoir de nouvelles recrues (…). Tandis que, comme une fontaine s’écoulant continuellement de la ville, le camp romain se remplissait rapidement et abondamment d’hommes frais, pas du tout abattus par la défaite, mais gagnant dans leur colère une nouvelle force et résolution pour continuer la guerre.»

L’épopée de notre président marketing commence hélas de la même manière. Sur les 8 657 326 électeurs fervents du premier tour des présidentielles**, il ne lui en reste que 7 323 496 au premier tour des législatives** (en incluant celles de son allié modem), soit une perte de 1,3 millions de militants en moins de deux mois. Mais cela lui assure quand même une” victoire éclatante” selon la pensée unique.

Pire, pour porter au pouvoir un gouvernement qui prétend l’incarner, seulement un gros tiers de la jeunesse est allée aux urnes (36%)***. La jeunesse n’est elle pas aujourd’hui le « camp romain » qui a été fatal à Pyrrhus?

Espérons que ce camp romain puisse sortir du maquis.

Et que le génie de notre Pyrrhus en herbe lui permette de gérer cette situation.

Au risque que ce pouvoir très légal  n’aie pour régner aucune légitimité.

 

* via wikipedia qui vous entraînera sur des sources d’époque..

**  rien de tel que le ministère de l’intérieur pour produire des chiffres que même le pouvoir acceptera..

*** une analyse IPSOS (donc elle aussi contrôlée par la pensée unique), qui montre bien que , qu’on le veuille ou non, en guise de changement  les vieux bobos ont pris/conservé le pouvoir . Combien de temps les autres accepteront cela?

Les filles, au boulot!!

Le contexte économique étant ce qu’il est, j’ai enfin pris une décision sur l’utilisation de mon peso* : je l’ai troqué contre 50 000 travailleuses.

Certes, le raccourci est un peu rapide, il y a eu un peu de médiation financière. Mais il n’en est pas moins vrai qu’une ruche et sa colonie valent exactement un napoléon. On change de poésie, on passe d’un risque de vol à celui de se faire piquer, et ce qui était matière inerte et inaltérable est devenu un monde si délicat..

Mais c’est cohérent avec l’investissement en bétail**, vin ou forêt, et l’impact économique est indéniable: la France importe la majorité de sa consommation de miel***. Alors une fois de plus le nationalisme a repris le dessus, ça occupera mes vacances françaises****…

 

*  si l’histoire de mon peso vous intrigue..

** et si vous vous sentez une âme d’investisseur bovin

*** l’économie du miel, et plus , c’est par là…

**** vous avez dit patriotisme touristique ?

Sous traiter la fraternité?

La liberté, c’est clair, dépend de notre gouvernement. On veillera juste à ce qu’il ne se prenne pas trop les pieds dans le tapis de l’état d’urgence, et qu’il saura faire juste usage du fichier monstre, j’ai nommé TES*.

L’égalité , ou du moins l’instauration des conditions d’égalité, reste le souci des mêmes. Bon, certains sont et seront plus égaux que d’autres, et l’évolution de la situation est controversée**, mais il y a du monde sur ce coup là.

On n’en dira pas autant de la fraternité. Elle ne se décrète pas. Elle est bien mise à mal par le communautarisme grandissant. Oh, il y a bien des circonstances plus favorables que d’autres***, mais cela ne reste pas évident de se sentir frère de la pouffe qui se gare systématiquement devant mon portail de garage sous prétexte qu’elle ne trouve pas de place ailleurs…

Alors je suis tombé en arrêt quand j’ai vu l’affiche du denier. Mais bon sang, mais c’est bien sûr! Juste un chèque, et hop, la fraternité progresse. Et en plus c’est déductible à 66%. Pratique, non ?

*  Vous avez dit TES ? Rapide présentation du monstre.

**  Alors, l’inégalité progresse-t-elle ou pas ? Ça dépend des points de vue.

*** Mais oui, il y a des circonstances plus favorables que d’autres.

 

Colonialisme

Colonialisme

Intéressant, ce hasard qui me fait emmener “les ombres de Boufarik” , lors de notre voyage en Nouvelle Calédonie.

Un livre qui montre bien que la vérité est une réalité a plusieurs facettes . Le grand père de l’auteur est il un affreux colon conservateur anti-indépendance jusqu’au boutiste, comme le retient l’Histoire officielle, où un généreux paternaliste qui a tant fait pour le bien être des populations Algériennes, comme le transmet la tradition familiale?

 

 

Un livre qui fait réfléchir sur la colonisation, et s’interroger sur le futur de la Nouvelle Calédonie . Ce pays va t-il vers l’indépendance ? Comment ?

Il y a tellement de points communs avec l’Algérie que c’en est parfois troublant.

  • La colonisation a eu lieu dans les mêmes années qu’en Algérie.
  • Même problématique de racines, des colons qui vivent sur la terre depuis plusieurs générations.
  • Même dualité de points de vue . Il n’y a qu’à regarder le film “l’ordre et la morale” , décrié paraît il également par les partis des deux populations protagonistes, pour s’en rendre compte.

Certes, il y a quelques différences :

Un rapport de populations de 9 à 1 en Algérie entre les “indigènes” et les colons, alors que la population de la Nouvelle Calédonie est un 3/3:

  • un tiers de Kanaks, peuples qui se sont vu spolier leurs meilleures terres par le gouvernement Français , qui les a donnés  …
  • au second tiers de Calédoniens , ou Caldoches, dont dans leur majorité les ancêtres n’ont pas demandé à venir ici, bagnards déportés “à perpète”, rejetés de la France qui ne voulait plus d’eux … et n’ont donc pas de “mère Patrie” où retourner.
  • Et un troisième tiers de métros NC… dont une partie n’aura probablement pas voix au référendum de 2018.

Et chaque tiers a sa culture ….

Bon, source d’optimisme: dans toute cette diversité, il y a le même fonds de religion Chrétienne pour tous. Si ça peut pousser au dialogue…

Et pour compléter la réflexion, migrations ou colonisation ? Encore une réflexion au goût du jour …

Post rédigé en 2015, retrouvé au fond du panier a brouillons…en écho aux récents « crimes contre l’humanité« ..

Le prix à payer ?

Facebook, Gmail, … sont pratiques. En échange, on leur confie nos data, comportements, amitiés,…stockées pour l’éternité… En échange, ils nous font voir ce qu’ils pensent que nous devrions voir. On ne ”perd” plus son temps à regarder des choses qui ne correspondent plus à nos idées. Ce prix à payer me pèse de plus en plus…

Le gouvernement met en place le fichier TES, avec des intentions louables de lutte contre les méchants, mais qui lui donne la connaissance totale de chacun de nous, la possibilité de m’identifier instantanément dans la rue…. De garder mémoire de tout ce que j’ai fait. Impossible de se refaire une virginité….

Acceptons nous ce prix à payer pour notre sécurité? Vraiment, je ne sais pas.

Pour Facebook et Gmail, je n’ai pas encore décidé de partir*. Pour la création du fichier TES, on ne me laisse pas le choix, sauf celui de mon bulletin de vote qui peut être changera certaines choses. Pas de chance, ce sujet si important est si discret dans les programmes et les débats que je ne l’ai pas vu…

Reste juste à veiller à ce que la CNIL garde du pouvoir**… et interpeller les candidats à ce sujet.

 

* Le si beau discours d’un candidat au départ

* et mes motivations pour rester.

** Pour comprendre les réserves de la CNIL

Et pour voir TES à travers une BD..

Plaidoyer pour un quatre quart

Plaidoyer pour un quatre quart

Ca y est, la passion retombe. J’espère que les phrases à l’emporte pièce prononcées dans le feu de la passion vont passer rapidement. Et que l’on va tenter de bâtir.

L’entre-deux tours m’a fait peur. Quand j’ai entendu l’impétrant refuser de modifier son programme, sous prétexte que c’est celui qu’avaient choisi les Français, je n’ai pu m’empêcher de rapprocher quelques chiffres , celui du nombre de voix* et celui de la motivation principale des électeurs**. Et vous avez renforcé ma conviction sur l’importance de m’abstenir pour le tour suivant.

 

Non, Monsieur le président, vous n’avez pas été élu sur votre programme. Ce dernier a attiré en gros deux fois moins que chacun de celui de vos principaux concurrents. Et vous savez bien que les résultats du second tour sont loin d’être un résultat d’adhésion…

Alors, vous n’avez pas le choix. Qu’on ne me dise pas que les programmes sont absolument monolithiques et les valeurs incompatibles sur TOUT.

