L’été dans le monde de demain a démarré avec beaucoup de sérénité . L’adieu au gaz, à sa dépendance russe et à son empreinte carbone a été un grand moment, lors de la mise en service de la pompe à chaleur, action qui ne “valait pas le coup”* mais promet d’éviter 4 tonnes de CO² par an.
Puis est venue la rencontre qui m’a fait prendre possession de “pillages”**, puis, en deux périodes, nos 1100 km à vélo qui nous ont permis de laisser la voiture dormir au garage pendant presque deux mois tout en rencontrant cousins et amis dans une atmosphère de simplicité ***.
Oh, je ne dis pas qu’il a été facile de trouver un petit restau avec plat du jour végétarien, le pays n’en est pas là, mais nous avons vécu avec. Sereinement, sans “rapidacion”****.
En fin d’été, le stress est venu avec le souhait de tenir ma promesse.
Non, nous ne sommes pas condamnés à des vacances hexagonales.
Oui, en bon retraités nous pouvons prendre un rab de vacances au soleil en septembre. En Grèce, avais-je promis. Certain à l’époque de pouvoir y aller en transports doux.
Force a été de constater que c’est possible, mais pas vraiment compatible avec des dos de septuagénaires qui ne tolèrent plus des stations assises trop longues dans des autobus surchargés. Alors, après trois jours d’affres, j’ai tranché. J’ai fauté. J’ai pris deux billets d’avion à 45 euros pour Athènes. Amortis sur un séjour de trois semaines, ce péché apparaissait finalement véniel. Il m’a ouvert les yeux sur la vraie vie.
Sur les aéroports surchargés de voyageurs express au long cours.
Sur les restaurants de poisson au bord de mer dont la carte indiquait, législation oblige, que le poisson était congelé. Car pêché au large des côtes d’Afrique comme Pillages** l’indique? Probablement. Probablement que la méditerranée est une mer quasi morte, maintenant.
Sur les routes où pas un vélo ne se risque.
Sur les rencontres de touristes venus des quatre coins du monde pour une semaine ou dix jours tout au plus.
Sur l’abondance de plastique Chinois dans toutes les échoppes. Les seules échoppes qui survivent..
Et au retour, le récit des souvenirs de vacances de mes relations et parfois amis retraités, qui décrivent comment ils sont allés de Ushuaïa à Katmandou faire fondre tous les glaciers du monde sans une once de mal être, me désarme. Ne pas les agresser, surtout. Juste, tout au plus, leur demander comment ils pensent que leurs petits enfants les jugeront*****. Car ils savent . Ils font pour la plupart partie des deux millions de personnes ayant joué à la fresque du climat*****. Et gèrent hélas plutôt bien la dissonance cognitive entre leurs actes et leur savoir.
Même l’église organise encore de soi-disant pèlerinages qui emmènent les pèlerins faire 6 jours de tourisme à 2000 km d’un coup d’avion.
Bon, ce monde que je pensais d’hier est encore le monde d’aujourd’hui. Bien présent. Les catastrophes climatiques s’accumulent. Mais elles sont toujours vues comme des coups de malchance comme il en arriverait une fois par siècle. Pas encore comme la terrible norme que l’on est en train de créer.
Combien faut-il de personnes pour faire basculer une société ? 10% ? 15% ? Bon, au travail alors. La saison des fresques et des 2 tonnes****** a repris.
Ne pas perdre espoir ne pas perdre espoir ne pas perdre espoir. Ne pas perdre la terre.
* de la notion de “valoir le coup”.
** Pillages ?
*** Oui, nous avons renouvelé l’expérience de l’an dernier, décrite ici.
**** Rapidacion… Expression favorite de notre pape François pour décrire ce monde où tout doit aller de plus en plus vite, sans faire attention à qui ou quoi que ce soit. Relisez Laudato Si…
***** Sur le jugement des petits enfants..
***** Si vous ne connaissez pas encore vous pouvez toujours me demander une animation.
****** Venez ici goûter à l’atelier 2 tonnes en écoutant cette animation.


