Cette année, ambition exotique: revenir du bout du monde à vélo. Direction donc land’s end, tout au bout de la Cornouaille, avec nos montures dans le train. Nos aventures bretonnes nous ont rappelé que les vents dominants dans cette partie du monde venaient de l’Ouest. Donc le train fera le voyage avec le vent dans le nez.
Eurostar n’embarquant pas les cyclistes, nous avons opté pour le ferry pour traverser le Channel. Disons le tout court : mauvaise pioche.
Dès l’arrivée au port ferry, nous sommes traités comme des voitures : à attendre sur le tarmac bien dans notre file, entourés de vitres fermées qui nous enfument pour ne pas perdre le bénéfice de la clim. On confirme : la clim est une invention qui réchauffe le monde entier pour le bénéfice de quelques nantis dans leur petit espace.
Traitement spécial à l’embarquement : on nous aiguille avec les bus et les camions, pour être sur le pont inférieur. Même pas peur, nous embarquons et joignons la tête du pont. Nos deux vélos seront les seuls de leur espèce pour cette traversée.
Fureur lors du débarquement : alors que nous piaffons, premiers devant la passerelle qui s’abat lentement, on nous fait reculer pour sortir les derniers , “for our safety”. Nous sommes donc enfumés pendant 20 minutes des vapeurs de tous les monstres qui nous frôlent, puis celles sortant des ponts supérieurs, pour être enfin libérés… et sommés de suivre une ligne rouge “spéciale cyclistes” peinte sur le sol, qui s’éloigne de la circulation motorisée juste à la sortie de la passerelle ! For our safety ?? Plutôt pour bien nous faire comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus…
Promis, si prochaine migration britannique il y a , nous tenterons l’eurotunnel.



