Ces derniers temps, j’ai rencontré de multiples causes de désespérances dans mes activités d’activiste climatique.
Certes, autour de nous, il y a de très belles choses qui se font, et qui vont dans le bon sens, mais la majorité des gens est tellement lourde à bouger, engoncée dans son confort, dans ses habitudes, que ça en est désespérant. Je vous ai parlé d’Ivan Illich*, qui avait tout vu venir, qui avait dénoncé les abus de notre société, et c’était il y a près de 50 ans… et pourtant rien n’a bougé ou presque.
C’est naturel de recevoir ses amis avec un bon rôti,
C’est naturel de partir en vacances à l’autre bout du monde si on en a les moyens**,
C’est normal de tondre sa pelouse*** soigneusement même si ça détruit l’habitat de tant de biodiversité,
C’est naturel d’acheter des choses qui viennent toutes de l’autre bout du monde et sont fabriquées par des travailleurs sous payés.
Le mois dernier, j’ai animé un atelier fresque du climat dans une école de la région****. La direction avait accepté que tous les élèves de quatrième vivent cet atelier de sensibilisation aux causes du dérèglement climatique. Ça, c’est plutôt bien, non ? Et bien j’ai appris que la semaine suivante ils partaient en voyage scolaire en Islande.. pas en bateau à voile, bien sûr
Bref, les raisons de désespérer sont nombreuses.
Mais j’ai trouvé des raisons de continuer à agir, et d’espérer dans livre de X de Bénazé et Cécile Renouard : “rouvrir l’horizon, manifeste d’espérance engagée face aux effondrements.”
Je vous en sors quelques phrases :
d’abord, une citation de Vaclav Havel
“L’espérance n’est pas la même chose que l’optimisme. Ce n’est pas la conviction que quelque chose va bien se finir, mais la certitude que cette chose fait du sens, quelle que soit son issue. La forme la plus profonde et la plus importante de l’espérance, la seule qui puisse nous maintenir à flot et nous pousser à faire de bonnes œuvres, est quelque chose que nous obtenons pour ainsi dire d’ailleurs.”
Et Xavier et Cécile écrivent, entre autres :
“Si la plénitude du Royaume est bien promise pour la vie éternelle, cette promesse ne nous déresponsabilise en rien aujourd’hui. Au contraire, cette promesse doit être le moteur principal, pour ainsi dire éternel, de nos engagements pour un monde de justice et de paix, ici et maintenant.
A titre personnel, j’en ai tiré la conclusion que dans mes actions de réponse à la clameur de la terre et de la clameur des pauvres, si on peut résumer ainsi l’écologie intégrale, je faisais la volonté de Dieu.
Dieu nous a placés en intendants de la Création. En faisant mon travail d’intendant de mon mieux, d’intendant de toute sa création, de tout le vivant qu’il m’a confié, je sais que je fais la volonté de Dieu.
Donc je fais la volonté de Dieu. Et même si les résultats semblent insignifiants, dérisoires, mes actions font sens, elles donnent du sens à ma vie. Et, en faisant la volonté de Dieu ici bas je gagne mon salut pour la vie éternelle. Elle est là, mon espérance. Je fais la volonté de Dieu ici bas et en prime je gagne mon salut.
* Pour un speed dating avec la pensée de Ivan Illich
** Même sans voiture, on peut partir loin.
**** Plus de détails sur ce triste évènement