Prenez une à une les quelques 200 propositions que contient chaque programme. Et c’est bien le diable si, pour la plupart, on ne trouve pas un compromis acceptable par une plus grande majorité que les 6% actuels***. Qui permette de bâtir un nouveau projet sans dénaturer votre rêve initial (dont on a tant dit qu’il était imprécis, c’est donc une chance :-)) et qui soit juste implémentable.

A défaut, la France stagnera encore 5 ans de plus…

 

mes sources de cette info confidentielle

** sur les motivations des électeurs au soir du premier tour… entre autres.

*** Eh oui, 2,8 millions de personnes sur 47,6 inscrits, ca fait 6% … pas beaucoup pour dire qu’on emporte l’adhésion et pour obtenir un accord démocratiquement.

On a marché sur la tête

Promenade hygiénique dans les rues du voisinage pour faire ma demi heure syndicale de marche ..img_20170205_182312

Et je tombe en arrêt devant ce panneau. Banal, me direz vous . mais, relisez le  bien. Quoi, une traversée d’enfants pourrait présenter un danger pour les automobilistes ? Danger de cabosser leur carrosserie, voire de provoquer un carambolage? Ou de se faire agresser par une nuée d’elfes ?

Mauvais esprit, me dira-t-on. Non, je persiste et signe. Une société normale aurait incité à la prudence, et non signalé un danger. Mais nous sommes tellement voiture-centric que ce panneau a eu le temps de vieillir là sans que personne ne s’en offusque. Elle est encore loin, la ville apaisée…

Dans le même registre, c’est avec une prudence de malfaiteurs que S et C montent leur projet. Rendez vous compte : mettre sur pied une structure d’accueil de femmes enceintes lourdées par leur entourage… pour avoir refusé d’avorter. Depuis les récentes lois, leur activité frôle l’illégalité.

 

On en a fait du chemin depuis le fameux “les femmes (enceintes) et les enfants d’abord”. Dans le bon sens ?

Allez, OK, je vais les aider…

Un mélange des genres méprisant

C’est comme pour le photovoltaïque* : pour atteindre son objectif, la France subventionne ceux qui ont le moins de chances de contribuer à son objectif.

Une prime pour financer des travaux amenant une économie d’énergie**… et donc de consommation de ressources naturelles, sous une forme ou une autre … bonne idée.

Car chacun sait que, hélas, la rentabilité intrinsèque de tels travaux, si on ne considère que l’impact direct à court terme, est souvent faible. Mais que l’intérêt collectif, en termes de qualité de l’air et de ses impacts sur la santé publique, pour ne parler que de ces derniers, est indéniable.

Mais pourquoi conditionner cela à un seuil de ressources?

Bref, le réserver aux propriétaires pauvres (quel locataire investirait dans le logement qu’il occupe ?), qui ont probablement bien d’autres priorités que de faire un investissement rendu moyennement rentable ?

Encore une fois, en mélangeant les genres on a créé un bidule qui aura un impact probablement confidentiel. melange-des-genres

  • Soit on veut faire un grand pas en avant, et on ouvre la mesure à tous.
  • Soit on veut faire une politique redistributive, et on augmente une alloc ou une autre.. sans créer un truc de plus dans le millefeuille.

En mélangeant les objectifs, on se prépare encore un gaspillage de fonds publics, pavé de bonnes intentions comme l’est l’enfer.

A croire que notre cher gouvernement méprise tellement les gens aux revenus modestes qu’il s’est mis en tête de leur dicter les priorités à suivre dans leurs dépenses. Ne sont ils pas assez grands ?

 

sur le photovoltaique et le dogme des electrons

** et si vous êtes intéressés par la mesure en question

Push pull

Le montage cœur de l’ampli hi-fi de mes jeunes années d’électronicien. Deux transistors musclés en étage de sortie, qui entraînent alternativement vers le haut et vers le bas la tension appliquée au haut parleur. Et quand l’un tire, l’autre pousse, un peu comme les ressorts d’un trampoline qui contribuent en chœur à la beauté de la figure.

Ils m’ont aussi remémoré les bidouilles peu orthodoxes, a base de self et de condensateurs, visant à propulser plus haut et plus fort le trampoline.main_couple_book

Même âgés, la self avec quelques spires jointives, et le condensateur un peu fuyard, leur couple m’a remémoré le push pull. Un qui pousse et l’autre qui tire. En chœur. Et on alterne.

II a été le roi de la carte perforée et m’a tout appris du fortran. Maintenant son doigt n’a plus la précision exigée par l’écran tactile.

Elle a consacré sa vie aux enfants, à la maison, à la prière. Maintenant elle prend le relais techno. Non, l’écran du kindle ne se pince pas comme celui d’un ipad. Oui, en allant sur la maison, puis la bibliothèque, tu peux choisir puis ouvrir son livre sur la liseuse, assez légère pour tenir longtemps dans ses mains.

Soixante cinq ans de vie de couple, et le push pull fonctionne encore, l’un qui pousse et l’autre qui tire . En alternance.

Merci de ce modèle, mes parents.

Back to basics

etoilecroixcoeurLa musique aléatoire rythme ma promenade. Et vient l’étoile des neiges.

Une promesse de retour, tenue, une croix en gage, une fidélité sans faille dans l’attente. Et si c’était simplement cela le bonheur que l’on cherche désespérément ?

Mais c’est dans un coin perdu de montagne . Impossible dans nos villes? Allez, pour la Saint Valentin, on y croit …

Et puis si on a besoin d’aide, il n’y a qu’à faire comme au Mali

 

De la torture et des chiffres

De la torture et des chiffres

Pauvre INSEE. Voyez ci dessous comment ses chiffres sont utilisés pour peser sur l’opinion. Ça faisait quelque temps que cette question de l’évolution des inégalités me tarabustait.

A ce stade, je conclus au match nul…

Encore une démonstration, s’il en était, de la manipulation possible de l’information. En cette période d’élections, inutile de déclarer le festival ouvert !!

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Sel et lumière

Sel, vous êtes discret, invisible, non reconnu. Mais combien efficace. Au mieux, on vous ignore. Si vous manquez de goût, vos amis vous jettent dehors et vous foulent aux pieds, dit le Livre*… Bref, au pire vous ne servez plus à rien**.

Lumière, vous êtes explicite et visible***.. dans un sens bien plus efficace, mais si vulnérable, comme la flamme de la lampe qui affronte la tempête. On ne vous pardonnera rien. Vous devrez savoir trouver là ou vous ressourcer, pour rallumer la flamme et retourner affronter la tempête…

Elle me parle, l’homélie de ce matin. En phase avec la météo du jour, elle doit aussi parler à François Fillon en ce moment.

Surtout qu’entre sel et fiel le goût est parfois subtil à discerner. Et qu’on peut avoir l’impression que la tempête est sélective.

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Plus j’y pense, plus je trouve que le hasard fait parfois mieux les choses

 

* Ce que dit wikipedia sur le sel de la terre

** quoique « remblai de voie rapide », c’est un destin qui peut faire vibrer certains.

*** et sur la lumière du monde

Retrouver le sens du politique

Un petit livre de 90 pages … mais écrit par des curés, donc forcément a priori rébarbatif :-))

Alors je vous en fais un résumé rapide, juste pour vous donner un peu envie. Pas un résumé, un extrait . Une phrase par chapitre… choix difficile car il ne peut bien sûr refléter toute la finesse du verbe.

Ça commence par le titre, que j’ai coupé en deux.dans-un-monde-qui-change

Retrouver le politique
…l’absence de projet ou de vision à long terme,des comportements partisans et démagogiques… sont injustifiables et sont devenus insupportables…

Une société en tension
…La contestation est devenue le mode de fonctionnement habituel, et la culture de l’affrontement semble prendre le pas sur celle du dialogue…

Ambivalence et paradoxes
…Il y a donc un équilibre à trouver entre une sécurité maximale illusoire, et une protection des libertés qui est fondamentale…

Un contrat social à repenser
…Dans une société ou l’individu et non le collectif est devenu la référence,il y a un sentiment de déception vis à vis de l’état providence qui n’arrive pas à satisfaire les attentes….

Différence culturelle et intégration.
…Il convient donc pour l’avenir de notre société de redéfinir ce que c’est d’être citoyen français, ety de promouvoir une manière d’être ensemble qui fasse sens….

L’éducation face à des identités fragiles
…plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui…

La question du sens
…la politique s’est faite davantage pourvoyeuse de droits individuels et personnels de plus en plus étendus, que de projets collectifs …. Il faut consentir à inscrire son action dans le temps long.

