En 280 ppm*,lorsque ma maison a été construite, l’isolation n’était pas la préoccupation principale des bâtisseurs. Pourtant, nous étions encore dans le petit âge glaciaire. Mais cette résidence était une maison de campagne, surtout occupée l’été. Il y a bien des cheminées dans les grandes pièces, elles semblent avoir été surtout décoratives.
Au fil des ans, la ville gagnant la campagne, de bon gros radiateurs ont été installés un peu partout, alimentés par une chaudière au gaz. Les murs Nord et Ouest ont été isolés sans doute pour obtenir un peu plus de confort.
Au début des années 2000, l’empreinte carbone de la maison se promenait dans les 12 tonnes par an, pour quelque 45 000 KWh de gaz , auxquels il faut ajouter 5 000 KWh d’électricité, peu carbonnée comme chacun sait.
L’économie, puis l’écologie, m’ont emmené dans un quart de siècle de travaux successifs
- remplacement de la chaudière
- double vitrage aux fenêtres
- isolation successive des deux murs non encore isolés
- joints et double vitrage de la porte d’entrée d’époque (merci à l’impression 3D sans laquelle cela n’aurait pas été possible).
- pilotage fin de la pompe de piscine couplé à celui du volet de sécurité, qui fait office de couverture thermique (un jour, il faudra bien que je documente ce petit automatisme qu’arduino m’a permis de réaliser).
- traque incessante de multiples ponts thermiques traités tant bien que mal
Tous ces travaux ont permis de diviser le besoin de chauffage par 3, descendant bon an mal an à 15 000 KWh de gaz et toujours 5 000 KWh d’électricité malgré la hausse des usages. De passer de 12 à 4 tonnes de CO² annuelles.
Le coup de grâce, qui couple la lutte contre les émissions de CO² à celle contre le financement de Poutine, a été le passage à la pompe à chaleur, rendue très possible par les isolations diverses qui ont permis de fonctionner avec les radiateurs d’origine (la pompe à chaleur est efficace si la température de l’eau qui circule dans les radiateurs est basse, donc avec des radiateurs surdimensionnés).
Un an après sa mise en service, les 50 000 KWh des années 2000 sont descendus à 9 000 KWh , et les 12 tonnes descendues en dessous de 100 kg. Rien, quoi.
Mais cela vaut il le coup ? Me demandent les économistes forcenés ? Ils ne valorisent pas bien entendu l’impact financier à moyen terme de la réduction de CO². Seuls les euros du jour trébuchent dans leurs oreilles.
Je rentre dans leur jeu. Les quelque 3 000 euros annuels de dépense énergétique de 2000 se traduiraient, en suivant l’évolution des tarifs, en quelque 10 000 euros qu’il m’aurait fallu débourser en 2025 si je n’avais rien fait.
A comparer aux 2 000 euros des 12 derniers mois. 8 000 euros d’économie, ou de non dépense, chaque année. Réalisées progressivement sur 25 ans, cela fait dans les 100 000 euros. Même si j’ai souvent eu l’impression de payer très cher en travaux mes convictions écolo, j’y gagne. Et c’est net d’impôts, en plus. Et cela va continuer. Et on en retrouvera une bonne partie à la revente de la maison.
Les folies écolo, c’est finalement rentable !!
Diviser par 6 l’empreinte carbone moyenne des Français, c’est possible alors !

* Parlant le CO² dans le texte, vous avez immédiatement traduit en 1850, n’est ce pas !

