Chaque fois que je passais commande de papier coloré pour la paroisse, je me demandais si le jeu en valait vraiment la chandelle de gérer du stock de papier de toutes les couleurs. Financièrement, la différence est négligeable.
Il m’a fallu plusieurs années pour contacter Pagora, l’école nationale de papeterie située pourtant à quelques pas d’ici. Et la réponse de l’enseignant chercheur en recyclage de papier/carton a été rapide et sans équivoque:
Colorer un papier impose l’utilisation de colorants et la gestion du procédé de coloration, qui constitue une opération supplémentaire…..
Pour recycler du papier blanc de type impression écriture, il faut procéder à un désencrage pour éliminer l’encre déposée en surface lors de l’impression. On obtient alors un nouveau papier blanc.
Pour recycler du papier coloré de type impression écriture, il faut aussi procéder au désencrage pour éliminer l’encre en surface mais il faut aussi décolorer les colorants introduits dans la masse, cela pour obtenir un nouveau papier blanc que l’on pourra éventuellement re-teinter. Pour éliminer les colorants, on utilise une opération de blanchiment qui utilise des agents chimiques oxydants ou réducteurs et de la chaleur (le blanchiment se fait à 60°C au moins). Donc oui, pour retirer les colorants il faut une opération unitaire supplémentaire et forcément c’est plus impactant pour l’environnement. Il vaut mieux utiliser des papiers non colorés…
Bref, même si c’est une goutte d’eau dans l’océan, à l’avenir j’éviterai le papier coloré sauf si l’enjeu le justifie. Par ailleurs, j’éviterai aussi le beau papier blanc pur immaculé, qui, comme chacun ne le sait pas, est tout en haut de cette belle pyramide du recyclage ( merci Cobelpa) et nécessite des fibres vierges.