Une crise de la parole.
..nous savons que c’est la confiance dans la parole donnée qui permet que s’élabore une vie en société…dire clairement ce qui semble bon pour la vie en commun est une responsabilité de chacun.

Pour une juste compréhension de la laïcité.
..la laïcité de l’état est un cadre juridique qui doit permettre à tous,croyants de toutes religions et non-croyants, de vivre ensemble..

Un pays en attente, riche de tant de possibilités.
..Notre pays est généreux, mais il est en attente … les enjeux écologiques et environnementaux sont en train de transformer en profondeur sont en train de transformer nos conceptions de la vie en société et nous tournent vers des attitudes de simplicité, de sobriété et de partage…

Conclusion.
..chacun, à son niveau, est responsable de la vie et de l’avenir de notre société. Cela demandera toujours courage et audace. des qualités qui n’ont jamais déserté le cœur de notre pays.

Et pour la post conclusion, qui s’intitule “2017, année électorale-quelques éléments de réflexions” , je ne l’ai trouvé que dans l’édition papier …Si vous m’avez lu jusqu’ici, vous avez déjà fait une bonne partie du chemin !!!

 

Le texte intégral en pdf

Et pour ceux qui sont des visuels   

Lettre ouverte aux recruteurs

Allez, je donne volontiers la parole à F, pour son coup de gueule, tellement je pense qu’il a raison…

i-want-you« Chers recruteurs,

A 30 ans, passé déjà à plusieurs reprises par la case chômage, me voilà doté d’une expérience de plus d’une centaine d’entretiens.

Vous recherchez tous la diversité. Mais vos entretiens sont d’une homogénéité, pour ne pas dire identité, consternante.

Vous prétendez viser la diversité des genres, des nationalités, … qui doit quand même être éduquée dans les écoles parisiennes ou les MBA américains. Diversité qui doit quand même nous faire partager tous le même profil psychologique (ESTJ pour les adeptes du MBTI), et une même passion (foot ou rugby pour les sportifs, piano pour les musiciens).

Au cours de mes entretiens vous m’avez posé de nombreuses questions – toujours les mêmes : personnalité, qualités et défauts, études de cas, expériences professionnelles, stages, choix d’études… questions bateau auxquelles il est facile de fournir des réponses bien préparées et policées.

En revanche vous ne m’avez presque pas interrogé sur mes expériences associatives. Et pourtant…

  • J’y ai fait plus de « management » (avec une vraie diversité de personnes…) que dans mes expériences professionnelles.
  • C’est là que j’ai fait le plus de contrôle de gestion opérationnel, que je suis passé par la case RH, que j’ai eu à gérer des situations de crise…
  • Il est plus simple d’être manager en conseil que chef scout… surtout chez les scouts de banlieue Nord.  Et pourtant combien d’entre vous ne considéreront pas cette expérience comme du management ?
  • Le trésorier d’une grosse association en sait davantage que l’auditeur senior en termes de flux de trésorerie et passage d’écritures comptables… Combien d’entre vous le valorisent ?

Après la case « associative » vient la rubrique « loisirs ». A vous entendre il s’agit souvent de la première rubrique lue. Aussitôt lue aussitôt oubliée semble t-il.

Comment valorisez-vous les qualités révélées par une passion de la mer, de la haute montagne, chez un joueur de musique en orchestre, un globe trotter… ? Apparemment distraitement, au vu de la fréquence des questions posées sur ces sujets.

Et si vous considériez ces rubriques comme l’ingrédient principal du gâteau, et non plus comme une simple cerise qui le couronne? Cela vous aiderait sans doute dans votre quête du graal de la diversité. »

 

A bon entendeur….

Allez, jeunesse, un peu d’espoir…

Allez, jeunesse, un peu d’espoir…

Découragée. C’était l’autre soir l’état d’esprit de cette jeune femme, plongée au quotidien dans le monde du développement durable.
« Malgré tous les efforts, avec l’accroissement de la population sur terre, impossible d’arriver à ne pas bousiller cette planète. »
Impossible ? Allons bon, je n’en suis pas si certain. Quelques faits…

1 – Jamais on n’avait assisté à eu un tel battage médiatique. Pics de pollution aux particules fines,  circulation alternée dans de nombreuses métropoles. Et c’est super !! Car ça y est, on agit. On sensibilise la population. En profondeur.

Qui avait conscience de la situation en décembre 2013? Ou en mars 2014 ? Pas moi, en tous cas. Pourtant, elle était bien pire qu’en ce mois de décembre 2016, les cartes de Prev’air* sont éloquentes.

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2 – En 10 ans, la consommation d’énergie primaire par habitant a baissé de 15% en France. De 25% en Angleterre, ou elle est revenue au niveau des années 70. Les technologies sont là, la conscience aussi.

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3 – Depuis le pic de 2002,  la consommation de bœuf par habitant en France à baissé de 13%**.50-ands-de-conso-de-viande-en-france

 

Oh, la partie n’est pas gagnée. Mais en 15 ans, les résultats concrets sont là. Et pas seulement sur les polluants***. L’urgence est là. 15 ans, c’est long mais c’est rapide face à l’inertie**** de l’humanité. Et la conscience est là . Il n’y a qu’à voir le nombre de chantiers d’isolation d’immeubles en ville.

On continue, on pousse pour la gratuité permanente des transports en commun*****, on change ses habitudes alimentaires… A ton âge, ma grande, on n’a pas le droit d’être découragée.

 

* http://www2.prevair.org/     Et , bien sûr, pas de manip de données comme certains médias adorent faire  : j’ai pris pour décembre 2016 les jours ou les cartes sont les plus « rouges ».

**http://www.gelalpes.com/actualites/50-ans-de-consommation-de-viande-en-france       et si vous voulez reconstituer les chiffres  http://agreste.agriculture.gouv.fr/conjoncture/consommation/        https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_de_la_France

*** sur la pollution de l’air

**** sur l’inertie à laquelle on contribue tous.

***** Ah, la fraternité du bus libre !

Stendhal et les gènes oubliés

Dîner en ville.  Bourgeoisie locale.La conversation est fournie, et passe doucement de la politique locale à la nostalgie des jeunes années … locales. L’ombre de Stendhal plane quand on aborde la famille, locale, les noms des ancêtres qui se sont illustrés dans l’histoire, locale. Clochemerle n’est pas loin.

ancetres-rastaArrière petite fille de X, nom bien connu, localement. Une génération de plus, et les lignées illustres sont toutes représentées dans la pièce.

Silencieux, je ne “suis pas d’ici” et ne me connais aucun ancêtre ayant traîné ses gènes guêtres dans la région.

In petto, je compte. C’est bien parmi 16 ancêtres qu’on va chercher l’illustre. Et les 15 autres, ils comptent pour du beurre ?

Ça serait amusant de les aligner, tous les 16 , côte à côte. Ils ont tous contribué autant, non ?

Si ça tombe, c’est N qui, inconnu car illégitime de la main gauche vu son pedigree pas casher, a fourni les gènes du réflexe qui m’a empêché une fois ou deux de tomber lors d’un faux pas en montagne, et donc à qui je dois d’etre encore ici pour écrire ce post.

Alors, c’est bien lui le plus important, non ?

 

Si un jour je reprends les archives de la généalogie familiale, il faudra vraiment regarder avec le même intérêt dans toutes les directions.

 

merci à @didier.robert.reunion pour l’illustration.

Et pour ceux qui sont certains de la pureté de leurs gènes, regardez donc cette petite video..

Une perle comme cadeau de nouvel an

Une perle comme cadeau de nouvel an

Chaque année, on y retourne.
Lentement, on progresse.
A travers les arbres, au delà des murets, on la guette.
La voilà.

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On s’approche. La silhouette lointaine se précise dans son écrin de montagnes.

Vernettes

Dans la dernière montée, elle nous domine.

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Et ses deux clochers nous montrent le ciel.

OB

Vernettes

Vernettes

On baisse la tête pour entrer. Immédiatement, le retable attire l’œil.

Dans un coin, le Père nous accueille.

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Son Fils également.

Vernettes

Saints et angelots nous montrent la voie, et tendent l’échelle.

Vernettes

Pierre met les clés à notre portée.

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Aujourd’hui, le ciel est clément, le soleil généreux. La messe de la Sainte Famille aura lieu dehors.

Et les croix jalonnent la voie du retour vers l’humanité.

