Non, je ne reviens pas sur ce qui m’a décidé à arrêter définitivement le café, c’est par là*..
Suite à la casse du bol de verre de la cafetière de la maison familiale, la question s’est posée de le remplacer. Rien de bien banal jusqu’ici. Mais la vraie question arrive : “ne devrait-on pas acheter une cafetière plus moderne ? Oh, non, pas une cafetière à dosettes, on est écolos quand même. Mais une qui moud son grain et percole sous pression. C’est le progrès, et les locataires apprécieraient sûrement.”
Il y a 20 ans, la question ne se serait pas posée. Une antique cafetière à filtre, à poussoir, voire Italienne nous réveillait le matin. Pas besoin de moteur, de compresseur, de terre rare, de cuivre, d’acier, d’électronique, de place dans la cuisine**. Étions nous plus malheureux ? Pas sûr. Mais c’est le progrès, n’est ce pas, d’avoir à la maison un café que l’on ne trouvait avant qu’au bistro d’à côté.
A l’heure où l’on prône la sobriété, la démesure mortifère qu’il nous faut fuir ne se niche t-elle pas dans ces petites décisions de chaque jour, comme celle de la cafetière qui nous permet d’avoir le même breuvage qu’au café d’à côté, le contact humain en moins. Plus de biens, moins de liens … Zut, c’est exactement l’inverse auquel nous sommes appelés.
Alors, conversion oblige, on a cherché le bol sur le bon coin et sur geev***. Ça fait du bien au pouvoir d’achat, et on est revenus au niveau de bonheur d’il y a 20 ans. Qui vaut bien celui d’aujourd’hui. Sans démesure. Tant pis pour le “progrès”.
* Eh oui, mon empreinte carbone s’allège encore de l’absence de café.
** Quand il ne faut pas appeler le grand-père que je suis pour la réparer au bout de quelques années… avec des pièces de rechange qui coûtent trois fois mon bol !
*** Geev , le site ou comme son nom l’indique l’on donne ce qui ne vaut même pas la peine d’être vendu mais qui peut dépanner quand même.


