Vous m’avez envoyé ce 24 juin un courrier m’encourageant à choisir pour ces élections législatives la candidature d’Olivier Veran.
Dans ce courrier, vous avez fortement joué sur la corde de mon pouvoir d’achat et de ma succession.
En ce qui concerne le pouvoir d’achat, dont je n’ignore pas qu’il a été multiplié en France par 5 ces 60 dernières années, sa progression est une chimère, car quelle que soit la réalité les Français (comme tous les humains) en voudront toujours plus, tant que c’est le seul sens donné à leur existence. En ce qui me concerne, frugal depuis toujours, j’ai toujours économisé même depuis mes périodes étudiantes ou je devais donner des “petits cours” pour payer mon logement.
Par contre, j’en veux farouchement à votre gouvernement, et à tous vos prédécesseurs, d’ignorer avec superbe la crise écologique, environnementale et de biodiversité, dans laquelle nous plongeons avec une inconscience grave. La convention citoyenne pour le climat a été in fine un superbe échec, très dommageable. Les décisions gouvernementales récentes ne sont que des mesurettes face à l’enjeu. Dans le Pas de Calais, à la Bérarde, pour ne pas citer New Delhi ou La Mecque, la nature nous a donné des avertissements qui préfigurent ce qui nous attend en bien pire.
En ce qui concerne ma succession, je ne crois pas qu’une baisse à tout crin des droits de succession soit une bonne chose, car cela génère des inégalités encore plus fortes dès la naissance. Je n’y suis pas favorable, au contraire.
J’ai fait une donation que j’estime suffisante à mes petits-enfants, et considère que le plus beau cadeau que je puisse encore leur faire est une terre habitable et apaisée. C’est pourquoi je n’hésite pas à changer mon mode de vie et à consacrer une part importante de mes ressources à baisser mon empreinte carbone et à contribuer à des engagements et investissements allant dans ce sens.
Je suis convaincu que dans la période de cohabitation qui s’annonce les actions en faveur du climat et de la biodiversité, dont l’agriculture , sont les seuls domaines dans lesquels il est encore possible de trouver une majorité. L’occasion est unique de sortir par le haut de l’impasse politique et environnementale dans laquelle nous sommes, j’espère que vous saurez ne pas la rater une fois de plus. Par pitié, écoutez les scientifiques, écoutez les jeunes.
Cordialement,