Vernettes


Bonne année à vous, que vos croix à vous ne soient pas trop lourdes…

Confiance, de là haut elle veille sur nous.

Les Peiserots auront immédiatement reconnu les Vernettes, si chères à Mod

Et ce qu’il y a de bien avec ce cadeau, c’est que même donné j’en jouis encore…

Pour aider à préserver et entretenir ce joyau, c’est par là.

Si c’était vrai

Même le très grand Jacques s’est posé cette question… Écoutez le, tout simplement.  C’est tellement bien dit…C’est tellement beau…Quand on croit que c’est vrai.

brelDites
Dites si c’était vrai
S’il était né vraiment à Bethléem dans une étable
Dites si c’était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin de fort loin Pour lui porter l’or la myrrhe l’encens
Dites si c’était vrai
Si c’était vrai tout ce qu’ils ont écrit Luc Matthieu Et les deux autres
Dites si c’était vrai
Si c’était vrai le coup des Noces de Cana Et le coup de Lazare
Dites si c’était vrai
Si c’était vrai ce qu’ils racontent les petits enfants Le soir avant d’aller dormir
Vous savez bien quand ils disent Notre Père quand ils disent Notre Mère
Si c’était vrai tout cela Je dirais oui Oh sûrement je dirais oui
Parce que c’est tellement beau tout cela
Quand on croit que c’est vrai.

 

Le stress du moteur

Ce matin je suis pressé. Un document à aller signer à l’autre bout de la ville.  Alors je prends le vélo électrique tout neuf de ma douce.

Découverte de ce mode de transport. Comme un gamin sur sa première mob, je mets plein gaz… et aide de toute la puissance de mes mollets. Très vite, vient la frustration de la coupure de l’assistance à 27 km/h.. qui rappelle brutalement que la célérité acquise doit assez peu à mon anatomie… qui se retrouve bien à la peine quand elle veut dépasser ce seuil fatidique des 27.

Second énervement: l’encombrement des bandes cyclables, par toutes sortes de poubelles, piétons  ou autres véhicules. Qui démontre s’il en était besoin la perte énorme de maniabilité dès que la monture engraisse de dix kilos et double sa vitesse de croisière.

Il faut le vivre pour le croire.

Et c’est au retour que vient le troisième désagrément.  Je ne suis plus pressé,  il fait beau.. et pourtant je me rue d’intersection en intersection, succession d’accélérations et de freinages, dans une gabegie d’énergie qui aurait eu vite fait de mettre mes mollets en grève s’ils avaient été seuls à la manoeuvre..

J’arrive à la maison frais, mais stressé.
Bonne leçon. OK pour l’assistance pour faire de la distance ou monter des côtes, par contre pour la ville plate… rien ne vaut la machine humaine en autonomie.  Calmement. Le moteur, ca ajoute bien du stress.

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LA destination du jour pour femmes enceintes

sur le chemin de la cheminée du Paradis ... sic.

Boufaréo nous raconte tellement bien l’histoire que je ne résiste pas … Elle est un peu longue, alors si vous avez la flemme de tout lire, vous pourrez l’écouter tout en ouvrant vos huitres ou en dénervant votre foie gras … En prime vous aurez droit à l’assent.

 

Boufaréo – Moi je suis l’ange Boufaréo. Ils m’ont appelé comme ça à cause des grosses joues que j’ai fini par attraper à force de jouer de la trompette chaque fois que le bon Dieu est content. Et cette nuit-là, jamais il n’avais été aussi content de sa vie le bon Dieu. Il allait être Papa d’un moment à l’autre. Et moi, j’avais jamais soufflé aussi fort dans mon instrument.-

 Je vais vous dire comment ça s’est passé, parce que, de l’endroit où j’étais, c’est tout de même moi qui ai le mieux vu les choses. C’était le 24 décembre, il faisait mistral et tous les habitants de Bethléem s’étaient mis au lit de bonne heure. Et ils avaient ramené leur couverture au-dessus de leur tête pour ne pas entendre souffler le vent. Le mistral, qui est un ami du bon Dieu, avait chassé les nuages à des milliers de kilomètres, pour que le ciel soit tout propre et tout brillant d’étoiles pour la naissance du petit. Ça partait d’un bon sentiment, mais ça avait baissé la température. J’avais juste mes ailes pour me mettre à l’abri, et je commençais à me faire du mauvais sang. Je me penchais de tous les côtés..

Enfin, je les ai aperçus, les pauvres, ils faisaient peine à voir. St Joseph marchait devant, la barbe secouée par le mistral comme une bannière. Il essayait de couper le vent à la Ste Vierge avec ses larges épaules. De temps en temps, il se retournait et il disait :

Joseph – Et alors, ma belle.

Marie – Je n’en peux plus.

Joseph – Oh, allons, encore un petit effort. Tient, je vois un cabanon là, tout près.

Marie – Personne ne veut de nous.

Joseph – Eh, les riches peut-être, mais ici ce sont des pauvres. Ils nous feront bien une petite place.

Marie – Donne-moi ton bras.

Joseph –

 Là, tiens…

Marie –

 Mon Dieu, que j’ai mal…Aïe ! !

Joseph – Oh, aïe aïe aïe aïe aïe aïe, quelle misère, ah, nous sommes propres va.

Pas d’argent, pas de maison, et une femme qui va accoucher en pleine nuit, et par un temps pareil ! N’ai pas peur, va,… attend, je vais te porter.

Marie –Je te demande pardon de te causer tant de soucis.

Joseph – Mais je suis sûr que ça s’arrangera. Mais tout de même, le bon Dieu il n’est pas raisonnable. Quand je t’ai épousée j’aurai dû poser mes conditions.

Marie – Tu regrettes ?

Joseph – Non mais, écoute-moi bien ma belle, mais qu’est-ce que je suis moi, un pauvre rien du tout. Et le bon Dieu m’a donné le droit de te prendre par la main, de te porter dans tes bras, toi, la mère de son petit. Et tu voudrais que je regrette quelque chose ? Ho, mais un bonheur comme ça, je ne l’avais pas mérité moi. Seulement, qu’il nous aide un peu le bon Dieu. Autrement, nous allons à la catastrophe ! Et il y aura des gens qui vont dire que c’est de

ma faute. Attend, là, bouge pas, nous sommes arrivés. Toc toc toc. Il y a quelqu’un ? Ho, ils dorment les pauvres. Ça m’ennuie de les réveiller, mais je ne peux pas faire autrement. Toc toc toc.

Boufaréo – Vous avez entendu St Joseph ? Il n’y a pas plus brave que cet homme, il n’aime pas déranger les gens, et même, quand il s’est aperçu que le cabanon était une étable, il a eu un peu honte de déranger le bœuf et l’âne. Bien sûr, c’était que des bêtes, mais elles avaient travaillé dur toute la journée et elles avaient le droit de dormir comme tout le monde. Il leur a dit :

Joseph – Heu, excusez-moi de vous déranger.

Boufaréo – Le bœuf et l’âne qu’on avait tirés du premier sommeil, ont failli se mettre en colère. Mais quand ils ont vu la jolie Ste vierge toute pâle, toute mourante et St Joseph avec ses grosses mains rudes et calleuses de travailleur, ils ont eut honte et sont devenu tout gentils, tout pleins d’amitié.

L’âne – Restez pas dehors.

Le bœuf – Venez vite au chaud.

L’âne – Vous avez de la chance, juste on a changé la paille, ce matin.

Le bœuf – Si on avait su que vous veniez , on aurait mis un peu d’ordre.

Boufaréo – St Joseph avait l’âme si simple, qu’il ne s’était pas étonné que les animaux parlent avec l’accent. Et puis il avait trop de soucis en tête pour attacher de l’importance à ces détails parce que, la Ste Vierge, elle, elle venait d’entrer dans les douleurs.

Joseph – Oh mais c’est terrible, Ho, qu’est-ce qu’il faut faire moi je sais pas.

L’âne – Et moi non plus, je suis qu’un âne.

Le bœuf – On voudrais bien pouvoir vous aider mais…on est bon à rien.

Joseph – Mon dieu, donnez-moi vite un coup de main ah, avec ces deux santons comment voulez-vous que je m’en tire.

Boufaréo – Il était presque minuit. Je me suis approché du fenestron. Ce que j’ai vu et ce que j’ai entendu, ça parait pas croyable et c’est pourtant la franche vérité.

Le bœuf – Puisqu’on ne peut pas se rendre utile, on pourrait toujours dire une prière

L’âne – Tu en sais, toi, des prières ?

Le bœuf – Moi non, mais St Joseph, forcément, il doit en savoir.

Joseph – Oh, mais écoutez les ces fadas, les prières elles ne sont pas encore inventées, c’est justement pour ça que le petit, il doit venir sur la terre.

Le bœuf – En attendant, on pourrait toujours se mettre à genoux.

Boufaréo – Parfaitement, c’est comme ça que les choses se sont passées. St Joseph, le bœuf et l’âne se sont agenouillés tous les trois. Il était minuit juste. GlooOooria

Et le petit est né, il a pas poussé un cri, il est né avec le sourire. La Ste Vierge elle souriait aussi. Le bœuf, l’âne et St Joseph poussaient des larmes grosses comme des olives. Alors St Joseph a dit des mots qui lui venaient du fond du cœur et que jamais personne ne lui avait appris. Et l’âne et le bœuf qui étaient encore moins savants que lui répondaient à tour de rôle

Joseph – Je vous salue Marie, pleine de grâce.

Le bœuf – Le seigneur est avec vous.

L’âne – Vous êtes bénie entre toute les femmes.

Joseph – Et le petit Jésus, le fruit de vos entrailles il est béni.

Le bœuf – Ste Marie bonne mère de Dieu.

L’âne – Priez pour nous pauvres pêcheurs.

Joseph – Maintenant, et à l’heure de notre mort.

L’âne – Le bœuf – Joseph – Ainsi soit-il.

Boufaréo – Alors moi, je suis monté dans le ciel aussi haut, aussi vite que j’ai pu pour annoncer la bonne nouvelle au monde et j’ai soufflé dans ma trompette à m’en faire péter les veines du cou. Trompette – Alors le mistral s’est arrêté d’un coup. Je crois que j’avais réussi à le faire taire. Les gens se sont assis sur leur lit en se frottant les yeux et en disant : »Et quésaco, et qu’est ce qui nous arrive. » Alors mes collègues les anges, ceux qui ont la voix douce leur ont chanté une petite chanson pour qu’ils ne s’effrayent pas, pour qu’ils ne s’imaginent pas que c’était la fin du monde juste le jour où le monde venait de naître. Il est né le divin enfant – Et alors, j’ai plus su où donner de la tête parce qu’à partir de ce moment-là les miracles se sont succédés à une allure extraordinaire. Le miracle du Boumian et du Gendarme, et bien, il n’était pas commode à réussir…

Le Boumian, son métier, c’était de voler des poules, le gendarme, lui, son métier, c’était d’arrêter les Boumians. Ça faisait 20 ans qu’ils se couraient après, et jusqu’à présent, le Boumian avait toujours échappé au gendarme. Or précisément cette nuit là, à minuit juste, On entendit dans le poulailler de Roustide, Roustide c’est le plus riche propriétaire de Bethléem, un gros rire triomphant.

Le gendarme – Ha ha ha ha !!!

Boufaréo – C’était le gendarme qui venait enfin de prendre le Boumian en flagrant délit.

Cot cot cot

Le gendarme – Cette fois, mon brave ami, je crois que je te tiens !

Le Boumian – Eh, j’ai rien fait de mal.

Le gendarme – Et cette dinde que tu viens de prendre sous mes yeux, elle est à toi peut-être ?!

Le Boumian – Heu, pas tout à fait. Mais c’est Noël.

Le gendarme – Et alors !!

Le Boumian – Et alors, à Noël, tout le monde en mange de la dinde.

Le gendarme – Noël ? Je n’en ai jamais entendu parler !! Allez ! marche devant, et n’essaye pas de te sauver, je te préviens que j’ai mon calibre sur moi !!

Il est né le divin enfant

Le Boumian – Vous avez entendu, Brigadier ?

Le gendarme – D’abord, je ne suis pas brigadier, et ensuite, n’essaye pas de distraire mon attention !!

Le Boumian – Eh, brigadier ou pas vous avez entendu quand même !

Le gendarme – Evidemment, j’ai entendu.

Le Boumian – Et quel effet ça vous fait ?

Le gendarme – ça ne te regarde pas !

Le Boumian – Moi, je vais vous le dire l’effet que ça vous fait : Je suis sûr que vous avez envie de me remettre en liberté !!

Le gendarme – Comment tu le sais ?

Le Boumian – Parce que moi, c’est un peu la même chose : La dinde, j’ai envie de la rendre à son propriétaire.

Le gendarme – Mais qu’est-ce qui se passe, nous sommes tous devenus fadas !!

Le Boumian – Peut-être.

Hou hou

Boufaréo – Vous avez remarqué, mes collègues ont changé de répertoire, mais quoi qu’ils chantent ça fait toujours le même effet. Ca réveille dans le cœur des hommes des choses qu’ils ne soupçonnaient pas, qu’ils avaient oubliées. Même ce poltron de Pistachié, même sa femme, la poissonnière, ils se sont sentis soudain bizarres, comme s’ils étaient en train de changer de peau.

La poissonnière – Et pourquoi tu dors pas, Pistachié ?

Pistachié – J’ai entendu du bruit, c’est peut-être des voleurs.

La poissonnière – Oh, vas, les voleurs, tu n’as pas honte d’être si peureux !!

Pistachié – Oh, et toi, pourquoi tu ne dors pas ? Tu sais bien que tu dois te lever à 5 heures!

La poissonnière – J’ai des cauchemars, je sais bien que c’est l’hiver, mais le poisson que je vais leur vendre demain, ça fait plus de huit jours que je l’ai.

Pistachié – Mais, qu’est-ce que ça peut te faire, puisque c’est pas toi qui le manges. Eh, tu l’arroseras un peu à, et personne n’y verra rien.

La poissonnière – Oui, mais c’est guère honnête.

Pistachié – Eh, ça fait 20 ans que tu fais comme ça, je ne vois pas pourquoi tu changerais aujourd’hui !!

La poissonnière – Tais-toi, tu me fais honte ! Bon, il faut que j’aille le voir ce poisson, et s’il n’est pas comme il doit être, et bien tant pis pour moi euh, je le jette !!

Pistachié – Oh, mais qu’est ce qui lui prend à ma pauvre femme, elle veut nous mettre sur la paille !! Hou hou

La poissonnière – Pistachié, oh, Pistachié, viens vite, viens vite voir !!!

Pistachié – On a fracturé le tiroir-caisse !?

La poissonnière – Viens voir, que je te dis !Regardes ces rascasses !

Pistachié – Oh !

La poissonnière – Quand on s’est couchés, elles étaient molles et grises, et, elles avaient plus figure humaine. Et bien, regarde-les maintenant, on les dirait vivantes, regarde comme elles ont l’œil clair, on dirait qu’elles vont te parler. Et les couleurs qu’elles ont…

Pistachié – C’est un vrai miracle.

La poissonnière – Et alors, alors ce serait vrai que ce petit, c’est le bon Dieu qui nous l’envoie !

Pistachié – Il faut y aller voir tout de suite, eh !

La poissonnière – Tu veux sortir, toi, au milieu de la nuit, poltron comme tu es.

Pistachié – Dans les grandes circonstances, je n’y pense pas que je suis poltron, allez zou, faisons donc, allez.

La poissonnière – Prend au moins ton fusil de chasse, des fois que tu rencontres le Boumian.

Pistachié – Si je le rencontre le Boumian, je lui souffle dessus, mais le fusil, je le prends quand même, parce que si je tombe sur une lièvre…

La poissonnière – Si tu tombes sur une lièvre, tu feras comme d’habitude : tu la vises, et tu la manques.

Pistachié – Vas savoir, si le Bon Dieu il a fait un miracle, ce soir, pourquoi il n’en ferait pas deux. Hou hou

Boufaréo – Les miracles de cette nuit, je ne peux pas vous les raconter tous, parce qu’il y en a trop. Tous les habitants de Bethléem s’étaient rassemblés sur la place. Ils avaient mis leurs habits du dimanche, ils avaient des cadeaux pleins les charretons, et ils brandissaient des chandelles. Il n’y en avait qu’un qui dormait : c’était le Ravi. C’était pas parce qu’il avait le sommeil profond, mais que ce soit le jour ou la nuit, il était jamais complètement réveillé.

Le jour, il restait à sa fenêtre, les bras en l’air, en regardant les gens, le ciel, les bêtes, les fleurs, et en disant:

Le Ravi – Que le monde est joli ! C’est pas possible qu’il soit aussi joli !

Boufaréo – Les bras toujours levés et le bonnet de nuit sur la tête, il est venu se mêler à la foule. Soudain, il s’arrêta : Il venait d’apercevoir un vieillard triste sous un porche.

Le Ravi – Qu’est ce que tu as toi, à ne pas être heureux ?

L’aveugle – Moi, je suis l’aveugle.

Le Ravi – Il faut que tu sois heureux quand même, un jour comme aujourd’hui. Viens avec moi, je te raconterai tout, je te dirai comment ça se passe. et fais moi confiance, j’ai de l’imagination. Comme je te le dirai moi, ce sera encore plus vrai que nature.

Boufaréo – Et il a pris l’aveugle par le bras, mais il ne savait pas exactement où aller, les gens tournaient en rond, et se demandaient de l’un à l’autre: « mais, où il est ce petit ! » j’ai donné un tout petit coup de trompette (Trompette) Ils ont fait le silence, et je leur ai dit: Vous n’avez qu’a me suivre ! Alors, ils se sont pris par la main, et ils m’ont suivi en dansant la farandole (musique de farandole) Si vous permettez, nous allons filez devant pour voir ce qui se passe dans la crèche. Mais n’oubliez pas de prendre vos pardessus, parce qu’on y gèle dans cette étable. St Joseph se fait un mauvais sang terrible

Joseph – Oh mais c’est pas un temps à chrétien ça, il va s’enrhumer le pauvre petit.

L’âne – Et à son âge, un rhume ça à vite fait de tomber sur la poitrine.

Le Bœuf – Au lieu de dire des bêtise, tu ferais mieux d’avoir une idée.

L’âne – Pour les idées, tu sais, les ânes, ils sont bien forts.

Marie – Ses petites mains sont toutes froides. Il a le bout du nez gelé.

Le Bœuf – Attendez bonne mère, je vais vous le réchauffer. Ca vous ferait rien de le poser sur la paille.

Joseph – he he he fais bien attention he il est si petit, si petit tout nu.

Le Bœuf – Ne craignez rien, vous voyez, je m’allonge à côté de lui, et mon collègue aussi, allez, dépêche toi, comme ça, il est déjà un peu protégé contre le courant d’air.

Joseph – Ah, mais ça ne suffira pas pour le réchauffer.

Le Bœuf – Et va savoir. Nous les bêtes, pendant l’hiver, il nous pousse du poil, et on conserve le chaud au dedans de nous. Evidemment, il vaudrait mieux une bonne cheminée avec un grand feu de bois. Mais tout ce qu’on peut lui donner, c’est notre chaleur.

Marie – Vous êtes les plus braves, mon fils ne vous oubliera pas.

Le Bœuf – Si entre malheureux on ne s’aidait pas, ce ne serait pas la peine.

L’âne – Allez, fais pas l’hypocrite, dis le à la bonne mère qu’on y pense aussi à la gloire, c’est vrai, jusqu’à présent, il y en avait que pour le cheval et le taureau, mais j’ai l’impression, que le bœuf et l’âne, il s’en parlera un peu à partir de maintenant*, et qu’on en dira du bien, vous ne croyez pas ?

Jésus – Ick !!

Joseph – Oh, catastrophe, il a éternué ! Oh oh oh, il va prendre le mal de la mort ce petit.

Marie – Rendez-le moi.

Le Bœuf – Attendez, au collègue, quand je te souffle sur le museau, qu’est ce que ça te fais?

L’âne – Beh eh, ça me rire.

Le bœuf – Ca te fais rire, mais ça te chauffe. Souffle moi dessus pour voir…

Joseph – Oh, mais vous croyez que c’est le moment de vous amuser comme des imbéciles !

Le Bœuf – Comprenez-moi. On va lui souffler dessus mon copain et moi. Tout les deux ensemble, vous allez voir si on vous ne le réchauffe pas votre petit. Allez, on y va: (soufflements) Regardez, il a souri, il est déjà presque tout rose.

Boufaréo – Vous me direz que le bon Dieu, il n’avait rien de plus facile pour lui que d’envoyer le bon temps, un 24 décembre sous le climat, ça n’aurait étonné personne. Mais il fallait d’abord accomplir les écritures. Dites-vous bien une fois pour toute qu’il sait ce qu’il fait le bon Dieu. Son petit, c’était pas un fils de famille il fallait qu’il soit élevé à la dure, qu’il apprenne les difficulté de la vie. Mais voilà les gens qui arrivent en dansant la farandole (musique: farandole ou vite levez vous doux pastouriaux..) Et le Ravi marchait le premier en tenant l’aveugle par la main.

Le Ravi – Eh, j’en ai vu des jolis petits nistons, mais des jolis petits nistons comme ce joli petit niston là, je ne croyais pas que ça pouvait exister !!

Boufaréo – Et il avait raison ce demi fada ! Parce que moi non plus, je n’avais pas encore vu le petit Jésus, et ça m’en a coupé les ailes. Et tout les gens qui étaient là, ils étaient paralysés de la surprise et de la joie. Alors ils sont tombés tous ensembles sur leur genoux, et ils se sont mis à chanter à pleine voix (musique: GloOoooria) Après, il y a eu un silence embarrassé. Tout le monde voulait parler, mais personne ne savait plus que dire. Et le plus embarrassé de tous, c’était le gendarme. Tout les habitants de Bethléem avaient apporté des cadeaux excepté lui. Alors il est devenu tout rouge, et il a dit.

Le gendarme – Sainte Vierge, et vous St Joseph, excusez moi, j’ai pas eu le temps de passer à la maison, j’étais de service. Autrement je vous aurez apporter des figatellis, de la farine de châtaigne et du fromage corse. Mais je n’ai rien sur moi que mon revolver. Alors, je vous le donne pour amuser le petit.

Joseph – Ah, tu es bien brave mais…

Le gendarme – N’ayez pas peur, c’est un revolver d’honnête homme, il n’a jamais servi.

Joseph – Oui, mais il risque de se blesser.

Le gendarme – Pensez vous, il n’y a pas de cartouche.

Joseph – Ah…

Le gendarme – Juste, je le porte à la ceinture pour assurer le monde. Mais vous ne pensez tout de même pas que je m’en suis servi contre mon prochain !

Marie – Merci Colombani.

Le gendarme – Vous savez mon nom ?

Marie – Je sais beaucoup de choses sur toi Collombani. Je sais par exemple que tu attends une lettre depuis longtemps. Et bien tu la recevra demain au courrier cette lettre.

Le gendarme – Une lettre !?

Marie – Ta nomination de brigadier : le ministre est en train de la signer en ce moment. Alors ce revolver, garde le. Parce qu’un brigadier sans revolver, ça ferai mauvais effet

Le gendarme – C’est vrai ce que vous dites ?

Joseph – Ah, oh non, dis donc. Mais tu ne vas pas traiter ma femme de menteuse, toi !!

Marie – Mais promet moi de continuer à ne pas t’en servir !

Le gendarme – Ne vous faites pas de soucis. Non seulement j’y met pas de cartouches, mais je laisse toujours le cran d’arrêt. Ha ha ha ha .

Boufaréo – Après, tout le monde voulait parler en même temps, mais naturellement, c’est Honorine la poissonnière qui a eu le dessus.

La poissonnière – Bonne mère, je vous ai apporté des rascasses pour le petit. Des rascasses presque vivantes !

Le gendarme – Des rascasses pour un petit qui viens de naître, mais, tu n’y pense pas !! Oh oh oh !!

La poissonnière – Ah, mais dites, mes rascasses elles n’ont jamais fait de mal à personne !! Mais qu’est ce que vous insinuez !?

Le gendarme – Ah, mais j’insinue rien ! Non, je dis que le petit, il est trop jeune pour manger de la rascasse. Et qu’au bat mot, ça risque de lui donner de l’urticaire!!

La poissonnière – Et toi, Pistachié, tu le laisse dire, naturellement!

Pistachié – Ah tais toi, tais toi. Excusez la, bonne mère. Elle a le parler un peu vif, mais c’est une brave femme. En tous cas, si vous voulez pas de ce poisson, j’espère que vous accepterait ma lièvre. C’est une belle lièvre d’au moins 12 livres que j’ai tué en venant vous voir.

Tous – Ha ha ha (ils rient)

Pistachié – Et bien eh bien, regarde les. Oui, parfaitement, je l’ai tué moi même, et d’un seul coup de fusil !!

La poissonnière – Ha ha parlons en de ta lièvre. C’est la première fois qu’il ne rentre pas bredouille de la chasse !!

Boufaréo – La Ste Vierge les écoutait avec amusement. A un moment, même, elle a éclaté de rire. Et Honorine et Pistachié étaient si fier d’avoir fait rigoler la Ste Vierge, qu’ils en remettaient, qu’ils se forçaient, qu’ils cessaient d’être drôle. Alors la Ste Vierge, il a remonté le sourcil, et elle a dit:

Marie – Attention, vous allez tomber dans l’opérette marseillaise !

Boufaréo – A partir de ce moment, chacun a fait son numéro dans la discrétion. Le berger à retiré l’agneau qu’il avait autour du cou, et l’a posé au pied du petit Jésus sans prononcer une parole. Il a fait une dernière caresse à son chien, et il a dit:

Le berger – Moi, je suis le berger. Je fais rire personne. Je parle seul, je sens mauvais, j’ai pas d’amis. Enfin j’en avais un. Un seul. C’était mon chien. Il était mort ce matin, mais ce soir, il a tout ressuscité. Alors ce chien tout ressuscité, bonne mère, je le donne à ton petit.

Marie – Berger, mon fils plus tard, sera berger comme toi. Il sera le berger des hommes, et les hommes n’ont pas besoin de chien pour qu’on les garde. Ils ont besoin d’amour.

Boufaréo – Les paroles de la bonne mère passaient nettement au dessus de l’assemblée. Mais le berger, lui, les avaient comprises.

Le berger – Mais, s’il veut pas de mon chien, peut être il voudra bien de moi ?

Marie – L’heure n’est pas encore venue. Mais il te fera signe.

Boufaréo – Ainsi fut recruté le premier apôtre. Sans que personne s’en aperçoive. Et le Ravi levait les bras en l’air en disant:

Le Ravi – Mon Dieu. Comme c’est beau un homme qui était malheureux, et qui devient heureux. Comme c’est beau, merci mon Dieu.

Pistachié – Oh, écoute le Ravi, tu commences à nous agacer, eh!

Le Ravi – Et si je t’agace, je te demande pardon.

Pistachié – Et tu parles, et tu parles, et tu n’as jamais rien fais de ta vie!

Le Ravi – J’ai regardé les autres, et je les ai encouragé. Je leur est dit qu’ils étaient beaux et qu’ils faisaient de belles choses.

Pistachié – Et tu t’es guerre fatigué!

La poissonnière – Et tu n’as même pas apporté de cadeau!

Marie – Ne les écoute pas Ravi. Tu as été mis sur la terre pour t’émerveiller. Tu as rempli ta mission. Et tu auras ta récompense. Le monde sera merveilleux tant qu’il y aura des gens comme toi, capables de s’émerveiller.(musique de fond)

Le Ravi – Arche d’alliance, tour de David, porte du ciel, étoile du matin, salut des pêcheurs, rose mystique, bonne mère admirable, merci à vous.

La poissonnière – Bonne mère très pure, merci à vous.

Pistachié- Bonne mère très chaste, merci à vous.

Le berger – Bonne mère des anges, merci à vous.

Le gendarme – Bonne mère du sauveur, merci à vous.

L’aveugle – Salut des infirmes, consolatrice des affligés, merci à vous.

Boufaréo – Ils se retournèrent tous. L’aveugle venait de tomber à genoux. Il avait l’air dans l’extase.

Marie – Tu me remercies, toi qui n’a jamais vu le ciel et les étoiles ?

L’aveugle – Je te rends grâce, je chante tes louanges.

Marie – Tu me rends grâce, toi qui vit dans la nuit ? Tu chantes mes louanges, toi qui est enfermé dans la plus sombre des prisons ?

L’aveugle – Le ciel, tu me l’a donné, la lumière, elle est en moi. Je me sens libre comme un oiseau!

Joseph – Marie ma belle, il faut faire quelque chose pour cet homme. Tu n’as qu’un mot à dire.

Marie – Mon Dieu qui ce soir avait exaucé tous mes désirs…

L’aveugle – Oh non, non, bonne mère, non, c’est pas la peine. Ne le dérangez pas. Je sais que le monde il est beau, puisque c’est lui qui l’a fait mais je suis sûr que le ciel est encore plus beau puisque c’est là qu’il habite. Non, demandez-lui seulement que j’aille pas longtemps à attendre. Faites que j’ouvre les yeux le jour de ma mort. Faîtes que je vois quand ça vaudra vraiment la peine de voir.(musique intrument: flute céleste?)

Boufaréo – Quelqu’un était entré pendant que tout le monde chantait et personne ne c’était aperçu de sa présence. C’était ce sans coeur de Roustide. A Bethléem, il n’y avait que lui de riche. Il avait des champs d’oliviers, des champs d’amandiers, et des hectares et des hectares de pommes d’amour. Et, plus il gagnait des sous, plus son coeur devenait sec. On vous l’a pas dit dans l’histoire sainte, pour pas lui faire de peine, mais c’est lui qui a mis à la porte St Joseph et la Sainte Vierge, en les traitant de mendiant et de va-nu-pieds. Voilà comment il était, Roustide. Il avait vu le Boumian avec sa dinde étranglée et il avait faillit arrêter la chanson pour faire un malheur. Mais il était resté bien sage dans son coin et il sentait petit à petit qui lui venait une sensation de douceur, de gentillesse, de bonté. Et il répétait sans arrêt:

Roustide – Mais qu’est-ce qui t’arrive Roustide, tu es pas en colère? Mais tu es

complètement gaga !Allez zou, met toi en colère !

Boufaréo – Mais il restait toujours immobile, et il se sentait devenir meilleur à chaque seconde. Et quand il a vu le Boumian s’avancer vers le petit Jésus en balançant sa dinde d’un air timide, il n’a pas bronché. Et le Boumian disait:

Le boumian – Petit Jésus, toi qui a la peau si blanche, et les cheveux si blond. N’aie pas peur de moi qui suis si noir de poil et presque nègre de peau. Je t’ai porté cette dinde.

Le gendarme – Mais, tu es un sans vergogne, cette dinde tu l’a volé!

Marie – Laisse le parler, veux tu, gendarme ?

Le boumian – D’abord des dindes, j’en volerai plus. Et celle là je l’ai volée à Roustide. Et des dindes, il en a à n’en savoir que faire. Tandis que vous peuchère, vous êtes dans le besoin. Alors, j’ai pensé qu’au lieu de me la garder, je ferai mieux de vous la porter. Si vous en voulez pas, vous pouvez toujours la vendre.

Marie – Tu as très bien parlé Boumian.

Le gendarme – Ahh ! Je veux pas te contredire, mais cette dinde, elle est pas à lui. Ce qu’il vous propose tombe sous le coup de la loi. Article 19: recel et complicité !

Marie – Cette dinde nous ne pouvons pas l’accepter.

Le boumian – Mais…

Marie – Ce que nous acceptons, c’est la gentillesse avec laquelle tu nous l’a offerte. Tu nous promet de ne plus jamais voler de dindes ?

Le boumian – Eh, ni dindes, ni poules, ni pintades, ni pintadons. Et pourtant, c’est bon le pintadon bien tendre.

Marie – boumian!

Le boumian – Promis, j’en volerai plus.

Marie – Alors reprends ta dinde et va la rendre à qui tu l’as prise.

Boufaréo – Et alors, il c’est passé un coup de théâtre que jamais de votre vie, vous avez vu de pareil. Roustide a écarté gentiment le monde, et il a dit:

Roustide – Tu peux la garder, je te la donne.

Boufaréo – C’était la première fois que Roustide faisait un cadeau à quelqu’un. Les gens n’en revenait pas. Le Ravi était encore plus ravi que d’habitude.

Le Ravi – Oh Roustide, que c’est beau ce que tu viens de faire. J’en ai vue des belles choses dans ma vie. Mais jamais d’aussi belle que cette belle chose là.

Boufaréo – Roustide c’était mis à genoux, et se frappait la poitrine.

Roustide – Petit Jésus, je suis un assassin. Quand ton père et ta mère sont venu frapper à ma porte. Je les ai laissés à la rue. Je me le pardonnerai jamais, je suis un criminel …

Joseph – Oh, ne vous mettez pas dans un état pareil, vous voyez, tout à fini par s’arranger.

Roustide – Je vais faire préparer une voiture bien bâchée, bien souple avec un cheval bien doux. Et je vais vous faire conduire à la maison dans ma chambre la plus belle et la mieux chauffée. Dans la mienne, quoi. Et vous y resterez tant que vous voudrez. Jusqu’à la fin de vos jours, si ça vous fais plaisir. Et vous aurez à vous faire du souci de rien.

Joseph – Ah tu es bien brave, vas. Qu’est ce que tu en dit, Marie ?

Marie – Mon fils et moi, nous vous remercions, mais nous ne pouvons accepter. Nous devons rester ici pour accomplir la volonté de Dieu.

Boufaréo – Et alors, chacun a pris la pose comme chez le photographe mais c’est pour l’éternité. La sainte Vierge et saint Joseph qui regardent dormir le petit Jésus et qui l’adorent, ils ont la tête penchée sur l’épaule et les mains jointes. Et ça durera jusqu’à la fin du monde.

Le Ravi, les bras en l’air. L’aveugle, appuyé sur sa canne. Pistachié, appuyé sur son fusil. La poissonnière, un panier de poisson de chaque côté de ses hanches énormes. Et le berger, avec son agneau qui dort autour de son cou et son chien qui dort entre ses jambes. Et le boumian, qui a mit amicalement la main sur l’épaule du gendarme. Et le gendarme, qui se lisse la  moustache. Et Roustide, avec pour la première fois de sa vie de la joie sur le visage. Et le bœuf et l’âne qui se sont endormis, brisés par l’émotion. Et personne ne dit plus rien et ils ne bougeront plus jusqu’à la fin des siècles; c’est le destin des santons.

Voilà. J’ai dit tous c’que j’avais à vous dire. Excusez-moi si j’étais un peu bavard, c’est dans mon tempérament mais je vous jure que j’ai dit la franche vérité. Allez, adieu; je remonte au ciel; soyez heureux; et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. (musique, cloches)

 

 

ane-de-la-creche

* Et pour savoir la carrière que l’âne a finalement faite

 

La banque au rythme cardiaque de 15 jours. Pas encore morte, mais pas loin …

Création d’entreprise. Nothing fancy, rien de rare, comme ils disent. Juste une bête entreprise. Qui ne demande rien à personne, juste le droit d’exister.

A un paresseux comme moi, cela demande un expert comptable et un banquier.

Côté expertise comptable, rien à dire. Ils doivent avoir faim, répondent rapidement, et ont fait leur la devise « il n’y a pas de petit client ».

Côté banque, c’est une autre paire de manches…  La procédure Française est encore trop complexe pour ouvrir ce genre de compte en ligne. Alors, c’est la tournée des coups de téléphone pour prendre rendez vous… impossible dans la quinzaine à venir, bien sûr.

La banque qui héberge mon compte perso depuis des décennies est la plus rapide… pour me dire en fin de rendez vous que « par politique du siège » ils ne travaillaient pas avec les entreprises comme la mienne. Je ne fais pourtant pas de commerce d’armes, lui dis je, je ne demande pas d’argent, et mes flux monétaires seront aussi rares que transparents. Elle est désolée, a un peu honte, mais le fait est qu’elle a perdu son temps, m’a fait perdre le mien, et, elle ne le sait pas encore, a perdu mon compte perso.

gasteropodePar manque totale de réactique, suivi d’un lapin, d’un autre candidat, il ne me reste plus qu’à me rabattre sur la recommandation de mon expert comptable. Et je découvre la banque à cycle d’horloge de 15 jours. Une semaine pour réagir à mon mail (car en vacances, en formation, en déplacement, en ….) et une semaine pour prendre rendez vous car l’agenda est bien plein suite à vacances, formation, déplacement, … Rendez vous pour signer deux malheureux papiers aussitôt scannés pour remplir le dossier électronique. Et récupérer d’autres papiers pour lesquels on va recommencer le cycle. Ce petit jeu dure près de deux mois. Euh !! vraiment impossible de faire tout cela a distance ? Je peux scanner à la maison ! C’est non.

Bon, les papiers sont faits, je n’ai plus qu’à attendre de recevoir ma carte bancaire. Qui arrive huit jours plus tard, sans chéquier , oublié quelque part dans le processus. Encore dix jours… pour le recevoir…mais pas à mon agence . «Voulez vous que je le fasse envoyer ?   Non merci, surtout ne faites rien, ça vous évitera de faire une erreur.. » Ça m’a échappé. Je sais, c’est méchant, pas bien. Et je file d’un coup de pédale d’une agence à l’autre.

Bilan des courses, démarches initiées fin mai pour une structure opérationnelle le 20 août.

« En Espagne, mon mari a fait tout cela en une journée quand il s’est agi de créer sa filiale »…me rapporte t-on.

Sans parler de mes Turcs*, qui ont mis moins de 24h de la demande de prestation au versement du premier acompte (en passant par une banque Allemande car ils ne sont pas en Europe).

Entre l’économie participative (je mets un point d’honneur à réagir dans l’heure aux sollicitations via air bnb) , les banques en ligne (j’ai ouvert mon compte Boursorama), l’ouverture de l’Europe, ça va être très dur pour nos dinosaures de banques**… Bon , ce post en contredit un autre***, mais bon, on a le droit d’avoir des hauts et des bas, non ?

Et, allez, examen de conscience du soir : ça ne m’arrive vraiment jamais de contribuer a ce ralentissement ?

 

 

* mes Turcs, un client tombé du ciel

** Il n’y a pas que nos banques d’ailleurs, d’autres entreprises dinosaures sont capables de ce type de réactique mollusque… je ne citerai personne.

*** Oui  ça m’arrive d’être optimiste pour la France.

Chaud mais propre

Chaud mais propre

evolution-de-la-pollution-de-lair-en-franceFeedly* m’amène la bonne nouvelle du jour . Les émissions de gaz polluants en France sont en nette diminution, et, avec un petit effet retard, l’air est de plus en plus propre. Même en particules fines**… Ça, c’est une bonne nouvelle pour tous les urbains, non ?

Comme quoi, quand on agit …

chaud-mais-propreAh, cela ne concerne pas les GES ! La concentration ne cesse de monter. Ça doit être plus dur de renoncer à sa voiture que d’exiger des industriels qu’ils fassent des efforts…

On va donc vers un air plus chaud, pas encore de changement à ce sujet, mais bien plus propre .

A moitié plein, ou à moitié vide le verre il est ?

a-moitie-plein

* Feedly ? Ah oui, faire sa propre source d’infos. Quelle ouverture, j’y ai même mis les communiqués du ministère de la Ségolène !

** il faut donc croire que la circulation alternée nous pousse juste à continuer l’effort …

Oh la belle manipulation !!

Chapeau. Il garde son sérieux. Ce 6 décembre, sur France Télévisions, la nouvelle du classement PISA tombe. Tout va bien , “la France a maintenu son niveau” nous annonce t-on. Graphe à l’appui.
Ouf, une nouvelle qui n’est pas catastrophique.
On pourrait presque mettre cela dans le plateau positif du bilan gouvernemental, non ? Une inversion de courbe…

Maintenu son niveau ? Techniquement, par rapport au classement précédent de 2013, oui. En nombre de points. Mais les autres pays ont progressé. Pas nous . Dans cette course, la France a juste perdu deux places au classement. Certes, elle a dépassé la Tchéquie. Et le Liechtenstein, concurrent sérieux s’il en est, s’est retiré de la course. Voilà qui nous fait progresser de deux places. Bien.

Le sot détail est que USA, Grande Bretagne, Portugal et Norvège, qui étaient derrière, nous sont passés devant. Et que donc la France est passée de la peu glorieuse 25éme place à la 27éme.

Mais dormez bien , braves gens, nos média de propagande nationale vous évitent de devoir douter de notre vaillante éducation nationale. En période électorale, cela ferait désordre.

titanicToujours pas mis en route votre source d’info parallèle ? (bien que sur ce coup là, le seul ”oubli” de mentionner le classement suffisait pour mettre la puce à l’oreille).

Et pour ceux qui ont loupé ce billet, petit rappel de comment ils manipulent les graphiques

Classement 2013

Classement 2016

 

Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière

C’est la béatitude de Michel Audiard qui me vient a l’esprit quand j apprend que Jean Vanier* a reçu la légion d’honneur**. J’aurais pu être en colère, vu qu’il aurait du passer mille fois avant de nombreux politico-mediacrates qui s attribuent cette breloque avec autant de facilité.

fotolia_11650550_xsMais soyons positif. L’action et l’homme sont reconnus et honorés. Et c est bien. Et Manuel Valls a écouté Jean en tête à tête pendant une demi heure. Et reçu sa bénédiction. Ça ne peut pas lui faire de mal. Le rapprocher de la lumière ?

 

* pour ceux qui ne connaissent pas Jean, ce grand monsieur si humble.

** pour avoir une idée de l’ambiance